La sélection du mois #1 (mars 2018)

Je ne sais pas vous mais moi, je suis bien contente d'être en avril. Je souligne et mets en gras parce que je n'en peux plus de cet hiver de merde, je l'ai passé à être malade, j'ai enchaîné crève sur crève avec la grippe au milieu, je suis absolument épuisée, j'ai un travail qui m'éreinte et j'ai entamé un nouveau truc depuis janvier (peut-être que j'en parlerais, ce serait d'utilité publique) qui me donne chaque semaine un coup de pelle derrière la nuque. Même quand j'ai eu la mononucléose il y a douze ans, je n'étais pas aussi fatiguée, c'est vous dire. Alors oui, le printemps, les beaux jours, le mois d'avril, je suis contente qu'ils arrivent, j'ai besoin de soleil et de températures clémentes, et puis surtout d'espoir.

Du coup rien à voir, j'intronise une nouvelle série d'articles ici, tout le monde le fait alors moi aussi, voilà. Mes favoris ou bien une sélection de choses intéressantes que j'ai vues sur les Internets mondiaux pendant le mois. Voici donc ce que j'ai retenu du mois de mars.


   RETROUVEZ-MOI SUR FACEBOOK

Tout d'abord, parlons réseaux sociaux. Peut-être aviez-vous liké la page du blog mais surtout peut-être pas, j'avais un engagement quasi nul et bien que mes statistiques ne soient pas ma première préoccupation (j'y jette quand même un œil, on ne va pas se mentir), l'existence même de cette page  et son fonctionnement étaient frustrants. J'ai donc décidé de la supprimer dans l'idée d'abandonner totalement Facebook, mais si on veut des vues, ce n'est pas super stratégique. Alors à la place, j'ai créé un profil. Je n'ai plus cette "pression" autour du nombre de vues de mes publications et ça me va très bien. Et puis tout le monde peut être ami.e avec moi, c'est formidable, alors venez donc.


   MUSIQUE

• La fin de NME
On a appris en début de mois que le magazine hebdomadaire britannique NME (New Musical Express) allait cesser d'être imprimé à cause d'une cruelle baisse des ventes. Ça m'a fait drôle parce que je le lisais avec avidité quand Rosie, ma copine anglaise du lycée, le ramenait de ses séjours en mère patrie. Elle m'a appris tellement de choses en musique, et particulièrement en rock anglais, que ouais, ça m'a fichu un petit coup.

• Maud Geffray
Ce clip de Maud Geffray, Ice Teens, m'a glacée. Voici ce qu'on en dit sur Nova : "Quelque part dans un internat isolé une jeune fille intègre une formation particulière. Le clip met en scène un groupe de jeunes filles amenées à se dépasser physiquement et mentalement. On se rend compte au fur et à mesure que le but de cette formation n'est pas vraiment celui que l'on croit. En inversant les codes et en formant les jeunes filles à se faire exécuter et non l'inverse, l'histoire nous confronte à l'absurdité de l'éducation, des pensées uniques. C'est la civilisation qui s'effondre. Elles apprennent dès lors à mourir dignement sans être effrayées en se déshumanisant totalement. Si les thèmes de ce clip résonnent bien évidemment avec l'actualité, la mise en scène en rend le contexte et l'époque insaisissables. Les questionnements que porte le clip sont intemporels."



   CULTURE

• Women's Art
Si vous êtes sur Twitter, je vous invite à suivre ce compte qui met en avant des artistes féminines de tout bord. Si vous n'y êtes pas, pas de panique, il y a aussi un blog (en anglais).

• Le vampire : le mal-mort qui nous hante
Excellent article du Paratonnerre datant du 24 octobre 2017 mais que je n'ai lu que ce mois-ci qui donne la parole à Claude Lecouteux, spécialiste des études médiévales allemandes.

• Culture gothique
Vampires, Mary Shelley et Frankenstein, Arnold Böcklin et Marilyn Manson, le mouvement gothique a déjà deux siècles. BiTS nous en parle un peu plus sur Arte TV.

