La sélection du mois #5 (Juillet 2018)

On arrive à un total de 10 billets postés en ce mois de juillet, le record est total. Ma façon d'écrire ici est à l'image de mes humeurs, totalement disparate. Enfin ça va, ça n'inquiète personne, c'est l'essentiel. En plus au mois de juillet personne ne lit les blogs, tout le monde est en vacances, haha. Bref, on s'en fout, allons-y :


   MUSIQUE

Concert de Girls In Hawaii au festival R. Pop de La Roche-sur-Yon
C'est la deuxième fois cette année (et troisième fois en tout) que j'ai vu ce groupe divin en concert comme une bonne fan girl qui se respecte. Ma partner in crime et moi-même avons même réussi à les interviewer juste avant et c'était génial. Toutefois je ne sais pas si vous pourrez écouter cet exploit un jour car nous subissons des aléas techniques très fâcheux qui nous emmerdent. Heureusement, il reste les photos et j'étais tout devant, c'était le plus beau jour de ma vie.




Bruxelles ma belle
Je suis très fan de ce site et si vous ne le connaissez pas encore alors que vous aimez la musique, vous devriez y faire un petit tour. Le principe est simple, chaque semaine est publiée la vidéo d'un•e artiste qui chante en acoustique dans un lieu plus ou moins insolite, pourvu qu'il se trouve à Bruxelles (et alentours). Voici deux exemples totalement pris au hasard (OK, l'un peut-être plus que l'autre), Girls In Hawaii qui chante Indifference (Nocturne, 2017) dans le hall de la gare Bruxelles-Central et Fishbach avec A ta merci (A ta merci, 2017) dans la chapelle de Saint-Josse.





Point David Bowie
On a retrouvé la toute première démo de David Bowie enregistrée en 1963 alors qu'il n'avait que 16 ans et qu'il faisait partie du groupe The Konrads. Bizarre que ça ressorte par hasard comme ça aujourd'hui mais c'est le batteur des Konrads qui l'a retrouvée en déménageant. Je trouve ça hyper cool même si c'est inaudible.

Plus écoutable si vous êtes des afficionados du Bowie des années 1980 (je ne juge pas, vous faites ce que vous voulez), une nouvelle version de Zeroes (1987) a été éditée. Suivez ce lien et soyez prêts à acheter bientôt un nouveau coffret.

Enfin, La Grande traversée de France Culture nous permet de nous replonger dans la vie et la carrière de Bowie en 4 podcasts d'1h49 chacun. C'est ça qu'on veut.


   ON FAIT ENCORE CE QU'ON VEUT DE NOTRE CORPS

Être une femme et se raser la tête
Voilà un sujet houleux pour des raisons qui m'échappent. Ah, si, je sais, pour des raisons patriarcales et sexistes. Il paraît qu'une femme qui décide de se raser le crâne, qu'importe la raison de son geste, n'est pas féminine parce qu'il est de notoriété publique que l'essence même de la féminité est proportionnelle à la longueur de vos cheveux. Les gens ont vraiment un problème avec l'idée que chaque femme est libre de disposer de son corps comme elle l'entend. Il faut toujours justifier chaque geste et si on décide de se mettre la boule à zéro, c'est forcément parce qu'on est malade ou qu'on s'appelle Sinead O'Connor. Et bien soit, si vous voulez que ça devienne un geste politique, ne me tentez pas trop fort. Sur son blog The Atypicals, Elisa s'est rasé la tête pour une raison qui lui est propre et nous l'explique.


   LES VRAIES QUESTIONS

Que sont devenues les dépouilles du Titanic ?
C'est vrai ça, une fois que Jack Dawson est mort parce qu'il n'est pas monté sur la porte alors qu'il y avait de la place, qu'est devenu son corps ? L'autrice de l'excellent blog Le Bizarreum (elle a aussi une super chaîne YouTube) revient sur les faits et nous explique les choses par la science et les critères de sélection de l'époque.


   PÉPITE

Mes 14 ans
Ce compte Instagram nous propose de lire le journal intime de son autrice lorsqu'elle était collégienne. Je trouve ça hyper mignon.



   LE MOT DE LA FIN

Le mot de la fin concerne une photo cette fois-ci. Elle a été prise par Aris Messinis pour l'AFP Grèce pendant la dernière éclipse de lune du 27 juillet.

Cinéma #22 - Répétez après moi : "je suis canon et je vous emmerde".

