Dracula de Bram Stoker et Francis Ford Coppola : nouvelle lecture.

Comme toute bonne personne obsédée cycliquement par quelque chose en particulier (ou plus simplement dite monomaniaque), ces jours-ci je me suis (re)fait une session Dracula. J'en ai souvent parlé, j'ai beaucoup écrit sur le sujet mais en réalité, je n'avais pas relu en entier le roman de Bram Stoker depuis presque dix ans. Lui et l'adaptation de Francis Ford Coppola furent mes principales préoccupations entre mes 13 et 20 ans. J'ai découvert le livre par hasard au CDI de mon collège, dans le minuscule rayon du fond où étaient rangés le fantastique et la science-fiction. J'étais dans une période où j'avais envie de lire des pavés et même si je ne m'en suis pas non plus coltiné des tonnes, je garde des souvenirs marquants de mes lectures de l'époque (j'étais notamment en quatrième et en troisième). J'ai emprunté Dracula plusieurs fois, au point d'avoir suscité l'agacement chez la documentaliste. "Tu ne veux pas lire autre chose ?" me demandait-elle. De quoi je me mêle ? Et puis un soir, le film est passé à la télé en deuxième partie de soirée et ma mère a jugé utile de l'enregistrer sans même m'en parler, pensant que ça m'intéresserait. Elle qui m'empêchait de regarder Rick Hunter ou Dragon Ball à cause de leur violence ne voyait aucun problème à me laisser regarder Dracula. Quand je lui parle aujourd'hui de ce genre d'incohérence, elle hausse les épaules sans aucun remord et je l'en remercie, je préfère avoir vu Dracula à 13 ans plutôt que Rick Hunter, quelque chose me dit que j'ai gagné au change. Un an plus tard, je revoyais ce film dans un cinéma de quartier en version originale avec mon groupe de troisième en option ciné. Un choc merveilleux. Enfin, au lycée, je me lançais dans des analyses aussi foireuses que passionnées jusqu'à en faire un exposé d'1h30 en cours d'anglais (exposé que nous devions tou.te.s faire sur un sujet de notre choix). En parallèle, je lisais des ouvrages et voyais d'autres films en corrélation directe ou non, du moment que c'était vampirique. Je me fabriquais ainsi une collection d'œuvres dont je jugeais la qualité de façon totalement subjective.


Me voici donc aujourd'hui, à 31 ans, à relire le roman de Bram Stoker. J'ai été surprise de constater que j'avais annoté quelques petites choses çà et là dans mon vieil exemplaire (tâché, corné et moult fois réparé aux éditions Marabout) offert par une amie de ma mère il y a une quinzaine d'années. Surprise parce que je ne comprends pas ce qui a pu m'interpeller à ces moments-là. Mais soit, d'autres choses m'ont désormais frappée alors que je n'y avais pas tellement accordé d'intérêt auparavant. Depuis que je suis ostensiblement tombée dans la bassine du féminisme, je vois le monde complètement différemment. Dracula a été écrit en 1897 par un auteur irlando-britannique dont la mère, Charlotte Thornley, était féministe, et pourtant ce n'est pas quelque chose qui se démarque dans le roman, bien au contraire. De toute façon, il ne faut pas s'attendre à des idées foncièrement progressistes en la matière à l'époque victorienne et d'autant plus quand elles sont écrites par un homme. Malgré tout, ma relecture a été souvent interrompue par des levées d'yeux au ciel et autres facepalm. Exemple, dans le chapitre XVIII, journal du Dr Seward (il s'agit d'un roman épistolaire composé uniquement de lettres et d'extraits des journaux de certains protagonistes), Abraham van Helsing parle de Mina Harker en ces termes :
- Ah ! l'étonnante Mina ! Elle a véritablement le cerveau d'un homme - d'un homme qui serait extraordinairement doué - mais un cœur de femme ! Croyez-moi, Dieu avait une intention particulière quand il l'a façonnée.
Merci mec, grand seigneur. Bien que Mina soit un personnage clef de l'histoire, elle n'est décrite que comme étant une femme douce, aimante et dévote, et tout le monde (enfin les hommes) s'étonne de son intelligence et son pragmatisme. Sans elle, son époux (Jonathan Harker), les Drs. Van Helsing et Seward, Lord Godalming et Quincey P. Morris n'arriveraient à rien du tout, il faut quand même en être bien conscient.e. Elle est clairement le cerveau de la bande.