• La famille Addams
Comme beaucoup de gens, j'imagine, j'ai grandi avec Mercredi Addams comme modèle de vie et référence culturelle ultime (elle restait mon déguisement favori au carnaval de l'école). Sur Deuxième Page, Aya Iskandarani nous racontait il y a un an (presque) tout pile l'histoire de cette famille macabre.


   HISTOIRE

• Czesława Kwoka
Je pense que peu de gens sont passés à côté de ceci : les photos colorisées par la talentueuse Marina Amaral de Czesława Kwoka, prisonnière polonaise d'Auschwitz morte en 1943 à 14 ans (elle a reçu une dose d'acide dans le cœur). Le cliché a été pris après qu'elle a été battue, la colorisation nous rend d'un coup l'histoire de cette gosse bien plus proche de nous.


• Old Pics et hoax
Il y a ce compte Twitter (entre autres) assez insupportable qui véhicule des photos dites historiques mais qui raconte surtout très souvent n'importe quoi.

Un hoax récurrent concerne cette photo à droite, deux femmes habillées en hommes à l'époque victorienne sont supposées faire partie d'un gang féminin, The Clockwork Oranges, qui aurait inspiré Anthony Burgess dans l'écriture de L'Orange Mécanique. C'est une histoire plutôt cool mais qui est donc totalement fausse, bien qu'il a existé un gang exclusivement féminins au XIXe siècle qui s'appelait Forty Elephant, elles étaient spécialisées dans le vol à l'étalage entre les années 1870 et 1950. De plus, il n'y a jamais eu de gang Clockwork Oranges et aucune inspiration venant de là pour Burgess. Source (en anglais).


   SANTÉ

• Dépression
Quand je vous parlais plus haut d'utilité publique, j'ai trouvé formidable cette vidéo de Julien Ménielle sur sa chaîne Dans ton corps. C'est Jean, de la chaîne Accropolis, qui nous explique ce qu'est la dépression et comment il vit avec.



• I.V.G.
S'il y a bien un truc qui me révolte dans ce monde de merde, c'est qu'on dise aux femmes ce qu'elles doivent faire de leur corps et qu'on leur interdise moult choses. A savoir, par exemple et au hasard, la question de l'avortement. On a la chance de pouvoir interrompre une grossesse en France, bien que ça ne soit pas aussi facile que ça le devrait, et quand je vois une recrudescence de bigoterie en Europe, ça me rend folle. A voir jusqu'au 4 mai 2018, cet excellent documentaire d'Arte sur les militants anti-IVG à qui j'ai envie de déblatérer beaucoup de mots vulgaires : Avortement, les croisés contre-attaquent.

• Sommes-nous hantés par la mémoire de nos ancêtres ?
Ça c'est si vous êtes un peu branché.e.s France Cul', ce sujet abordé est très intéressant. Si vous avez un rapport particulier avec l'histoire de vos aïeux (comme moi), je vous invite à écouter.


   LE MOT DE LA FIN

Plus que des mots, des images, et pas n'importe lesquelles. Miley Cyrus a diffusé ses excellents portraits de Vijat Mohindra sur le thème de Pâques pour Vogue. J'adore.


Marre des romans de vampire chiants : L'Éternel de Joann Sfar.

Oui, c'est vrai, il y a des sujets qui sont tellement prisés que tout le monde écrit dessus. Ou alors peut-être que les écrivains et aspirants écrivains se sentent obligés ? En fait je n'en sais rien, je fais de très gros plans sur la comète, mais force est de constater que les vampires, tout le monde aime ça. Moi la première. Enfin moi je n'écris pas dessus, je n'oserai jamais. Mais j'aime bien lire alors je me jette parfois sur un bouquin de vampire comme la petite vérole sur le bas clergé, du coup je fais des conneries.


