Tu sais ce que j'en fais de ton Miracle Morning ?

Il est 23h45 au moment où je commence à écrire ces lignes et je n'avais pas du tout prévu de terminer ma soirée de cette façon. J'avais plutôt envie d'aller dormir puisque j'essaie tant bien que mal depuis quelques semaines de me coucher de bonne heure. Oui, selon moi il est tôt, je ne me couche habituellement jamais avant 2h du matin (en moyenne). Je suis donc plutôt ici à écrire parce que je n'arriverai pas à m'endormir avant d'avoir expulsé mon agacement.

Aujourd'hui, j'ai lu l'article de trop concernant le Miracle Morning. Mais si, vous savez, c'est cette recette magique qui consiste à se lever en moyenne une heure plus tôt chaque matin afin de faire une journée en plus de votre journée normale censée commencer à une heure décente (encore que là, chacun voit midi à sa porte, 7h est une heure qui me froisse). Vous vous réveillez donc à 5h30 du matin et votre vie devient meilleure.
Entendons-nous, si cela fonctionne pour vous et que vous êtes heureux-ses, je suis contente pour vous. Oui, vraiment. Aussi, cet article est complètement gratuit mais j'en ai quand même ma claque de ces conneries.

La dernière fois où j'étais déjà réveillée à 5h du matin, je crois que c'était pour aller à l'aéroport. En plus c'était un retour de vacances, la joie n'était donc pas au rendez-vous. Et c'était il y a dix ans. En revanche, je me suis couchée un tas de fois à cette heure sans même avoir fait la fête ni travaillé de nuit : j'ai juste eu l'outrecuidance de passer la nuit chez moi en pyjama à écouter le silence (ou de la musique), écrire ou lire un bouquin. D'ailleurs, quand j'ai un livre entre les mains, j'évite comme la peste le sujet du développement personnel. Je ne supporte pas qu'une personne que je ne connais pas m'explique par a+b quel comportement je dois adopter pour bien faire les choses (selon elle). Apparemment, il existe un ouvrage d'un certain Olivier Rolland qui s'intitule Tout le monde n'a pas eu la chance de rater ses études. C'est quoi ce délire ? Est-ce véritablement une chance de rater ses études ? J'ai raté les miennes ! Je n'ai aucun diplôme, aucun métier et je suis au chômage depuis 18 mois. Ce livre, vous pouvez vous le mettre où je pense, je ne veux même pas en entendre parler.


J'ai lu plusieurs billets de blogs qui vantent les mérites du Miracle Morning et de toute cette vie parfaite qui en découle. Parfaite sur Internet et les réseaux sociaux, je suis tout à fait consciente que ces blogueuses (je n'ai lu que des femmes sur le sujet) font parfois des tâches de gras sur le plan de travail de leur cuisine, du moins je l'espère très fort. Le coup de grâce m'a été donné par une auteure qui est heureuse, et nous ne devrions retenir que cela. Toutefois, elle se réveille à 5h45 chaque matin. C'est un problème. Ses premiers gestes : se jeter de l'eau froide sur le visage (c'est un problème), commencer un brin de ménage (c'est un problème) et boire un verre d'eau tiède citronnée (c'est un problème en plus d'être dégueulasse). Après ça, elle fait du sport. Je connais des gens très bien qui font du sport de bonne heure le matin, je ne juge pas. Mais c'est un problème parce le petit-déjeuner n'arrive qu'1h30 après tout ceci. Personnellement, je suis incapable de mettre un pied devant l'autre avant d'avoir avalé une tasse de thé noir et si, en plus, je devais me farcir toutes ces activités avant de manger, il me faudrait m'enfiler une dizaine de tartines beurrées. Non, ici la blogueuse avale du muesli. Le muesli aussi c'est dégueulasse, c'est donc encore un problème.