Dans le film de Francis Ford Coppola, on remarque que Dracula est un gros forceur et n'hésite pas à emmerder Mina dans la rue. Il l'interpelle, elle l'envoie balader, il revient à la charge, elle finit par dire oui, il en profite pour l'agresser (je parle de la scène dans le cinématographe). Et puis plus tard, bien évidemment, il utilise son pouvoir spécial de vampire pour contrôler les femmes mais tout cela est englobé par une histoire d'amour impossible et du romantisme noir qui en découle.

Au-delà d'une lecture d'un point de vue féministe, je reste malgré tout fan de l'adaptation de Coppola. Je trouve quelques passages du roman très ennuyeux, on a l'impression que le temps passe lentement lors de certaines scènes qui pourraient être expédiées plus vite si on n'était pas affublé.e de longues tirades pompeuses aux incessantes références bibliques. De plus, j'ai toujours trouvé que les personnages étaient assez lisses quand Coppola leur confère un charisme détonnant. Je ne sais pas si on aurait pu trouver meilleur.e.s comédien.ne.s que Gary Oldman (Dracula), Winona Ryder (Mina) et Anthony Hopkins (Van Helsing) qui subliment chacun leur rôle. A l'inverse, Keanu Reeves (Jonathan) est peut-être un poil plus couard et effacé que dans le roman, je trouve ça un peu dommage.
Enfin, dans le roman Dracula est toujours suggéré, il n'existe que par les descriptions et rapports des autres protagonistes sur sa personne. Dans le film, c'est évidemment un personnage à part entière dont on apprend le passé et la raison de sa condition de vampire dès les premières minutes. Il n'est plus ce personnage rebutant avec une mauvaise haleine, Coppola en a fait un mec sexy. Ça n'empêche pas que sa personnalité soit problématique : c'est un homme torturé qui, malgré les quelques centaines d'années qui se sont écoulées, vit dans l'orgueil et le souvenir de sa vie de mortel, il ne supporte pas de ne pas posséder tout ce qu'il convoite. Alors s'agit-il vraiment d'une histoire d'amour ? Pas vraiment, c'est davantage de la perversité et du syndrome de Stockholm qui n'apparaissent pas dans le roman où il n'est question que de monstruosité et de dégoût. Malgré tout, ce petit frichtis est un plus pour le film parce que je préfère avoir affaire à un personnage doté d'une personnalité complexe plutôt qu'à une évocation inhumaine qui pue de la gueule.


Désormais, je vais m'attaquer à Dracula l'Immortel de Dacre Stoker et Ian Holt qui est une sorte de suite sortie en 2009. C'est la seule fiction littéraire soutenue par la famille de Bram Stoker et Dacre est son arrière-petit-neveu. Je suis très curieuse de tout ce bazar bien que la quatrième de couverture m'effraie un tantinet, mais je saurai vous en reparler le moment venu.

M Train, de Patti Smith.

Puisque nous parlons littérature ces jours-ci, continuons dans cette fulgurante poussée de motivation mais causons désormais d'un livre intéressant. Non parce que je n'ai pas l'intention de me coltiner des mauvaises surprises aussi pénibles que Le mec de la tombe d'à côté tous les trois ou quatre matins.


Juste avant, j'ai lu M Train de Patti Smith. J'aurais d'ailleurs aimé le lire après, ça m'aurait apaisée. L'apaisement, c'est vraiment ce que j'ai ressenti tout le long de cette autobiographie de 250 pages qui est considérée comme la suite de Just Kids, ses mémoires sortis en 2010. Apaisement, nonchalance et nostalgique du cool, Patti Smith raconte ses voyages au Mexique, au Japon, en Islande ou encore au Maroc entre deux tasses de café qu'elle boit assise à sa table favorite dans ce coffee shop new yorkais où elle se rend chaque matin depuis de nombreuses années. Elle lit, écrit et regarde moult séries policières entre deux concerts et obligations socialo-mondaines tout en mentionnant ses enfants et son époux, Fred Smith, décédé subitement d'un infarctus en 1994 à 45 ans. J'ai également ressenti une certaine tristesse totalement dépourvue de mélo, plutôt une forme de nostalgie mélancolique lorsqu'elle évoque son passé et sa façon de voir la vie.

