Cinéma #12 et double dose de Trainspotting.

En 1996, j'avais 10 ans et, alors que ma mère m'avait déjà absolument interdit de regarder Rick Hunter et Dragon Ball Z à la télévision, vous imaginez bien que je pouvais difficilement voir Trainspotting. Du coup je l'ai vu dix ans plus tard comme une partie des gens de ma génération. Je vais donc parler des deux films tout en faisant usage de spoilers, veuillez cesser votre lecture si vous ne voulez rien savoir.


On ne va pas se mentir, Trainspotting est un film culte et ce pour une tonne de raisons, vous-mêmes vous savez lesquelles. Je suis très emballée par le fait qu'il s'agisse d'un film aussi drôle que dramatique, qu'il ne soit strictement jamais pathétique ni too much et j'aime le cinéma britannique, ça pèse dans ma balance, tout comme Danny Boyle qui est un réalisateur que j'apprécie énormément. La bande-originale contribue évidemment au génie de ce film, on ne peut pas écouter Lust For Life d'Iggy Pop ni Born Slippy d'Underworld sans imaginer Renton sourire bêtement, Spud péter un boulon, SickBoy rester cool et Begbie être franchement moins moins cool. J'énumère un peu, on dirait une critique cinéma un peu moisie qui fait sa bonne élève parce qu'elle a découvert le film la veille. En réalité ce n'est pas tellement faux. J'ai eu le plaisir de revoir ce mercredi Trainspotting, au cinéma cette fois-ci, et T2 Trainspotting dans le cadre d'une double séance organisée par l'association Off Screen qui organise, entre autres, des séances avec des films "hors cadre", de série Z, cultes, etc. au Concorde, cinéma de quartier à 200 mètres de chez moi (ça c'est vachement bien). Mon premier visionnage datait de quelques années, il était indispensable de faire une mise à jour avant de voir le second volet. J'ai bien fait, j'avais oublié tant de détails !

J'étais vraiment très pressée de voir T2 Trainspotting et je n'ai absolument pas été déçue. Il faut bien qu'on se mette en tête que ce film ne sera (peut-être) jamais aussi culte que le premier mais il est tellement bien amené. On se retrouve vingt ans plus tard, après que Renton ait trahi ses potes en se barrant avec les £16.000. Il revient à Édimbourg et l'accueil est mitigé. Ils ont tous 45 ans bien tapés et pas sûre qu'un seul ait bien vieilli, chacun des quatre protagonistes conserve un fardeau : l'héroïne, la prison, les trafics en tout genre et la totale lose. Quoiqu'on fasse, on ne change jamais vraiment. Le film a beau conserver le même humour, le constat est terrible. Le rythme est aussi un peu plus mou, bien qu'il y ait des pics d'énervement, mais c'est un bon point parce que les mecs sont tous quadragénaires, ils ont subi les affres du temps et leur santé s'en ressent, le film évolue donc à leur cadence.
Ce deuxième film surfe allègrement sur la vague de la nostalgie puisqu'il est incrusté de bout en bout de morceaux du premier, ajustés comme des flashbacks. Ce n'est pas un mal, surtout si on n'a pas fait de rafraîchissement au préalable. Personnellement, j'ai trouvé qu'il y en avait un peu trop mais c'est peut-être parce que j'ai revu le premier film juste avant. J'ai lu quelques critiques d'autres spectateurs et notamment une qui regrettait que cette suite ne soit pas plus indécente, qu'on n'y voit pas davantage de drogues dures. Je ne suis pas d'accord avec ça et ça rejoint ce que je dis plus haut, le comportement des protagonistes est cohérent avec leur situation. Spud essaie de s'en sortir (péniblement) en suivant un programme de désintoxication, l'accent est plutôt mis sur les nouvelles activités de SickBoy (chantage et proxénétisme), Renton a complètement décroché et Begbie est un temps en prison, un temps en cavale. De toute façon, il a beau commettre divers larcins, souvenez-vous que ce dernier ne se droguait pas. D'ailleurs il reste mon personnage favori du premier film à cause de sa personnalité de redneck très nerveux. Vingt ans plus tard il est beaucoup plus sombre et détestable même s'il se retrouve encore dans quelques rares situations comiques.