Parmi les moult questionnements sur l'humanité qui stagnent dans mon cerveau au moment de dormir, il y une énigme dont, je suis sûre, je n'obtiendrai jamais la clef : pourquoi êtes-vous aussi prompts à détester les gens qui s'aiment ? Je parle de narcissisme, d'ego trip, de selfies sur Instagram, qu'importe la dose. N'allez pas croire, je ne suis pas une vraie social justice warrior, moi aussi je me suis moquée de personnes qui embrassaient leur reflet dans le miroir, mais j'ai arrêté parce que c'était de la jalousie pure et dure. Aujourd'hui je fais encore mieux que ça, j'encourage. Je dis amen parce que c'est quelque chose que je n'arrive pas à faire, je me déteste tellement que chaque selfie de moi-même posté sur Instagram est une forme de militantisme pour apprendre à m'aimer (plus il y a de likes et moins j'ai envie de l'effacer). Est-ce que toutes celles et tous ceux qui se foutent de la gueule de ces autres qui s'apprécient ont forcément un pet au casque et manquent cruellement de confiance en elles•eux ? Qu'est-ce que ça peut vous foutre, en fait ? J'ai besoin qu'on m'explique tout ça de manière solide.


Sur Netflix vient d'arriver le film I Feel Pretty de Marc Silverstein et Abby Kohn. Je l'ai tout de suite regardé ! Après l'avoir vu j'ai trouvé ça un peu cucul la praline mais avec du recul (comme quoi j'ai encore des efforts à faire), j'ai compris qu'il était quand même super bien. C'est une comédie feel good vraiment bien traitée et avec beaucoup de respect, c'est tellement rare de nos jours. Renee Bennett (Amy Schumer) est une jeune femme dynamique qui s'occupe du site Internet d'une grande marque de maquillage. Son service ne se trouve pas dans les locaux du groupe mais est délocalisé dans un autre quartier, elle est en quelque sorte placardisée. Elle manque franchement de confiance en elle jusqu'à ce qu'elle prenne un coup sur la tête et change du tout au tout. Elle perd connaissance et se réveille en se trouvant top bonne. Elle constate qu'elle vaut beaucoup mieux et vise plus haut. Spoiler : ça marche.

Il est extrêmement agréable de voir que les réalisateur•ice•s ont (enfin !) fait le choix de ne pas rendre leur protagoniste moche sous prétexte qu'elle n'a pas confiance en elle. On n'a pas besoin de porter des guenilles et d'avoir les cheveux plats pour ne pas s'aimer, on peut aussi faire gaffe à notre allure. C'est le cas de Renee qui a un syle affirmé du début à la fin sans jamais en changer. Peut-être qu'elle ose davantage les décolletés mais on reste dans le domaine du plausible. Elle ne change donc pas physiquement, c'est son état d'esprit qui vrille à 180°C. A aucun moment les personnages emploient des termes grossophobes ou sexistes, on repère vite les imbéciles dont c'est écrit dans le regard et qui passent de toute façon pour les "méchant•e•s" du film, ces dernier•e•s sont d'ailleurs caricaturé•e•s. Les employé•e•s de Lily LeClaire manquent de réalité mais c'est justement pour appuyer les défauts de notre société.


Alors forcément, tout ça remet les choses en perspective. Arrive-t-on à abattre autant de murs en ayant juste confiance en soi ? La Renee avec commotion ne manque pas de culot mais elle s'en fout, si ça fonctionne tant mieux et sinon tant pis, c'est aussi simple que ça. Quand on ne s'aime pas on élève des barrières invisibles, on a l'impression d'être un poids pour la société et que tout le monde nous en veut pour notre simple existence, c'est un véritable drame. I Feel Pretty bouleverse des codes pré-établis : et pourquoi on ne pourrait pas bosser pour Lily LeClaire si on n'a pas le physique mannequin type, d'abord ? Qui représente les vraies femmes ? Bah oui, tout le monde en fait. Chaque corps est un standard, on ne doit pas laisser les podiums, les magazines et les abruti•e•s nous dicter le contraire. Je n'ai évidemment pas la solution au problème majeur de la confiance en soi mais ma quête ultime est bien celle-là, apprendre à me tolérer et, peut-être un jour, embrasser mon reflet dans le miroir.

Hannah Gadsby, Nanette : à voir absolument.

