Séries #4 : The Bold Type.

Bonjour vous, long time no see comme disent nos amis anglophones. La dernière fois que j'ai écrit ici, c'était pour vous parler d'une série cool. Figurez-vous que c'est pour la même raison que je réapparais trois mois après. Parce que oui, je suis comme beaucoup d'entre vous, je regarde plein de séries. Il y a des séries effet comfort-food telles que Grey's Anatomy et Outlander, d'autres avec lesquelles j'ai une relation d'amour-haine telles que The Affair et Salem (une saison intéressante sur deux, en somme), d'autres encore que j'ai commencées il y a peu mais qui me donnent le vertige quand je vois le nombre de saisons qui m'attend, à savoir Sons of Anarchy et Supernatural, mais il y en a d'autres que je regarde rapidement parce qu'elles sont hyper bien et dont il serait dommage de perdre une miette. Ces jours-ci je suis à fond dans The Fall et je viens de terminer The Bold Type. C'est de cette dernière dont je veux vous parler aujourd'hui.


Je suis tombée sur cette série complètement par hasard, en tombant sur un tweet. Je n'en avais jamais entendu parler jusqu'alors. J'ai été attirée par le postulat de base, à savoir la vie professionnelle de trois jeunes femmes dans les locaux d'un magazine new-yorkais. Bien que ça n'en est pas l'air de prime abord, cette série n'a strictement rien à voir avec tout ce qu'on a déjà pu voir. C'est-à-dire qu'elle est tellement féministe et bienveillante que j'ai été déstabilisée.

Il s'agit pour le moment d'une seule saison de 10 épisodes mais la série a été renouvelée pour deux saisons supplémentaires. Elle a été créée par une femme, Sarah Watson, et ses personnages principaux sont des femmes. Des femmes qui, certes, sont super lookées, minces et sans aucun cheveu qui dépasse, mais il paraît qu'on ne peut pas tout avoir. C'est de toute façon le parti pris, on n'est pas dans quelque chose d'ultra réaliste même s'il n'y a rien de surnaturel non plus. Jane (Katie Stevens), Kat (Aisha Dee) et Sutton (Meghann Fahy) travaillent pour le magazine féminin Scarlet qui se veut bien plus politique et sociétal que pénible comme les magazines féminins savent l'être. La première est auteure, la deuxième community manager et la dernière assistante mais aspire à monter en grade, si possible dans la section mode. Elles sont supervisées par une directrice de publication, Jacqueline Carlyle (Melora Hardin), qui est la cheffe la plus charismatique et bienveillante qui soit. Je l'adore, c'est mon personnage préféré. Quant à Sutton, elle a une relation avec un collègue plus âgé et qui est plus ou moins son supérieur hiérarchique. C'est fou parce que c'est un mec normal, pas du tout malsain et qui reste à sa place. Franchement, on n'est pas habitué à ça, il faut être honnête.
Je ne veux pas trop en dire mais plein de thèmes sont abordés en rapport avec un féminisme intersectionnel et ça fait un bien fou parce qu'il n'y a pas de tabou (enfin presque, cf image suivante). Je suis donc très contente que cette série soit renouvelée parce que peut-être va-t-on enfin voir des tétons (inutile de trop espérer pour une série américaine, toutefois), des femmes grosses, des femmes handicapées, et encore tout plein de bienveillance je l'espère.

Séries #3 : G.L.O.W.

Habituellement je n'aime pas trop faire un billet sur une série ou un film très populaire parce que je pense que tout a été dit. Je fais une exception ici même si je sais que vous n'allez pas apprendre grand chose, toutefois j'ai tellement été emballée par mon visionnage de G.L.O.W. que je me permets d'insister. Alors que je n'avais pas encore terminé les dix épisodes de la saison, j'ai lu quelques déceptions çà et là, j'avais donc peur d'être moi-même déçue. Maintenant que j'ai tout regardé, je peux le dire haut et fort : aucune déception par ici, loin s'en faut.


G.L.O.W. est l'acronyme de Gorgeous Ladies Of Wrestling qui est initialement un show TV de catch exclusivement féminin lancé à la fin de l'année 1985 aux États-Unis. La plupart des catcheuses étaient initialement actrices, mannequins, danseuses et pas du tout professionnelles du catch. Jackie Stallone, la maman de Sylvester, qui aujourd'hui lit l'avenir dans le cul des gens (véridique), faisait même partie du show. Elle jouait le rôle de la manager des good girls tandis qu'il y avait aussi un groupe de bad girls. L'idée était de constituer des matches pendant lesquels le bien affrontait le mal et c'était un peu le festival des clichés. La série actuelle créée par Liz Flahive et Carly Mensch (elles ont notamment déjà bossé pour Nurse Jackie, Weeds et Orange is the new black) pour Netflix reprend donc les origines de l'émission.

