Suzanne Vega et son concept album sur Carson McCullers.

Quand j'ai commencé à m'intéresser sérieusement à la musique, et je pose les bases à partir de 10 ou 11 ans, époque à laquelle j'ai commencé à acheter (et surtout me faire offrir) des disques pour le plaisir et les émotions que me procurait la musique choisie, j'avais déjà un attrait tout particulier pour les femmes songwriters. J'ai très tôt eu l'idée d'établir ma propre collection personnelle et d'étoffer mes connaissances en la matière (ce qui ne s'arrête jamais, même à 30 ans aujourd'hui), sans doute s'agissait-il des prémices de mon féminisme. J'ai découvert énormément de choses entre 1996 et 2002, soit entre 10 et 16 ans, comme s'il y avait un âge pour devenir conscient de la culture qui nous entoure. Et justement, vers mes 11 ans, j'ai reçu en cadeau la compilation intitulée All Women. Les morceaux ne dataient pas tous de cette année, il y avait aussi quelques pépites récupérées des années 80, mais c'était un album rempli d'excellentes chanteuses et groupes telles que Fiona Apple, Skunk Anansie ou encore P.J. Harvey. Il y avait aussi la célébrissime chanson Luka (1987) de Suzanne Vega et ça tombe bien puisque c'est de cette dernière dont je vais vous parler ci-après (mais plus de Suzanne que de Luka en fait).

Fin octobre, j'ai entamé un partenariat avec l'agence indépendante de promotion web, radio, presse et TV Ephélide. Le principe est simple : on m'envoie de la musique, je l'écoute et j'en parle ici. L'idée n'est pas de faire de la publicité n'importe comment, il est évident que je ne parlerai que de la musique en laquelle je crois. Je suis de toute façon bien incapable de dire des choses positives quand je ne les pense pas, surtout en musique, snob que je suis.

Suzanne Vega, qui peut être connue du grand public pour ses deux célèbres titres Luka et Tom's Dinner (cette dernière chanson va rappeler des souvenirs aux plus vieux) qu'on retrouve sur l'album Solitude Standing sorti en 1987, vient de sortir un nouvel album qui s'appelle Lover, Beloved : Songs From An Evening With Carson McCullers. J'ai demandé à le recevoir parce que j'ai toujours été curieuse du travail de Suzanne Vega sans n'avoir jamais vraiment poussé plus loin que ça. Du coup je suis contente parce que j'ai eu un bon feeling !

Rapidement, quelques mots sur le personnage : née en 1959 à Santa Monica, Californie, elle est autrice, compositrice et interprète. Elle a écrit ses premiers textes à l'adolescence et a sorti son premier album éponyme en 1985. Elle a exploré plusieurs styles musicaux, allant de l'expérimental à l'indus, en passant par le folk. Elle a également sorti un album de covers de Leonard Cohen en 1995 et cette fois-ci, il s'agit d'un style plus jazzy-folk pour Carson McCullers. D'ailleurs, qui est Carson McCullers ? Née Lula Carson Smith en 1917 et morte en 1967, elle était une romancière américaine. On lui doit notamment Le cœur est un chasseur solitaire (1940), Reflets dans un œil d'or (1941), Frankie Addams (1946) et L'horloge sans aiguille (1961), mais elle était aussi nouvelliste.

Autrement dit, Lover, Beloved : Songs From An Evening With Carson McCullers est un concept album qui traverse l'œuvre de Carson McCullers grâce aux textes de Suzanne Vega. J'adore les concept albums, ce sont souvent de véritables pépites, des œuvres d'art à part entière. Pour savoir comment Suzanne Vega en est arrivée là, je suis tombée sur cette interview de Rolling Stone dont je vous conseille la lecture et vous cite un passage :
Vega discovered Carson McCullers - author of novels The Heart Is a Lonely Hunter (Le cœur est un chasseur solitaire), The Member of the Wedding (Frankie Addams) - as a teenager after reading her short story Sucker, loving its language and modern feel. But she didn't realize it was written by a woman until she later read a biography, and her gender fluidity appealed to Vega.
J'imagine qu'il faut avoir lu Carson McCullers pour saisir toutes les subtilités de l'album mais, voyez-vous, moi ça m'a donné envie de me procurer ses romans.
Sur la pochette de l'album, Suzanne Vega a revêtu la peau de Carson McCullers et je trouve la ressemblance saisissante. Quant aux chansons elles-mêmes, j'aime vraiment beaucoup l'émouvante Annemarie. Il est question d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), écrivaine, journaliste et aventurière suisse qui était, entre autres, tombée très amoureuse de Carson McCullers. On la retrouve en photo à l'intérieur de l'album.
Brilliant and stormy - Her perfect beauty - She moves through the world. With - Money and family - She glitters with trouble she's that - Kind of girl
Je ne vais pas m'amuser à vous décrypter tout l'album parce qu'il y a tellement de choses à découvrir qu'il serait dommage que vous ne le fassiez pas par vous-mêmes ! C'est vraiment une très belle œuvre sur bien des points, pleine de poésie et de la douce voix de Suzanne Vega. Vraiment, je recommande !

Carson McCullers


WE OF ME


HARPER LEE



ANNEMARIE

8 idées cadeaux rock'n'roll pour Noël.

A l'instar de mes chères copines les blogueuses, moi aussi je vais vous donner quelques idées cadeaux pour Noël. Les miennes sont totalement subjectives. J'ai donc glané çà et là 8 idées qui ne sont ni spécialement pour homme, ni spécialement pour femme, parce que je trouve cette façon de faire complètement daubée. Voici donc ce que j'ai retenu et ne vous moquez pas de moi, je vous rappelle que je ne suis pas graphiste.


1) Vue sur La Boîte Verte, la carte du monde en chansons avec 1200 titres et 200 références musicales - env. 29,50€
2) La palette Balm Jovi pour un make up rock, du jeu de mots avec Alice Cooper et Led Zeppelin en veux-tu, en voilà, c'est excellent. Voir le crash test chez Les Dessous de Marine - 42€
3) Une veilleuse à l'image de la lune, trop mignonne, je suis fan - 12,95€
4) Isabelle Royet-Journoud alias Féebrile a sorti un recueil de ses photographies sur dix ans, je l'ai déjà et c'est un très bel ouvrage. Limité à 300 exemplaires - 25€
5) NME a sorti sa liste des 50 meilleurs albums de 2016 dont voici trois excellents extraits (les prix concernent les versions CD) : Blackstar de David Bowie - 16,99€ / Post Pop Depression d'Iggy Pop - 6,99€ / Adore Life de Savages - 15€
6) L'intégrale de Daria, un des meilleurs dessins animés qui soient ! En import des USA parce que ce n'est toujours pas sorti en France... - 17,09€
7) Scary Party : survivrais-tu à un film d'horreur ?, le jeu de société en partie créé par Jack Parker - 9,95€
8) Jamais en carafe, tout savoir sur le vin par la géniale Sandrine Goeyvaerts, auteure de La Pinardothèque, parce que boire du bon vin est important - 12,90€.

Playlist #2 : Ouverture de toutes les vannes.


Une autre de mes passions dans la vie, c'est de faire des playlists. Je ne sais pas vous mais en ce qui me concerne, il m'arrive de temps en temps de péter une pile de façon totalement secrète (= je ne fais ça que quand je suis toute seule ou alors accompagnée mais en général je suis bourrée). La plupart du temps, j'ai les cheveux gras et je porte un pyjama ou un jogging, et je fais n'importe quoi dans mon salon avec la musique à fond. J'ai donc créé la playlist idéale de ces moments de folie. Certes, elle est très subjective et dans un ordre relativement logique, mais peut-être que quelques morceaux vous feront le même effet qu'à moi parmi les 73 sélectionnés, soit presque 5h non stop de brûlage de calories.

KT Tunstall et KIN, le cinquième album de l'amour fou.

J'en parle depuis mille ans sur les réseaux sociaux sans que rien ne sorte jamais mais ça y est, le voilà. Il s'agit évidemment de mon avis détaillé sur le nouvel album de KT Tunstall, KIN, sorti en septembre. Je suis certaine que vous trépigniez tous d'impatience que je vous dise ce qu'il en retourne et que je ne suis pas la seule monomaniaque par ici. Laissez-moi m'en convaincre, merci.


