Saturation.

Je ne sais pas si vous vivons actuellement une période plus détestable qu'une autre ou si je suis simplement au bout du rouleau, mais force est de constater que l'actualité me met dans un état de haine incommensurable. J'en suis à un stade ou je ne peux strictement plus rien prendre avec philosophie ni détachement, je suis constamment scandalisée par ce que je lis, entends, vois, constate, j'ai des accès de violence envers des gens que je n'ai pourtant jamais rencontrés, je suis révoltée au-delà de l'indignation.

L'élection de Donald Trump et tout ce qui en découle : l'accès à l'IVG qui se restreint (et la menace toujours là, partout, même chez nous), les masculinistes (dits les angry white men) décomplexés qui combattent les féministes avec toute leur haine des femmes qui vient d'on ne sait où, etc. Le jeune Théo qui se prend des insultes racistes en pleine tête et qui est violé.. Dans cette affaire, le terme "bamboula" qui est décrit comme "convenable" (non mais où on a vu ça ???) Les violences policières en général. Les multiples casseroles aux culs de François et Penelope Fillon. Voir Marine Le Pen se pavaner tranquillement sur le service public en prime time (et pas que) alors qu'elle pleurnichait il y a quelques jours encore parce qu'on ne lui laissait pas suffisamment de temps de parole dans les médias. Elle qui s'exprime. Eugénie Bastié qui s'exprime. Patrick Buisson qui s'exprime. Nicolas Canteloup qui s'exprime.

Et nous ? Nous autres de l'autre côté de la barrière, qui nous écoute ? Quand la famille Traoré, qui demande justice pour Adama, s'exprime, on envoie ses membres en prison. Quand Théo est violé par une matraque de flic lui laissant des blessures indicibles, la justice décide que c'était un "accident". Quand les femmes s'expriment, se plaignent du sexisme qui pulse de tous les côtés, on leur dit qu'elles affabulent, qu'elles devraient plutôt montrer leurs nichons, qu'elles ne sont bonnes qu'à élever les gosses. Quand on demande à François Fillon de se retirer, il crie au complot.

On pourrait se dire que j'enfonce des portes ouvertes mais tout ce que je raconte ici, c'est le résultat de l'actualité, des émissions de télé et du contenu des réseaux sociaux des deux-trois dernières semaines qui viennent de s'écouler. C'est le résultat de 2017 alors que nous ne sommes que le 10 février. Il se passe tellement de choses qu'on en aurait presque oublié les réfugiés (sic). Je subis, et je ne suis pas la seule, une indigestion et une révolte telles que je n'arrive pas à comprendre comment on arrive encore à supporter tout ça. Pourquoi on n'a pas encore été chercher les politiques par le colbac pour les mettre dehors, pourquoi on n'a pas brisé encore plus de vitrines que pendant les manifestations contre la loi travail, pourquoi il y a encore des gens pour en soutenir d'autres tellement, tellement, mais tellement problématiques ? Comment en sommes-nous arrivés à accepter tout ce qu'il nous arrive ? Que doit-on faire pour que tout cela cesse ? A quel niveau de sidération sommes-nous rendus ?

Je suis désormais incapable de ne pas prendre tout ce qui arrive personnellement, je suis directement concernée par tout un tas d'horreurs. En tant que femme, je me dois de défendre les autres femmes et assimilées, en tant que blanche et hétéro, je me dois de faire taire les racistes et les homophobes qui s'expriment librement dans mon périmètre. Je ne supporte plus l'injustice et la connerie de ce monde, ça me rend réellement malade. Personne ne peut plus ignorer tout ça, chacun de nous est concerné-e par chaque ignominie que les ordures produisent quotidiennement.

Photo prise au Student Hotel lors de mon séjour à Amsterdam en août 2016.

The Temperance Movement (+ Blackbird Hill) @ Fuzzyon, La Roche-sur-Yon.

J'ai une semaine de retard sur l'écriture de cet article ! Je voulais le faire plus tôt parce que les sensations d'après un concert s'annihilent peu à peu et si j'attends trop longtemps, je ne sais plus quoi dire. Je ne me cherche pas d'excuse, je n'en ai pas, ce n'est pas comme si je n'avais que ça à faire de mes journées... hum.