Dès le premier épisode, on suit Ruth Wilder (Alison Brie) qui a bien du mal à décrocher des rôles d'actrice. On lui suggère de se rendre à une audition un peu particulière se déroulant dans un gymnase. Vous avez compris la suite. Cette première saison comporte dix épisodes de 30 minutes chacun, c'est donc vite fait. Je ne sais pas si une deuxième saison est prévue mais je ne suis pas certaine qu'il y en ait besoin. En milieu de saison, lorsque les catcheuses développent leurs personnages, j'ai d'abord été choquée par les clichés racistes. Sam Sylvia (Marc Maron), l'imbuvable réalisateur du show, impose à son actrice indienne de jouer une terroriste libanaise et à son actrice cambodgienne de s'appeler Fortune Cookie (entre autres), le malaise était palpable. Et puis en regardant des extraits de l'émission de l'époque, les catcheuses ne faisaient qu'appuyer des clichés déjà existants (il y avait le personnage Spanish Red, par exemple). Dans la série de Netflix, les personnages intègrent des stéréotypes qui se retournent contre eux à divers moments : en jouant à fond son rôle sur le ring, Beirut The Mad Bomber se prend en pleine poire le racisme complètement décomplexé des spectateurs. Là, on ne rigole plus du tout. On comprend alors à quel point il est facile de véhiculer un cliché et à comment les gens peuvent être assez cons pour ne pas distinguer le rôle de la réalité.

Ce qui est très cool, c'est la dimension féministe de la série. Plusieurs thématiques toujours actuelles sont développées avec autant de sérieux que d'humour, sans en faire des caisses. Les femmes sont toutes représentées, de la couleur de peau à la corpulence, et elles sont omniprésentes, elles ont le pouvoir, même si j'ai encore lu ailleurs que la sexualisation de certaines étaient un problème. Je n'ai pas ressenti ça de cette façon parce que, d'une part, la sexualité ce n'est pas sale et, d'autre part, les bodies des années 80 étaient hyper échancrés, je ne suis pas sûre qu'on y puisse quelque chose en 2017. Et puis je vous le redis, les femmes ont le pouvoir. C'est quand elles ne l'ont plus que c'est problématique.

En résumé, G.L.O.W. est une série féministe et très drôle, en plus elle fait un bien fou aux adorateurs des années 80 qui veulent autre chose que Stranger Things. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire et n'hésitez surtout pas à me donner votre avis !

Cinéma #18 et calmons-nous un peu sur le turfu.

Je trouve que je parle beaucoup de cinéma ces temps-ci mais il faut croire que j'ai des choses à dire, surtout quand je regarde des films qui me font de la peine. Pas dans le sens où ils me rendent triste, enfin si, mais c'est de la tristesse mêlée à du qu'est-ce-que-c'est-que-ce-film-à-la-con, vous voyez. Les trois premiers sont dans dans cette veine (je sais que je vais donner dans l'unpopular opinion mais j'assume tout) et je terminerai sur une note positive.

Life, de Daniel Espinosa (2017)


Nous allons être d'accord sur un point, chaque fois qu'un film se déroule dans l'espace, ça se passe toujours mal. Bon, OK, c'est le cas de tous les films, si tout se passait comme sur des roulettes, l'industrie du cinéma serait en faillite. Oui mais dans l'espace, il faut toujours que les protagonistes cherchent la merde. Dans Life, on ne va pas me faire croire que les personnages principaux n'ont jamais vu Alien ! Il faut qu'ils recommencent inlassablement les mêmes idioties. D'ailleurs ici c'est tellement identique (mais en plus nul, on ne va pas se mentir) qu'on nous prend légèrement pour des bécasses. Le synopsis est simple : quelques gogoles qui savent tout mieux que tout le monde récupèrent sur Mars un petit organisme qui ne demande qu'à vivre alors ils le stimulent sans savoir de quoi il s'agit vraiment et c'est comme ça qu'ils finissent par se faire bolosser par une étoile de mer. Certes, ça a moins de gueule que la créature de Giger, mais ça fait les mêmes dégâts. Au cas où je n'aurais pas été assez claire, j'ai trouvé ce film bien naze.