Elle a une vie simple ponctuée de rituels : son café, ses séries policières, ses promenades et l'importance qu'elle attache à des objets d'apparence désuets (des cailloux, par exemples) mais auxquels elle confère toute une symbolique, c'est un bouquin qui est blindé de références culturelles, j'ai appris tout plein de choses, et il est écrit avec simplicité mais beaucoup d'émotion.
Les écrivains et leurs processus de création. Les écrivains et leurs livres. Je ne peux pas partir du principe que le lecteur les connaîtra tous, mais en fin de compte le lecteur me connaît-il ? Le lecteur souhaite-il seulement me connaître ? Je ne peux que l'espérer, tandis que j'offre mon monde sur un plateau rempli d'allusions.

Le mec de la tombe d'à côté, de Katarina Mazetti.

J'ai un nouveau travail depuis le début du mois. C'est un CDD de huit mois que j'ai trouvé grâce à un coup de piston, dans la branche que j'aurais bien aimé abandonner mais au bout de deux années de chômage et de six mois de recherche intense et infructueuse, je n'avais plus le choix. L'avantage est qu'il s'agit d'un job pendant lequel je peux lire. Beaucoup. Et ça tombe bien parce que je ne suis plus une grande lectrice depuis quelques années et j'ai plein de livres achetés il y a longtemps jamais ouverts.


C'est notamment le cas de cette sombre bouse (non mais comme ça j'annonce la couleur direct) qu'est Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti. Je suis incapable de me rappeler depuis combien de temps j'ai ce bouquin en ma possession mais je sais que ça fait hyper longtemps. Je sais aussi qu'un téléfilm a été réalisé entre temps mais je ne l'ai pas vu, et je ne sais pas si je le ferai au vu de mon opinion sur le roman. Peut-être qu'il limite la casse, qui sait ?

Publié en 1999 par l'autrice et journaliste radio suédoise Katarina Mazetti, c'est un roman de moins de 300 pages qui se lit à une vitesse folle. Les chapitres sont très courts (il y en a 54, faites le calcul) et, un sur deux, font parler les deux personnage principaux, Désirée et Benny. C'est l'histoire d'une passion amoureuse entre ces deux-là qui se rencontrent au cimetière, la première est une jeune bibliothécaire veuve et le second un agriculteur qui vient de perdre sa mère.

Pourquoi ai-je détesté ce livre ? Pour la bonne et simple raison qu'il est sexiste. Enfin le personnage de Benny l'est et j'ai trouvé ça révoltant. Peut-être aurais-je été moins dérangée si, à un moment donné, ses propos étaient contrés d'une façon ou d'une autre mais ce n'est jamais le cas. La complaisance est telle que j'ai levé les yeux au ciel un milliard de fois durant ma lecture. Je me demande encore pourquoi je l'ai fini... Ah, si, peut-être pour être encore plus énervée par la fin ? Que je tairai évidemment. Pour étayer mon point de vue, rien de tel qu'un superbe extrait du chapitre 44 (c'est Benny qui parle) :
Je déteste par exemple quand elle se met à énumérer toutes les horreurs que ce Robert a fait subir à sa copine Märta. Elle s'y emploie souvent ces temps-ci. Je me sens visé en quelque sorte quand elle s'y met, je crois qu'elle ne se rend pas compte de ce ton "ça, c'est les hommes" qu'elle prend. Parfois je dis des trucs style "Oui mais merde, elle l'a peut-être provoqué", et ça lui fait péter un plomb. "Mais moi je ne suis pas comme ça, j'essaie de dire. Tu nous trouves égoïstes et consommateurs de femmes, mais ce n'est pas parce que je suis homme que je vais endosser ce que font les autres hommes ! Est-ce que toi tu endosses la culpabilité de toutes les saloperies que les Blancs ont faites aux autres races ? Et toi, tu es une vraie Blanche !"
Franchement, ça me fait vriller. Malgré tout, petit disclaimer : quand il dit "vraie Blanche" en parlant de Désirée, Benny passe tout le roman à accentuer la peau pâle, les cheveux clairs et les vêtements fades qu'elle porte. Du moins c'est comme ça que je l'ai compris. Et donc je disais, tout le reste me fait vriller. Nous assistons ici à ce que vous voyons encore constamment aujourd'hui et qui nous donne envie de cramer des mecs : le mansplaining et le phénomène "not all men" de la part de nos congénères masculins qui n'entendent rien au féminisme. On doit déjà le subir au quotidien dans la vie et sur les réseaux sociaux, si en plus je dois me farcir ce discours dans mes lectures, je risque de me fâcher tout rouge. Il n'y a strictement rien qui va dans ce paragraphe qui condense plein d'horreurs. Il se trouve que le personnage de Robert est un connard, pourquoi remettre en cause ce qu'il fait vivre à Märta ? Ça revient à dire qu'on mérite de se faire agresser parce qu'on porte une jupe, ce n'est que pure ignominie. Et puis parler de races pour catégoriser les êtres humains alors qu'il n'y en a qu'une et c'est l'humanité, c'est quand même très lourdingue. Pas étonnant que ce personnage soit de droite dans le roman.