Vendredi dernier, je suis allée voir un concert plus ou moins sur un coup de tête parce que je ne connaissais pas du tout ce groupe : The Temperance Movement. J'ai écouté un morceau vite fait sur YouTube et hop, let's go (de l'avantage de vivre à trois rues d'une super salle de concerts).
Et bien écoutez, je suis un petit peu fâchée. Je ne sais pas vous mais moi, quand je vais voir un concert, j'aime bien observer une certaine constance. C'est-à-dire qu'à la fin, je veux être en mesure de me dire que j'ai bien fait de me déplacer, que globalement tout était chouette. Ici, une chanson sur deux ou presque, j'oscillais entre taper du pied et dodeliner de la tête et constater que je m'emmerdais. The Temperance Movement est un bon groupe, faut pas charrier, c'est du blues rock qui envoie du bois, il est composé d'un ancien bassiste de Jamiroquai (Nick Fyffe) et d'un chanteur qui a beaucoup d'énergie et avec une voix vraiment sympa. Oui mais ces garçons ont un défaut : leurs ballades sont chiantes comme la pluie. Je sais que c'est incroyable venant d'une fille comme moi qui est fan de Bon Jovi et des chansons love des années 90, mais là écoutez... je suis perplexe. Des chansons comme ça, ils en ont un peu trop et selon moi ça a plombé le concert. Limite, j'avais envie de m'en aller avant la fin. J'en ai discuté avec d'autres personnes qui se trouvaient là et, même si les raisons diffèrent peut-être des miennes, nous étions tous à peu près d'accord sur l'inégalité de ce concert. Je m'en vais donc sélectionner juste quelques morceaux, mais pas tout un album.

En revanche, chose qui n'arrive pas souvent et qui mérite donc d'être signalée : j'ai largement préféré la première partie. Il s'agissait de Blackbird Hill, de Bordeaux. De ma part ce n'est pas tellement étonnant, ils sont visiblement fan de Jack White (ce sont donc des grands monsieurs). Ils ne sont que deux, Max à la batterie et Alex à la guitare, et ils chantent tous les deux. Ils font du rock à l'ancienne teinté de gros blues qui tâche, c'est exquis. J'aime beaucoup ce qu'ils proposent et j'ai hâte de les revoir dans le coin. Juste tous les deux, en live, ils vous en envoient plein la tête, je ne savais même plus comment je m'appelais.

Crédit photo : Michaël Tirat

Deux femmes badass à écouter.

Je commence la rédaction de ce billet à 15h38 précisément et c'est incroyable, je n'ai pas encore écouté David Bowie de la journée, la méthadone commence à faire son effet. En revanche, j'ai réécouté deux albums que j'aime beaucoup de deux nanas badass, aussi je pense que vous devriez vous acquitter de cette tâche également. Je vous en parle aujourd'hui avec grand plaisir.

Laura Pergolizzi, que l'on connaît désormais tou-te-s via ses initiales LP, est l'exemple type qu'un-e bon-ne artiste peut très bien être diffusé-e sur les radios populaires françaises entre deux morceaux dits mainstream. Oui, je suis parfaitement consciente que ce que je dis est très snob mais c'est assumé (encore que j'aurais pu écrire merdiques au lieu de mainstream, je fais des efforts). On la voit et on l'entend beaucoup, c'est une bonne nouvelle. Je l'ai personnellement découverte en septembre dernier lors de son passage à Quotidien de Yann Barthès et j'ai eu un petit coup de cœur bien comme il faut. Bien qu'elle soit propulsée sur le tard (parce qu'à priori chez les stars à 35 ans on est déjà vieux), elle ne débute pas juste sa carrière. L'album qui nous intéresse ici, Lost On You, est en fait son quatrième. Elle a sorti Heart-Shaped Scar en 2001, Suburban Sprawl & Alcohol en 2004 et Forever For Now en 2014 mais ils n'ont pas eu le succès escompté. On peut aussi trouver deux EP, Into The Wild sorti en 2012 et enregistré en live, ainsi que Death Valley qui a précédé Lost On You de quelques mois. D'ailleurs, on retrouve la chanson Into The Wild à peu près partout : autant sur son EP dédié que sur Forever For Now et Lost On You, ré-arrangée toutefois. Comme ça vous ne pourrez pas dire que vous êtes passés à côté ! LP a également énormément écrit pour d'autres allant des Backstreet Boys à Christina Aguilera, en passant par Rihanna ou encore The Veronicas. Autrement dit, il était grand temps qu'elle sorte de l'ombre.
J'aime beaucoup sa voix et ses choix mélodiques, je suis heureuse d'écouter une femme qui procure autant d'émotions et je l'assimile carrément à un arc-en-ciel. Son album est pur, percutant et sans filtre, un vrai bonheur.



