vendredi 6 septembre 2019

La meute qui ressuscite à la pleine lune.

Je n'ai pas vraiment passé mon été à lire. C'est à priori la meilleure période pour tout un tas de gens, les vacances et le temps devant soi... et bien pas pour moi. Je déteste lire sur la plage, petit endroit sympathique où j'ai passé mon temps à nettoyer les merdes des touristes je me rends régulièrement parce que je n'habite pas très loin. Je ne sais jamais comment m'installer, je finis par avoir mal aux coudes, je mets toujours du sable partout, ça me gonfle rapidement. Le reste du temps j'ai autre chose à faire, boire des bières en étant bien accompagnée (ou seule, c'est bien aussi) ou réfléchir au sens de la vie tout en transpirant à grosses gouttes. Les vacances d'été sont aussi faites pour reposer son cerveau. Je m'apprête à vous parler de trois de mes dernières lectures - que des meufs ! - dont aucune ne dépasse les 200 pages. Parce que ces temps-ci, j'ai la flemme.


La Meute, de Sarah Koskievic
éditions Plon, 166 pages

Quatrième de couverture : "Elles n'ont ni le même âge ni les mêmes passions mais un lien indéfectible les unit. Elles n'ont rien à faire ensemble et, pourtant, elles traversent les décennies côte à côte, chacune à son rythme. Elles ont dû se résoudre à admettre que leur amitié n'est ni évidente ni facile mais qu'en bien des points elle surpasse toutes les histoires d'amour. Elles sont six : Olivia, Romane, Elly, Isadora, Louise et Rosalie. Vous allez les aimer. Vous allez aimer les détester. Elles sont la meute."

Sans la suivre, je savais qui était l'autrice avant la publication de ce roman grâce à son compte Twitter, je connaissais donc à peu près sa plume (elle pige pour plusieurs rédactions). Pour commencer, je trouve la couverture vraiment hideuse. J'ai bien compris que l'illustration était une métaphore, c'est-à-dire la Sainte Trinité baise/alcool/coke, la grande gueule de l'héroïne et l'image véhiculée par son gang de copines, mais bon. Le résumé ne m'a pas plus convaincue, je déteste qu'on m'enjoigne à adorer détester un personnage, on n'est pas dans une émission de télé-réalité. Toutefois, ce qui m'a le plus embêtée avec ce roman, c'est que je l'ai trouvé bien trop court pour ce qu'il avait à dire. Je ne demande pas à lire des briques, mais ça signifie dans ce cas précis une grande superficialité. L'autrice nous présente six femmes, la moindre des choses serait que leur psychologie soit plus approfondie. Il n'y a qu'Olivia, l'héroïne (narratrice un chapitre sur deux), qu'on arrive à peu près à cerner. J'ai l'impression que tout a été brodé autour de la fin qui est brutale (qu'on peut facilement voir venir), comme si l'autrice avait eu cette idée en premier. Alors on peut aussi dire que le roman entier est brutal, l'écriture même est brutale, et ce n'est pas dit de manière péjorative, mais au bout de quelques pages du vocabulaire utilisé limité, ça devient lassant. C'est dommage parce que j'ai bien perçu le talent d'écriture de Sarah Koskievic, elle est totalement maîtrisée, elle ne laisse pas vraiment la place au hasard et peut-être qu'elle ne voulait rien de superflu. Ensuite, et là c'est totalement personnel, je m'aperçois que je n'aime pas trop les romans très ancrés dans notre époque moderne. Je n'aime pas lire autant de références à notre quotidien technologique, musical, etc., j'y vois un manque de neutralité qui m'ennuie. Enfin, je dois vous dire que les clichés parisianistes m'insupportent. Même les quelques principes féministes reportés dans ce roman m'ont saoulée parce que je les ai trouvés fins comme du gros sel, amenés tels des gros sabots en téflon. Pas besoin d'être autant m'as-tu-vue, personne ne va te retirer ton badge.


La Femme qui ressuscite, vies d'Anastasia Romanov, de Nadia Oswald
éditions Le Nouvel Attila, 141 pages

Quatrième de couverture : "Février 1920. Une jeune fille se réveille amnésique dans le lit d'une clinique de Berlin après s'être jetée dans le fleuve. Le mystère autour de son identité commence, en même temps qu'une des plus grandes énigmes du XXe siècle. Est-ce Anastasia Romanov, la dernière survivante du clan Romanov épargnée par les bolchéviques... ou Anna Anderson, l'ambitieuse petite paysanne kachoube qui réussit, sa vie durant, à donner le change auprès des familles impériales de la planète en se faisant passer pour la défunte princesse ? L'héroïne reconstruit sa mémoire et son identité... mais sont-ce bien les siennes ?"