Pour moi, un véritable Miracle Morning c'est quand j'arrive à dormir sans que mes chats ou les raclements de chaise de mon voisin ne viennent me réveiller. C'est quand je réussis à faire une nuit d'au moins huit heures parce que mes gélules de mélatonine ont fait effet. C'est quand je ne me trouve pas plus laide que la normale quand je me regarde dans le miroir. C'est quand il fait beau, que je me réveille de bonne humeur, sans mal de tête, et qu'il me reste encore du thé vénitien. Je suis très heureuse quand j'arrive à me réveiller à 9h mais tant que c'est avant midi, je considère que ma journée n'est pas perdue, même si je n'ai rien de prévu. Je passe mes journées en "tenue d'intérieur" (imaginez ce que vous voulez), je ne me maquille certainement pas et même que des fois, j'ai les cheveux gras. J'envoie le développement personnel et les pensées de gratitude se faire foutre avec une joie non feinte, je fais du sport un jour sur treize et je mange parfois gras, parfois sain, parfois végétarien, parfois non, même que ces jours-ci se trouvent dans ma cuisine des avocats du Chili et des bananes de République Dominicaine. Et je m'en bats les reins, écoutez.

J'en ai plus que plein le fion de lire et de voir des modèles de perfection qui sont happy dans le nom de leur blog et leur vie, et le revendiquent, c'est lisse. J'ai envie de les pincer. Je pourrais les éviter du regard mais je dois être un peu masochiste, je suis un être humain (surtout curieuse). Honnêtement, ces gens me fatiguent et me peinent à la fois, je ne peux pas croire que des rituels pareils puissent être pérennes. En fait ça me dépasse, je n'ai pas l'impression qu'il soit si compliqué dans les faits d'être soi-même et d'arrêter de forcément se plier à une mode complètement barjot. C'est malheureux quand on se rappelle de cette étude qui explique que travailler avant 10h est une torture, on ne peut décemment pas se concentrer avant cette heure alors ne me faites pas croire que faire tous vos trucs, aussi personnels soient-ils, est efficace absolument chaque matin. Arrêtez cette vie de communiste, vous allez nous faire un burn out. A quoi ressemblent vos soirées en vous couchant à 21h alors que vous êtes rentré-e-s du boulot à 19h ? Non, vous, vous préférez vous lever à 5h du mat' juste pour boire de l'eau tiède sans manger une seule tartine, je suis hyper déçue. Vous n'avez même pas 30 ans, vous me faites réellement flipper.

Alors voilà, vous avez gagné. Vous me collez des angoisses terribles si vous possédez un blog blanc et/ou pastel avec une bannière comportant le mot "happy", des fleurs et une police cursive (vous êtes tellement à faire ça, c'est encore un problème), plusieurs articles avec tant de façons et d'astuces pour arriver à faire ceci ou cela (arrêtez de faire des listes et écrivez des putains de phrases avec sujet-verbe-complément et du vocabulaire, bordel, voire des gros mots, personne ne vous en voudra, MERDE), des articles remplis de mots en anglais pour être stylé-e (laissez cela aux gens-de-la-comm' par pitié), des conseils de chiotte pour harmoniser un feed Instagram, ET CÆTERA. Si vous voulez mon avis, vous n'écoutez pas assez de rock'n'roll.


(Oui, c'est bien Mila Kunis quand elle avait tout juste 18 ans)

Cinéma #14 et Brimstone, un western dans un thriller.

Le soir où je suis allée voir Split dans mon petit cinéma de quartier que j'aime tant, il y avait dans l'autre salle le film Brimstone, de Martin Koolhoven et dont je n'avais jamais entendu parler. Intriguée par l'affiche, le casting et le synopsis, il ne m'en fallait pas davantage pour me convaincre de le voir (vous me direz, j'étais déjà quasiment au max).

Brimstone est une co-production internationale : un réalisateur néerlandais avec une fort jolie petite moustache, des contributeurs de l'ombre de la même nationalité mais aussi français et danois, et des acteurs toujours néerlandais ainsi qu'anglo-saxons et américains. Parmi ces derniers et dans les rôles principaux, on retrouve Dakota Fanning, désormais majeure et vaccinée (j'ai dû croire qu'elle resterait enfant toute sa vie) et Guy Pearce, qui a la faculté de souvent jouer dans de très bons films (et séries). Il y a également Carice Van Houten et Kit Harringon (Melisandre et Jon Snow dans Game of Thrones), tout comme la fort mignonne à croquer Ivy George (Amabella dans l'excellente série Big Little Lies).


