J'emmerde le développement personnel.

Salut, c'est le retour de Lucie la râleuse. Avouez que ça vous avait manqué ! Je sais que le titre de cet article est racoleur mais c'est volontaire, il paraît que si on veut faire le buzz (j'ai cette expression en horreur... "faire le buzz", elle me donne des boutons) c'est comme ça qu'il faut faire. D'autant que le terme "développement personnel" est assez large, du moins il l'est devenu. Concrètement qu'est-ce que c'est ? Il s'agit tout simplement d'un ensemble de méthodes consistant à s'améliorer. S'améliorer. Le culte de la performance. Start up nation. Bon, en vrai, ça ne date pas d'hier. Des travaux sur le sujet existent depuis longtemps mais cela reste souvent lié de près ou de loin au courant New Age.

Et le courant New Age, je ne lui veux aucun mal. Si vous croyez à l'existence des anges gardiens et des chakras, que vous soyez adeptes du tarot divinatoire ou de lithothérapie, ça vous regarde et surtout, tant que ça vous fait du bien et que ça vous fait plaisir, c'est tout ce qui compte. Ce qui est dangereux, c'est quand ça dérive vers le charlatanisme. Tant que vous n'essayez pas de me convaincre que l'homéopathie vous soigne, nous resterons ami.e.s. Enfin on s'éloigne du sujet initial que je souhaite aborder aujourd'hui.

Le développement personnel est animé par divers acteurs tels que des coachs. En 2018 il est tout à fait naturel de marcher dans la rue et d'apercevoir une plaque sur un bâtiment sur laquelle est écrit : "Untel, coach en bonheur". Le coaching en bonheur est, à mon sens, une des plus grandes supercheries du XXIe siècle. Recevoir des honoraires pour ça me met très en colère. J'ai eu l'occasion d'assister à une conférence avec une coach en bonheur dans le cadre de mon travail. C'était un vendredi 13, j'ai cru à une blague mais non. J'ai passé deux heures à rouler des yeux tellement loin dans mes orbites que j'ai failli rester coincée, c'était la grande réunion du bullshit. Une farce. J'ai notamment été passablement énervée quand cette femme a expliqué à des gosses de 12 ans (c'était le public visé à ce moment précis) qu'il suffisait d'y croire pour y arriver. Arriver à quoi ? A tout, enfin ! Prenez l'exemple de cet Américain (on a oublié son nom mais existe-t-il vraiment ? J'avoue ne pas avoir vérifié) qui a fini tétraplégique après un accident. La médecine était formelle, jamais il ne remarcherait. Sauf que cet homme n'a pas cru les médecins, il croyait en lui, très, très, très profond, il s'est dit : "Je peux le faire !", et devinez quoi ? Il n'était plus tétraplégique. Ceci est déjà très gênant en soi, mais quand elle a enchaîné sur l'histoire d'une agression physique qu'elle a subie par le passé et qu'elle remerciait cet événement d'avoir eu lieu sans lequel elle ne serait pas devenue la personne qu'elle est aujourd'hui, j'étais livide.


Outre le pognon que brasse le développement personnel grâce à l'édition de tout un tas de bouquins tous aussi profondément indigents les uns que les autres, il y a l'avènement des conseils dispensés par vous, mes ami.e.s blogueur.se.s. Il ne se passe pas une journée sans que je vois un (des !) énième article de blog surgir de la rubrique humeurs ou lifestyle d'Hellocoton, c'est tragique. Voici des exemples concrets :

• le 6 mai, ceci a été publié : "20 choses à faire pour lutter contre la déprime." Parmi ces fameuses choses, la blogueuse nous conseille de voir des gens qu'on aime. Excusez-moi mais quand on déprime pour de vrai, on a envie de voir personne. Elle nous conseille également de pratiquer notre activité préférée, d'écouter de la musique, de lire, bref, ce qu'on fait habituellement quand on n'est pas au taf et que les gosses sont couché.e.s. Le pire est à venir et ce sont aussi mes deux points favoris : noter des pensées reconnaissantes (ou faire preuve de gratitude, la fameuse gratitude à qui j'ai envie de dire nique ta mère) et positiver. Ta gueule. C'est insupportable ! Je n'adresse évidemment pas ces grossièretés à l'autrice de ce blog car il n'y a strictement rien de personnel (hormis le développement (j'adore l'humour)), d'autant que chaque personne qui rédige un article de blog de cet acabit balance les mêmes salades. Non, mon ta gueule s'adresse à cette idéologie infecte, cette croyance que tout peut soudainement aller mieux si on pratique la pensée positive. Mais qu'est-ce que c'est, la pensée positive ? Ça veut dire quoi ? Chouette, il fait beau ! Excellent, aucune trace de vomi de chat dans la cuisine au petit matin ! Génial, j'ai moins d'acné que d'habitude ! D'un coup la vie va mieux, ma dépression est oubliée, je peux enfin vivre une existence normale. Époustouflant.