Un cauchemar. J'aurais dû faire attention à ce qui suivait le résumé sur la quatrième de couverture, il était écrit qu'il s'agissait du premier roman de son autrice "servi par une prodigieuse langue baroque", ce qui a totalement anéanti ma hype autour d'un tel sujet. Je suis d'ailleurs en train de vous parler d'un livre que je n'ai pas pu terminer tant c'était difficile. Un tel lyrisme est d'un ennui mortel alors oui, c'est une belle écriture, mais incompréhensible. Après toutes les lectures chiantes que j'ai dû me farcir au cours de ma scolarité, j'ai décidé d'arrêter ça, ça me donne l'impression d'être stupide. Nadia Oswald a passé les premiers chapitres que j'ai lus à faire des digressions poétiques d'une rare pénibilité, c'était pompeux, lourd et nuageux, on dirait que l'autrice s'est regardée écrire. J'avais ressenti la même chose en ouvrant (et refermant aussi sec) mon seul et unique François Bégaudeau (L'ancien régime) et, avec une autre dimension bien plus crâneuse encore, en lisant L'Éternel de Joann Sfar. La lecture est censée être un plaisir alors peut-être que je réessaierai un jour mais en attendant, je n'ai vraiment plus le temps pour ces conneries. Mais je suis fâchée et frustrée quand même.


La Lune est un roman, histoire, mythes et légendes, de Fatoumata Kebe
éditions Slatkine & Cie, 190 pages

Quatrième de couverture : "Le plus ancien calendrier lunaire remonterait à 18.000 ans, peint par les premiers artistes du paléolithique, à Lascaux. Au plus loin que porte la mémoire écrite des hommes, on parle de la Lune. Elle est à l'origine de tous les mythes, de toutes les religions. Elle est restée la même depuis que l'humanité existe. Permanente, rassurante, inquiétante aussi, la Lune change de forme, de couleurs, fait gonfler l'océan, pousser les plantes et danser les farfadets. Déesse ou dieu, on l'a depuis toujours vénérée, écoutée. La Lune parle, elle dit le temps. Le temps qui passe, le temps qu'il fait. Elle rythme et dirige la vie de l'humanité. La Lune est un roman."

Je propose qu'on arrête enfin de déconner et qu'on parle de choses sérieuses. Fatoumata Kebe est une tête, elle est titulaire d'un doctorat d'astronomie et d'un master de mécanique des fluides. Elle a également été formée au département d'ingénierie spatiale de l'université de Tokyo. Elle nous fume tou.te.s. Je voulais absolument ce bouquin après avoir écouté Fatoumata Kebe en parler sur France Inter parce que moi aussi la Lune me passionne depuis super longtemps. Ce livre c'est donc la base, il y a à l'intérieur tout ce qu'on doit savoir sur notre satellite. C'est évidemment un ouvrage de vulgarisation et tant mieux parce que je ne suis pas une flèche, d'ailleurs l'autrice m'a perdue plusieurs fois sur des passages les plus techniques, il faudra sans doute que je les relise. On y apprend tout ce à quoi la Lune est corrélée en physique, Histoire, mythologie, philosophie, astrologie, etc. et les chapitres sont extrêmement courts, ils ne dépassent généralement pas trois pages. Le seul reproche que je pourrais faire à ce livre, c'est son style d'écriture. J'ai parfois eu l'impression d'être prise pour une enfant de 5 ans, même si c'est sans doute nécessaire quand on veut me parler d'attraction, de force et compagnie parce que je n'écoutais pas trop en classe de seconde. Cela dit, sans essayer pour autant de me mettre dans ses chaussures, expliquer autant de choses à des novices quand on a un tel bagage scientifique dans le cerveau, j'imagine que ça ne doit pas être forcément aisé. Ça me rappelle quand on essayait de m'expliquer les maths quand j'avais 14 ans.

jeudi 5 septembre 2019

Le crachin breton n'existe pas.