Depuis 2005 avec Eye to the Telescope, à chaque fois que KT Tunstall sort un nouvel album, je frétille comme un petit gardon hors de l'eau, je l'achète, l'écoute, l'apprend par cœur et attend avec impatience que le prochain sorte en me demandant si son génie arrêtera un jour de fonctionner (spoiler : non, jamais). Certes, je manque peut-être d'objectivité à quelques moments (lol, non) mais KT Tunstall est un peu la grande sœur que je n'ai jamais eue. J'en fais des caisses, évidemment, mais ne riez pas trop car j'avais une sœur aînée imaginaire quand j'étais gosse et elle s'appelait Mélanie. Voilà, vous savez tout. Trêve de plaisanterie. La première fois où j'ai entendue KT Tunstall, c'était la version live acoustique de Black Horse and the Cherry Tree que j'avais chopée par hasard sur un obscur site de streaming britannique. Depuis ce jour, j'ai des étoiles dans les oreilles et les yeux dès que je l'entends et la vois. Oui, je suis fan, c'est ainsi et ça me va très bien. Je l'ai vue en concert trois fois, lui ai fait signer deux de mes albums et je suis en photo deux fois avec elle. Nous avons également pu avoir une conversation en fin de concert, une drôle d'histoire de chaussures qu'elle portait et que je trouvais très jolies, incapable que j'étais de lui dire autre chose avec mon anglais moisi. Figurez-vous que désormais, je suis devenue sa meilleure amie (Creepy Lucy) puisqu'elle me retweet, me fav et réponds à mes questions sur Twitter. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas aussi flippante que j'en ai l'air, revenez. Je vais être plus adulte : sa musique me transporte, j'adore sa voix et ses harmonies toujours parfaites (je ne l'ai jamais entendue chanter faux et pourtant je suis sensible à ça, et j'ai passé du temps sur YouTube, croyez-moi), ses textes riches qui parfois me parlent plus que d'autres, j'aime également son matériel, notamment en ce qui concerne ses guitares, qu'il s'agisse de sa Gibson Dove comme de sa Gretsch Silver Jet, de sa façon d'utiliser la looper, et puis elle est tellement sympa ! Alors oui, je parle beaucoup d'elle mais si je ne le fais pas, j'implose. D'ailleurs, j'en parle tellement que je n'ai toujours pas abordé l'album, en plus je raconte toujours la même histoire, comme c'est drôle.

Après Eye to the Telescope (2005), Drastic Fantastic (2007), Tiger Suit (2010), Invisible Empire // Crescent Moon (2013), quelques EP (à lire : mon avis sur le dernier en date, Golden State) et albums live, KIN est donc le cinquième album studio de KT Tunstall. Il est sorti après son installation à Los Angeles - elle est écossaise - et ce disque a de belles influences californienne. Comment le sais-je ? D'une part parce que je l'ai deviné, et ce n'était pas difficile, et, d'autre part, parce que je lui ai clairement posé la question... et qu'elle me l'a confirmé (*petit sourire satisfait*). Bon, je vais tout de suite rétablir les choses avant de passer pour la fanfaronne de service (trop tard me direz-vous) : c'était lors d'une séance de questions à poser sur Twitter avec le hashtag correspondant et elle répondait en vidéo. En réalité je peux quand même fanfaronner, elle aurait très bien pu ne pas retenir ma question. Il s'agit plus précisément de la chanson Everything Has Its Shape qui est, selon KT Tunstall herself, inspirée du style des Beach Boys. Les harmonies vocales sont folles, sa voix au moment du pont me rend maboule et l'ambiance 60's surf est extraordinaire, bref c'est ma chanson préférée de l'album.

          Pull it apart and put it back together
          How you want it
          Often it's not the same as it first seemed
          While nothing can last forever
          Everything has its shape
          And usually it's exactly what you need

Même si le superbe Invisible Empire // Crescent Moon avait une ambiance entièrement folk, les albums de KT Tunstall ont souvent tendance à être d'excellents pots pourris. Sur KIN, puisque c'est l'album qui nous intéresse aujourd'hui, vous trouverez des chansons toutes différentes avec, quand même, une atmosphère commune grâce aux arrangements. Il y a une petite liste de chansons exutoires et cathartiques avec Everything Has Its Shape, mais aussi Run On Home grâce à l'accumulation du refrain accentuée par le riff qu'on croirait un peu dissonant en fond, Hard Girls qui a tout d'une chanson féministe (vous savez comme cela m'interpelle) et It Took Me So Long [...] qui est tellement salvatrice :

          It took me so long to get here but here
          I am
          [...]
          Everything I tried and
          All the things I dreamed of
          It took me so long to get here but here
          I am


Maybe It's A Good Thing est le premier single et figurez-vous que je ne l'aime pas trop. Il manque d'intérêt à mes yeux, j'ai donc été un peu déçue en l'écoutant. Cela dit, c'est la seule sur les 11 de l'album qui me fait cet effet. Je n'avais pas accroché à Invisible Empire // Crescent Moon lors de ma première écoute et je pense désormais que c'est l'une des plus belles choses qu'elle ait produites. Tout peut donc arriver ! Love Is An Ocean est dans le même esprit que Maybe It's A Good Thing musicalement parlant, mais je la préfère, c'est celle qui clôture l'album.
A l'instar de Turned A Light OnOn My Star est une très jolie ballade dont j'aime les termes du titre, un peu à la manière de Universe & U (Eye To The Telescope, 2005) ou Crescent Moon (Invisible Empire // Crescent Moon, 2013), je suis très sensible à ce champ lexical et il faut dire que KT Tunstall est la fille d'un physicien, elle a grandi littéralement avec la tête dans les étoiles. Life goal achieved cette semaine quand Thomas Pesquet s'est écouté Suddenly I See (Eye To The Telescope, 2005) tranquille pépère sur l'ISS.
Je terminerai sur Two Way qui est un duo avec James Bay avec un léger côté stoner, c'est une chanson super sexy.
Je ne voulais pas faire le détail de chaque chanson mais je vous ai évoqué 9 chansons sur 11... Bon. Enfin sachez que le prochain single sera It Took Me So Long [...] avec un clip que KT Tunstall réalise elle-même. A-t-on hâte de voir ça ? Oui, évidemment. Je vous tiens au courant, cela va sans dire.

M.A.J. 1er décembre : le clip est sorti ! Voir en fin d'article.

En ce qui concerne le visuel de l'album, je dois vous avouer que je n'accroche pas tellement. Il arrive de toute façon extrêmement rarement que la pochette d'un album me fasse l'acheter, et en écrivant ceci je me rends compte que c'est la dernière chose à laquelle je m'intéresse. Je peux même parfois attendre très longtemps avant d'avoir l'idée de feuilleter le livret du CD et c'est idiot parce qu'il existe de vraies œuvres d'art. Avec KIN, j'ai été circonspecte parce que la pochette est extrêmement pop. C'est assez drôle parce que j'ai tendance à me dire que cet album est un peu celui de la maturité pour KT Tunstall (chaque artiste a le sien) alors le visuel est, à priori, un tantinet antinomique. Révélateur malgré tout parce que ça prouve que peu importe son âge (KT Tunstall a 41 ans), on fait bien ce qu'on veut : "And I don't feel my age" dit-elle dans le premier couplet d'Everything Has Its Shape (ça c'est du rock !).
Non, moi, la seule chose par laquelle j'étais obsédée, c'était d'obtenir le vinyle en édition turquoise. J'ai tellement galéré à le trouver avec ma patience légendaire qu'il a fallu obtenir celle d'un homme, le mien. Merci à lui.

Sur ce, je vous laisse avec les clips des trois premiers singles, celui de Suddenly I See parce que j'aimais bien Arnulf Lindner, son bassiste de l'époque (avec lequel je suis aussi en photo, il avait une si belle moustache), ainsi que les super slow motion qui vont bien. Vidéos déjà postées çà et là mais hey, au moins vous aurez tout au même endroit.