• le 28 avril, ceci a été publié : "5 conseils pour une vie plus positive !" J'ai envie de casser des trucs. Je ne comprends déjà pas pourquoi il y a cette réelle obsession à tout quantifier, 37 astuces par ci, 92 conseils par là, arrêtez de faire ça. Si votre but est simplement de faire une liste, écrivez des gros points ou bien faites l'effort de construire un texte, c'est dingue ce besoin aussi viscéral de chercher l'essentiel dans la pauvreté. Parmi ces 5 conseils, l'autrice nous dit de prendre sa vie en main. S'accomplir est important, elle l'a écrit noir sur blanc. Je suis certaine qu'elle a voté pour Macron. Elle nous demande également d'arrêter de nous plaindre et de râler. Ah, putain. Je boue tel Vegeta. D'un côté, on nous demande, à nous les dépressif.ve.s (ceci est mon coming out) et autres déprimé.e.s de dire ce qui ne va pas et quand on le fait, on nous demande de ne pas nous plaindre et de ne pas râler. Et la cohérence dans tout ça ? Savez-vous seulement faire la différence entre quelqu'un qui exprime un mal-être et le fait de se plaindre ? Soyez sympas, réfléchissez-y.

Le vrai problème, c'est que les gens ont l'irrépressible envie de toujours donner leur avis et leurs conseils alors qu'on ne les a pas demandés. C'est ainsi qu'on se retrouve avec un méli-mélo de professionnel.le.s auto-revendiqué.e.s et d'amateur.ice.s qui tentent de vous convaincre que votre vie deviendra meilleure en pratiquant l'attitude positive, la grattitude et en arrêtant de se plaindre (je roule encore des yeux en écrivant "se plaindre", je vais finir par aggraver mon strabisme). Sauf que parmi elles et eux, il y en a beaucoup qui sont incapables de faire la différence entre déprime et dépression. Bien qu'elle ne soit pas à négliger, la déprime est un coup de mou passager et connaît des symptômes moins enfoncés que la dépression qui est une maladie et qui ne dure pas quinze jours. Si le fait d'écrire quotidiennement des pensées positives dans un joli carnet vous aide, allez-y, foncez, ce n'est pas le souci. Je suis toutefois très dérangée quand vous ne savez pas de quoi vous parlez, figurez-vous que ça se voit ! Soyez mièvres si ça vous chante mais cessez de croire que ce qui est bon pour vous l'est forcément pour les autres.


Je revendique le droit d'aller mal et de faire ce qu'on peut pour s'en sortir. "Quand on veut, on peut." est une phrase qui ne devrait pas exister, elle n'a aucun sens, elle est fausse. Je vous demande d'arrêter vos injonctions au bonheur, au bien-être, au positivisme. On n'en est pas tou.te.s capables. Par exemple, moi j'adore le soleil. Quand il pleut, j'attends qu'il revienne avec impatience. Mais quand je vais mal (c'est-à-dire souvent) et que le soleil apparaît, je suis un peu contente qu'il soit là mais je baisse les volets parce qu'au fond, il me gêne. Je refuse qu'on m'explique par a+b qu'il est bénéfique pour moi de sortir et de porter des imprimés fleuris, vous n'y connaissez rien. Quand je vous dis que j'ai mal à la tête, je ne me plains pas, je minimise simplement l'explosion qui a actuellement lieu dans mon cerveau. Quant à ma gratitude, je la réserve aux personnes qui m'aident vraiment et ne s'adressent pas à moi comme à une demeurée, à savoir mon mec, mes ami.e.s et mon psy.

      (et aussi mes chats, David Bowie, KT Tunstall et Jeff Goldblum).