On a souvent très envie de voir la suite d'un film culte, qu'on a adoré, qui se termine en jus de boudin ou pas forcément, se déroulant un certain nombre d'années après. Je suis contente que Danny Boyle l'ait fait avec Trainspotting, d'autant que c'est bien fait. La suite est un peu moins comique, les personnages ont moins de souplesse, ils accusent les années avec mélancolie et nostalgie mais c'est touchant et authentique. Ça m'a beaucoup plu parce que c'était jouissif et toujours aussi brillant.

Séries #2 : Taboo avec Tom Hardy.

Attention les copains, je m'apprête à comparer deux séries qui ne sont pas vraiment comparables mais mon cerveau a décidé que si, et puis de toute façon je fais ce que je veux. Il est probable que je m'attire quelques foudres mais sachez que je ne suis pas désolée.


Au début du mois, j'ai regardé quasiment d'une traite les huit épisodes de la première saison de Taboo, une co-production anglo-américaine créée par Steven Knight, le scénariste de Peaky Blinders. Il s'agit d'un thriller historico-mystique qui réunit Tom Hardy, Oona Chaplin et plein d'autres gens qu'on a déjà vu çà et là (comme Jonathan Pryce : le Grand Moineau dans Game of Thrones, Michael Kelly : Doug Stamper dans House of Cards, ou encore Mark Gatiss : Mycroft Holmes dans Sherlock).
L'histoire se passe à Londres vers 1814. James Delaney (Tom Hardy) est considéré comme mort depuis son départ en Afrique dix ans auparavant. Il revient pourtant à Londres juste après le décès de son père qui lui a laissé en héritage un territoire en Amérique, tout à fait à l'Ouest des États-Unis d'alors, et que la Compagnie britanniques des Indes orientales cherche à récupérer par tous les moyens.
Elle est un peu trash sur quelques points, tout dépend de votre seuil de tolérance à la violence pour l'aborder, personnellement ça va, cette série est vraiment bien. Les personnages ne sont pas manichéens, ils ont tous une bonne grosse part d'ombre bien ancrée, voire perverse. C'est une série toute en noirceur : bestiale, boueuse, sale mais aussi un peu steampunk. Il faut toutefois rester bien focus, il m'est arrivé de décrocher quelques minutes et après j'avais du mal à m'y retrouver, certains passages peuvent être un peu complexes (ça m'a fait du bien, étant donné que j'ai du mal à rester concentrée longtemps). J'ai peut-être été un peu déçue par la fin, non pas par le manque de qualité, bien au contraire, mais parce que j'aurais aimé en voir plus. Je suis donc impatiente de (sa)voir la deuxième saison.

Et alors je ne peux pas m'empêcher de comparer Taboo à Penny Dreadful. Il n'y a pourtant pas vraiment de rapport entre les deux : bien qu'elles se déroulent à Londres, la première se passe au début du XIXe siècle tandis que la seconde se situe à l'époque victorienne. En réalité c'est totalement personnel, je suis systématiquement attirée par ce siècle, du début à la fin. J'en ai déjà parlé, mes lecteurs les plus assidus s'en souviennent peut-être ; Penny Dreadful avait tout pour me plaire : l'époque, le contexte, les délires mystiques, les références culturelles. J'avais été déçue comme jamais, tellement que je n'ai jamais pu terminer, je me suis arrêtée au milieu de la saison 2. Chaque visionnage était cauchemardesque puisque c'était un boxon sans nom, tous ces personnages fantastiques ultra populaires n'étaient que des prétextes pour un scénario vide. Pourtant, Vanessa Ives, jouée par Eva Green, était spectaculaire sur bien des points, elle était bien le seul point positif.