Passengers, de Morten Tyldum (2016)


Encore un film qui file tout droit vers l'infini et au-delà. Celui-ci, je ne l'ai regardé que d'un œil parce que j'ai du mal à concevoir deux heures de ma vie en compagnie de Chris Pratt et Jennifer Lawrence. Deux personnes belles, blondes, blanches et bien gaulées, et vive Hollywood. Et puis l'histoire est dramatique, dans tous les sens du terme. Chris Pratt se retrouve parmi 5000 autres passagers dans un vaisseau qui les emmène sur une autre planète afin d'y vivre. Pour s'y rendre, il faut accomplir un voyage de 120 ans donc les colons sont en hibernation tout ce temps (c'est le turfu très turfu). Toutefois il y a un bug et Jim (Chris Pratt) se réveille, il comprend alors qu'il est tout seul et qu'il reste encore 90 ans de trajet. Il panique, il essaie de réparer son module d'hibernation, il échoue alors il se résigne, ça dure toute une année pendant laquelle il devient alcoolique. Et puis à un moment, il se promène parmi les autres passagers endormis et il voit Aurora (Jennifer Lawrence) qu'il trouve top bonne. Il réfléchit beaucoup mais il se dit que ce serait finalement une bonne idée de la réveiller (non mais Aurora qu'elle s'appelle, c'est fin comme du gros sel) afin qu'il ne soit pas tout seul à errer comme un con. Au début, il lui cache la vérité alors vous imaginez bien qu'ils vont tomber amoureux l'un de l'autre, jusqu'à ce qu'Aurora découvre la vérité et qu'elle soit méga énervée. Elle a d'ailleurs une réaction très normale puisqu'elle engueule d'abord Jim comme du poisson pourri et elle le tape, même. Comme il faut ajouter un peu de beurre dans les épinards, le vaisseau bug de partout et plein de robots tombent en panne. Un troisième larron se joint à la fanfare, c'est un membre de l'équipage et surtout un magnifique prétexte puisqu'on ne le verra que cinq minutes, donnant ainsi à Lawrence Fishburne le second rôle le plus court de sa carrière. Le pauvre homme ne sert strictement à rien. Enfin ça, c'est rien comparé à Andy Garcia qui n'a même pas une ligne de dialogue. Ça sent le Passengers 2 à plein nez. Tout ça pour quoi, me direz-vous ? Et bien à que dalle, Aurora retombe amoureuse de Jim, son assassin tout de même, et tout va bien dans la meilleure des galaxies. Une catastrophe humaine où mon féminisme a pris cher.


Okja, de Joon-Ho Bong (2017)


Okja est le film de Netflix qui a fait polémique çà et là. J'en ai entendu et lu que du bien, à croire que c'était le film à voir absolument. Permettez-moi d'émettre quelques réserves. Si c'est un joli film qui n'est pas sans rappeler Mon voisin Totoro sous certains aspects, il manque surtout cruellement de subtilité. Si jamais on n'avait pas compris que c'était une critique du capitalisme et surtout du système agro-alimentaire, on vous l'affiche en néons rouges sur chaque plan et chaque dialogue, j'ai levé les yeux au ciel plusieurs fois. Ce film a été fait avec des gros sabots en téflon. Je pense qu'on peut traiter l'évidence sans prendre les gens pour des abrutis, je ne suis absolument pas sûre que ce film rende les derniers carnivores de notre planète complètement vegans. Mais comme nous l'indique Mithrowen, il passe le test Bechdel alors c'est déjà ça. Bref, déception j'écris ton nom.


The Beauty and the Beast, de Bill Condon (2017)


Enfin, parlons d'un film qui vaut le coup d'être vu ! Avec La Belle et la Bête de Walt Disney, c'est la première fois que j'allais au cinéma et j'avais 5 ans. Je m'en souviens encore, ce dessin animé m'a beaucoup marquée et il reste  de très loin mon Disney préféré. Quand j'étais gosse, je rêvais qu'on en fasse un film et voilà le résultat 25 ans plus tard. Je pense sincèrement qu'il n'y a rien à jeter, il est tellement bien fait ! Le casting est d'une rare perfection, qui d'autre qu'Emma Watson pouvait incarner Belle ? Luke Evans, Kevin Kline, Ewan McGregor, Emma Thompson et Ian McKellen sont excellents et toutes les erreurs et non-sens qui subsistaient dans le dessin animé ont été corrigés, c'est tout bonnement brillant. Belle est davantage féministe encore dans le film, cette adaptation est magique, elle est juste totalement réussie. Rien à jeter, je vous dis.

Cinéma #17 et la mise en lumière d'Act Up-Paris par Robin Campillo.

On va parler d'un film qui met une claque monumentale et qui a remporté le Grand Prix du Festival de Cannes cette année.