Alors que dire de plus ? E bien ne le lisez pas, sauf si vous avez envie de jeter le bouquin au travers de la pièce une fois achevé. Parce que même s'il a eu un succès fou, même si l'autrice s'est inspirée de sa propre vie pour l'écrire et même si elle a écrit moult ouvrages (son premier amour est la littérature jeunesse), j'ai trouvé ce roman assez mal écrit, ou alors mal traduit, je ne sais pas, en plus de son sexisme et de sa fadeur. C'est un grand non.

Nova Twins / Warhaus @ Fuzz'Yon, La Roche-sur-Yon.

Il faut que je reprenne du poil de la bête afin de revenir écrire ici. Je me demande souvent le pourquoi du comment de cet abandon lâche alors que j'aime toujours autant vous raconter des trucs quels qu'ils soient. Je ne sais pas combien de personnes me lisent vraiment et combien sont intéressées par ce que je peux bien laisser ici, je ne sais pas non plus si je manque de motivation ou si je ne sais pas gérer mon temps (je penche plutôt pour la deuxième solution) alors que j'ai toujours des choses à dire. Il faut juste que je retrouve ma capacité à me réserver une heure ou deux pour ce blog. Soyez sûr.e.s que ce n'est pas l'envie qui me fait défaut ! Alors, pour changer, parlons musique et des deux derniers concerts que j'ai vus : Nova Twins et Warhaus, soient deux groupes qui n'ont strictement rien à voir l'un avec l'autre.

   Nova Twins


Ce concert-là ne pourrait être plus récent puisqu'il remonte à hier soir. Une chanteuse et guitariste, Amy Love, et une bassiste, Georgia South, de Londres et un son rock / punk / hip-hop / fusion qui réveille les morts, autrement appelé par les principales intéressées : le nova sound. Il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas déceler des influences des années 1990 dans leur jeu et leur look, et la basse est l'élément central de leur musique. A quoi voit-on que cet instrument prend suffisamment de place ? Et bien quand on se trouve devant la scène et qu'on sent son jean battre en rythme contre ses mollets, voilà. J'ai lu une interview des Nova Twins sur un blog britannique et à la question "What's it like being two girls, rocking a male lead music scene ?", elles ont répondu : "Male lead ? Women are running the show !". D'ailleurs, figurez-vous qu'elles sont féministes et qu'elles disent ce que j'attends beaucoup de mes congénères de sexe et de genre féminins : c'est normal de l'être quand on est une femme, il n'y a pas vraiment d'autres possibilités. En fait, vous pouvez vous en rendre compte en allant écouter leur interview par Les Fines Gueules (une éminente émission de radio dont je vous parle dans le menu de gauche) ou bien en regardant cette vidéo (vous pouvez aussi liker la page tant que vous y êtes). Et puis sinon, il y a trois EP à ce jour : le premier, éponyme, sorti en 2016 et deux autres, Thelma & Louise ainsi que Mood Swings, tout frais, sorti cette année.