EVIL EYE


MAYBE IT'S A GOOD THING



HARD GIRLS
Avec la meilleure guest Girl Power qui soit que toi, enfant des années 90, tu connais fort bien !



SUDDENLY I SEE
Eye To The Telescope (2005)


LOVE IS AN OCEAN
(slow motion)


ALL OR NOTHING
EP Golden State (slow motion)



THE HEALER
EP Golden State (slow motion)




* * *

M.A.J. du 1er décembre : voici donc le clip de It Took Me So Long [...], aussi barré que prévu, je le trouve excellent !

Du côté d'Instagram #2

Me revoici avec une deuxième sélection de comptes Instagram auxquels je suis abonnée et que j'accepte de partager avec vous, grande seigneure (j'écris seigneurE par pur militantisme, évidemment) que je suis. Cette fois-ci, que des meufs !


@space_witch666


Frances Bean Cobain est fascinante de par son ascendance (elle est la fille de Kurt Cobain et de Courtney Love, je le dis juste au cas où) mais pas que. Elle a ce petit quelque chose dans le regard qui scande OSEF en même temps que YOLO. Rock'n'roll et badass, cet être humain est une pure enfant des années 90 et il suffit qu'elle se teigne en blonde pour être le portrait craché de sa mère.


@darlingonzola


Elle s'appelle Aurélie Muller, elle a 26 ans et son compte Instagram est une ode au style rococo et à Fragonard. Ses photos sont comme des peintures et elle est incroyablement gracieuse. Un vrai plaisir pour les yeux.


@emmaleebunton


Emma Lee Bunton, plus communément connue par ma génération sous le pseudonyme de Baby Spice, était la blondinette des Spice Girls, la plus jeune du groupe. Elle a commencé ce mouvement Girl Power avant même d'avoir 20 ans et, maintenant qu'elle en a 40 (!), elle est animatrice sur la radio londonienne Heart. Sur Instagram, elle pose toujours avec son meilleur profil, la tête un peu penchée et toujours tout sourire, parfois avec ses copines d'antan, mais elle est surtout une fervente utilisatrice de Boomerang, l'application d'Instagram qui permet de fabriquer des gifs, et je trouve ça hypnotique.


@mauddardeau


Je vous la présente seulement si le monde du tatouage vous échappe, Maud Dardeau est une tatoueuse d'un fabuleux talent. Peintre et illustratrice d'origine, elle a appris les ficelles du métier chez Tin-Tin et officie désormais à Bordeaux. Je rêve de pouvoir un jour me faire tatouer par elle, je suis subjuguée devant chacune de ses œuvres.


@lesfripesdevalentine


Peut-être avez-vous connu Valentine à l'époque où elle tenait un blog mode, support qu'elle a abandonné au profit d'Instagram. En plus d'avoir un style vestimentaire qui me parle, la particularité de cette modeuse est de trouver ses fringues essentiellement d'occasion : eBay, Emmaüs, brocantes en tout genre, l'idée est de constituer un look le moins cher possible. Et c'est toujours une réussite !

Playlist #1 : le rock guimauve des années 90.


Une de mes passions dans la vie, c'est cette période magique et nostalgique qui s'appelle assez simplement Les Années 90 (oui, je mets des majuscules, c'est un nom propre). J'étais enfant en 1990 et adolescente en 1999, j'ai vécu cette époque à 1000%, je suis donc tout à fait légitime. En dehors du fait que c'était une époque formidable, c'était aussi le moment des premiers émois. Les années 90 furent une période parfaite de recueil des chansons rock les plus sirupeuses qui soient : Aerosmith, Bon Jovi, Wet Wet Wet, etc., rien que d'y repenser je me transforme en guimauve. C'est pour cette raison que j'ai concocté une playlist spéciale pour l'occasion. Je dois admettre qu'elle est très subjective, aussi si vous avez des suggestions entrant dans le thème, n'hésitez pas à me le faire savoir afin que je les ajoute. En attendant, c'est un ensemble de 45 morceaux que j'ai sobrement intitulé Rock love 90's melliflu. Enjoy !

Que fait-on pour Halloween ?

Quelle délicieuse fête qu'est Halloween où tout le monde se réjouit d'avoir la trouille en mangeant de fort appétissants cucurbitacées ! Plus les années passent et plus nous récupérons ce folklore mais il faut avouer qu'il est tout de même beaucoup plus intéressant que notre bonne vieille Toussaint si morne qu'elle nous angoisse juste par son terne aspect. En ce qui concerne ma soirée, elle va se dérouler en pyjama devant des films de genre à avaler de la nourriture pas super saine, c'est la tradition.

J'ai eu l'idée de ce billet à 16h30 aujourd'hui et j'ai dû me dépêcher de prendre mes photos avant que la nuit tombe. Vous savez bien que nous venons d'entrer dans une période de deux mois de nuit éternelle et j'ai beau être noctambule et un peu dark dans ma tête, j'ai aussi besoin de soleil. Bref, merci de ne pas vous moquer de ces photos, je ne pratique jamais la mise en scène pour ce blog et j'ai fait avec les moyens du bord. Je suis bien contente d'avoir laissé ces fleurs sécher depuis de nombreuses semaines à l'air frais de ma véranda sans aucune raison, si ce n'est peut-être la flemme et l'oubli. Finissons donc ce mois d'octobre en beauté avec un peu de culture, et j'utilise Halloween comme prétexte mais très franchement, tout ce qui vient ci-après, chez moi c'est toute l'année.


Qu'est-ce qu'on écoute ?


L'ambiance musicale n'est pas un luxe et il y a tellement d'excellentes choses à écouter qu'il est très difficile de faire un choix. Je me suis principalement rangée du côté des classiques, y compris pour les films et la littérature, parce qu'il est important de connaître ce qu'il y a de meilleur. Il est donc tout naturel d'écouter Paranoid de Black Sabbath et pour plusieurs raisons : ce groupe est le fondateur du heavy metal, Ozzy Osbourne, et Paranoid, qui est le deuxième album du groupe sorti en 1970, contient War Pigs, Paranoid, Iron Man et la très belle Planet Caravan. Deux ans plus tard est sorti School's Out d'Alice Cooper et ce vinyle est hyper cool parce qu'on peut soulever la partie supérieure de la pochette comme un bureau d'écolier. Ici on aime bien le hard rock. Je termine avec Tom Waits et son magnifique album Mule Variations sorti en 1999. Non pas que ce soit spécialement gothique mais je crois que Tom Waits a tout à fait sa place ici. J'adore cet homme.


Qu'est-ce qu'on lit ?


Voici deux beaux livres que j'aime beaucoup. Le premier est Atlas des lieux maudits d'Olivier Le Carrer sorti en 2013 aux éditions Arthaud. Le nom de ce livre est assez éloquent, il répertorie en effet les lieux supposés maudits à travers le monde.
De la réserve naturelle de Kasanka en Zambie envahie par des nuées de chauves-souris, au ténébreux phare des disparus d'Eilean Mor perdu dans les îles Flannan, en passant par la sinistre forêt des suicidés d'Aokigahara au Japon ou la diabolique demeure coloniale du 112 Ocean Avenue à Amityville, chacun des quarante lieux recensés renferme une histoire aussi tourmentée que fascinante.

Edgar Allan Poe est un maître du genre, aussi n'importe quelle édition de ses histoires peut faire l'affaire. Toutefois, Les contes macabres illustrés par Benjamin Lacombe aux éditions Soleil est un superbe ouvrage qu'il serait bien dommage de ne jamais feuilleter. En plus, la tranche est complètement noire. Le livre contient plusieurs contes : Bérénice, Le Chat noir, L'Île de la Fée, Le Cœur révélateur, La Chute de la maison Usher, Le Portrait ovale, Morella et Ligeia, ainsi qu'une partie biographie de l'auteur.



Qu'est-ce qu'on regarde ?