N'irait-on pas faire un tour à Porto ? Et bien si.

2018, c'est la première année où je suis vraiment contente de faire partie de la zone B. Nous sommes les derniers du cycle des vacances scolaires et à cause des multiples jours fériés du mois de mai, nos deux semaines se sont transformées en deux semaines et demi et je ne reprends le boulot que le 14 mai. On pourrait penser que j'ai de la chance, que c'est le petit bonheur de l'Éducation Nationale, mais c'est beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît. J'aurai bien l'occasion de vous raconter mes conditions de travail une fois que le glas de mon CDD aura retenti (can't wait).

Alors étant donné que la santé ça va pas fort et que, surtout, nous avons subi (dans ma région du moins) beaucoup trop de pluie, de froid et de grisaille depuis le mois de janvier (au moins), avec mon très cher partenaire de vie nous avons mis les voiles vers le Portugal, à Porto très exactement. Pourquoi ce choix ? Parce que j'avais besoin de soleil et que cette région est réputée pour son ensoleillement quasi permanent (CQFD), parce que je connais plusieurs personnes qui y sont allées et qui ont adoré, parce que c'était pas cher en partant de l'aéroport de La Rochelle (soit à 1h10 de chez moi en voiture) et parce que je ne connais pas du tout le Sud de l'Europe, je n'avais d'ailleurs jamais été plus au Sud que Fréjus (par contre j'ai pas mal visité le Nord et l'Est).


On n'est pas resté très longtemps, on a passé trois jours pleins sur place, et ça a été suffisant pour faire une bonne grosse déconnexion. C'est la première fois de ma vie que je voyage sans stress ni angoisse du début à la fin et que je prends le temps d'apprécier ce que je fais, vois et vis. Et, alors que je ne suis pas superstitieuse pour un sou, une succession de choses sympathiques, comme des signes, se sont déroulées tout au long de mon séjour me donnant ainsi l'impression que cette ville et ce pays m'accueillaient à bras ouverts en mode "Viens-là ma caille que je te fasse un gros câlin.". Exemples concrets : à chaque fois qu'on arrivait dans un resto pour manger et qu'il était plein, deux personnes libéraient une table pile au moment où on entrait. Ou encore : un resto qu'on nous avait conseillé diffusait mon album préféré de David Bowie pendant qu'on mangeait. Et aussi : on s'est décidé au dernier moment à faire une petite croisière d'une heure sur le Douro, on est arrivé 10 minutes avant le départ du bateau. Ça et le simple fait de décoller à chaque fois d'une piste très proche de la mer (La Rochelle et Porto, donc) me suffit à me faire du bien parce que, sans aucun nuage, la vue est vraiment splendide.

Là où on a bien mangé et bien bu et que, vivement, je recommande :

Restaurant Caldeireiros (conseillé par Clémentine)
Rua dos Caldeireiros 139
4050-140 Porto
Nous avons dîné ici le soir de notre arrivée. Une fois assis, l'attente des plats était assez longue. Ça ne nous a pas posé de problème parce que d'une part, nous étions en vacances et, d'autre part, le serveur était ultra gentil et nous a offert l'apéro et le dessert, et il nous a surclassés en vin parce que celui qu'on avait choisi n'était plus disponible. J'ai directement pris la fameuse Francesinha dont tout le monde me parlait tant mais je n'ai pas été convaincue. Beaucoup trop de viande et un trop gros goût de ravioli à mon sens (j'aime pas trop les raviolis). Toutefois, je suis sortie du resto complètement pompette à cause de la bouteille de vin Kopke qu'on s'est bu entièrement à deux et je suis rentrée dans notre Airbnb en chantant "lalala".

Restaurant A Sandeira (conseillé par Lyonel)
Rua dos Caldeireiros 85
4050-140 Porto
Alors là, s'il ne devait en rester qu'un, ce serait celui-là. Premièrement, le resto est tenu par des filles badass. Deuxièmement, c'est ici qu'on mange au son de David Bowie. Troisièmement, j'ai jamais mangé un sandwich à la sardine aussi délicieux et bu une citronnade maison aussi excellente (les produits sont frais et de qualité !). De plus, le rapport qualité-prix est exceptionnel et, de manière générale, il est tout à fait normal à Porto de boire un café à 80 cts (ça vous en bouche un coin, n'est-ce pas ?).