   Warhaus


Début novembre, je suis donc allée voir Warhaus qui se trouve être la formation solo de Maarten Devoldere, le chanteur de Balthazar. Je ne connaissais que de vagues bribes et j'ai été très agréablement accueillie par la présence de différents cuivres auxquels je ne m'attendais pas. C'est fou ça, les Belges ils ont vraiment super forts, je les aime beaucoup. J'ai lu un papier de Télérama de l'année dernière racontant que Warhaus est allée se balader tranquillement tout seul sur une péniche pour écrire son premier album, We Fucked A Flame Into Being et j'aime bien ce genre d'anecdote. Comme quand Rover s'est isolé dans une maison en Bretagne pour faire pareil. Continuez les gars, j'adore ce que vous faites. Son deuxième album, éponyme, est sorti il y a peu et on y trouve ce fort beau morceau :

Séries #4 : The Bold Type.

Bonjour vous, long time no see comme disent nos amis anglophones. La dernière fois que j'ai écrit ici, c'était pour vous parler d'une série cool. Figurez-vous que c'est pour la même raison que je réapparais trois mois après. Parce que oui, je suis comme beaucoup d'entre vous, je regarde plein de séries. Il y a des séries effet comfort-food telles que Grey's Anatomy et Outlander, d'autres avec lesquelles j'ai une relation d'amour-haine telles que The Affair et Salem (une saison intéressante sur deux, en somme), d'autres encore que j'ai commencées il y a peu mais qui me donnent le vertige quand je vois le nombre de saisons qui m'attend, à savoir Sons of Anarchy et Supernatural, mais il y en a d'autres que je regarde rapidement parce qu'elles sont hyper bien et dont il serait dommage de perdre une miette. Ces jours-ci je suis à fond dans The Fall et je viens de terminer The Bold Type. C'est de cette dernière dont je veux vous parler aujourd'hui.


Je suis tombée sur cette série complètement par hasard, en tombant sur un tweet. Je n'en avais jamais entendu parler jusqu'alors. J'ai été attirée par le postulat de base, à savoir la vie professionnelle de trois jeunes femmes dans les locaux d'un magazine new-yorkais. Bien que ça n'en est pas l'air de prime abord, cette série n'a strictement rien à voir avec tout ce qu'on a déjà pu voir. C'est-à-dire qu'elle est tellement féministe et bienveillante que j'ai été déstabilisée.

Il s'agit pour le moment d'une seule saison de 10 épisodes mais la série a été renouvelée pour deux saisons supplémentaires. Elle a été créée par une femme, Sarah Watson, et ses personnages principaux sont des femmes. Des femmes qui, certes, sont super lookées, minces et sans aucun cheveu qui dépasse, mais il paraît qu'on ne peut pas tout avoir. C'est de toute façon le parti pris, on n'est pas dans quelque chose d'ultra réaliste même s'il n'y a rien de surnaturel non plus. Jane (Katie Stevens), Kat (Aisha Dee) et Sutton (Meghann Fahy) travaillent pour le magazine féminin Scarlet qui se veut bien plus politique et sociétal que pénible comme les magazines féminins savent l'être. La première est auteure, la deuxième community manager et la dernière assistante mais aspire à monter en grade, si possible dans la section mode. Elles sont supervisées par une directrice de publication, Jacqueline Carlyle (Melora Hardin), qui est la cheffe la plus charismatique et bienveillante qui soit. Je l'adore, c'est mon personnage préféré. Quant à Sutton, elle a une relation avec un collègue plus âgé et qui est plus ou moins son supérieur hiérarchique. C'est fou parce que c'est un mec normal, pas du tout malsain et qui reste à sa place. Franchement, on n'est pas habitué à ça, il faut être honnête.
Je ne veux pas trop en dire mais plein de thèmes sont abordés en rapport avec un féminisme intersectionnel et ça fait un bien fou parce qu'il n'y a pas de tabou (enfin presque, cf image suivante). Je suis donc très contente que cette série soit renouvelée parce que peut-être va-t-on enfin voir des tétons (inutile de trop espérer pour une série américaine, toutefois), des femmes grosses, des femmes handicapées, et encore tout plein de bienveillance je l'espère.