Alors qu'il existe un nombre incalculable de films tout à fait propices au soir d'Halloween, permettez-moi de vous en proposer là encore trois excellents revisitant les plus grands mythes. Wolfman de Joe Johnston (2010) est un chouette film s'appropriant le mythe du loup-garou. Lawrence Talbot (Benicio Del Toro) revient chez son père (Anthony Hopkins) au domaine familial suite à la disparition de son frère. Il apprend qu'une terrible malédiction pèse sur la région alors il enquête. Je ne vais pas radoter sur Frankenstein de Kenneth Branagh (1994) parce que je vous ai déjà écrit un billet complet sur la question, sachez simplement que j'insiste bien sur le fait que vous devez visionner cette superbe version du roman de Mary Shelley. Enfin, last but not least, Dracula de Francis Ford Coppola (1992) parce que c'est l'un des plus beaux films qui soient. Cette adaptation du roman de Bram Stoker (1897) est assez libre mais traitée avec une grande poésie. J'aurai certainement l'occasion de m'étendre un peu plus sur le sujet (ça fait longtemps) dans un futur proche.


Qu'est-ce qu'on mange ?


Oui parce que nourrir sa culture c'est bien, mais ça donne faim. J'ai reçu ce livre de recettes de cuisine il y a un certain temps maintenant lors d'un swap et je l'adore. Les criminels passent à table d'Estérelle Payany chez Flammarion regroupe 30 recettes qui s'inspirent des méchants de la littérature. C'est ainsi que vous retrouverez comment faire les possets de Lady MacBeth, le chaud-froid de poulet selon Milady, la tarte à la mélasse selon la Reine de Cœur d'Alice au Pays des Merveilles ou encore les biscuits des marins selon Long John Silver. Même Amélie Nothomb et Bret Easton Ellis ont droit à une recette associée.



Voilà, je crois que j'ai fait le tour pour cette année. Alors vivement l'année prochaine pour d'autres références, je suis pleine de ressources ! Passez un excellent Halloween ! BOUH !

SATE @ Fuzzyon, La Roche-sur-Yon.

Samedi soir, je suis allée à un concert par pur hasard. Certes, j'avais planifié la date depuis des mois, mais je ne savais pas du tout à quoi j'allais assister. Je parle de hasard parce qu'un jour j'ai pris connaissance de la programmation du Fuzz'Yon pour la saison, j'ai été interloquée par SATE et la description de sa musique, puis j'ai furtivement vu la vidéo de Know My Name (à regarder en fin d'article), et alors j'ai su. J'ai attendu plusieurs mois avec beaucoup de curiosité, j'ai refusé d'écouter ce qu'elle faisait afin d'avoir la surprise lors du concert. J'aime de plus en plus faire ça, ça me provoque des sensations pures.


C'est assez compliqué de parler de SATE en tentant de raison garder car c'est une explosion dans ma tête. Je suis rarement déçue quand je vais à un concert, je réussis à faire de bons choix musicaux même quand je ne connais pas le groupe auparavant. Je dis aussi à chaque fois en sortant que je me suis pris une claque et c'est la vérité, je n'arrive pas tellement à être blasée musicalement parlant. Mais là ce n'est pas pareil, je n'ai pas pris une claque mais un uppercut.

SATE, c'est aussi Saidah Baba Talibah, peut-être l'avez vous connue sous ce nom. Elle est originaire de Toronto au Canada et est la fille de Salome Bey, grande chanteuse soul depuis les années 60. SATE est accompagnée de quatre musiciens : Wade O. Brown aux claviers, Alex St. Kitts à la basse, Kirt Godwin à la guitare et Tony Rabalao à la batterie. Parmi les influences, on va de Black Sabbath, avec une excellente reprise de War Pigs en rappel, à Muddy Waters, en passant par Jimi Hendrix et Big Mama Thornton. C'est tellement justifié en plus ! On retrouve chaque influence distinctement, c'est complètement dingue. C'est à la fois du rock et du blues qui tâchent, avec une teinte de soul, autant de rage que de passion. C'est une musique qui vous pénètre et vous exorcise. J'ai parfois personnellement besoin que la musique me fasse cet effet et c'est ce que j'ai ressenti lors du concert. Dommage que je sois pudique sinon j'aurais sauté partout avec les bras en l'air. Même si ce n'était pas physiquement visible, j'étais grave en transe à l'intérieur.

 
Sate et Alex St. Kitts (Instagram)

Le premier album de SATE est disponible depuis le 7 octobre et s'appelle RedBlack&Blue. C'est une compilation de ses trois précédents EP. Le titre de cet album est une référence à ses trois animaux totems : le rouge-gorge, la panthère noire et le papillon morpho bleu, ainsi qu'un hommage aux trois femmes de sa vie : sa maman, sa fille et sa sœur. Si vous avez envie d'acheter l'album et de faire une bonne action en même temps, je vous invite à le faire via Pledge Music parce que de l'argent est reversé à Alzheimer Society of Canada (la maman de Sate est atteinte de la maladie d'Alzheimer). Vous pouvez également le trouver sur Spotify, j'ai d'ailleurs mis mes morceaux préférés dans la playlist que vous pouvez désormais retrouver dans le menu de gauche.

Me voici donc de nouveau en train de prêcher la bonne parole mais allez-y, écoutez et vous m'en direz des nouvelles !


KNOW MY NAME


FEEL



WARRIOR + SILENCE en live

Cinéma #10 et ce que j'entends par "films de filles".

Je ne l'ai presque pas fait exprès mais ces dernières 24h, j'ai regardé deux films qui ont fait de moi une meuf comblée. Le premier dont je vais vous parler est résolument féministe, ce qui est sans doute moins la vocation du second mais j'y ai trouvé des choses intéressantes.


GHOSTBUSTERS, de Paul Feig (2016)


Voilà un film qui a fait grand bruit des mois avant sa sortie au cinéma (en août dernier). On a tout entendu à son sujet, des choses chouettes et d'autres très absurdes, voire évidemment sexistes. Mon argument préféré était celui-ci : "On n'a pas besoin d'un remake ! Les films de 1984 et 1989 sont parfaits, on n'y touche pas !" et cela me fait soulever plusieurs points :
- En tant que nostalgique, adepte notoire du c'était-mieux-avant et personne de mauvaise foi, je trouve les remakes aberrants. D'autant plus s'ils n'apportent rien, si ce n'est accroître l'orgueil d'un cinéaste. Selon moi, Ghostbusters 2016 n'est pas totalement un remake parce que, même si l'univers et la trame de fond sont repris, l'histoire est différente.
- Oui, les films de 1984 et 1989 sont irremplaçables. Comme beaucoup, je les ai vus étant mômes et ils font partie de mes films préférés au monde. J'ai été grave choquée par Bibendum Chamallow et encore plus par Vigo la Tristesse de Moldavie au musée d'Arts Modernes de New York. Je ne cautionnerai jamais un remake complet de ces films sans Rick Moranis ni Bill Murray. D'autant plus maintenant qu'Harold Ramis est mort, ce serait de l'irrespect total.
- A chaque fois que j'ai vu cet argument sortir, il venait toujours d'un homme.

Je vais désormais m'attarder sur ce troisième point. S'il y a bien un fait indiscutable, c'est que jamais, au grand jamais, un homme ne sera capable d'avoir un argumentaire construit sur le féminisme. Ce n'est pas une insulte, c'est physiologique et sociétal : "No uterus, no opinion" (copyright Rachel Green, bien que toutes les femmes ne soient pas nécessairement pourvues d'un utérus). Un homme ne pourra que constater le sexisme ordinaire (et tout ce qui en découle) sans jamais le concevoir à 100% pour la bonne et simple raison qu'il ne le vivra jamais. Si vous voyez de la misandrie là-dedans, ravalez votre orgueil et passez votre chemin (d'autant que c'est comme le racisme anti-blanc, ça n'existe pas).

Cette version féminine de Ghostbusters, je l'ai vue comme un espoir. Je me fiche totalement des intentions réelles ou non du réalisateur Paul Feig ou du fric que ce film a brassé parce que je vois au-delà : quatre femmes - dont une noire et une grosse - en sont les héroïnes et elles sont scientifiques, drôles et tout simplement badass. Le casting a cependant une fêlure : il aurait été parfait si Leslie Jones, actrice noire, avait été à la place de l'une des trois scientifiques, toutes blanches : Melissa McCarthy, Kristen Wiig et Kate McKinnon. Comprenez bien la chose : des personnages féminins qui ne sont pas des seconds rôles, qui exercent une profession où on voit davantage d'hommes, qui ne vivent rien de romantique et auxquelles on peut enfin s'identifier, j'ai 30 ans mais c'est mon rêve de gosse qui se réalise. Pourquoi ne pas faire une création originale dans ce cas ? Parce que ce film est une alternative. Il doit servir d'exemple, même s'il n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat. Les petites (et les grandes comme moi !) filles ont besoin d'héroïnes pour s'identifier autres que Princesse Starla.