Vous vous demandez peut-être où je voulais vraiment en venir avec cette comparaison hasardeuse ? Bah nulle part en fait. J'espère que les showrunners vont continuer à développer des fictions de ce genre, reprenant l'esthétique de la littérature gothique, je cherche encore à oublier Penny Dreadful tant je me sens trahie. Regardez Taboo. Et si vous avez des conseils à me donner, je suis preneuse !

Cinéma #11 et projection à la fin des 70's.

Je n'ai pas parlé de cinéma ici depuis quatre mois, ça commence à faire. Je tiens à jour un tableau Pinterest des films que j'ai vus en 2017, ça m'aide à garder le fil, alors causons de deux d'entre eux qui nous racontent les années 1970 chacun à leur manière. En cliquant sur les images, vous pourrez voir les trailers.


THE MAN WHO FELL TO EARTH, de Nicolas Roeg (1976)


En bonne admiratrice de David Bowie qui a beaucoup de mal à se respecter, je ne suis absolument pas à jour sur sa filmographie. Blague à part, je crois qu'il faut une vie entière pour connaître l'homme sur le bout des doigts, 15 ans se sont écoulés depuis ma révélation musicale et j'apprends encore des choses à son sujet. Adapté du roman de Walter Tevis publié en 1963, The Man Who Fell To Earth (L'homme qui venait d'ailleurs en VF) est le premier film dans lequel David Bowie a tourné. Il avait alors à peine 30 ans et Ziggy Stardust était déjà loin derrière lui. Je vous encourage d'ailleurs à visiter ce site, vous remplirez la barre de recherche et vous saurez ce que faisait David Bowie au même âge que vous. C'est assez déstabilisant puisqu'il avait donc mon âge pendant The Man Who Fell To Earth et l'album Low qui en découle en partie.
Je n'ai pas lu le roman de Walter Tevis et ne sais donc pas ce que vaut l'adaptation cinématographique en rapport alors tout ce que je peux dire, c'est que ce film est aussi fascinant que complètement barré. Il est question de Thomas Newton (David Bowie) qui est un extraterrestre débarquant sur terre parce que sa planète est ravagée par la sécheresse. Il souhaite comprendre comment amener de l'eau chez lui et pour ce faire, bâtit un empire industriel grâce à ses propres techniques. Parallèlement il rencontre Mary Lou (Candy Clark) avec qui il entretient une histoire d'amour (du moins ça y ressemble). Outre le fait que le personnage de Newton soit d'une grande naïveté et que Mary Lou soit franchement casse-pieds, il y a intérêt à rester bien focus pendant 2h30 parce que ce film n'est composé que d'ellipses, c'est vertigineux. On comprend bien que le temps passe sans qu'une solution concrète ne soit trouvée et tout ce qu'on a à faire c'est contempler l'esthétique. Je pense sincèrement ne pas avoir tout compris, du coup j'ai du mal à crier au génie (ce que je ne renie pas). Est-ce que je vous le conseillerais ? Oui, bien sûr, il faut étoffer sa culture générale mais, comme on dit, réservé à un public averti.


STUDIO 54, de Mark Christopher (1998)