Les chais et les caves Taylor's
Rua do Choupelo 250
4400-088 Vila Nova de Gaia
Évidemment, quand on va à Porto et qu'on aime en boire, il est crucial de visiter des caves. Le Guide du Routard conseillait d'aller chez Taylor's parce que les caves sont à priori les plus impressionnantes. Vous allez me dire que Taylor est un nom qui ne sonne pas très portugais et vous aurez raison car c'est totalement anglo-saxon. C'est parce que les Anglais aimaient bien boire du vin de Porto il y a quelques siècles et qu'ils s'étaient mal mis avec nous autres Français alors ils ont débarqué au Portugal pour leur petit business. Je vous la fais courte car je n'ai pas été très attentive à ce que me racontait l'audio-guide, j'attendais la dégustation en fin de parcours. Le fait est qu'on arrive dans une cour où il y a des paons (des paons !!!) et où on vous sert deux verres de Porto, du rouge et du blanc, à siroter au soleil avec vue sur les palmiers. Croyez-moi, ça valait le coup de se coltiner toutes les petites rues à monter à pied (oui, ça monte, et pas qu'un peu. J'ai beau avoir été prévenue, ça surprend quand même).


Restaurant Peebz
Rua da Sra. da Luz 448
4150-274 Porto
Autant j'ai bu et mangé local un maximum, autant ici l'appel du burger a été trop tentant. Situé en bord de mer, ce fast food propose une carte pas forcément hyper fournie mais la moitié des burgers sont disponibles en version végétarienne. J'ai mangé un truc à base d'huile de truffe et il y avait des copeaux de parmesan dans mes frites, j'ai rarement ingéré un burger aussi bon de toute ma vie. Je bave encore rien que d'y repenser. On peut aussi y boire de la bière portugaise et (encore !) de la citronnade maison. C'est un vrai bonheur parce que j'ai été marquée par tous les citronniers lourds de leurs citrons vus dans tous les jardins, ça m'a vraiment rendue heureuse. Depuis, je rêve d'avoir mon propre citronnier (j'ai des plaisirs simples).

Marché temporaire do Bolhão
Temporaire parce qu'à l'origine, ce marché se trouve rua Formosa (4000-214) mais il est actuellement en travaux, il se trouve donc en attendant près d'un centre commercial. Dans l'absolu il n'y a pas grand chose de fou, c'est un marché classique, mais c'est l'occasion d'acheter des produits frais, locaux et fortement délicieux. Un soir on s'est fait nos petites courses, on a acheté un chorizo, un fromage de brebis pimenté et un putain de kilo de fraises. Pendant qu'on déambulait, j'ai frôlé l'orgasme en buvant un smoothie à la pastèque, vous imaginez bien comme il était grand temps pour moi qu'on sorte de l'hiver.

Voilà pour ce qui est de boire et manger. Pour le reste, le meilleur des plans reste la balade à pieds parce qu'il y a moult choses à voir. Mes yeux se sont posés sur chaque palmier, chaque citronnier et chaque azulejo sur les murs des maisons et des églises. Il est cool de passer par la cathédrale Sé qui est en hauteur (une vraie forteresse) parce que non seulement la vue sur Porto est fantastique mais aussi parce qu'il y a un type qui joue de la trompette et l'acoustique est extraordinaire. On peut aussi visiter la librairie Lello qui m'a un poil déçue, je le confesse. Je m'attendais à un lieu gigantesque et c'est assez petit et blindé de monde. Elle date de 1869 et conserve son look d'origine, c'est sûrement une des plus belles librairies d'Europe (et de toute façon réputée comme telle) et elle a inspiré J.K. Rowling pour Harry Potter. Passer par la gare São Bento est aussi un must. Une gare peut déjà être un lieu assez cool, alors si en plus elle est belle... Traverser le Douro par le pont Dom Luís (conçu par un collaborateur de Gustave Eiffel donc imaginez une tour Eiffel horizontale) est une expérience certaine, pas facile toutefois si on a le vertige. Le métro passe au milieu laissant ainsi les piétons sur les bords, autant vous dire que les sensations sont garanties. Mais ça vaut le coup parce que là encore, c'est l'occasion de prendre de belles photos de la vue avec neuf chances sur dix d'immortaliser un goéland en plein vol.