* * *

Parlons maintenant d'Eliot Sumner. Si son nom vous rappelle quelqu'un, c'est parce qu'elle est la fille de Gordon Sumner, qu'on appelle aussi Sting (c'est un chanteur britannique un peu connu, je ne sais pas si ça vous sonne une cloche), ainsi que, par extension, la petite sœur de Joe Sumner, chanteur et bassiste (sans déconner) de Fiction Plane. Si je précise son patrimoine génétique, c'est parce que selon moi (dites-moi que je ne suis pas seule, s'il vous plaît) vocalement parlant, Eliot Sumner est bien la fille de son père. Ça me percute à chaque écoute ! J'y pense, peut-être la connaissez-vous aussi sous le nom de Coco et encore plus sous celui de son projet précédent Information (j'y viens, ne vous inquiétez pas), I Blame Coco. Elle avait alors sorti en 2010 l'album électro-pop The Constant et il est possible que vous ayez un peu entendu Caesar, son duo avec Robyn.
Information est donc son deuxième album et sorti sous son nom de naissance, Eliot Sumner. Elle baigne toujours dans l'électro-pop mais ici c'est quand même plus rock et j'aime vraiment cette évolution. Il y a toujours autant de morceaux qui tabassent, sans trop de langueur, et comme j'ai parfois besoin d'écouter un album énergique, celui-là fait bien l'affaire.
Aussi, Eliot Sumner est ouvertement lesbienne. Pourquoi je le précise ? Tout simplement parce qu'elle a eu la chance de vivre entourée de parents aimants qui n'ont jamais trouvé à redire sur son orientation sexuelle. Peut-être (je dis bien peut-être) est-ce plus facile dans le monde des célébrités, néanmoins je crois qu'il est important que les membres de la communauté LGBT+ soient enfin vus comme des êtres de la suprême normalité par certains étrons. Ah, et LP aussi est lesbienne. Et ce billet groupé est un pur hasard.

Je cherche le bouton off, quelqu'un l'a vu ?


Si vous cherchez un moyen de me contrarier et de me mettre très en colère, ne passez pas par quatre chemins : dites-moi de me taire. Je ne supporte pas qu'on me bride et qu'on me fasse remarquer que je parle trop. Le fait est que j'ai toujours eu besoin de l'ouvrir sinon j'explose. A 4 ans, je traduisais chaque parole balbutiée par mon bébé de frère, au grand dam de ma famille qui pensait que je l'empêchais de se développer (alors que bon, heureusement que j'étais là, sans déconner). A l'école primaire et au collège, j'étais régulièrement réprimandée par mes professeurs pour bavardages intempestifs. En parallèle, on disait de moi que j'avais une imagination débordante (en même temps j'avais beaucoup de Barbie et de Playmobils, ça aide à la création). J'ai écrit mes premières histoires quand j'étais pré-ado (j'ai évidemment tout balancé parce que c'était bien de la merde), et à la fin de mon adolescence, j'ai changé mon fusil d'épaule. A la maison, j'étais la chiante de service qui parlait tout le temps et empêchait de regarder la télévision alors j'ai commencé à davantage me renfermer sur moi-même. C'est là qu'une frustration latente s'est enclenchée.