Restons dans la thématique des années 1970 même si celles-ci sont traitées vingt ans plus tard. Ce film m'a fait faire un bon dans le temps, datant de 1998 il est blindé des acteurs phares de l'époque : Ryan Philippe, Neve Campbell, Salma Hayek et Mike Myers, le début de mon adolescence m'est revenu en pleine face. Qu'est-ce que le Studio 54, outre un fameux salon de tatouage nantais et angevin (ceci n'est pas un lien sponsorisé) ? Il s'agissait tout simplement de la discothèque la plus en vogue du moment, située précisément au 254 ouest de la 54e rue à New York. Créée par Steve Rubell et Ian Schrager, elle ne fut ouverte qu'entre 1977 et 1986 mais a brassé un bon nombre de fêtes disco et de stars, c'était le passage obligé... quand vous pouviez y entrer parce que Steve Rubbell filtrait sévèrement la file d'attente. Le film de Mark Christopher raconte les petites vies de Shane (Ryan Philippe), Anita (Salma Hayek) et Greg (Breckin Meyer) qui travaillent comme serveurs au Studio 54 sous la houlette de Steve Rubbell (Mike Myers) qui est très présent mais reste toutefois un personnage secondaire. Honnêtement, le scénario n'est pas super profond, c'est assez contemplatif mais jouissif malgré tout, pour peu qu'on s'intéresse au lieu. La bande-son est folle, c'est clinquant, il y a des paillettes (et des dollars et de la drogue) qui fusent de tous les côtés. Presque à l'état de docu-fiction, j'ai aimé que ce film ne porte aucun jugement, il est complètement objectif. Les ennuis judiciaires de Steve Rubbell sont évoqués mais à aucun moment il y a un parti pris, même moi je ne l'ai pas fait.

Saturation.

Je ne sais pas si vous vivons actuellement une période plus détestable qu'une autre ou si je suis simplement au bout du rouleau, mais force est de constater que l'actualité me met dans un état de haine incommensurable. J'en suis à un stade ou je ne peux strictement plus rien prendre avec philosophie ni détachement, je suis constamment scandalisée par ce que je lis, entends, vois, constate, j'ai des accès de violence envers des gens que je n'ai pourtant jamais rencontrés, je suis révoltée au-delà de l'indignation.

L'élection de Donald Trump et tout ce qui en découle : l'accès à l'IVG qui se restreint (et la menace toujours là, partout, même chez nous), les masculinistes (dits les angry white men) décomplexés qui combattent les féministes avec toute leur haine des femmes qui vient d'on ne sait où, etc. Le jeune Théo qui se prend des insultes racistes en pleine tête et qui est violé.. Dans cette affaire, le terme "bamboula" qui est décrit comme "convenable" (non mais où on a vu ça ???) Les violences policières en général. Les multiples casseroles aux culs de François et Penelope Fillon. Voir Marine Le Pen se pavaner tranquillement sur le service public en prime time (et pas que) alors qu'elle pleurnichait il y a quelques jours encore parce qu'on ne lui laissait pas suffisamment de temps de parole dans les médias. Elle qui s'exprime. Eugénie Bastié qui s'exprime. Patrick Buisson qui s'exprime. Nicolas Canteloup qui s'exprime.

Et nous ? Nous autres de l'autre côté de la barrière, qui nous écoute ? Quand la famille Traoré, qui demande justice pour Adama, s'exprime, on envoie ses membres en prison. Quand Théo est violé par une matraque de flic lui laissant des blessures indicibles, la justice décide que c'était un "accident". Quand les femmes s'expriment, se plaignent du sexisme qui pulse de tous les côtés, on leur dit qu'elles affabulent, qu'elles devraient plutôt montrer leurs nichons, qu'elles ne sont bonnes qu'à élever les gosses. Quand on demande à François Fillon de se retirer, il crie au complot.

On pourrait se dire que j'enfonce des portes ouvertes mais tout ce que je raconte ici, c'est le résultat de l'actualité, des émissions de télé et du contenu des réseaux sociaux des deux-trois dernières semaines qui viennent de s'écouler. C'est le résultat de 2017 alors que nous ne sommes que le 10 février. Il se passe tellement de choses qu'on en aurait presque oublié les réfugiés (sic). Je subis, et je ne suis pas la seule, une indigestion et une révolte telles que je n'arrive pas à comprendre comment on arrive encore à supporter tout ça. Pourquoi on n'a pas encore été chercher les politiques par le colbac pour les mettre dehors, pourquoi on n'a pas brisé encore plus de vitrines que pendant les manifestations contre la loi travail, pourquoi il y a encore des gens pour en soutenir d'autres tellement, tellement, mais tellement problématiques ? Comment en sommes-nous arrivés à accepter tout ce qu'il nous arrive ? Que doit-on faire pour que tout cela cesse ? A quel niveau de sidération sommes-nous rendus ?