Enfin, il faut bien dormir quelque part. Première fois que nous testions Airbnb et c'était la meilleure idée du siècle. On a été accueillis chez Maria pour 35€ la nuit avec tout le confort, toute la propreté et toute la gentillesse de notre hôte qu'il est possible d'avoir. Je ne peux que recommander cet appartement, c'était royal.

Moi qui n'ai longtemps juré que par l'Europe du Nord et de l'Est, me voici donc à la découverte du Sud et je suis ravie. Je ne regrette pas d'être partie au mois de mai parce qu'il y avait un peu de monde, certes, mais habituellement je pars l'été et c'est surpeuplé où qu'on aille. Ce voyage m'a fait un bien fou et je pense même que c'est un des meilleurs que j'ai fait.

Vue sur la Ribeira depuis le pont Dom Luís.

Gare São Bento.


Librairie Lello.





Je peux vous dire que tous les palmiers de La Roche-sur-Yon ne font certainement pas cette taille.


Le clin d'œil de la fin du séjour.

La sélection du mois #2 (avril 2018)

Autant d'habitude je m'en fiche, autant cette année je suis bien contente de faire partie de la zone B. Les vacances sont décalées par rapport aux autres et durent deux semaines et demi à cause des jours fériés du mois de mai, c'est formidable. Rendez-vous compte que je ne retourne pas au boulot avant le 14 mai, c'est presque trop beau pour être vrai. Un jour je vous raconterai pourquoi ça me ravit autant, et je pèse mes mots.
Vous avez remarqué que je n'ai rien posté de tout le mois d'avril et c'est tout simplement parce que je n'avais rien à dire. Je vous rassure, loin de moi le besoin de me justifier, je déteste d'ailleurs le fait que les auteur.ice.s de blogs le fassent régulièrement, vous faites ce que vous voulez et puis c'est tout. En revanche j'aime bien cette notion de sélection mensuelle, ça permet de parler de choses et d'autres rapidement sans avoir à écrire un article exprès. Enfin plutôt que de parler pour ne rien dire, voici :


   BADASSERIE FÉMINISTE

KT Tunstall mène la parade du Tartan Day (en anglais)
Le Tartan Day a lieu chaque année le 6 avril afin de célébrer les liens qui unissent l'Écosse et ses immigré.e.s d'Amérique du Nord et du Commonwealth. A New York, c'est la première fois cette année qu'une femme a mené la parade constituée de quelques milliers de personnes et de cornemuses, et cette femme c'est KT Tunstall. Hyper cool (je l'aime tant) !



   RÉTROSPECTIVES

Exposition David Bowie The Seventies à Nantes
Plusieurs photos de Gijsbert Hanekroot sont exposées dans une boutique d'antiquités du XXe siècle dans le centre-ville de Nantes jusqu'au 31 mai. Je compte y aller très vite.

Hommage à New York
La station de métro Broadway-Lafayette rend hommage à David Bowie avec des morceaux de l'exposition précédemment exposée au Victoria and Albert Museum de Londres. En lien avec Spotify, c'est interactif. Cette fois je ne pourrai pas m'y rendre et c'est bien dommage.

40 ans après Wuthering Heights, Kate Bush rend hommage à Emily Brontë (en anglais)
Pour ce faire, elle s'est associée aux poètes Carol Ann Duffy, Jackie Kay et à la romancière Jeanette Winterson (que des femmes, ça me rend extatique) pour un projet fantastique.

Presque chaque matin sur France Inter, Rebecca Manzoni nous raconte l'histoire d'un.e artiste, d'un album ou d'une chanson aux alentours de 7h20 et j'adore. Ici c'est Tom Waits, que j'adore aussi, qui est mis à l'honneur.


   POP CULTURE & LES INTERNETS

Si, comme moi, vous êtes un vieux de la vieille, cet article de Nova et cette vidéo de Squirrel Monkey vont vous parler.

Sur Instagram, les influenceurs nous racontent ce que ça fait de vivre dans une palette monochrome (en anglais)
Franchement, je n'en peux plus des dizaines d'articles qui fleurissent chaque jour et vous expliquent comment vous devez absolument régler vos paramétrages si vous voulez que votre compte Instagram soit correct. Allez vous faire foutre, vraiment.

Non parce que Kate Middleton a présenté son troisième royal rejeton dans la même robe que porte Mia Farrow dans Rosemary's Baby. Je trouve ça très drôle.