Enfin, ce film est tout simplement excellent. Pour reprendre mes premiers points, comme je suis nostalgique et fan des premiers films, j'ai adoré les cameos qui, certes, manquaient parfois de subtilité. En plus d'être une alternative, ce film est un hommage alors chaque clin d'œil est splendide ! Et puis, évidemment, un scénario bien ficelé, on ne s'ennuie jamais et... oh, Melissa McCarthy, je suis fan de cette femme. Chaque personne peut aimer ce film, sauf le mâle bougon qui n'en démord pas évoqué au début de cet article. Pour celui-là, je crains qu'il n'y ait rien à faire.


RICKY & THE FLASH, de Jonathan Demme (2015)


Le second film est avec Meryl Streep, la fille de cette dernière Mamie Gummer, et Kevin Kline. J'ai d'abord été très intriguée par Meryl Streep dans le rôle d'une rockstar, voyez-vous j'aime beaucoup cette actrice. L'histoire est celle de Linda, alias Ricki Rendazzo, chanteuse du groupe The Flash se produisant essentiellement dans un bar californien. Ils ont tous un âge avancé et, pour réaliser son rêve, Ricki a plaqué mari et enfants des années auparavant. Elle revient auprès d'eux, à Indianapolis, parce que sa fille est en pleine dépression.

C'est avant tout un film familial, il ne faut pas se leurrer. Il n'est pas vraiment remplis de bons sentiments un peu chiants mais il pose une problématique intéressante : comment est vu l'abandon d'une famille quand il s'agit de la mère. Il faut être honnête, Ricki est loin d'être la mère idéale. En plus d'être absente, elle vote républicain et nie l'homosexualité de son fils. Elle n'est pourtant pas malveillante, elle aime malgré tout sa famille, à sa manière. Lors d'une scène, sa fille lui reproche d'avoir suivi son rêve de faire de la musique plutôt que celui de s'occuper de sa famille. Réaction logique de la part de la descendance, mais j'ai toujours pensé que les enfants avaient cette part d'égoïsme quant à leurs parents : on ne veut pas qu'ils soient autre chose... que des parents.

Bref, il y a malgré tout ici un côté feel good movie, Meryl Streep est tonitruante et chante hyper bien. Ricki n'a finalement pas réussi à avoir l'envergure de Joan Jett alors que son ex-mari a un compte en banque très rempli. La preuve encore que la femme généralement vénale est un mythe.

Mes petites sont devenues grandes.

Vous le savez, j'ai quitté mon travail d'assistante d'éducation depuis un peu plus d'un an désormais. J'avais l'habitude de côtoyer la jeunesse, j'entends par là les 15-19 ans, les grands, les majestueux, les fameux lycéens. Deux ans avant mon départ, j'avais en charge à l'internat toutes les filles de seconde que j'ai retrouvées en première l'année suivante. Si j'avais eu le choix, je serais évidemment restée un an de plus afin de les observer jusqu'au bac. Il faut être honnête, toutes les années où je suis restée à l'internat, je me suis davantage vue comme une grande sœur ou une monitrice de colonie de vacances qu'une surveillante terriblement crainte et fortement redoutée. Je regrette parfois que mon autorité n'ait pas été aussi développée que je l'aurais espéré, on m'a parfois manqué de respect mais je ne me suis jamais laissée dépasser. Aujourd'hui j'ai gardé contact avec beaucoup d'élèves, notamment via Facebook, ce qui est vraiment cool.

Quand elles sont arrivées en seconde, mes élèves avaient autant peur qu'elles étaient excitées de commencer une nouvelle aventure. Il ne faut pas croire, le passage du collège au lycée est une étape. Avec mes collègues, on disait toujours qu'un élève de seconde est toujours un collégien de septembre jusqu'aux vacances de Noël, puis il devient un réel lycéen à partir du mois de janvier. Il est question de personnalité, d'attitude et d'environnement, c'est un processus tout à fait normal. C'est d'autant plus criant quand ces élèves sont internes puisqu'ils baignent dedans et sont entre eux du dimanche soir (pour certains) au vendredi à 18h.

Une interne de 1ère très à l'aise au premier rang de la salle d'étude.

Dans ce job, j'ai adoré l'internat. Je me souviens pourtant avoir été plutôt démoralisée lors de mon entretien d'embauche : dormir deux nuits par semaine dans un petit lit dans un internat mal chauffé, je n'étais pas du tout enjouée. Mais ça m'a vite passé et j'ai même trouvé ça excellent. Le lit était non seulement trop petit mais aussi grinçant et trop dur, et puis l'internat était effectivement mal chauffé, les plombs sautaient régulièrement alors j'ai appris à comprendre une armoire électrique, mais ça s'est finalement très bien déroulé du début jusqu'à la fin. Ce que j'ai préféré, c'est mon rapport avec mes filles. Je ne me suis jamais forcée à adopter tel ou tel comportement, je suis toujours restée naturelle. Il faut qu'on me l'accorde : je n'étais pas du tout autoritaire, je n'étais pas vraiment laxiste non plus, j'étais juste. Du moins, j'ai appris à le devenir au fil du temps parce que, bien sûr, j'ai commencé par faire des erreurs.

A l'internat, nous devons toutes nous apprivoiser. Quand les mômes débarquent, elles peuvent avoir déjà connu l'internat au collège ou jamais de leur vie, elles doivent composer avec trois ou quatre camarades dans la même chambre, ainsi qu'avec deux surveillantes adultes (sur le papier du moins). Bien qu'on leur donne quelques libertés, à savoir, par exemple, demander à changer de chambre si l'ambiance est impossible et si une solution est trouvable (ce qui peut être compliqué quand l'internat est blindé et qu'on ne peut pas vraiment permuter les gens), ça peut être difficile à vivre. Il y a toujours des gamines qui ne supportent pas et qui s'en vont, c'est normal. Je défie n'importe qui de vivre avec 50 personnes sous le même toit (dans un internat peuplé en tout de 250 élèves) quand toutes les personnalités diffèrent. Encore pire quand il y a une petite cheffe de 25 ans (j'ai fait une moyenne d'âge) qui les somme de faire leurs devoirs, leur lit et ranger leur chambre toutes les cinq minutes ! Déjà qu'il y a les cours, aussi intéressants que rébarbatifs, pendant la journée, j'imagine très bien que le soir on aimerait avoir la paix dans son cocon.


J'ai donc quitté mon travail il y a un peu plus d'un an. Les dernières élèves que j'ai suivies sont étudiantes depuis septembre. Il y en a beaucoup à la fac, quelques unes en prépa, en BTS, parfois au conservatoire. Je les ai observées de loin se prendre la tête pendant leur année de terminale afin de choisir un endroit où aller à la prochaine rentrée. C'est que la pression est grande. En réalité, elle ne l'est pas tant que ça, c'est juste ce qu'on veut leur faire croire. Ça fonctionne aux petits oignons puisqu'il y a eu des ongles et des sangs de rongés. Elles se sont inquiétées, à la fois pour elles-mêmes et pour leur famille, qu'allaient-elles devenir ? Est-ce une voie de garage ? Quels sont les débouchés ? Devaient-elles suivre leurs rêves, ou alors leur conscience, ou bien encore la voix de la raison ? Voire celle des autres ? C'est un questionnement que nous avons tous connu ou presque, il nous quitte d'ailleurs difficilement. Toutefois, on apprend à l'apprivoiser avec l'expérience et les années qui passent. Nous sommes en octobre et je constate que certaines élèves ne se plaisent pas là où elles sont, elles auraient fait un mauvais choix. Vraiment ? Elles recommencent à se bouffer les doigts parce qu'elles pensent avoir fait une erreur. Mais est-ce vraiment une méprise que d'arriver en fac de droit ou de lettres et de s'apercevoir qu'on préférerait finalement passer des auditions de théâtre ou étudier le cinéma dans une école ? Certes, il y a peut-être eu une hésitation entre deux voies mais concrètement, aucune n'est mauvaise et il faut parfois se tromper pour mieux repartir. J'ai carrément vu le terme "échec scolaire" passer devant mes yeux alors que je ne suis pas certaine que cela existe vraiment, du moins il n'est pas applicable à la va-vite. Et ça ne fait pas si longtemps que je suis convaincue, rapport à mon expérience personnelle. Malgré mon jeune âge (si, si), j'ai l'outrecuidance de penser avoir acquis une forme de sagesse, celle-là même qui m'amène à écrire ces lignes. J'ai tellement envie de convaincre toutes mes filles que c'est ce qu'elles vivent actuellement qui va forger leur vie future, leur caractère et leur personnalité mais, en fait, ne faut-il pas attendre d'avoir vécu tout ça pour s'en rendre compte ? Bien sûr que si.