J'essaie de me fabriquer une nouvelle vie. J'ai beau (n')avoir (que) 33 ans, j'ai l'impression que mon existence a été scindée en trois parties. Comme si j'étais un Pokemon qui avait évolué (cette métaphore parlera à certain.e.s). L'évolution suggère l'amélioration, or je suis bien incapable de dire si je suis plus et mieux. J'ai d'abord été une enfant et une adolescente plutôt extravertie et pas tellement timide, toujours la goule en chemin. Je riais aussi beaucoup et aujourd'hui je me demande comment c'est possible, il faut croire qu'un boomerang met un temps fou à nous revenir en plein ventre. Puis il y a eu ma vie de jeune adulte pendant laquelle j'ai essayé de garder la tête hors de l'eau tout en faisant une succession de mauvais choix. Et j'ai eu 30 ans, j'ai décidé que j'en avais marre de toutes ces conneries et j'ai pris le taureau par les cornes. Mais c'est dur. Très.

Selon mon expérience personnelle, j'ai décrété que cette plage était la plus belle du monde. Le sable fin et blanc, l'eau turquoise, la falaise et les propriétaires chanceux des maisons qui ont vue sur ce paysage.

Je suis l'opposée de l'enfant que j'étais. Finis les sourires gratuits, terminées les robes à fleurs, exit l'extraversion. Je sais très bien que je suis dans le contrôle permanent de mon image : me vêtir de noir n'est pas anodin mais que voulez-vous, j'aime la discrétion. Je ne veux plus me faire remarquer, à tel point que c'est devenu pathologique et ça me dessert dans mon quotidien. J'ai créé ma micro-entreprise au début de l'été, imaginez-vous bien comme je galère un tantinet à me mettre en avant (j'en parlerai davantage si je comprends un jour comment me vendre et avoir confiance en mon travail). La vérité, c'est que j'ai passé ma vie entière à tenter d'être la fille parfaite tout en étant consciente de la déception engendrée par ma simple existence, allez lutter contre ça. Enfin c'est en cours. Oui mais c'est long et du temps, au risque d'être rabat-joie, on n'en a pas tant que ça.

J'ai assisté à la traversée de ce funambule de l'extrême, j'y ai vu une métaphore de ma vie (mais sans le legging Pacman du monsieur).

Je pourrais arrêter de voir les choses comme des vérités immuables, à commencer par le temps qu'il fait en Bretagne. Enfant, j'ai passé un certain nombre d'étés dans le Finistère avec mes parents ou juste ma mère et sa copine mère célibataire. Je ne suis pas vraiment sûre d'en avoir gardé des bons souvenirs. J'ai associé la région au mauvais temps, sûrement à cause de l'inondation de ce camping, et qui pourrait m'en vouloir ? J'imagine cependant que la pluie n'est qu'un détail quand on a une famille heureuse. Toujours est-il que je n'ai pas remis les pieds dans le Finistère depuis plus de vingt ans (j'aurais pu dire en Bretagne au sens large si je n'avais pas fait une halte à Saint-Malo il y a quelques temps). Jusqu'à cette année.

Quand j'étais enfant et en vacances plus au Nord avec mes parents, un autre enfant est tombé avec son vélo d'une falaise similaire. Je me souviendrai toujours de l'hélicoptère qui est venu le chercher.

En août, je suis partie trois jours autour de Quimper à faire notamment le tour de la presqu'île de Crozon et il a fait un temps splendide doublé d'une incroyable chaleur (j'ai brûlé). Je ne me souvenais pas que le coin puisse être aussi beau, c'est bête. La fabrication d'une nouvelle vie passerait donc également par la mise à jour de certains souvenirs. Une averse a eu lieu tandis que j'étais assise dans une crêperie à ingérer une crêpe baignant dans son caramel au beurre salé et j'ai compris que l'adage "En Bretagne, il ne peut que sur les cons." était vérifiable. Finalement, je suis peut-être une meuf cool.

mardi 16 juillet 2019

Les derniers tsars, le docu-fiction vite expédié de Netflix

Il y a quelques jours, j'ai lu sur Twitter : "Les derniers tsars sur Netflix c'est vraiment de la merde, ne regardez pas." (à une vache près). Ma première réaction a été : "Quoi ? Comment ? Une histoire de tsar sur Netflix ? Vite, je fonce !" et, au vu du titre de l'œuvre, il n'y avait pas beaucoup de doute permis sur le sujet abordé. Les derniers tsars sur Netflix est un docu-fiction de six épisodes sur le contexte politique et familial ayant abouti à la révolution de 1917 et à l'exécution de la famille impériale l'année suivante.