Parce que la semaine dernière, je suis allée au cinéma voir 120 battements par minute, de Robin Campillo. C'était une avant-première puisqu'il sort officiellement le 23 août. J'y suis allée après avoir lu un très bref résumé, je ne m'attendais pas à sortir de la salle complètement choquée et calmée. Après une brève réflexion, c'est plutôt une bonne nouvelle, ça prouve qu'il est nécessaire de le voir.

120 battements par minute retrace, au début des années 1990, les réunions et les actions des militants d'Act Up-Paris qui luttent contre le sida. Issue de la communauté homosexuelle, cette association a été créée en 1989 par Didier Lestrade, Pascal Loubet et Luc Coulavin (ce dernier est décédé en 1994). L'objectif était d'alerter l'opinion, les médias et les politiques sur l'épidémie, les malades eux-mêmes et les communautés les plus touchées (dont les toxicomanes, prostituées, etc.). Il y a 25 ans, le sida sévissait depuis déjà dix ans et les campagnes de sensibilisation que l'on connaît aujourd'hui et qui sont évidemment indispensables n'existaient pas. Les militants luttaient pour une reconnaissance, parfois avec la violence s'il le fallait.

En parallèle, on suit l'histoire de quelques militants, tous malades, tels que Sean (Nahuel Pérez Biscayart), Nathan (Arnaud Valois) et Sophie (Adèle Haenel). C'est d'une violence sans nom, glaçant, terriblement réaliste. En ce qui me concerne, j'avais 6 ans en 1992 alors j'ai toujours vécu avec le sida démystifié, j'ai su assez tôt qu'il existait, qu'il fallait se faire dépister, comment on l'attrapait et comment on s'en protégeait. Entre l'arrivée de l'épidémie dont on ne savait rien et dont on cachait tout, ainsi que l'affaire du sang contaminé, la génération qui précède les gens de mon âge a été réellement sacrifiée. C'est elle que le film met en lumière, sans jamais aucun pathos. Il nous montre la stricte vérité.

Il y a parfois un peu de musique, notamment Smalltown Boy de Jimmy Somerville, mais le générique de fin arrive de façon abrupte et silencieusement. La lumière ne s'est allumée qu'à la fin du déroulement de celui-ci, pas une seule personne ne s'est levée pour quitter la salle et pas une n'a dit quoi que ce soit. J'imagine que les larmes finissaient de couler. Jamais un tel silence ne m'a autant frappée, ce soir-là chaque spectateur s'est pris un uppercut dans le ventre.

Alors voilà, je te rappelle qu'il sort le 23 août, que tu dois absolument le voir et que tu n'en sortiras pas indemne. Mais je te le redis, c'est nécessaire.

Cinéma #16 et Wonder Woman est-elle féministe ?

Je ne pensais pas me déplacer au cinéma pour voir Wonder Woman et puis ma partner in crime m'a convaincue de vérifier la portée féministe du film. J'ai lu à gauche qu'il était hyper féministe oh là là, et à droite que non, pas du tout mais quelle horreur. Et moi, j'en pense quoi ?


Si je n'ai pas tellement voulu le voir en premier lieu, c'est tout simplement parce que l'univers des super-héros m'est inconnu. Je n'ai jamais lu de comics, je ne connais Marvel et DC que très vaguement et, pour ainsi dire, ça ne m'intéresse pas beaucoup. J'ai cependant apprécié de voir au cinéma les Batman (avec Christian Bale) et chaque X-Men mais ça s'arrête là. Les comics sont un tel empire que je ne me sens pour le moment pas de taille à m'y plonger davantage. C'est pour cette raison que ce billet de blog ne sera centré qu'autour de ma vision de Wonder Woman de Patty Jenkins et de ce qui m'est apparu. Peut-être que certaines choses vous sembleront des énormités à cause de ma méconnaissance du sujet de fond, ce sera fortuit.