Malgré tout, j'ai envie de donner de forts coups de règle sur les doigts de tous ces parents, ces professeurs et ces personnels de l'éducation qui mettent une pression folle à ces adolescents, qui les obligent à prendre telle ou telle décision sans prendre en compte les envies des principaux concernés. En général, ce sont les mêmes qui assimilent le redoublement à un échec alors qu'il doit être synonyme de seconde chance. Ce sont eux qui obligent les gosses à faire une filière générale sous prétexte qu'elle est plus prestigieuse qu'une voie professionnelle (beaucoup de bullshit là-dedans aussi mais c'est un autre sujet). Ce sont les mêmes encore qui voient le bac comme le Graal alors que, bon, entre nous : lol. Quoiqu'il arrive, je suis persuadée qu'il faut laisser les élèves tracer leur propre route. On peut (on doit !) les guider, leur montrer comment tout ça fonctionne, les lâcher dans la nature serait criminel, mais on ne doit rien leur imposer, jamais. Ces enfants qui apprennent en même temps à devenir des adultes (c'est déjà beaucoup dans la vie d'une seule personne) doivent faire leurs propres choix avec leurs propres doutes et leurs propres erreurs, pas supporter le fardeau de ceux des autres.

Cinéma #9 et vive la Pologne !

IDA, de Pawel Pawlikowski (2013)


C'était il n'y a que trois ans mais je me souviens quand ce film est sorti parce que j'ai tout de suite voulu le voir. J'ai toutefois un peu freiné des quatre fers parce que je ne me savais plus trop capable de regarder un film d'auteur en noir et blanc, d'autant plus s'il était question de la vie d'une jeune religieuse polonaise dans les années 1960. Loin de moi l'idée de m'interroger sur le fait de passer ou non pour une intellectuelle, la vérité étant simplement que je suis très bon public en matière de cinéma. C'est une phrase plutôt sympa que je m'inflige pour dire que je peux regarder tout un tas de merdes et en être très contente. Autant je suis atteinte d'un cruel snobisme en musique, autant ici pas du tout. Mais la raison principale qui me poussait à voir ce film était parce qu'il est polonais et que je le suis aussi un peu. C'est couillon, peut-être n'aurais-je jamais regardé ce film s'il avait été tchèque ou coréen. Car oui, je l'ai finalement vu, il était diffusé sur Arte ce mercredi soir, et je n'ai aucun regret.

En 1962, la jeune Ida Lebestein, devenue sœur Anna, s'apprête à prononcer ses vœux. Avant cela, elle part à la rencontre de sa tante Wanda, seule membre de sa famille encore en vie. Orpheline et élevée dans un couvent, Ida va apprendre la vérité sur ce qui est arrivé à ses parents pendant l'occupation nazie.

Spoiler alert : ce n'est pas réjouissant, ce film est un drame, mais un très beau drame. Le noir et blanc apporte d'abord une esthétique évidemment fantastique, la photographie est sublime. De plus, il accentue la froideur de l'ambiance : la Pologne en hiver sous la neige, les années 60 épurées et en formica, la relation entre Ida et Wanda et, bien sûr, la situation politique de l'époque malgré la déstalinisation. Pour tout vous dire, j'étais contente d'avoir mon plaid à proximité.

Si Wanda, la tante d'Ida donc, n'est à priori pas enchantée de rencontrer sa nièce, elle change rapidement d'avis. C'est une femme qui exerce la profession de juge, qui est d'une grande sévérité mais qui est tout à fait libre et libérée. Elle fut jadis procureure sous Staline et elle trouve désormais son salut dans le trop-plein d'alcool. J'ai vraiment beaucoup aimé ce personnage. Quant à Ida, malgré son apparence gentille et douce de par sa vocation, ses grands yeux noirs perçants trahissent ses émotions. Tout ce que je décris là n'aurait pas été aussi criant de vérité dans un film en couleurs, vous imaginez bien.

C'est un film initiatique qui ne s'embarrasse pas de détails superflus et les deux actrices principales, Agata Trzebuchowska (Ida) et Agata Kulesza (Wanda) sont merveilleuses de par leur jeu et leurs rôles aux antipodes. Et puis il y a aussi cette scène aux allures shakespeariennes lorsqu'elles accompagnent celui qui sait où sont enterrés les parents d'Ida qui m'a donné des frissons. En fait, je comprends réellement pourquoi ce film a été encensé de cette manière et je trouve son Oscar du meilleur film étranger 2015 amplement mérité.
Je relis mon premier paragraphe et non, je ne déteste habituellement et spécialement pas les films d'auteurs ou même ceux en noir et blanc, j'ai eu l'occasion de voir des merveilles du cinéma des années 30, 40 et 50. Je crois cependant avoir été traumatisée par l'adaptation du Procès de Kafka par Orson Welles qui avait, pour moi, tout d'un cauchemar (enfin n'était-ce pas le but, me direz-vous ?). Mes associations d'idées me font parfois flipper, je comprendrais tout à fait que vous ne suiviez pas mon raisonnement. Bref, voyez Ida, c'est un film magnifique !

Cinéma #8

Hop là mais dites, 13 jours sans poster quoi que ce soit ! Je sais ce que vous êtes en train de vous dire : "Ça y est, elle n'est plus au chômage, elle n'a plus le temps de vivre et est devenue une business girl de ouf, le blog fait désormais partie de sa vie d'avant !". Non ? Ce n'est pas ce que vous pensez ? Ah d'accord. Et bien puisque ma vie ne vous intéresse pas, je vais vous la raconter quand même. Non, je suis toujours au chômage alors si vous voulez m'embaucher, n'hésitez surtout pas. Je ne sais pas faire le café mais j'ai l'esprit d'équipe, c'est déjà pas mal. En vrai, durant ces 13 jours, j'ai vu ma petite famille deux weekends de suite, j'ai profité de la plage des derniers jours d'été sans touriste, j'ai un peu boudé et puis je n'ai pas trop boudé, j'ai déménagé mon salon (ça m'a pris deux jours) parce que je commençais à avoir envie de déménager (maintenant ça va mieux), j'ai écouté le nouvel album en vinyle turquoise de KT Tunstall qui est formidable (vous allez manger prochainement, je vous préviens) et j'ai rencontré Pénélope Bagieu qui m'a signé une dédicace sur California Dreaming dans la rue à Angers. Mais si vous me suivez sur Twitter, vous savez déjà tout ça.

Enfin bref, on s'en fiche un peu mais c'était juste histoire de vous balancer une introduction justificative de 12 lignes 1/2 (allez-y, comptez) à propos de mon absence afin d'enchaîner sur quelque chose qui n'a strictement rien à voir. Je vais vous parler d'un film que j'ai regardé cette semaine et que j'ai adoré.