J'ai commencé à me passionner pour l'histoire russe en entrant au lycée où j'avais choisi d'apprendre la langue. Si je suis aujourd'hui bien incapable de soutenir une conversation, ça ne m'a pas empêchée de lire quelques bouquins sur la politique et la dynastie Romanov au fil des années. Parce que, vraiment, c'est fascinant. Malgré les mauvaises critiques de Twitter, ma curiosité l'a emporté et j'ai foncé sur Netflix. J'ai d'abord été déçue qu'il s'agisse d'un docu-fiction, ce n'est pas un format que j'apprécie. Soit on fait une bonne fiction, soit on réalise un bon documentaire. Et ici le propos est imprécis et affreusement bâclé. J'aurais vraiment apprécié une bonne série bien tournée avec un bon casting... et sans erreurs.

Les vrai.e.s Romanov : Maria, Olga et Tatiana en haut, Alexandra et Nicolas II au milieu, Anastasia à droite et Alexis en bas.


Synopsis et les faits, les vrais

La série débute avec la mort du tsar Alexandre III et le couronnement de son fils Nicolas II. Le mariage de ce dernier avec Alix de Hesse, future Alexandra Fedorovna, a lieu deux semaines après. On voit cela comme un mauvais présage parce que l'arrivée de la tsarine suit un cercueil (ah, le pouvoir des prémonitions...). Le couple impérial a cinq enfants, Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexis, atteint d'hémophilie. On cache d'ailleurs la condition du petit au peuple afin de ne faire flipper personne (il est l'avenir à cause de cette saloperie de loi salique (en réalité semi-salique en Russie)). C'est alors que survient Grigori Raspoutine, un paysan reconverti en moine mi-sectaire, mi-pervers, qui exerce son influence sur la famille Romanov et notamment sur Alexandra, persuadée qu'il peut guérir son fils. Lassé de son omniprésence, le prince Félix Ioussoupov (lié aux Romanov par le mariage) l'assassine, non sans mal, en 1916. Peu de temps après c'est la débandade, la révolution arrive à coups de bottes dans les tronches, la famille impériale est arrêtée, séquestrée puis fusillée le 17 juillet 1918. En parallèle, nous suivons Anna, patiente d'un hôpital berlinois en 1925 qui semblerait être Anastasia Romanov. Ça alors, que de mystère (insérer ici une petite musique de mystère).

Le docu-fiction explique tout ça aussi rapidement que je viens de l'écrire. Je l'ai trouvé très cheap et les acteurs ne m'ont pas du tout convaincue. Il n'est même pas question du manque de ressemblance physique puisque, soyons honnêtes, mettons une barbe bien taillée à n'importe quel type et il peut jouer le rôle de Nicolas II. J'ai été choquée de voir l'acteur arborer un énorme tatouage de dragon sur le bras droit, je me suis dit qu'on avait définitivement voulu transformer le dernier tsar en premier hipster mais j'étais ignorante. Nicolas II s'est réellement fait tatouer au Japon en 1891. Il est donc sans nul doute le premier hipster de l'Histoire.

Mais des erreurs stupides apparaissent çà et là, notamment l'apparition du mausolée de Lénine sur une image censée représenter Moscou en 1905. Je ne vous apprends rien, Lénine est mort en 1924. D'autres grossièretés sont évoquées ici et c'est un vrai problème, la vocation d'un docu-fiction est d'être historiquement impeccable. L'accent est toutefois mis sur l'incompétence totale de Nicolas II en tant qu'empereur. Cet homme ne voulait pas être tsar. Il a passé sa carrière à prendre des mauvaises décisions, conduisant ainsi à plusieurs millions de morts parmi son peuple (et ce dès le jour de son couronnement, la bonne ambiance). Il a eu beau abdiquer (en son nom et au nom de son fils), sa famille et lui n'ont jamais percuté la réalité du terrain. Comme le dit la seule experte russe du programme : le choc pour un type qui se croyait consacré par Dieu. Les bolchéviks étaient, certes, vraiment super énervés mais Nicolas II est en partie responsable du sort de sa famille.

C'est con parce que la famille s'entendait vachement bien. Anastasia et Nicolas II ici qui font des blagues.


Le massacre et l'imposture

L'exécution des Romanov est absolument tragique même si en France, on s'y connaît bien en matière de mises à mort royales. Les enfants avaient entre 14 et 23 ans. Il a longtemps, très longtemps, encore aujourd'hui d'ailleurs, été question de la potentielle survie d'Anastasia, qui avait 17 ans lors de la fusillade. Ce fantasme n'a cessé de grossir avec la sortie du bois de nombreuses jeunes femmes qui clamaient être Anastasia Romanov. Pourquoi ? Comment ? Entre autres parce qu'Olga, Tatiana, Maria et Anastasia avaient cousu des pierres précieuses à l'intérieur de leurs sous-vêtements afin de les cacher, c'est tout ce que la famille a pu garder de ses possessions. On a donc pensé qu'elles avaient agi comme gilets pare-balles. Or, on oublie que la famille a été exécutée dans une cave sans aucune échappatoire et que les corps ont été dissous à la chaux vive avant d'être enterrés dans la forêt de Ekaterinbourg. Personne n'aurait pu survivre à un tel massacre. Je reste fascinée par le générique d'une autre série, The Romanoffs. L'association de la musique à cette exécution est incroyable. Cette série est à voir même si j'ai trouvé les épisodes affreusement inégaux (celui avec Christina Hendricks est, selon moi et de loin, le meilleur), certains sont même inutiles. Mais enfin ça a le mérite d'exister.