Il y a parfois des trucs dont tout le monde parle et ça peut paraître lourdingue pour bien des gens (exemples : le foot, PNL, la mogette quand tu vis en Vendée, liste non exhaustive) mais il y a d'autres trucs qui sont élémentaires. Là, comme ça, l'idée qui me vient au débotté (en fait non, tout ceci est calculé), c'est Nanette de Hannah Gadsby. De qui et de quoi parle-t-on ? Je vous explique.

Hannah Gadsby est une comédienne australienne (de Tasmanie précisément) de 40 ans qui a quand même bien roulé sa bosse dans le stand up. A part peut-être des inconditionnel•le•s du genre, je ne sais pas si on la connaît beaucoup en France. Enfin si, depuis que son spectacle Nanette est disponible sur Netflix. Si j'en crois ma timeline Twitter, presque tout le monde l'a regardé alors si vous ne l'avez pas encore fait, franchement faites-le. Je sais que ça ressemble à une énième injonction mais je crois sincèrement que Nanette est d'utilité publique car c'est éducatif.

En une heure, Hannah Gadsby évoque tellement de choses, son homosexualité, son coming out, l'homophobie qu'elle a vécue, les hommes et leurs plus gros problèmes, Van Gogh et Picasso, son autodérision. Elle fait tout ça avec humour, un humour fin, subtil, délicat. Elle parle de sa situation personnelle, de ses ressentis et son vécu, elle ne donne pas de leçon à qui que ce soit, enfin sauf aux hommes blancs cis hétéros qui ont bien besoin de se faire secouer le prunier (le premier qui vient chouiner not all men en commentaire, je lui fracasse la tête, j'espère que c'est bien clair). Elle est vraiment touchante, je suis passée par toutes les émotions. Elle ne pouvait pas être plus juste sur les problématiques qu'elle aborde, tout semble d'une fabuleuse évidence et pourtant, il existe encore tant d'atrophié•e•s du bulbe. J'ai été interpellée par absolument tout mais davantage encore par ce qu'elle dit sur la colère : "J'ai du mal à maîtriser ma colère. [...] Je dois faire de l'autodérision. [...] Personne n'oserait me mettre à l'épreuve parce qu'il n'y a rien de plus fort qu'une femme brisée qui s'est reconstruite. [...] Je suis en colère et je pense en avoir le droit ! Mais je n'ai pas le droit de répandre cette colère. Parce que la colère, tout comme le rire, a le pouvoir de lier une salle pleine d'inconnus. Mais la colère, même dans un cadre humoristique, n'apaise pas les tensions. La colère est une tension. Une tension toxique, infectieuse. Et elle n'a aucun autre but que de propager une haine aveugle et je refuse d'y contribuer. Ma liberté d'expression est une responsabilité et le fait que je puisse parler en tant que victime ne rend pas ma colère constructive. Elle ne l'est jamais. Le rire n'est pas un remède. Les histoires le sont. Le rire n'est que le miel qui adoucit l'amertume. Je ne veux pas vous unir avec le rire ni avec la colère. Je veux que mon histoire soit entendue, ressentie et comprise par des individus qui pensent par eux-mêmes."

Nanette, ce n'est donc pas si drôle. Comme je vous l'ai dit, Hannah Gadsby pratique l'humour avec finesse mais elle explique surtout très bien le procédé de tension et de punchline utilisé par l'humoriste. Et puis elle dit aussi qu'elle doit cesser la comédie, c'est une façon de nous dire aussi que l'humour n'en est pas forcément. L'humour n'est pas universel. N'oublions jamais que le rire doit se diriger vers les puissants, si on se moque des opprimé•e•s, des minorités, ce n'est jamais de l'humour mais de l'humiliation. Oh ici j'ai bien ri aux moments opportuns, mais c'est parce que Hannah Gadsby sait s'y prendre. Nanette n'est même pas cynique, même pas sarcastique, Nanette est terrible. Mais qu'est-ce que c'est bien ! C'est pour ça que tout le monde devrait regarder ce one woman show et que vous devriez le montrer à toutes les personnes que vous connaissez, surtout les plus retorses.


Charlotte Cardin @ festival R. Pop, La Roche-sur-Yon.

Traditionnelle photo de David Fugère dont j'aime toujours le travail. D'autres photos ici.