L'histoire se passe au XIXème siècle dans l'Ouest des États-Unis. La jeune Liz (Dakota Fanning) vit tranquillement avec son mari et ses enfants, c'est la sage-femme de la ville. Lors de la messe hebdomadaire, un prêcheur (Guy Pearce) débarque et c'est la panique.

Comme je n'ai rien lu au sujet du film avant de le regarder, j'ai d'abord cru à une histoire de sorcellerie parce qu'en français, "brimstone" veut dire "soufre". J'étais dans le faux mais pas tant que ça, je n'ai pas été déçue : il est véritablement question ici de malédiction. Il s'agit d'un très long (2h30) thriller terriblement sinistre et glaçant construit en quatre parties montées dans le désordre, le film ne commence pas tout à fait par la fin et ne se termine pas vraiment par le début. Liz est le personnage central, on la voit à différentes époques de sa vie. Le prêcheur est l'un des pires enfoirés jamais vus au cinéma. Plusieurs sujets sont mis en lumière : la condition des femmes (trigger warning), celle des communautés hollandaises très religieuses immigrées, la notion de destin, de fatalité, c'est une œuvre malsaine, sadique, perverse, extrêmement violente, vraiment choquante. A ces mots, vous devez croire que je n'ai pas aimé le film mais il en est tout autrement car en plus d'être esthétiquement d'une grande beauté, il est magistral.
On m'en a parlé et j'ai effectivement lu quelques lignes à ce sujet, le film est accusé de complaisance envers les violences faites aux femmes. Je l'ai personnellement trouvé plutôt féministe même si les agressions sont multiples et d'une grande barbarie (d'où le trigger warning). La rébellion est dans le cœur de Liz, de celui de ses "collègues", mais aussi malgré tout dans celui d'Anna (Carice Van Houten). Elles ont finalement toutes plus ou moins le même destin, peut-être discutable pour certains, mais intransigeant.

Cinéma #13 et Split, un film fin comme du gros sel.

Il faut qu'on parle. Qu'on se pose deux minutes et qu'on discute très sérieusement de ce film qu'est Split de M. Night Shyamalan. Qu'est-il arrivé aux critiques presse ? Selon Allociné, sur 28 journaux, 5 ont donné 5 étoiles et 14 en ont donné 4. Les critiques spectateurs sont les pires, la moyenne est de 4.1/5. Sommes-nous allés voir le même film ? Suis-je passée à côte de quelque chose d'essentiel (mais ça m'étonnerait) ? En toute honnêteté, je suis pourtant sortie du cinéma relativement contente de ce que j'avais vu mais je n'avais en tête que l'incroyable performance de James McAvoy et beaucoup de tendresse pour Anya Taylor-Joy, vue il y a peu dans The Witch (film excellent). Après cela, j'ai pris le temps de réfléchir au film en entier et d'en discuter avec mon partenaire de salle obscure du moment, il était alors évident que ce film est super relou.

Spoilers sous l'image.


Peut-être ne suis-je qu'une snob parmi tant d'autres mais vous m'excuserez, les films de M. Night Shyamalan, c'était mieux avant. Bien qu'on m'ait spoilé Sixième Sens dans la file d'attente du self quand j'étais au lycée, je l'ai adoré malgré tout (c'est comme si j'avais fait directement une seconde lecture) et j'ai été sidérée par Signes et Le Village. Je me suis sévèrement ennuyée devant La jeune fille de l'eau et j'ai trouvé The Visit bien mais pas top (mais bien). C'est vrai, je n'ai pas vu Incassable, mais on m'en a tellement parlé que c'est tout comme. C'est pourquoi je n'ai pas été spécialement surprise en voyant la dernière scène de Split puisque j'ai compris la présence de Bruce Willis, mais alors quelle vaste plaisanterie ! Je n'ai pas éclaté de rire par respect pour les autres spectateurs dans la salle mais j'ai rarement fait des yeux aussi ronds. Non mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ! Le pire, c'est que j'irai voir la suite prévue pour l'année prochaine, parce que je veux comprendre ce délire.

Synopsis : Kevin (James McAvoy) a 23 personnalités qui cohabitent dans son corps. Il enlève trois adolescentes (dont Anya Taylor-Joy) qu'il garde enfermées dans un sous-sol.