C'est le cas avec celui-là, L'Éternel de Joann Sfar, que j'ai en ma possession depuis sa publication en 2013. Quelle chienlit ! J'étais très emballée à l'idée de le lire et j'ai compris dès le départ que ça allait être tendu. Quelle déception ! Il s'agit du premier roman de Joann Sfar, originellement auteur de bande-dessinée. J'avais déjà constaté son côté relou sur les réseaux sociaux et ça s'est confirmé dans son écriture... J'imagine que, pour autant, ça n'enlève rien à son talent mais j'ai du mal à m'en rendre compte. D'une part parce que je n'ai lu aucune autre de ses œuvres et, d'autre part, parce que je ne le ferai sûrement pas : dès les premières pages de L'Éternel, j'ai méchamment commencé à me creuser la ride du lion à force d'écarquiller les yeux, c'est incroyable de s'écouter parler au point de le retranscrire à l'écrit. Je dirais que c'est une performance ! Aucune humilité, zéro modestie, c'est un roman tellement pompeux qu'il m'a provoqué des maux de tête. La confiance en soi c'est très bien, vraiment, je milite pour que tout le monde la possède et en fasse bon usage. Mais là c'est trop, il faut songer à arrêter de s'embrasser l'épaule parce que 455 pages comme ça, c'est infernal.

D'autant que, bon, c'est pas fou, quoi. Ça partait pourtant sur une base plutôt saine : Ionas et Caïn sont deux frères juifs d'Ukraine combattant pendant la Première Guerre mondiale. Il se passe quelque chose de mystique sur le champ de bataille et un premier vampire apparaît. Bon. Il est là, il se pose quelques questions mais pas tant que ça. Il sait qu'il est un vampire, il emploie le mot, mais ne connaît rien de sa condition, j'ai trouvé que ça manquait de logique. Ça dure des pages et des pages. Et puis on fait un bon dans le temps, on se retrouve à notre époque à partir de la page 245. Une nouvelle protagoniste débarque, elle est psychanalyste et on voit enfin le rapport avec la quatrième de couverture qui se veut mystérieuse (alors qu'une fois le livre lu, je trouve ce résumé assez pitoyable) : "Les vampires, ça n'existe pas. La psychanalyse, ça ne marche pas. On était vraiment faits pour se rencontrer." Ah. Ouais. Tout ça pour ça, donc. En fait, j'ai beaucoup de mal à rédiger cet article parce que c'est un roman au récit très pauvre. Il y a des idées mais elles ne sont pas exploitées. Joann Sfar nous fait d'abord croire que ses personnages sont dignes d'intérêt puis il les abandonne dans un coin, on ne sait pas ce qu'ils deviennent, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment. On cite l'Éternel de temps en temps mais on ne sait pas vraiment qui c'est, est-ce que c'est Dieu ? Excusez-moi mais je n'ai pas reçu d'éducation religieuse et encore moins juive, je n'aime pas trop qu'on me laisse sur le bord de la route. En plus et sans surprise, les personnages féminins sont des gros clichés sexistes : soit elles sont top bonnes, soit ce sont des connasses jalouses. Boooooring ! Mais alors le pire, c'est d'intégrer comme personnage secondaire Howard Phillips Lovecraft. Le pauvre vieux ne sert tellement à rien que c'est juste consternant. Ah non, attendez, il y a pire encore : le vocabulaire. Ça va Joann Sfar, on sait que tu as mangé un dictionnaire quand tu étais petit, tu n'as pas besoin de recracher chaque mot chiadé que tu connais dans chacun de tes paragraphes. Quel enfer. C'est une lecture qui m'aurait presque rendue demeurée tant j'ai eu l'impression de me faire prendre pour une conne. Quelle horreur ! A éviter.

Adage : ne jamais commettre deux fois la même erreur.

Je viens vous parler d'un sujet avec lequel je n'ai pas été à l'aise pendant très longtemps et c'était encore le cas il y a peu. Cette ordure de Bertrand Cantat peut-elle continuer à montrer sa sale trogne en public ? Voyez, je donne le ton. Et pourtant vous allez comprendre que les choses ne sont pas (n'ont pas été) aussi simples qu'il paraît.

Parce que bon, comme beaucoup de personnes de mon âge (et pas que) qui aiment la musique et ont les oreilles qui traînent partout depuis les années 1990, j'ai adoré Noir Désir. Bien sûr, je possède 666.667 Club dans ma discothèque, évidemment que j'étais devant ma télévision en 2002 quand Bertrand Cantat a démonté Universal aux Victoires de la musique et je trouvais tout à fait légitime que cet homme soit associé à la rébellion et au bon rock français. Il a été le héros d'un nombre incalculable de personnes. Il l'est malheureusement toujours.