ADOPTE UN VEUF, de François Desagnat (2015)


On va commencer par resituer. Comme son nom l'indique, François Desagnat et le frère de Vincent, que j'apprécie beaucoup depuis l'époque du Morning Live. Non pas que je sois fan de Mickaël Youn (même si je n'avais pas le même discours à 14 ans), mais j'ai toujours eu une préférence pour Vincent Desagnat dont j'ai très souvent aimé le travail. D'ailleurs, il fait une apparition dans Adopte un veuf où il joue un fieffé connard. Ensuite, j'adore André Dussollier. Il est l'un de mes acteurs français favoris. J'aime son jeu, sa voix et ses films. S'il y a André Dussollier dans un casting, je vais obligatoirement regarder, c'est comme ça. Enfin, même si je n'éprouve rien de précis pour Bérengère Krief, Arnaud Ducret et Julia Piaton, je trouve que tous les trois font une très bonne synergie aux côtés d'André Dussollier, c'est un quatuor qui m'a vraiment beaucoup plu.

L'histoire raconte la vie d'Hubert (André Dussollier), fraîchement veuf, ce qui le rend dépressif. Retraité de sa carrière d'obstétricien, il se retrouve seul dans son magnifique appartement bourgeois parisien. Bien que son meilleur ami tente de lui redonner goût à la vie en lui présentant des femmes qui pourraient être ses filles, Hubert préfère la compagnie de son canapé et de ses rideaux fermés. Alors qu'il se rend dans sa boulangerie de quartier tenue par Rose (la somptueuse Blanche Gardin), qui ne balance que des horreurs sans s'en rendre compte (notamment quand elle raconte comment Mme Machin a été retrouvée chez elle bien après son décès et qu'il ne restait "que du jus et des os" - elle est extraordinaire), cette dernière lui somme de prendre une petite annonce accrochée là afin d'obtenir une aide pour le ménage. Hubert s'exécute et Manuela (Bérengère Krief) débarque peu après. Sauf qu'il y a erreur, Manuela n'est pas femme de ménage mais une étudiante tout juste à la rue qui a besoin d'un toit et pense arriver chez Hubert pour une collocation. J'arrête ici mon récit pour ne pas spoiler.

Une chose est sûre, Bérengère Krief est fidèle à elle-même. Du moins, on a tellement l'habitude de la voir avec ce genre de personnalité dans ses films et ses one-woman shows qu'on se demande si elle n'est pas plus sincère qu'actrice. Arnaud Ducret incarne, quant à lui, le personnage de Paul-Gérard qui aurait pu être extrêmement caricatural (non parce qu'avec les comédies françaises parfois, vous savez...) mais en fait non, j'ai adoré son personnage d'avocat à lunettes non mangeur de gluten. Enfin, Julia Piaton, très discrète, qui a, avec ses deux sœurs, la furieuse tendance à me faire penser aux trois filles de Meryl Streep... Bon, après ça c'est mon côté qui divague un peu.

J'ai trouvé ce film drôle mais aussi hyper touchant. J'avais un peu peur au vu du titre que je trouve presque trop inspiré mais il aurait été dommage de s'y arrêter. C'est un film très gentil, juste et aussi assez pudique, qui ne tombe absolument pas dans le pathos même si on a parfois le cœur gros, et il fait du bien. C'est un film juste généreux en fait, et vraiment je vous le conseille.

Mon prénom, ma bataille.

Salut, je m'appelle Lucie et j'aime beaucoup mon prénom.

Je ne m'en vante pas particulièrement mais je suis fière de m'appeler ainsi, même si ça n'a pas toujours été le cas, loin s'en faut.
Lucie vient du latin lux qui veut dire lumière. Déjà, je trouve ça plutôt cool parce que la lumière est une notion qui me fait du bien. Lucie est un vieux prénom, on en trouve de tous les âges, aussi bien des grands-mères que des nouvelles-nées. Il y a eu d'autres Lucie dans ma classe à plusieurs reprises, au travail parmi mes collègues et plusieurs de mes élèves se prénommaient ainsi. Malgré ça, je me suis toujours sentie inexplicablement unique avec mon prénom tantôt pourri, tantôt bien trop beau.

Lorsque je suis née il y a, ouh là, déjà 30 ans, mes parents avaient prévu de me prénommer Mathilde. Mon grand-père paternel est toutefois intervenu car il avait une sainte horreur de Jacques Brel et, ça tombe bien, parce que moi aussi. Lucie fut donc choisi à la place sans aucun regret. C'est à ce moment précis qu'on se demande si le karma n'est pas venu mettre les pieds dans le plat puisque j'ai finalement retrouvé Lucie, ou Lucy, dans le patrimoine musical. Dans le genre à l'aise et très bien installé.

J'ai eu 10 ans en 1996 et cette année-là, Pascal Obispo a sorti l'album Superflu sur lequel on retrouve une chanson très spéciale en piste 12. Très spéciale parce qu'elle me gonfle au-delà du possible, vous savez qu'il s'agit de Lucie. Et dépêche-toi Lucie, et vas-y que c'est pas marqué dans les livres... Hey, c'est bon, ça suffit. Si en plus je suis dans la même pièce qu'un piano, soyez sûrs que c'est pour ma pomme. Comme si ça ne suffisait pas, Alliage (R.I.P. Quentin Elias) a débarqué en 1997 avec Lucy et ça a été la fin des haricots. Cependant, je crois que je n'ai jamais vraiment entendu les paroles originelles puisqu'elles ont été modifiées par mes camarades de CM1-CM2 dans la cour de récré. En effet, au lieu de chanter "Lucy don't cry", ils disaient "Lucy le singe". Pourquoi le singe ? A cause d'elle :

C'est ça Yves Coppens, fais le malin.

Dans le jargon, on appelle ça cumuler. Sauf que les CM1-CM2 de mon bled sarthois moisi n'avaient pas l'intelligence et la culture nécessaire (ça va, moi non plus) quant à l'origine du prénom de ladite australopithèque. Découverte en 1974, celle-ci a été prénommée Lucy à cause de/grâce à Lucy In The Sky With Diamonds des Beatles écoutée par les archéologues (dirigés par le paléontologue Yves Coppens, cf photo) au moment où ils marquaient le squelette.

Petit aparté : cette chanson, que j'adore (au moins une), écrite, composée et interprétée par John Lennon sur l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band sorti en 1967, n'est absolument pas une ode à la drogue, comme le croient beaucoup de gens à cause des initiales (LSD). A cause de cette légende, la chanson n'avait pas droit de cité sur la BBC. En réalité, la chanson a été inspirée d'un dessin de Julian, le fils aîné de John Lennon alors âgé de 3 ans, qui représentait tout simplement sa meilleure amie, Lucy O'Donnell, dans le ciel avec des diamants. Un petit coup d'Alice au pays des merveilles par-dessus et hop, on tient un tube (source : Les Beatles la totale, les 211 chansons expliquées de Jean-Michel Guesdon et Philippe Margotin, éd. Chêne).

Alors oui, Lucy le singe sur l'air d'une chanson d'Alliage et tout ça à cause des Beatles, c'est beaucoup pour une seule personne et je hurle kamoulox. Enfin franchement de quoi je me plains ? On aurait aussi pu me chanter Daniel Balavoine, Charles Aznavour, Michel Delpech, Elmer Food Beat (soutien éternel aux Daniela), Sylvie Vartan, Hanson (oui, oui)... Je continue ? Non ? Bien, merci.

Que s'est-il passé pour que j'en arrive à aimer ce prénom dont on se moquait tant ? Je ne suis pas sûre d'avoir une réponse précise parce que les choses ont dû arriver progressivement. J'ai trouvé mon salut en arrivant au collège où on m'a enfin fichu la paix. En même temps, j'ai suffisamment souffert à l'école primaire pour toute ma scolarité et le mot est faible. De plus, on m'a aussi tellement dit que mon prénom était joli que j'ai fini par le croire. De toute façon, je n'ai pas de deuxième prénom, je n'avais donc pas la possibilité de me faire appeler autrement. Et puis en dehors des gens qui m'appellent Lucile ou Julie parce qu'ils ne sont pas foutus d'intégrer un prénom dans leur cerveau atrophié (non mais c'est chiant à la longue, surtout quand ça dure depuis 30 ans), j'ai décidé de déclarer la guerre à tous ceux qui ne trouveraient pas mon prénom assez bien pour eux, bien que ceci ne soit plus arrivé depuis l'école primaire. C'est con finalement, tout ça tient à très peu de choses.