Il paraît qu'elle est une étoile montante, qu'il faut la surveiller car elle ira loin (enfin elle ne nous a pas attendu), c'est Charlotte Cardin (rime riche). Cette québécoise de 23 ans est apparemment déjà très connue chez elle parce qu'elle a participé au télé-crochet La Voix alors qu'elle était encore adolescente, ça lui a ensuite permis d'enregistrer un duo avec Garou en 2014. Alors je vous rassure, aujourd'hui sa musique n'a plus rien à voir. Non parce que Garou ce n'est pas mon délire mais bon, chacun ses goûts.
Les concerts du festival R. Pop sont toujours gratuits donc on peut se permettre de faire davantage de découvertes, notre sélection personnelle est moins restreinte. Je suis allée voir Charlotte Cardin sans connaître autre chose que Main Girl et je ne m'attendais à rien de particulier mais j'ai quand même été un poil déçue. Certainement pas déçue par son talent indéniable et sa très jolie voix, je me suis trouvée simplement hermétique à sa musique. Je n'ai pas été touchée de quelque façon que ce soit, mais au vu du monde présent au concert, je comprends que les gens le soient. C'est pour ça aussi que je me permets un billet sur elle. Rapide, vous le remarquerez, parce que du coup j'ai moins de choses à dire que quand j'adore quelqu'un.

Je déteste comparer des artistes entre eux et ça va peut-être vous paraître curieux mais j'ai retrouvé des intonations de voix de Rufus Wainwright dans celle de Charlotte Cardin. C'est un type que j'ai beaucoup écouté dans ma jeunesse (je suis toujours jeune mais moins que Charlotte Cardin) et j'ai directement pensé à lui en l'écoutant elle. Au-delà de ça je ne suis pas une grande fan des voix particulières, celle de Charlotte Cardin aurait tendance à me fatiguer assez vite. De plus, sa musique étant assez tranquille, je crois qu'elle aurait davantage sa place sur ma platine vinyle, quoique à petite dose, qu'en concert en plein air selon mon confort personnel.

Il n'y a pas encore d'album mais il y a deux EP, Big Boy sorti en 2016 et Main Girl en 2017.




(Je viens seulement de me rendre compte que le lien vers ma page Facebook dans le menu de gauche était mort, je ne sais pas si vous aviez déjà essayé de cliquer mais sachez que c'est désormais réparé et que vous pouvez devenir mon ami.e si vous le souhaitez).

Du côté d'Instagram #3

Je viens de vérifier, je n'ai pas fait de petite revue Instagram de toute l'année 2017, la dernière remonte à novembre 2016. Je lis beaucoup de critiques envers ce réseau, notamment à cause de toute cette histoire d'algorithme, mais personnellement je m'en fous pas mal, ça n'a pas changé ma vie (peut-être parce que je n'ai que 350 abonné.e.s... Ouais, et bah tu vas faire quoi ?). J'aime bien les nouveautés régulières, genre depuis cette semaine on peut se poser des questions carrément pas anonymement à l'instar de cette saloperie de Curious Cat, et ça fait bien râler sous prétexte que les gens s'en tamponnent... Bah OK les gars, continuez de vous en foutre, c'est bien, qu'est-ce que vous voulez qu'on vous dise ? Moi j'aime bien que tout soit centralisé sur Instagram, ça m'a permis de désinstaller Snapchat par exemple. Et puis j'adore stalker les control freaks qui appliquent le même filtre et les mêmes réglages sur chaque photo, c'est fascinant. Allez, on suit qui ?



"Streetstyle historique" comme l'indique la bio de ce compte, écoutez je crois qu'on ne peut pas être plus clair. Quelques exemples pour la forme :






Les Femmes pellicules est le projet Instagram de Mathilde, la créatrice de la newsletter Women Who Do Stuff. Il s'agit tout simplement de mettre en avant le travail de femmes photographes d'hier et d'aujourd'hui.

Photo 1 : Sally Mann (1988) - Photo 2 : Susan Meiselas (1976) - Photo 3 : Carrie Mae Weems (1990)



Charly est une artiste tatoueuse qui sévit chez Les Vilains Bonhommes à Nantes et, bon sang, je trouve son travail fantastique. J'aimerais vraiment beaucoup me faire tatouer par elle un de ces quatre.




Cette jeune femme exquise s'appelle Jerina Kivistö, elle est illustratrice et finlandaise. J'aime son art, j'aime ses photos sympathiques et j'aime aussi ses stories (elle parle anglais), je la trouve hyper choucarde.




Voici une autre artiste scandinave mais d'un tout autre genre, il s'agit de la suédoise Christine Linde qui nous propose des œuvres bien darkos comme je les aime entre autres selfies et scènes de vie quotidienne.