   AILLEURS

De manière générale, je ne saurais que trop vous conseiller la lecture régulière du blog de kReEsTaL mais là, cet article est une petite perle.

Nuage nocturne
Le photographe environnement et météo Christophe Suarez a pris une très belle photo d'un nuage lenticulaire au-dessus du Mont-Blanc pendant le weekend de Pâques. Allez voir son site, tous ses clichés sont fabuleux.


Si vous ne connaissez pas encore ce Tumblr (aussi sur Twitter et Instagram), et bien il faut le visiter d'urgence. Adrien aime bien les images satellites et prend de fort belles captures. Un petit exemple éthiopien :



   LES VRAIES QUESTIONS

Pourquoi le carrelage du métro parisien est-il blanc ?
Cependant cet article de Télérama ne dit pas pourquoi nous sommes tant à avoir cette envie irrépressible d'avoir le même carrelage dans notre cuisine ou notre salle de bain (perso je l'ai choisi turquoise).


   PSYCHO

Tout est dans le titre. L'article a déjà quelques années mais on y apprend plein de choses malgré tout.


   LE MOT DE LA FIN

Et bien on va se quitter en musique parce que Khadja Bonet sort un nouvel album, Childqueen, dont le premier titre est Mother Maybe, et le monde avait besoin de ça, croyez-moi.

La sélection du mois #1 (mars 2018)

Je ne sais pas vous mais moi, je suis bien contente d'être en avril. Je souligne et mets en gras parce que je n'en peux plus de cet hiver de merde, je l'ai passé à être malade, j'ai enchaîné crève sur crève avec la grippe au milieu, je suis absolument épuisée, j'ai un travail qui m'éreinte et j'ai entamé un nouveau truc depuis janvier (peut-être que j'en parlerais, ce serait d'utilité publique) qui me donne chaque semaine un coup de pelle derrière la nuque. Même quand j'ai eu la mononucléose il y a douze ans, je n'étais pas aussi fatiguée, c'est vous dire. Alors oui, le printemps, les beaux jours, le mois d'avril, je suis contente qu'ils arrivent, j'ai besoin de soleil et de températures clémentes, et puis surtout d'espoir.

Du coup rien à voir, j'intronise une nouvelle série d'articles ici, tout le monde le fait alors moi aussi, voilà. Mes favoris ou bien une sélection de choses intéressantes que j'ai vues sur les Internets mondiaux pendant le mois. Voici donc ce que j'ai retenu du mois de mars.


   RETROUVEZ-MOI SUR FACEBOOK

Tout d'abord, parlons réseaux sociaux. Peut-être aviez-vous liké la page du blog mais surtout peut-être pas, j'avais un engagement quasi nul et bien que mes statistiques ne soient pas ma première préoccupation (j'y jette quand même un œil, on ne va pas se mentir), l'existence même de cette page  et son fonctionnement étaient frustrants. J'ai donc décidé de la supprimer dans l'idée d'abandonner totalement Facebook, mais si on veut des vues, ce n'est pas super stratégique. Alors à la place, j'ai créé un profil. Je n'ai plus cette "pression" autour du nombre de vues de mes publications et ça me va très bien. Et puis tout le monde peut être ami.e avec moi, c'est formidable, alors venez donc.


   MUSIQUE

• La fin de NME
On a appris en début de mois que le magazine hebdomadaire britannique NME (New Musical Express) allait cesser d'être imprimé à cause d'une cruelle baisse des ventes. Ça m'a fait drôle parce que je le lisais avec avidité quand Rosie, ma copine anglaise du lycée, le ramenait de ses séjours en mère patrie. Elle m'a appris tellement de choses en musique, et particulièrement en rock anglais, que ouais, ça m'a fichu un petit coup.

• Maud Geffray
Ce clip de Maud Geffray, Ice Teens, m'a glacée. Voici ce qu'on en dit sur Nova : "Quelque part dans un internat isolé une jeune fille intègre une formation particulière. Le clip met en scène un groupe de jeunes filles amenées à se dépasser physiquement et mentalement. On se rend compte au fur et à mesure que le but de cette formation n'est pas vraiment celui que l'on croit. En inversant les codes et en formant les jeunes filles à se faire exécuter et non l'inverse, l'histoire nous confronte à l'absurdité de l'éducation, des pensées uniques. C'est la civilisation qui s'effondre. Elles apprennent dès lors à mourir dignement sans être effrayées en se déshumanisant totalement. Si les thèmes de ce clip résonnent bien évidemment avec l'actualité, la mise en scène en rend le contexte et l'époque insaisissables. Les questionnements que porte le clip sont intemporels."