A partir de là et jusqu'à aujourd'hui, j'ai constaté que mon cerveau n'a jamais cessé de bouillir. J'ai la constante impression que je dois faire sortir tout ce qui s'y trouve sous peine d'avoir la tête pleine de nœuds et de brouillard (sûre que mes migraines viennent de là, c'est obligé). C'est de toute façon ce qu'il se passe la plupart du temps étant donné que j'ai un mal fou à comprendre comment je fonctionne et comment je pourrais maîtriser ce surplus d'informations. Je suis constamment pleine d'idées aussi farfelues qu'inutiles, je pense à des situations possibles et impossibles, du passé comme d'un futur autant probable qu'improbable. Je réfléchis sans cesse à ce que je pourrais faire et ne pas faire, et c'est usant parce que tout cela se déroule essentiellement... la nuit. Que je sois au fond de mon lit à chercher le sommeil ou dans mon salon à une heure tardive (puisque je sais pertinemment que je n'arriverai pas à dormir avant un certain moment, autant m'occuper), mon cerveau se met en ébullition dès que la nuit tombe, je me sens systématiquement inspirée. Alors en hiver c'est l'enfer.

Je cherche par tous les moyens à trouver des manières de m'exprimer alors je blogue ici et je vous raconte tout ça. Je suis (très) présente sur les réseaux sociaux (surtout Twitter). J'écoute énormément de musique parce que c'est ce qui m'apaise le plus, elle parle à ma place et me permet d'extérioriser juste en l'écoutant. J'essaie bien d'écrire des trucs çà et là, je pourrais appeler ça des nouvelles et des chansons mais je n'oserais jamais parce que je ne termine rien de ce que je commence, soit parce que je juge ça trop pourri pour ensuite me regarder dans un miroir, soit parce que j'ai une autre idée / activité que je dois exploiter dans la minute. Ça peut aller de l'écriture d'autre chose de tout aussi nul, la création d'un blog dissident qui sera fermé quelques jours après, l'analyse complète d'un album que j'écouterais avec obsession (coucou David Bowie et KT Tunstall), le simple visionnage d'un film, l'analyse de ce même film et faire un milliard de recherches affiliées (retirez-moi Internet), la lecture de pages Wikipédia multiples voyageant de lien en lien comme si c'était intéressant d'apprendre tout un tas de trucs inutiles (mais je ne peux pas m'en empêcher, il faut toujours que je sache), j'en passe et des meilleures, j'ai même essayé de me mettre au bullet journal et de faire du coloriage pour me détendre mais sans succès. Pour trouver le sommeil, et je sais que vous êtes beaucoup à faire ça également, je me concentre sur la création d'une histoire lambda que j'écris dans ma tête, chapitre après chapitre, nuit après nuit, et quand elle est terminée je la recommence, toujours la même, parfois avec des variations, et ce depuis des années. Spoiler : parfois ça ne fonctionne pas, mon cerveau dévie sur autre chose et reprendre le fil est un chemin de croix.


Évidemment, j'ai une capacité d'organisation personnelle proche du zéro absolu et je suis absolument incapable de faire deux choses en même temps. Pour illustrer mon propos, je suis en train d'écouter de la musique au casque pendant que j'écris ceci et je fais des pauses à chaque ligne, je mets mon menton dans ma main et je regarde dans le vide en écoutant mieux la chanson en cours. Et puis je me hurle : "Concentre-toi bordel !"

A côté de ça, il m'arrive de traverser des périodes de vide intersidéral. Ces moments-là, je les déteste profondément car les seules idées que j'ai sont noires. Je ne pense à rien d'autre qu'à ma nullité et j'angoisse terriblement sur mon futur (j'ai déjà écrit ici pendant ces périodes, peut-être vous souvenez-vous de mes textes mortifères, chaque fois effacés quelques temps plus tard).

Je ne vous cache pas que je suis très souvent fatiguée. Je me sens vraiment anormale, j'aimerais bien avoir une vie classique : me lever à 7h, prendre trois repas par jour, réussir à faire un peu de sport sans trop en chier, avoir un job normal, faire des gosses, les élever correctement, et aller me coucher à 22h en faisant de beaux rêves (oui parce que je fais pas mal de cauchemars, c'est... vivifiant. Et je me souviens aussi de tous mes rêves au petit matin). C'est peut-être idiot mais plus j'avance dans la vie et plus je me dis que je n'ai plus l'âge de toutes ces conneries que mon cerveau m'inflige. Ou alors, à l'inverse, j'aimerais avoir un ego surdimensionné, ou ne serait-ce qu'un peu confiance en moi, et aller au bout des choses. Quelles choses ? Je. ne. sais. pas.

Mélo-mono-maniaque.