Je me suis intéressée à la création du personnage en tant que tel. Wonder Woman, alias Diana Prince dans le civil ou Princesse Diana de Themyscira dans son monde, est une Amazone, fille de la reine Hippolyte et de Zeus, façonnée dans l'argile à qui on a donné vie. Themyscira est l'île où sont réfugiées les Amazones, elles s'y entraînent pour devenir des meufs badass. Le personnage a été créé au tout début des années 1940 par William Moulton Marston (1893-1947), alors psychologue et inventeur. Apparemment, il en avait marre de ne voir que des hommes parmi les super-héros, il a donc inventé Wonder Woman pour assouvir son besoin de féminisme. Peut-on le blâmer ? Evidemment, non. Mais les causes de sa création en 1940 n'auraient jamais été les mêmes aujourd'hui. Pourquoi ? Je cite le communiqué de presse de l'époque (source) :
Wonder Woman a été conçue par le docteur Marston dans le but de promouvoir au sein de la jeunesse un modèle de féminité forte, libre et courageuse, pour lutter contre l'idée que les femmes sont inférieures aux hommes et pour inspirer aux jeunes filles la confiance en elles et la réussite dans les sports, les activités et les métiers monopolisés par les hommes.
Certes, cela part d'une bonne intention. Rappelons que parallèlement, en France, les femmes n'ont toujours pas le droit de vote. Toutefois, n'oublions jamais que les sociétés changent, évoluent, ce qui n'est pas le cas des écrits. Eux, ils restent gravés dans le marbre parce qu'ils ont été inspirés par leur époque. La création de William Moulton Marston est, en 2017, la même qu'en 1940. Cool sur le fond, très gênant sur la forme. D'autant que (source) :
Armée de ses bracelets à l'épreuve des balles, de son lasso magique, et forte de son entraînement d'amazone, Wonder Woman est l'archétype de la femme parfaite dans l'esprit de Marston. Elle est belle, intelligente, forte, mais a néanmoins un côté doux.
Robin Wright dans le rôle d'Antiope, la générale des Amazones.

Je trouve cela très désagréable. Encore aujourd'hui, si une femme est forte, il faut absolument qu'elle soit belle (bien que ce terme soit relatif) et surtout qu'elle soit douce parce qu'on doit tout de même la rappeler à sa condition de femme. Le film de Patty Jenkins conserve malheureusement tous ces clichés. Une scène m'a révoltée, elle ne dure pourtant que trois secondes tout au plus : lorsque Diana débarque dans le monde civil avec Steve Trevor, elle s'extasie devant le bébé d'une passante, comme si les femmes avaient systématiquement un radar adapté et qu'elles se mettent en mode gaga à la simple vue d'un nourrisson. Non. Ceci n'est pas supportable. D'autant qu'ici, c'est complètement gratuit, ça n'a absolument pas lieu d'être. Qu'y a-t-il d'exaspérant encore dans le film ? Ah, oui, la romance. Peut-être existe-t-elle dans les comics mais tant de détails sont ignorés lors d'une adaptation d'un livre au cinéma, pourquoi pas ce genre de détail-là ? Ça nous ferait du bien et, en plus, ça donnerait une chance à l'œuvre de passer le test de Bechdel.

Cependant, parce que je ne suis pas une vilaine féministe misandre qui gueule pour tout et n'importe quoi (ce modèle de féministe n'existe pas d'ailleurs, la misandrie n'existe pas et on ne gueule jamais pour rien, je le dis pour votre culture personnelle), il y a malgré tout des bons côtés à la Wonder Woman de Patty Jenkins. Premièrement, l'intro du film est magnifique. C'est la genèse de Diana et de son peuple, les Amazones. Les voir s'entraîner et se battre m'a collé des frissons, Robin Wright dans le rôle de la générale Antiope est extraordinairement extraordinaire. J'ai carrément eu les larmes aux yeux, en fait, j'ai ressenti une forme de soulagement parce que hey, des femmes auxquelles on peut s'identifier, ça arrive bien peu souvent si on compare aux héros mâles de la pop culture. J'ai tout de suite pensé aux petites filles qui se font un bon petit cosplay des familles, ça m'a hypée de fou.
Aussi, Diana est super naïve mais elle tient ça de son éducation et de sa réclusion. J'essayais de conserver ça en mémoire lorsqu'elle était confrontée au monde moderne mais son "côté doux" voulu par Marston m'a davantage agacée. Elle aurait pu s'énerver un minimum à maintes reprises face aux clichés sexistes, même si quelques punchlines bien senties nous laissent entendre que, concrètement, les hommes ne servent pas à grand chose. Et paf.

Bilan des courses : je suis très mitigée. J'aime la représentation globale de la femme forte qui mène, se bat, j'ai toujours apprécié la légende autour des Amazones et les valeurs qu'elles prônent. Ce sont des femmes solides qui se battent mais qui n'oublient pas d'être réfléchies, la force est l'alliée de l'intellect. Ne dit-on pas que le monde irait beaucoup mieux avec davantage de femmes au pouvoir ? Parce que j'en suis convaincue. Malheureusement, Wonder Woman se vautre dans les clichés et est d'une incroyable paresse. Le mythe de cette femme surpuissante aurait mérité d'être dépoussiéré, il n'aurait suffit que de quelques astuces scénaristiques. Ce film conserve malgré tout un côté divertissant mais j'aurais aimé qu'il soit plus que ça.

Toujours Robin Wright (au centre) dans le rôle de la merveilleuse Antiope.