Anna Anderson est l'imposteuse la plus célèbre. Elle s'appelait en réalité Franziska Schanzkowska et après une tentative de suicide, elle s'est fait passer pour la grande-duchesse Anastasia. Des analyses ADN ont prouvé une dizaine d'années après sa mort qu'elle n'avait aucun lien avec la famille impériale. Analyses ADN également effectuées au début des années 1990 sur les premiers corps des Romanov exhumés mais il manquait ceux d'Alexis et d'Anastasia. On les a finalement retrouvés en 2007 et les ossements supposés d'Anastasia se sont avérés être ceux de Maria. Et bien vous savez quoi ? Ces tests ADN sont continuellement contestés, aussi bien par des historiens que par la gendarmerie française (oui, oui). Alors si vous voulez mon avis, on n'aura jamais fini d'en entendre parler.

Anna Anderson. Ressemblance avec Anastasia Romanov : zéro absolu.


Est-ce qu'on regarde Les derniers tsars ?

L'enfer est pavé de bonnes intentions alors oui, vous pouvez... En gardant à l'esprit les erreurs commises, ça vous évitera de les ressortir en société et de passer pour un gland si vous avez en face de vous quelqu'un de mieux renseigné. Au-delà de ça, cette série vulgarise pas trop mal le contexte politique et sociétal même si elle le survole atrocement. Disons que cela permet de suivre à peu près sans se farcir un énorme pavé indigeste (personne ne blâmera qui que ce soit ici). En revanche, ne regardez pas ce docu-fiction si vous êtes fans de l'imposture Anastasia, pour cela il y a le dessin-animé (totalement fantasmé mais hyper cool au demeurant).

Les faux.sses Romanov. Une autre erreur : la famille a été exécutée avec quatre de ses serviteurs et non pas un seul comme montré ici.

vendredi 28 juin 2019

HellFest édition 2019.

Ah OK, excusez-moi, je viens de saisir que mon dernier billet date du 16 mai et en plus, il n'était pas très intéressant. Ces derniers temps je dois composer avec des nouveautés qui me demandent une organisation personnelle loin d'être innée et j'ai du mal à me concentrer sur plusieurs tâches à la fois. J'ai aussi toujours cet éternel problème qui est de transformer mes idées en actions alors dans le doute, je ne fais rien (et je doute chaque jour). Comment voulez-vous que je trouve le temps de publier des idioties sur ce blog ? En plus on n'est pas aidé.e, il a toujours été difficile d'écrire sur un blog pour les raisons suivantes : avant 2010 c'était la honte, après il y a eu l'avènement des blogs mode (sujet que je n'ai jamais abordé) et désormais, plus personne ne lit les blogs "à cause" des réseaux sociaux et des threads sur Twitter. Si des internautes cliquent encore sur mon lien que je dispatche çà et là, qui parmi eux lit mes billets en entier ? Ce n'est même pas une critique puisque j'ai tendance à agir de la même façon, je lis en diagonale. Je tente de lutter contre ça mais je n'ai jamais eu une attention très développée. Aujourd'hui, les blogs mode et déco existent encore mais s'il peut aussi être question de lifestyle (un terme à la con qui englobe tout et n'importe quoi si vous diversifiez vos sujets pourvus qu'ils soient admis comme superficiels puisque vous êtes des femmes), l'uniformisation de la blogosphère est en marche (je découvre l'eau chaude, je sais) et c'est usant. C'est partout le même contenu, le même design, la même typo, les mêmes petits fleurs, les mêmes conseils moisis pour faire pareil. J'ai essayé de me fondre dans le moule mais je n'y suis pas arrivée, je ne me sentais pas moi-même (croyez bien que ça aussi, être "soi-même", c'est un sacré concept). Je n'ai plus le temps pour ces conneries, je vais conserver mon fond noir, continuer de bannir les petites fleurs printanières, cesser de suivre des conseils débiles d'écriture établis sous je ne sais quelle autorité et ne pas corriger mes jurons (parce que merde). Enfin à la base, je ne me suis pas connectée ici pour développer tout ça. Non, moi je veux vous parler du HellFest en fait.