Et donc je suis contrariée parce que comme je l'ai écrit plus haut, j'ai été subjuguée par le jeu de James McAvoy (je suis amoureuse de lui depuis toujours, faut dire). Toutefois, quel est l'intérêt de dire qu'il a 23 personnalités si c'est pour n'en montrer que 6 ou 7 ? Si les identités restantes ne sortent pas "dans la lumière" dans Split 2, je fais un scandale. Il en va de même pour ces flashbacks incessants sur la vie passée de Casey, un seul aurait suffit, il est inutile de prendre le spectateur par la main pour lui faire comprendre les violences qu'elle a subies et comment elle en est arrivée à savoir se servir d'un fusil de chasse. De plus on est aux États-Unis, il faut arrêter de nous prendre pour des idiots. La relation entre Kevin et Casey est donc cousue de fil blanc.

J'aime bien quand M. Night Shyamalan nous dirige vers un postulat fantastique se révélant finalement tout à fait réaliste avec, parfois, des bons nœuds psychologiques. Dans Split, j'ai trouvé vraiment intéressante la menace constante de l'arrivée de "la bête" que le Dr. Fletcher (la psychiatre qui suit Kevin) impute à une potentielle 24ème personnalité naissante, justement parce qu'elle est psychiatre et que son rôle est de trouver une explication logique à ce qui arrive. C'est pourquoi, quand elle finit par se manifester, j'étais contente que Kevin se prenne pour une sorte de loup-garou. J'ai toutefois été vite déçue quand j'ai vu les veines fluorescentes de son torse gonfler anormalement ainsi que sa manière de grimper au mur, on n'avait vraiment pas besoin de ça. Le mystère se résout aussi bien facilement, d'un seul coup un type se trouve là et recueille Casey qui a réussi à s'échapper, non sans avoir tiré deux coups de semonce dans le corps de Kevin (en découlera ensuite la scène avec Bruce Willis).

Alors je ne sais pas. Je me doute bien que tout cela prépare à la suite mais permettez-moi de trouver ça débile. J'aurais aimé que le film soit indépendant, qu'il soit raccourci des cinq dernières minutes. J'aurais aimé ne pas savoir si Kevin a survécu et ce qu'il va advenir de Casey au moment où elle regarde la policière qui lui annonce que son oncle vient la chercher. Autant vous dire que Split 2 a vachement intérêt de sauver le bazar parce que jusqu'ici, c'est plutôt ridicule.

After Marianne, la dream pop de Toulouse.

J'ai reçu le premier EP d'After Marianne, It's A Wonderful Place To Be (Over) en octobre dernier, mois de sa sortie, dans le cadre de mon partenariat avec Éphélide. J'ai traîné à rédiger mon article parce qu'il me manquait des informations. J'avais notamment préparé et envoyé une interview destinée au groupe mais entre-temps j'ai changé de contact et je n'ai jamais eu de retour, je pense qu'elle s'est perdue en chemin. De plus, la cadence ici s'est sérieusement ralentie ces derniers mois, c'est pourquoi vous ne pouvez lire ce billet qu'aujourd'hui et pas il y a six mois (mais vous ne vous êtes rendus compte de rien, c'est ce qui est formidable). Je n'ai pas trop de regrets, je trouve que les questions que je posais étaient relativement pourries (c'est un métier) et j'ai eu l'occasion d'en lire de très bonnes ailleurs sur le web apportant toutes les réponses que je voulais.


Je ne vais pas tergiverser très longtemps, j'ai eu un très gros coup de cœur pour les toulousains After Marianne. Leur EP est absolument magnifique. Six morceaux, dont un duo avec Julien Doré (Love Is Just A Game) et un interlude, qui se rassemblent sous forme de concept autour de l'idée de la fin de la vie. C'est Mathilda, la chanteuse, qui écrit les textes qu'elle ne considère pas nécessairement tristes, à chacun-e de se faire son idée. Une certitude toutefois, After Marianne fait une musique mélancolique conférée par sa lenteur et ses thèmes, influencée par Sigur Rós, CocoRosie, Daughter ou encore Bon Iver. Avec cet EP, j'ai personnellement ressenti les mêmes choses qu'en écoutant Everest de Girls In Hawaii qui est l'un de mes albums favoris.