Un an après avoir mis un coup de poing idéologique dans la tête de Jean-Marie Messier, il a réitéré physiquement sur Marie Trintignant. Un coup de poing, que dis-je, il l'a massacrée. Elle en est morte. Cantat a ensuite été condamné à 8 ans de prison, il n'en a fait que la moitié. Et depuis, il se réinsère dans ce qu'il sait faire de mieux (sic), la musique.

Lâché par ses anciens potes de Noir Désir, Cantat avait un nouveau groupe qui s'appelait Détroit. Il y a 4 ans, ils sont venus en concert près de chez moi. Vous savez ce que j'ai fait ? J'y suis allée, non sans un léger malaise (qui me rassure aujourd'hui, ça prouve que je savais que je faisais une connerie). Comme tout un tas de bons Vendéens fans et nostalgiques de l'homme pressé. J'ai kiffé, même. J'ai mis mon féminisme sur pause et je suis allée au concert d'un type qui a tué Marie Trintignant et a poussé Krisztina Rády au suicide. Je n'avais pas encore commencé Les Fines Gueules et je savais beaucoup moins de choses qu'aujourd'hui, d'ailleurs je dissociais l'homme de l'artiste (non mais au secours...), théorie que j'ai eu vraiment du mal à rejeter, déchirée entre ma mélomanie et mon militantisme. Je crois en fait que je me voilais totalement la face, que cette dissociation ridicule était de l'ordre de ma zone de confort et je n'avais pas envie d'argumenter.

Aujourd'hui, je pense qu'être allée à ce concert était une erreur monumentale. Je le regrette et ai du mal à l'avouer (enfin désormais tout le monde le sait), il est évident que si c'était à refaire, je ferais partie de ces gens qui lui jettent des caillasses dans la tronche. Bien que de plus en plus de ses concerts soient annulés pour sa tournée actuelle, je trouve aberrant que Cantat puisse encore exercer. Parce qu'il faut arrêter la malhonnêteté deux secondes : il n'est pas comptable ou jardinier ou équipier chez McDo ou garagiste, non, il est chanteur, il occupe l'espace public et des gens l'écoutent. D'ailleurs, s'il y a bien quelque chose à intégrer, ce sont les paroles de Nadia Daam dont je vous invite à écouter l'éloquence : Bertrand Cantat est et restera un meurtrier.

Et puis à côté de lui, en rangs bien serrés, il y a ces autres hommes qui perpétuent des violences sur les femmes et qui continuent leur brillante carrière comme les artistes divins (re-sic) qu'ils sont : Woody Allen, Roman Polanski, Frédéric Haziza et même cette grosse tanche de Jean-Luc Lahaye, ces hommes dont la vie n'est pas super brisée contrairement à celle des filles et des femmes agressées et violées par leur pré-supposée toute puissance masculine. Pire, on se retrouve même à devoir supporter l'odieuse plainte d'un Cantat qui hurle à la censure. La décence de fermer sa gueule, où est-elle partie ?

Rappelons qu'en France, une centaine de femmes sont tuées chaque année par leur conjoint, leur mari ou leur ex, c'est environ une femme qui meurt tous les trois jours. Ça porte un nom : féminicide.

Il est toutefois important, je pense, de se débarrasser de sa culpabilité (en plus de vos objets en rapport avec des artistes problématiques mais même moi je n'en suis pas encore capable) car la société avance plutôt vite selon moi. Après #MeToo, #BalanceTonPorc et l'affaire Weinstein, et bien que la France soit très conservatrice quant à la libération des femmes, on observe enfin une véritable ouverture de la parole et j'espère que ça va continuer. Les vrais coupables sont les hommes qui se croient supérieurs aux femmes et agissent en fonction, celles-ci ne sont qu'orientées depuis toujours vers le patriarcat comme si c'était le seul choix possible. On peut avoir des regrets, on peut avoir du recul, mais évitons de nous sentir coupables et allons plutôt vers la déconstruction. Et Cantat, franchement va te cacher, tu es une honte.

Krisztina Rády et Marie Trintignant

Cinéma #21 - The Post (Pentagon Papers), célébration d'une femme forte et de la liberté de la presse.