Tout le monde connaît désormais ce festival de musiques dites extrêmes (j'adore ce terme, ça m'éclate) dont la quatorzième édition s'est déroulée le weekend dernier. C'est la deuxième année de suite où je m'y rends sous les couleurs de mon émission de radio. Le projet était d'aller à la rencontre des festivalières pour récolter leurs impressions quant à la diversité de la programmation mais aussi pour savoir pourquoi elles venaient au HellFest et depuis combien de temps. Le résultat est très intéressant et il est à écouter ici.
C'est d'ailleurs un vrai sujet. Saviez-vous que pour l'édition 2019, sur la totalité des groupes programmés, une petite vingtaine de musiciennes seulement étaient présentes contre plus de 700 musiciens ? Interviewés l'année dernière à ce propos, les organisateurs justifient le choix de la qualité et pensent qu'il y a, de toute façon, plus d'hommes que de femmes dans ce milieu. Ce qui me bute le plus dans cette histoire, c'est que c'est sûrement vrai. Il y a toutefois de plus en plus de femmes à jouer et de plus en plus de groupes exclusivement féminins, et il y a aussi énormément de femmes fans de metal. Cependant, sur environ 160.000 personnes à fréquenter le festival sur les trois jours, 75 % sont des hommes et 25 % sont des femmes. Les choses évoluent, je reste optimiste même si j'aimerais que ça aille bien plus vite. En tout cas, cette année, le groupe lauréat du tremplin The Voice of Hell est composé de quatre femmes, les Fallen Lillies.

Je suis venue au HellFest la toute première fois en 2007, c'était la deuxième édition du festival, puis en 2011. J'y suis ensuite retournée l'année dernière et j'ai été impressionnée par les nouveautés, mes souvenirs étaient soudainement devenus bien pâles. Tant d'hectares, tant de scènes, tant de groupes, tant de propreté, tant de beauté et... tant de gens sympas. Je suis plutôt du genre introverti et je déteste la foule, le bruit, la chaleur, la poussière, mais pas au HellFest. C'est peut-être très con pour quelqu'un qui n'y a jamais mis les pieds mais ce lieu peut avoir un réel effet bénéfique sur les gens. Les gens sont de bonne humeur, polis et gentils, je me surprends à discuter, même furtivement, avec des inconnu.e.s sans aucun problème. Je sais que beaucoup pensent comme moi et notamment des femmes. Cependant, j'ai fait une pause sur Instagram pendant l'écriture de ce billet (la concentration, tout ça) et je suis tombée sur le post d'une fille qui évoque des agressions sexuelles qui se seraient passées cette année, et dénoncées dans un groupe sur Facebook. Je ne peux pas dire que ça me surprenne, à vrai dire j'ai surtout été étonnée que les femmes puissent se sentir en sécurité, étonnée mais ravie. J'ai donc fini par me sentir bien moi-même, n'ayant subi personnellement aucun outrage. Toutefois je vois bien comment mon accompagnante se fait régulièrement alpaguer par des morts de faim, tout gentils métalleux soient-ils. Ça va du scannage complet du corps aux réflexions plus ou moins lourdingues (notamment de la part de membres du staff l'année dernière) en passant par une demande express de bisou. Geste qui n'a pas été forcé malgré le refus mais voilà, on peut tout de même se permettre de relativiser le civisme des 75 %.

Enfin, parlons musique. Voici mon petit bilan subjectif :

ME FIRST & THE GIMME GIMMES : j'ai découvert sur place ce groupe de punk californien qui existe depuis vingt-cinq ans mais je n'aime pas trop le punk, je ne pouvais pas savoir. Cela dit, ce concert était très cool parce qu'il s'agit ici d'un cover band (c'est-à-dire qu'ils font des reprises de tout un tas de trucs, genre ça ou ça) et chaque membre portait une très belle chemise jaune tirant sur l'or, ça a mis du soleil dans mon cœur. Last but not least, il y avait une femme à la guitare qui, à priori, venait de débarquer dans le groupe mais je n'arrive pas à trouver davantage d'informations sur elle, c'est très agaçant. Bref, je les réécouterai très certainement, ne serait-ce que pour leur formidable reprise d'Uptown Girl.