   CULTURE

• Women's Art
Si vous êtes sur Twitter, je vous invite à suivre ce compte qui met en avant des artistes féminines de tout bord. Si vous n'y êtes pas, pas de panique, il y a aussi un blog (en anglais).

• Le vampire : le mal-mort qui nous hante
Excellent article du Paratonnerre datant du 24 octobre 2017 mais que je n'ai lu que ce mois-ci qui donne la parole à Claude Lecouteux, spécialiste des études médiévales allemandes.

• Culture gothique
Vampires, Mary Shelley et Frankenstein, Arnold Böcklin et Marilyn Manson, le mouvement gothique a déjà deux siècles. BiTS nous en parle un peu plus sur Arte TV.

• La famille Addams
Comme beaucoup de gens, j'imagine, j'ai grandi avec Mercredi Addams comme modèle de vie et référence culturelle ultime (elle restait mon déguisement favori au carnaval de l'école). Sur Deuxième Page, Aya Iskandarani nous racontait il y a un an (presque) tout pile l'histoire de cette famille macabre.


   HISTOIRE

• Czesława Kwoka
Je pense que peu de gens sont passés à côté de ceci : les photos colorisées par la talentueuse Marina Amaral de Czesława Kwoka, prisonnière polonaise d'Auschwitz morte en 1943 à 14 ans (elle a reçu une dose d'acide dans le cœur). Le cliché a été pris après qu'elle a été battue, la colorisation nous rend d'un coup l'histoire de cette gosse bien plus proche de nous.


• Old Pics et hoax
Il y a ce compte Twitter (entre autres) assez insupportable qui véhicule des photos dites historiques mais qui raconte surtout très souvent n'importe quoi.

Un hoax récurrent concerne cette photo à droite, deux femmes habillées en hommes à l'époque victorienne sont supposées faire partie d'un gang féminin, The Clockwork Oranges, qui aurait inspiré Anthony Burgess dans l'écriture de L'Orange Mécanique. C'est une histoire plutôt cool mais qui est donc totalement fausse, bien qu'il a existé un gang exclusivement féminins au XIXe siècle qui s'appelait Forty Elephant, elles étaient spécialisées dans le vol à l'étalage entre les années 1870 et 1950. De plus, il n'y a jamais eu de gang Clockwork Oranges et aucune inspiration venant de là pour Burgess. Source (en anglais).


   SANTÉ

• Dépression
Quand je vous parlais plus haut d'utilité publique, j'ai trouvé formidable cette vidéo de Julien Ménielle sur sa chaîne Dans ton corps. C'est Jean, de la chaîne Accropolis, qui nous explique ce qu'est la dépression et comment il vit avec.



• I.V.G.
S'il y a bien un truc qui me révolte dans ce monde de merde, c'est qu'on dise aux femmes ce qu'elles doivent faire de leur corps et qu'on leur interdise moult choses. A savoir, par exemple et au hasard, la question de l'avortement. On a la chance de pouvoir interrompre une grossesse en France, bien que ça ne soit pas aussi facile que ça le devrait, et quand je vois une recrudescence de bigoterie en Europe, ça me rend folle. A voir jusqu'au 4 mai 2018, cet excellent documentaire d'Arte sur les militants anti-IVG à qui j'ai envie de déblatérer beaucoup de mots vulgaires : Avortement, les croisés contre-attaquent.

• Sommes-nous hantés par la mémoire de nos ancêtres ?
Ça c'est si vous êtes un peu branché.e.s France Cul', ce sujet abordé est très intéressant. Si vous avez un rapport particulier avec l'histoire de vos aïeux (comme moi), je vous invite à écouter.


   LE MOT DE LA FIN

Plus que des mots, des images, et pas n'importe lesquelles. Miley Cyrus a diffusé ses excellents portraits de Vijat Mohindra sur le thème de Pâques pour Vogue. J'adore.


Marre des romans de vampire chiants : L'Éternel de Joann Sfar.