Le groupe a constitué son nom à partir de deux chansons : After The Storm de Mumford & Sons (rock et musique traditionnelle britannique) et Marianne's Son de First Aid Kit (les sœurs suédoises du folk). La thématique est spatiale, dans cette interview très complète, Mathilda dit : "Nous faisons une musique très spatiale, très planante, atmosphérique et cinématographique qui prête à visualiser beaucoup d'images et de paysages. Nous faisons une musique lente par nature. C'est une musique à l'épreuve du temps. [...] Nous faisons une musique qui peut aussi bien s'écouter sur Mars que sur Neptune ou sur Terre." Je vous avoue que cette idée me plaît énormément, et le ton est donné dès la pochette de l'EP qui laisse apparaître un couple un peu flou, on dirait des trapézistes de cirque, sur fond de voie lactée avec des bouts de planètes.

Deux clips existent déjà, celui de Marianne qui m'a fait pleurer (je suis très sensible, d'accord ?) et qui est totalement dans la thématique de l'EP, ainsi que Take Care qui met en scène deux occidentaux arrivant par la mer en kayak, marchant longtemps et rejoignant un groupe, comme eux, en pleine migration et se retrouvant face à un mur (si ça vous rappelle l'actualité, c'est normal).

Prochains concerts : 7 avril au Chantier des Francos (La Rochelle), 11 mai à La Batterie (Guyancourt), 3 juin au Bikini (Ramonville Saint-Agne), 15 juillet aux Francofolies (La Rochelle).


Devenir blond-e quand on ne l'est pas naturellement, c'est pas si compliqué.

J'ai décidé d'être plus opportuniste dans ma vie de tous les jours et de transformer mon blog en une plateforme beauté puisque c'est une branche qui fonctionne à plein tube. Non, je déconne (mes respects aux blogueuses beauté, je les consulte régulièrement). Cependant je fais une entorse dans ma ligne éditoriale parce que le sujet que je vais aborder me tient à cœur, c'est même un véritable chemin de croix. Je ne rigole pas avec ça.


Ce mois-ci, j'ai entrepris de devenir blonde. Très blonde. J'en avais marre de ma tête du moment, il me fallait un changement radical. Dans ma vie, j'ai connu tout un tas de colorations, du noir corbeau au blond moins blond que ma nouvelle vision des choses, en passant par le roux et le rouge. J'avais donc un reste de châtain plus ou moins ton sur ton et complètement terne à mi-longueur et l'apparition d'un cheveu blanc qui vivait sa vie de ressort au niveau du front. Quand je commence à apercevoir ce signe du temps qui passe, c'est que ça fait un moment que ma tignasse pousse tout droit sur l'autoroute du cheveu délavé.
Le blond, j'en ai toujours rêvé. Je l'ai déjà fait mais je n'ai jamais dépassé le stade du doré, parfois même le résultat était franchement laid, et là, je voulais du blond de bébé, le plus blanc possible. Il me fallait donc passer par la case décoloration, chose que je n'ai pas faite depuis mes 17 ans. Cette fois-là, j'ai tenté et raté mon coup, je crois me souvenir d'avoir fait un peu n'importe quoi et ma mère m'a envoyée chez le coiffeur avec un coup de pied aux fesses. J'en ai longtemps gardé une mauvaise impression, je ne voulais plus recommencer ce carnage.