SUM 41 : la dernière fois que j'ai écouté ce groupe, ça devait être à cette époque où on achetait des singles physiques et tout le monde trouvait ça normal. Je possédais donc naturellement celui de In To Deep. Finalement j'ai aimé le punk - certes canadien ici - à un moment de ma vie mais j'ai complètement arrêté après 2001. Je ne savais donc pas dans quelles conditions j'allais retrouver Sum 41. Honnêtement, je m'attendais à des vieux mecs sur le retour très imbibés et en fait non, c'était vraiment bien. Deryck Whibley avait tout d'un type super gentil et content d'être là, ça s'est entendu dans sa musique.

ZZ TOP : je ne crois pas que je serais allée un jour sciemment à un concert de ZZ Top mais le fait d'être sur place en même temps qu'eux m'a vraiment emballée. Ces vieux barbus sont un souvenir d'enfance et des chansons connues par cœur, une petite madeleine de Proust si j'ose dire. Je ne suis pourtant pas fichue de citer un seul titre d'album, j'ai simplement en mémoire du blues, des guitares en peau de lapin (fausse... enfin j'espère), le Hot rod et leur passage éclair dans Retour vers le futur III. C'est très kitsch mais c'est aussi très kiffant.

KISS : je me suis suffisamment exprimée là-dessus sur les réseaux sociaux mais je vais insister quand même, ce concert-là était plus que formidable. J'ai lu quelques critiques négatives que je ne comprends pas. Faut-il être une réelle fine bouche pour ne pas s'apercevoir de la générosité d'un tel show (qui, certes, ne se renouvelle pas beaucoup à priori). J'aime beaucoup Kiss, ce groupe est la parfaite incarnation du rock que j'adore, mais je ne m'attendais à rien de particulier parce que je dois sans doute être un peu naïve. Samedi soir, j'ai soudainement eu 5 ans de nouveau : une arrivée du groupe par les airs, des effets pyrotechniques incessants, Gene Simmons qui crache du (faux) sang, des feux d'artifice bien amenés, des confettis et puis des serpentins, Paul Stanley, mon idole, et sa tyrolienne (alors qu'il a 67 ans et a déjà été opéré de la hanche, quel don de soi), je ne sais pas ce qu'il nous fallait de plus. Ah si, un fabuleux "Kiss loves you HellFest" sur chaque écran géant entourant les mainstages avec un feu d'artifice par-dessus. J'ai été totalement conquise, ça a été le meilleur moment de mon weekend. Je les aime trop.


Le reste en bref : j'ai trouvé le concert de Mass Hysteria intéressant mais trop corpo dans le domaine militant, ça m'a saoulée. J'ai rapidement vu Dropkick Murphys, au moins jusqu'à ma chanson préférée, et puis après c'est vrai que c'est souvent pareil. J'ai découvert Fu Manchu qu'il faudra que j'approfondisse un de ces quatre parce que le visuel full 70's m'a évidemment attiré l'œil. J'ai dîné pendant Ultra Vomit, déjà vus deux fois par le passé, et c'est toujours un régal. Je n'ai définitivement aucune attirance pour la musique de Gojira mais je reconnais volontiers leur perfection sur bien des points. Et puis Within Temptation attendrit toujours mon cœur parce que je les ai beaucoup écouté.e.s quand j'avais tout juste 20 ans.

jeudi 16 mai 2019

Les mathématiques.

Comme je suis à la recherche de ma vérité intérieure et en plein bilan de mes compétences psychologiques depuis seize (s.e.i.z.e) mois (le temps file à une de ces vitesses, je vous jure), je suis amenée à me poser moult questions sur moult sujets, sujets subjectivo-autocentrés, cela va de soi. Un truc m'a récemment torpillé les neurones alors que je n'y avais pas prêté attention jusqu'alors, et tout ça à cause d'un rêve. Voyez-vous, il y a quelques nuits j'ai rêvé que j'étais de nouveau en classe, en première littéraire comme au temps jadis. Nous étions en cours de mathématiques et les tables étaient disposées en U. La prof, une femme rousse qui ressemblait à Fred Courtadon et qui n'avait rien à voir avec mon prof de l'époque (un très gentil monsieur qui, hélas, postillonnait beaucoup et avait sans cesse le bouton de chemise ouvert au niveau du nombril) nous a dispensé un cours de travaux manuels à base d'œufs de Pâques à décorer. Je me suis alors insurgée parce que nous étions en cours de maths ! Ce n'est pas parce que nous étions en première littéraire qu'on ne devait pas avoir un cours de maths digne de ce nom * ! Et la prof me regardait d'un air dépité.