Je suis désormais incapable de ne pas prendre tout ce qui arrive personnellement, je suis directement concernée par tout un tas d'horreurs. En tant que femme, je me dois de défendre les autres femmes et assimilées, en tant que blanche et hétéro, je me dois de faire taire les racistes et les homophobes qui s'expriment librement dans mon périmètre. Je ne supporte plus l'injustice et la connerie de ce monde, ça me rend réellement malade. Personne ne peut plus ignorer tout ça, chacun de nous est concerné-e par chaque ignominie que les ordures produisent quotidiennement.

Photo prise au Student Hotel lors de mon séjour à Amsterdam en août 2016.

The Temperance Movement (+ Blackbird Hill) @ Fuzzyon, La Roche-sur-Yon.

J'ai une semaine de retard sur l'écriture de cet article ! Je voulais le faire plus tôt parce que les sensations d'après un concert s'annihilent peu à peu et si j'attends trop longtemps, je ne sais plus quoi dire. Je ne me cherche pas d'excuse, je n'en ai pas, ce n'est pas comme si je n'avais que ça à faire de mes journées... hum.


Vendredi dernier, je suis allée voir un concert plus ou moins sur un coup de tête parce que je ne connaissais pas du tout ce groupe : The Temperance Movement. J'ai écouté un morceau vite fait sur YouTube et hop, let's go (de l'avantage de vivre à trois rues d'une super salle de concerts).
Et bien écoutez, je suis un petit peu fâchée. Je ne sais pas vous mais moi, quand je vais voir un concert, j'aime bien observer une certaine constance. C'est-à-dire qu'à la fin, je veux être en mesure de me dire que j'ai bien fait de me déplacer, que globalement tout était chouette. Ici, une chanson sur deux ou presque, j'oscillais entre taper du pied et dodeliner de la tête et constater que je m'emmerdais. The Temperance Movement est un bon groupe, faut pas charrier, c'est du blues rock qui envoie du bois, il est composé d'un ancien bassiste de Jamiroquai (Nick Fyffe) et d'un chanteur qui a beaucoup d'énergie et avec une voix vraiment sympa. Oui mais ces garçons ont un défaut : leurs ballades sont chiantes comme la pluie. Je sais que c'est incroyable venant d'une fille comme moi qui est fan de Bon Jovi et des chansons love des années 90, mais là écoutez... je suis perplexe. Des chansons comme ça, ils en ont un peu trop et selon moi ça a plombé le concert. Limite, j'avais envie de m'en aller avant la fin. J'en ai discuté avec d'autres personnes qui se trouvaient là et, même si les raisons diffèrent peut-être des miennes, nous étions tous à peu près d'accord sur l'inégalité de ce concert. Je m'en vais donc sélectionner juste quelques morceaux, mais pas tout un album.

En revanche, chose qui n'arrive pas souvent et qui mérite donc d'être signalée : j'ai largement préféré la première partie. Il s'agissait de Blackbird Hill, de Bordeaux. De ma part ce n'est pas tellement étonnant, ils sont visiblement fan de Jack White (ce sont donc des grands monsieurs). Ils ne sont que deux, Max à la batterie et Alex à la guitare, et ils chantent tous les deux. Ils font du rock à l'ancienne teinté de gros blues qui tâche, c'est exquis. J'aime beaucoup ce qu'ils proposent et j'ai hâte de les revoir dans le coin. Juste tous les deux, en live, ils vous en envoient plein la tête, je ne savais même plus comment je m'appelais.

Crédit photo : Michaël Tirat