En cette délicieuse journée internationale des droits des femmes (et non pas "journée de la femme" ou "journée internationale des droits de la femme", je vous rappelle que nous ne sommes ni des objets uniquement aptes à sourire en recevant des fleurs et que, en plus, il n'existe pas qu'un seul type de femme) j'avais décidé de me tenir éloignée des réseaux sociaux et de toute source d'agacement. Sauf que je n'ai pas tenu, évidemment. N'étant pas patiente de nature et l'étant de moins en moins en vieillissant, ma contribution la plus élaborée a été de distribuer des ta gueule sur Twitter. Je n'ai pas pris de grand risque étant donné que je me suis obligée à protéger mon compte depuis hier, en effet un abruti de fond de cuve des Internets essaie tant bien que mal de me foutre la trouille à base de vaines menaces en ne sachant absolument pas de quoi il parle (je pense qu'il a 12 ans grand max). A part m'imposer l'incohérence de sa présence, il ne se passe pas grand chose de plus. Mais enfin, si je veux avoir un peu la paix... Du coup j'ai tenté de glander toute la journée et puis ce soir, je me suis rendue dans mon cinéma préféré, Le Concorde, pour un ciné-débat autour de The Post (Pentagon Papers) de Steven Spielberg et de la liberté de la presse, en partenariat avec Le Club de la Presse de Vendée.


L'histoire se déroule en 1971, quatre ans avant la fin de la guerre du Vietnam. Katharine Graham (Meryl Streep) est la première femme directrice de la publication d'un plutôt gros quotidien américain, à savoir le Washington Post. Elle a succédé à son défunt mari, Phil Graham, lui-même ayant succédé au père de son épouse (sic), Eugene Meyer, qui avait acheté aux enchères en 1933 ce qui n'était alors qu'un petit quotidien régional en faillite. Ce n'était pas le destin prévu de Katharine Graham puisque, comme vous le savez tou.te.s, la place d'une femme n'est certainement pas ailleurs que dans une cuisine ou une nursery (sic bis), mais le suicide de Phil a changé la donne. Le film illustre parfaitement son changement de place : elle a beau être une femme influente, elle manque cruellement de confiance en elle (comment faire autrement quand tout le monde (= les hommes) croit, dit et répète que ce n'est pas votre place ?), a de la peine à faire entendre sa voix et demande toujours conseil à ses homologues masculins. On la voit prendre du galon dans son cheminement personnel, non sans la trouille au ventre, et en tant que femme, ça m'a fait un bien fou. Je repense à cette scène superbe où elle sort du tribunal dans l'indifférence générale des hommes et où les femmes, en retrait, la regardent toutes descendre les marches avec admiration... J'ai eu des frissons.

Et puis aussi, quelle vérole ce Nixon ! Car si nous assistons à une progression féministe, il est aussi question de la liberté de la presse. Je vous le disais plus haut, nous sommes en plein dans la guerre du Vietnam, sous la présidence de Richard Nixon. Un énorme scandale éclate, le gouvernement savait depuis longtemps que cette guerre était une cause perdue mais continuait quand même à mettre la zone au Vietnam. C'est Katharine Graham qui doit prendre la décision de publier ou non le scandale et c'est compliqué parce qu'elle et son journal risquent la cour suprême alors qu'elle essaie de le redresser financièrement.
Une phrase ressort dans le film et a été soulignée pendant le débat : "La presse doit aider les gouvernés, pas les gouvernants." En effet, les pontes du journal ont des accointances avec les politiques, ainsi Ben Bradlee (Tom Hanks), le rédacteur en chef du Washington Post, a copiné avec John Fitzgerald Kennedy. Entre autres. Je vous laisse imaginer son ressenti quand il apprend que tous les présidents américains mentent au peuple depuis trente ans... Toutefois ce film est une ode à la démocratie et démontre l'indépendance de la presse ainsi que son engagement envers le peuple. De plus, tout est bien expliqué, le scénario est accessible sans nous prendre pour des neuneus et j'apprécie. Je parle de ça parce que je ne me suis jamais autant sentie laissée sur le bas-côté que quand j'ai regardé The Big Short : je n'ai absolument rien compris.