Oui, c'est vrai, il y a des sujets qui sont tellement prisés que tout le monde écrit dessus. Ou alors peut-être que les écrivains et aspirants écrivains se sentent obligés ? En fait je n'en sais rien, je fais de très gros plans sur la comète, mais force est de constater que les vampires, tout le monde aime ça. Moi la première. Enfin moi je n'écris pas dessus, je n'oserai jamais. Mais j'aime bien lire alors je me jette parfois sur un bouquin de vampire comme la petite vérole sur le bas clergé, du coup je fais des conneries.


C'est le cas avec celui-là, L'Éternel de Joann Sfar, que j'ai en ma possession depuis sa publication en 2013. Quelle chienlit ! J'étais très emballée à l'idée de le lire et j'ai compris dès le départ que ça allait être tendu. Quelle déception ! Il s'agit du premier roman de Joann Sfar, originellement auteur de bande-dessinée. J'avais déjà constaté son côté relou sur les réseaux sociaux et ça s'est confirmé dans son écriture... J'imagine que, pour autant, ça n'enlève rien à son talent mais j'ai du mal à m'en rendre compte. D'une part parce que je n'ai lu aucune autre de ses œuvres et, d'autre part, parce que je ne le ferai sûrement pas : dès les premières pages de L'Éternel, j'ai méchamment commencé à me creuser la ride du lion à force d'écarquiller les yeux, c'est incroyable de s'écouter parler au point de le retranscrire à l'écrit. Je dirais que c'est une performance ! Aucune humilité, zéro modestie, c'est un roman tellement pompeux qu'il m'a provoqué des maux de tête. La confiance en soi c'est très bien, vraiment, je milite pour que tout le monde la possède et en fasse bon usage. Mais là c'est trop, il faut songer à arrêter de s'embrasser l'épaule parce que 455 pages comme ça, c'est infernal.

D'autant que, bon, c'est pas fou, quoi. Ça partait pourtant sur une base plutôt saine : Ionas et Caïn sont deux frères juifs d'Ukraine combattant pendant la Première Guerre mondiale. Il se passe quelque chose de mystique sur le champ de bataille et un premier vampire apparaît. Bon. Il est là, il se pose quelques questions mais pas tant que ça. Il sait qu'il est un vampire, il emploie le mot, mais ne connaît rien de sa condition, j'ai trouvé que ça manquait de logique. Ça dure des pages et des pages. Et puis on fait un bon dans le temps, on se retrouve à notre époque à partir de la page 245. Une nouvelle protagoniste débarque, elle est psychanalyste et on voit enfin le rapport avec la quatrième de couverture qui se veut mystérieuse (alors qu'une fois le livre lu, je trouve ce résumé assez pitoyable) : "Les vampires, ça n'existe pas. La psychanalyse, ça ne marche pas. On était vraiment faits pour se rencontrer." Ah. Ouais. Tout ça pour ça, donc. En fait, j'ai beaucoup de mal à rédiger cet article parce que c'est un roman au récit très pauvre. Il y a des idées mais elles ne sont pas exploitées. Joann Sfar nous fait d'abord croire que ses personnages sont dignes d'intérêt puis il les abandonne dans un coin, on ne sait pas ce qu'ils deviennent, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment. On cite l'Éternel de temps en temps mais on ne sait pas vraiment qui c'est, est-ce que c'est Dieu ? Excusez-moi mais je n'ai pas reçu d'éducation religieuse et encore moins juive, je n'aime pas trop qu'on me laisse sur le bord de la route. En plus et sans surprise, les personnages féminins sont des gros clichés sexistes : soit elles sont top bonnes, soit ce sont des connasses jalouses. Boooooring ! Mais alors le pire, c'est d'intégrer comme personnage secondaire Howard Phillips Lovecraft. Le pauvre vieux ne sert tellement à rien que c'est juste consternant. Ah non, attendez, il y a pire encore : le vocabulaire. Ça va Joann Sfar, on sait que tu as mangé un dictionnaire quand tu étais petit, tu n'as pas besoin de recracher chaque mot chiadé que tu connais dans chacun de tes paragraphes. Quel enfer. C'est une lecture qui m'aurait presque rendue demeurée tant j'ai eu l'impression de me faire prendre pour une conne. Quelle horreur ! A éviter.