Je me souviens très bien du moment où j'ai découvert David Bowie. J'avais aux alentours de 14 ans et j'entendais de ci de là quelques chansons, notamment Rebel Rebel et surtout Velvet Goldmine. Cette période de ma vie était pleine d'expérimentations, je pense avoir sérieusement commencé à m'intéresser à la musique en général à partir de 10 ans quand j'ai eu mes premiers CD. Mon éducation s'est tout d'abord faite avec les goûts de ma mère : j'ai donc appris à faire mes choix parmi Queen, les Rita Mitsouko, William Sheller, A-Ha et même Roch Voisine, c'était vraiment varié. Et puis je me suis mise à écouter la radio et enregistrer mes propres compilations, j'ai développé une passion certaine pour les Cranberries et Janet Jackson tout en adorant Britney Spears et les Worlds Appart. C'était une époque vraiment foutraque mais bénéfique.


Je crois que 14 ans a été mon âge charnière, celui où j'ai commencé à m'affirmer et à pousser le bouchon plus loin que ce que la radio me proposait. Je commençais à peine à utiliser Internet (on est au début des années 2000) et il fallait regarder les clips sur M6 le dimanche soir après 23h pour entendre et voir ce qu'on n'entendait et ne voyait pas en pleine journée. J'avais une télé dans ma chambre, ça facilitait le business. David Bowie était toujours là dans ma vie, en fond, mais l'étendue de son œuvre était telle que je me contentais épisodiquement de ce qui voulait bien me tomber entre les mains. J'étais fascinée par "Heroes" que ma mère avait en vinyle mais tellement frustrée de ne pas pouvoir l'écouter parce que nous n'avions pas de platine. Et puis l'album Reality est sorti en 2002 et je me suis jetée dessus après avoir vu une émission entièrement consacrée à Bowie et qui m'avait laissée littéralement sur le cul.

Jusqu'à l'année dernière, je l'ai toujours écouté sporadiquement, découvrant son œuvre géniale petit à petit et laissant sa musique devenir la bande originale de ma vie. L'annonce de sa mort m'a fait l'effet d'un uppercut, comment un artiste comme lui pouvait-il disparaître aussi soudainement ? J'en ai pleuré (on s'est d'ailleurs assez moqué de moi à ce sujet) et j'ai commencé à tomber dans une sorte de déprime mélo-mono-maniaque qui ne s'est pas vraiment achevée aujourd'hui. Alors que je découvrais le type quand j'avais 14 ans, j'ai l'impression de recommencer le processus maintenant que j'ai le double de cet âge. Je replonge dans les albums et les divers textes avec encore plus d'attention et de passion qu'avant. Je m'extasie toujours plus de ce génie exploité pendant 45 ans avec un constat édifiant : David Bowie n'a jamais rien produit de merdique. Il a fait des choix plus ou moins discutables (on pourrait notamment parler de l'album Let's Dance qui est le produit le plus "commercial" de toute sa carrière) mais tout a toujours été travaillé avec minutie. C'est un artiste qui a su se réinventer à chaque album et chaque décennie, jusqu'à l'orchestration de sa propre disparition. Blackstar est son dernier album, sorti le jour de son 69ème anniversaire et deux jours avant son décès, c'est un testament tant les textes y sont éloquents. Je crois que nous devrions tous pouvoir partir avec autant de panache !

J'écoute désormais certains albums, voire certains morceaux, avec une obsession telle que ça m'empêche parfois de dormir. La nuit dernière, c'est la chanson How Does The Grass Grow sur l'album The Next Day (une magnifique perle sortie en 2013) qui a pris le contrôle de mon cerveau. Il faut dire que le refrain tiré d'Apache de The Shadows est un truc de barjot.


Voilà où j'en suis. Je vis désormais dans un monde où la belle gueule et le génie de David Bowie ne sont plus, tout en me disant que jamais je ne le verrai en concert et en acceptant mon obsession pour un certain nombre de chansons qui sont comme des totems. D'ailleurs, certains de ses textes sont désormais lourds de sens maintenant qu'il est mort. Non je ne vais pas me lancer maintenant dans une analyse complète, je n'ai pas le temps. J'espère donc que KT Tunstall va rester en vie encore longtemps sinon je ne réponds plus de rien.