En toute honnêteté, concernant mes cheveux, je n'ai peur de rien. Je pars du principe qu'il faut essayer et si ça marche, c'est cool, si ça ne marche pas, ce n'est pas grave. Au pire les cheveux sont abîmés, est-ce bien grave ? Je ne trouve pas, même si chacun voit midi à sa porte. Bref, comme je partais sur une décoloration, il me fallait me renseigner avant sur ma démarche (les blogs beauté n'existaient pas quand j'avais 17 ans), je tenais absolument à faire les choses correctement et non pas en mode YOLO comme il m'arrive souvent d'agir dans divers domaines. Je me suis contentée de la blogosphère parce que je n'ai pas toujours la patience de regarder des vidéos sur YouTube, surtout quand elle dure 15 minutes, ma capacité de concentration s'étiole rapidement. Déjà, même quand je lis un billet de blog ou des articles de journaux, il m'arrive régulièrement de sauter des passages pour terminer plus vite, résultat je comprends les choses de travers (à l'école j'étais très mauvaise pour lire les consignes).
J'ai fait quelques recherches çà et là et je n'ai pas trouvé tant de billets de blog que ça. Les filles, je vous soupçonne de ne pas vouloir devenir blondes platine, vraiment c'est dommage. D'ailleurs, l'un des billets qui m'a le plus aidée a été celui d'un homme. La plupart des articles que j'ai lu racontaient plus ou moins la même chose et j'ai été frappée par leur ton alarmiste. J'ai lu tellement de mises en garde que j'ai réussi à flipper, moi qui suis rodée et complètement à l'aise avec la coloration capillaire. J'ai lu :
  • qu'il ne fallait strictement jamais utiliser de kits de décoloration de supermarché parce qu'ils ne sont pas de bonne qualité
  • qu'il faut impérativement acheter les produits nécessaires chez un grossiste
  • que le mieux est quand même d'aller chez le coiffeur
  • qu'une décoloration abîme fortement les cheveux et qu'il faut les chouchouter au maximum
  • qu'il fallait espacer ses décolorations, quand plusieurs décolorations il y a, d'au moins un mois obligatoirement
Alors qu'on s'entendre bien, je ne vous écris pas tout ça pour vous dire que tout ce que je viens de lister n'est pas à prendre en compte, simplement il ne faut pas hésiter à se détendre quelques minutes et en profiter pour boire un grand verre d'eau. Quand on respecte les doses, les consignes et qu'on a des cheveux en relativement bonne santé, le pire qui puisse arriver est qu'ils deviennent très secs et mousseux. Cependant c'est temporaire et il y a toujours des solutions.

Parlons maintenant de mon cas personnel. C'est auto-proclamé mais je pense vraiment avoir la pire nature de cheveux qui soit : je suis naturellement châtain (ni clair, ni foncé, boring en somme), j'ai peu de cheveux et en plus ils sont extrêmement fins, désespérément lisses, très difficiles à discipliner, et en plus j'ai les racines grasses et les pointes sèches. Je ne vous le cache pas, c'est la merde. Le moins que je puisse faire pour les améliorer, c'est les colorer (c'est sûrement pour cela que j'ai les pointes sèches, d'ailleurs). Pour obtenir le résultat que j'ai actuellement - et qui n'est pas encore optimal - j'ai tout fait en 10 jours. J'en vois qui grincent des dents dans le fond mais j'ai aussi été rassurée par quelques initiées sur Twitter. Je n'ai pas de gros moyens financiers (je suis toujours au chômage, petit clin d'œil si jamais), il était donc hors de question que j'aille dans un salon de coiffure. Bien que mes cheveux soient généralement moches, j'en prends soin. Du moins, je fais le minimum syndical et je pars du principe qu'ici less is more. Avant ma décoloration, je me contentais d'un shampoing Ultra Doux pour cheveux normaux à l'amande douce (depuis que j'ai arrêté les shampoings s'adressant aux cheveux gras ou secs ou que sais-je, mes cheveux sont beaucoup plus souples et graissent moins vite) et je faisais régulièrement un bain d'huile de ricin ou d'avocat (ou les deux en même temps). C'est tout. Jamais d'après-shampoing, jamais de sèche-cheveux. Maintenant que je suis blonde, l'entretien n'est pas du tout le même, mais je vais y revenir.