Alors voilà, il faut voir The Post (Pentagon Papers) pour toutes ces raisons-là, et aussi parce que Meryl Streep est une femme exceptionnelle. Si avec tout ça je ne vous ai pas donné envie, je ferme ce blog.

Katharine Graham (1917-2001)

Les formations théâtrales de Djiocare (concours !).

Il y a quelques mois, j'ai brièvement évoqué une anecdote sur mon rapport au théâtre qui impliquait Antigone de Jean Anouilh.  Alors voilà, j'étais en troisième et la prof de français a cru avoir une bonne idée en nous imposant de jouer la pièce, chacun.e notre tour un morceau, et si je ne me souviens plus du rôle que je tenais (je crois que c'était Ismène mais je n'en suis pas sûre), je me rappelle excellemment bien de l'angoisse ressentie. C'était la même que lors de mon gala de danse habillée en coquelicot de crépon sept ans plus tôt (trauma) : je ne suis pas faite pour être sur scène et encore moins pour apprendre un texte ou une chorégraphie par cœur. En revanche, j'aime bien lire du théâtre et en voir, surtout quand les comédien.ne.s sont des gens que je connais, ça me donne toujours des petits frissons parce que je les trouve toujours hyper doué.e.s (si c'est vrai, je vous jure qu'il n'y a aucune hypocrisie là-dedans).

En tout cas, je suis totalement convaincue par l'impact concret que le théâtre peut avoir sur la personnalité des gens. J'ai vu suffisamment de personnes (parmi mes ancien.ne.s élèves notamment) introverties, timides ou mêmes angoissées qui étaient sublimées sur scène grâce à un réel talent, je les admire totalement.


J'en viens donc au fait. Il y a quelques jours j'ai été contactée par Jane Damien, professionnelle du théâtre et fondatrice de Djiocare, une société de formations théâtrales. Elle intervient aussi bien en entreprise qu'auprès de particuliers grâce à des stages mais aussi des théâtroweeks : deux jours d'immersion (autour d'une thématique avec des exercices, de l'improvisation, etc.) dans un lieu cool à faire beaucoup de théâtre. Je pense qu'on a connu pires weekends quand on aime la comédie... L'idée de Djiocare est donc de réaliser des formations théâtrales pour que vous puissiez accomplir vos projets, quels qu'ils soient.

Et donc, tout ça est déjà très intéressant me direz-vous, mais si vous aviez la chance de suivre des cours d'improvisation grâce à un subtil concours ayant lieu ici-même, avouez que ce serait la cerise sur le gâteau, non ? Un peu plus de détails : il s'agit de cours ayant lieu un mardi sur deux, à savoir les 13 et 27 mars, 10 et 24 avril, 8 et 22 mai, et 5 et 19 juin 2018 de 19h à 21h à Paris. La description du cours, la voici :
C'est insolite, alors pourquoi pas ?
Nous organisons un atelier théâtre atypique, axé sur l'improvisation autour de thématiques de la vie quotidienne.
Vous vous verrez entrepreneur, salarié, parents, enfants, syndicaliste, président, nous traiterons de tout ce qui compose nos quotidiens. Nous entendrons des bruits qui n'existent pas, des portes invisibles claqueront, on mangera sans table et on dormira sans lit ! Pour faire du théâtre, il ne nous faut rien d'autre que vous et votre vie actuelle, rêvée, caricaturée, peu importe : vous et votre personnalité !
Jane et moi vous proposons donc de gagner une place dans ce cours d'improvisation se déroulant du 13 mars au 19 juin 2018 à Paris (5e arrondissement). Pour participer c'est très simple : laissez-moi un commentaire sous cet article en précisant votre adresse mail afin que je vous contacte si vous gagnez. Vous avez jusqu'à samedi 10 mars à minuit pour participer et j'annoncerai et préviendrai l'heureux.se élu.e très, très, très vite. Bonne chance à vous !

Mise à jour : je suis bonne pâte, je vous laisse 24h de plus pour participer. Vous avez désormais jusqu'à dimanche 11 mars à minuit pour participer !

Concours terminé ! Félicitations Amandine !