Je rumine depuis plusieurs jours. Le fait est que j'étais nulle en maths mais ça n'a pas toujours été le cas. Ça n'a jamais été ma matière préférée mais je me débrouillais et comme pour tout, je faisais le strict minimum (j'en faisais vraiment le moins possible pour une matière qui ne m'intéressait pas). Pas par fainéantise, simplement à quoi bon ? Je n'ai jamais recherché l'excellence mais j'aurais pu l'atteindre si seulement je faisais mes devoirs et révisais mes leçons, je n'avais pas beaucoup d'efforts à faire. Bien sûr, il y avait des matières dans lesquelles il était plus facile de se démarquer que d'autres mais en ce qui concernait les mathématiques, j'ai eu des résultats loin d'être honteux jusqu'à mon arrivée en troisième. Cette année-là, j'ai eu la pire prof du monde. Vous savez bien, on en a toutes et tous eu un.e comme ça. La peau de vache vieille comme Hérode qui ne fait pas de cadeau, celle-là même qui se fout du bien-être de ses élèves et qui les terrorise, les saque, les pourrit jusqu'à les annihiler. La réputation de cette vieille bique la précédait, chaque collégien.ne croisait les doigts à la rentrée scolaire pour ne pas l'avoir. Manque de pot, je me la suis farcie ma dernière année, celle du brevet. Elle a tellement déglingué mon niveau que j'ai subi quatre (q.u.a.t.r.e) heures de cours particuliers par semaine et elle a dit à ma mère que je n'avais pas ma place en enseignement général (double insulte envers moi-même et l'enseignement professionnel, vieille saloperie). Ma moyenne a fait une chute vertigineuse, entre 0 et 2, et si les notes négatives étaient permises, j'en aurais été l'ambassadrice. Étrangement, ma moyenne en maths est remontée à 10 lorsque ma prof a été en arrêt pour une histoire de cor au pied et remplacée par une autre, bien plus pédagogique. On apprenait alors les vecteurs et c'est la seule partie du programme que j'ai comprise.

J'en étais sûre, je détestais les maths mais j'ai eu mon brevet avec un glorieux 8/20 dans cette matière et j'ai atterri en seconde générale malgré les remontrances. Manque de chance pour la deuxième année consécutive, je suis encore tombée sur un prof dédaigneux. La différence, c'est que lui n'en avait strictement rien à foutre. Ça a donc posé un problème à personne que je me transforme en branleuse, me positionne au fond de la salle, balance des boulettes de papier en diagonale parfaite (nulle en maths, vous dis-je) et fasse sonner les portables de mes camarades pour rigoler (ah ça, on riait bien). Avoir 0 était même devenu un jeu mais attention, il ne fallait pas rendre copie blanche, c'était trop facile. Je faisais l'effort de répondre aux questions et développer les équations mais il m'arrivait de noter une bonne réponse sans le faire exprès, c'est comme ça que la moyenne passait de 0 à 0.5, c'est con. Mes parents n'ont jamais fait état de tout ça, de toute façon j'étais à peu près bonne ailleurs et me destinais à une première littéraire, c'était la réelle foire à neuneu. J'en étais tellement fière.

Aujourd'hui ça me rend triste parce que j'ai de réelles difficultés. C'est à se demander si je n'ai pas la phobie des chiffres, je ne comprends rien, je ne sais même pas rendre la monnaie en comptant à l'envers (j'aimerais d'ailleurs vraiment qu'on cesse d'essayer de m'apprendre). Je ne détestais pas les mathématiques, on avait seulement décrété que j'étais nulle alors j'y ai adhéré. Et comme ma mère était "nulle en maths" aussi en son temps, alors tout était normal. C'était subversif. Je n'étais sûrement pas si nulle en mathématiques, j'adore quand les choses s'expliquent et quand les boîtes s'imbriquent, ça me fait du bien. J'adorais aussi la physique, c'était l'une de mes matières préférées. Toutefois j'avais pris tellement de retard que j'étais complètement découragée. Je disais que j'étais nulle et que j'en avais rien à foutre, c'était plus simple.

Moralité, j'aurais pu être bonne en maths et bien les vivre, ça ne dépendait pas de grand chose. Je crois donc être en mesure de dire que si un.e élève, quel que soit son âge, dit qu'il.elle est nul.le dans une matière, c'est que ça cache un truc. Donnez de l'attention.

https://www.desfemmes.fr/litterature/mileva-einstein-une-vie/

* Oui, à mon époque, c'est-à-dire en 2004/2005, il y avait encore des cours de mathématiques en première littéraire.