Avant de me décolorer la crinière, je suis passée par deux étapes. Une bonne semaine avant, j'ai appliqué un effaceur de coloration sur mes longueurs, le Colour B4. Bien que ce soit très pratique, je tiens quand même à vous signaler que ce produit contient une infime part de décolorant. Ce qui veut dire que oui, votre coloration chimique est éliminée mais non, vous ne retrouvez pas votre couleur naturelle, ce n'est pas non plus magique. Je ne sais pas si cette étape était importante dans mon cursus mais elle m'a rassurée. Et puis juste avant mon dernier shampoing précédent ma décoloration, j'ai fait un soin à base d'huiles de ricin et de jojoba.
Après coloration à la lumière naturelle
Ensuite, j'ai acheté un kit de décoloration en supermarché. J'ai sans doute commis un sacrilège pour les puristes mais ça s'est super bien passé. J'ai choisi la décoloration permanente Garnier Olia, superblond extrême super 8 (c'est-à-dire qui décolore jusqu'à 8 tons, elle existe aussi en super 6). J'utilise parfois cette gamme pour les colorations parce que j'aime bien, je n'ai pas le cuir chevelu qui me démange atrocement en fin de pose et c'est sans ammoniaque (ça, ça pique les yeux par contre). J'ai appliqué la décoloration sur cheveux sales parce que l'excès de sébum qu'on a à ce moment-là protège le cuire chevelu. Après le rinçage, mes cheveux n'étaient plus du tout châtains mais blonds pisseux-orangés. Ce n'est pas forcément évident, aussi je vous le signale : une décoloration n'est pas faite pour rester telle qu'elle, il convient de faire une coloration derrière afin d'obtenir une jolie couleur. Comme j'ai trouvé que mes cheveux n'étaient pas encore assez clairs pour recevoir la couleur que j'avais choisie, j'ai effectué une seconde décoloration quelques jours après. Je n'ai pas attendu un mois, je n'ai pas cette patience (et je n'ai pas envie de sortir en société avec les cheveux d'une couleur dégueulasse. Chacun-e fait ce qu'iel veut, moi ça me saoule). Mes cheveux ne sont pas tombés et ne sont pas devenus plus secs qu'ils ne l'étaient après ma première décoloration. Entre les deux, j'ai refait un bain d'huiles et j'ai changé de shampoing, je suis passée au Natessance à l'huile de coco et à la kératine végétale. J'ai de nouveau attendu quelques jours après ma seconde décoloration afin d'appliquer ma coloration. Là, j'avoue, j'aurais pu mieux faire car j'ai choisi la teinte 10.21 Stockholm de chez L'Oréal (les tests sur les animaux, tout ça) qui, elle, contient de l'ammoniaque (au secours mes yeux sensibles, fenêtre ouverte à proximité obligatoire). En réalité, c'était surtout la couleur la plus claire du magasin. En vrai ne l'achetez pas sur le lien que je vous ai donné, elle coûte 5€ moins cher à Hyper U, je dis ça, je dis rien.

Bilan des courses, je suis très blonde, plus blonde que je n'ai jamais été. Je ne suis pas aussi blonde que le blond de la boîte L'Oréal mais je me laisse le temps de voir comment tout ça vieillit. Je n'ai pas strictement la même couleur sur toute ma chevelure, mes cheveux du dessous sont un peu plus foncés que le reste alors que mes racines, elles, sont blanches. J'ai également le shampoing déjaunisseur Dessange, normalement adressé aux vieilles personnes, qui est un produit violet foncé et neutralise la couleur jaune. Je ne suis pas certaine d'en être satisfaite, j'ai l'intention de changer de marque une fois qu'il sera terminé. Je n'utilise pas de toner, peut-être que je devrais. En supplément, je prends aussi des compléments alimentaires, ça ne fait jamais de mal.
Mes cheveux sont devenus plus secs que d'habitude et le shampoing déjaunisseur n'aide pas du tout, et celui à l'huile de coco emmêle mes cheveux comme jamais, j'ai donc opté pour l'achat du masque merveilleux Ultra Doux aux huiles d'argan et de camélia que j'utilise à chaque lavage et qui fait très bien son office.

Voilà, j'ai terminé ! Je ne me prétends aucunement parole d'évangile et je suis tout à fait consciente qu'il y a des produits bien meilleurs que ceux que j'ai utilisés. Toutefois, même avec un budget réduit on peut réaliser tout ce boulot. Parce que oui, c'est quand même un peu de taf. A moins qu'on tienne à ses cheveux comme à la prunelle de ses yeux et qu'on ait la larme facile, il n'y a rien d'insurmontable dans tout ça, au pire on se rase la tête, les cheveux repoussent. J'en fais des tonnes mais honnêtement il n'y a vraiment pas de quoi s'inquiéter outre mesure et prendre au sérieux les propos catastrophistes parce que tant que vous n'essaierez pas sur vos propres cheveux, rien n'est défini. On ne vit qu'une fois !