Voilà, je m'appelle Lucie et j'en suis très fière. Faites avec !

Annika and the Forest.

Vous aurez remarqué que j'ai effacé mon article précédent. Ça m'a énervée sur le coup, j'ai râlé par écrit et ça m'a fait du bien, désormais c'est réglé et ça va beaucoup mieux de mon côté. Je n'en veux pas du tout à la personne qui avait énoncé cette critique même si ça m'a contrariée pendant deux jours. Si vous ne comprenez rien à ce que j'écris là, passez au paragraphe suivant, je m'en vais vous parler de musique. Toujours est-il que je vais me servir de cette histoire pour faire un travail sur moi-même, c'est important de ne pas être constitué que de certitudes.

Je vais de nouveau faire un parallèle avec notre émission de radio parce que je ne m'adresse pas nécessairement au même public ici et là-bas, et je ne présente pas les choses tout à fait de la même façon. La première émission de la saison 2 (ceci est un lien, tu peux cliquer et écouter le podcast, ça ne te prendra que 60 minutes de ton temps) était musicalement consacrée à un groupe que j'ai découvert il y a très peu de temps et qui s'appelle Annika and the Forest.

Crédit : Jean-Baptiste Millot

Il s'agit d'un groupe créé en 2014 et mené par Annika Grill, diplômée en arts plastiques, auteure, compositrice et interprète suédoise établie à Paris. Elle a également co-fondé un studio d'enregistrement et a travaillé avec de multiples artistes. Sur scène, le nombre de membre varie, mais elle est notamment accompagnée des musiciennes Caroline Geryl, Charlotte Patel et Zoé Hochberg, et vous savez comme j'aime mettre l'accent sur les femmes dans la musique (il y a aussi Sébastien Adam à leurs côtés). Le style d'Annika and the Forest se veut plus ou moins pop électro, arty, même si j'ai désormais des difficultés à exprimer le mot pop depuis que j'ai récemment vu une vidéo explicative très intéressante dont je ne retrouve plus la référence (mais je mettrai à jour l'article quand je l'aurai retrouvée).

Dès la première année de l'existence du groupe, Annika and the Forest a sorti deux EP, Beginnings et By The Way, avant le premier album en 2015 intitulé Chromatic. Inutile de vous dire qu'il est vachement bien et que je vous le conseille. C'est poétique, planant, parfois mélancolique, les textes d'Annika Grill vont quelques fois dans cette voie, et d'ailleurs sa voix est faite pour tellement c'est un cocon.
Un nouvel album est prévu pour 2017, She, et, pour patienter, l'EP A Piece of She sort là, le 23 septembre. Extraits :


Séries #1 : 3 britanniques à voir.

Avant (mais c'était il y a longtemps), je n'aimais pas trop les séries britanniques, mais c'est parce que je n'avais pas vraiment de goût. Aujourd'hui les choses sont différentes. Comme tout le monde, j'ai regardé et absolument adoré Downton Abbey et, bien avant ça, je me suis laissée prendre à Robin Hood (2006-2009). Désormais, je regarde les productions anglaises d'un peu plus près et j'ai pu voir des séries franchement sympas dont je vais vous parler ici.


WHAT REMAINS


Créée en 2013 par Tony Basgallop, What Remains est une mini série d'une seule saison de 4 épisodes faisant 52 minutes chacun. C'est presque un huit-clos puisque l'intrigue se déroule principalement dans un immeuble londonien, le genre de bâtiment qui est plutôt une grande maison de maître divisée en quelques appartements, vous voyez. Le corps de Melissa Young, jeune trentenaire solitaire vivant au dernier étage, est retrouvé dans le grenier deux ans après sa mort. Personne ne s'est rendu compte de sa disparition. Un policier, pourtant fraîchement retraité, se charge d'enquêter et on découvre la face cachée de chacun des habitants de l'immeuble. C'est une histoire dramatique, sombre et glauque mais c'est super haletant, j'ai trouvé que le suspense était bien conservé jusqu'au bout. Je n'ai quasiment pas entendu parler de cette série alors qu'elle est vraiment bien, pour peu qu'on s'intéresse au genre.


POLDARK


On m'a vendu cette série comme un mélange d'Outlander et Jane Austen, je dirais que je n'ai pas du tout été flouée. La première saison a été diffusée cette année et comporte 8 épisodes de 52 minutes également, et la saison 2 devrait débuter ce mois-ci sur la BBC. A mon sens, cette série manque un poil de second degré, peut-être à cause du côté terriblement ténébreux du personnage principal, Ross Poldark, joué par Aidan Turner. En fait, il a toujours les sourcils froncés et le poids du monde sur ses épaules (à raison cela dit) donc ceci doit expliquer cela. L'histoire se passe à la fin du XVIIIème siècle dans les Cornouailles. Ross Poldark revient de la guerre d'indépendance des Etats-Unis où il a combattu du côté des tuniques rouges. Sa famille l'a cru mort, d'ailleurs son père a trépassé pendant ce temps-là, et sa fiancée s'est finalement mariée avec son cousin germain, bien plus riche que lui (et aussi un peu con). Du coup, Ross se retrouve pauvre avec une baraque en ruine sur les bras et des domestiques qui se foutent ouvertement de sa gueule, c'est chaud. Va-t-il s'en sortir ? Vous le saurez en regardant.


THE LIVING AND THE DEAD


Avec Poldark, cette série-là a été mon petit kiffe de l'été. Elle est vraiment toute récente puisqu'elle a été diffusée en juin chez nos voisins anglo-saxons à raison de 6 épisodes de 60 minutes chacun. Dans le rôle principal, on retrouve Colin Morgan qui jouait Merlin dans la série du même nom (à laquelle je n'ai absolument jamais accroché d'ailleurs). Cependant, là, il est vachement mieux parce que d'une part, il a les cheveux plus longs et, d'autre part, il a une barbe. C'est autre chose que la coupe au bol moyen-âgeuse. A ses côtés et jouant le rôle de son épouse, Charlotte Spencer, qui est une magnifique rousse jouant une super féministe de la fin du XIXème siècle. De plus, cette série est vraiment très bien filmée, les images sont très belles et la musique souvent bien choisie. De retour de Londres, le couple Appleby se retrouve plus ou moins obligé de s'occuper de la demeure familiale de monsieur, à la campagne, après la mort de sa mère. Initialement, lui est psychiatre et elle photographe, ce sont des gens modernes, volontaires et sceptiques (enfin elle plus que lui). Oui mais voilà, il va commencer à se passer des trucs chelous dans la maison et le village, au point que tout le monde finit par croire le lieu maudit. Et quand je vous parle de trucs chelous, c'est vraiment chelou. Je dois donc vous sommer de regarder car c'est tout à fait déroutant.


Si vous avez regardez ces séries, qu'en avez-vous pensé ?

Charlotte, de David Foenkinos.

Ce n'est un secret pour personne mais je suis une piètre lectrice. Je lis très peu et quand j'ouvre un livre, je lis très lentement, je peux être sur un même bouquin pendant des semaines (voire plus...). Pourtant, quand j'étais môme et même ado, je lisais beaucoup et je me suis même enfilé quelques pavés et des classiques avec grand plaisir. Le fait de posséder un ordinateur et un smartphone ne m'aide pas beaucoup, aussi j'essaie de me forcer de plus en plus à lire des vraies feuilles de papier reliées.

Pour mon séjour à Amsterdam, j'avais emmené deux romans : Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick - je ne suis qu'au début tant je lis avec une lenteur effarante -, et Charlotte de David Foenkinos. Autant je n'ai pas du tout avancé dans le premier, autant j'ai avalé le second d'une traite.

C'est le troisième roman de David Foenkinos que je lis. J'avais commencé par Lennon par curiosité et j'avais été subjuguée par l'idée (le narrateur est John Lennon himself et chaque chapitre est une séance chez son psy). J'ai ensuite lu il y a peu Je vais mieux et il m'a fait un bien fou. En lisant Charlotte, j'ai eu la confirmation que je ressentais beaucoup d'émotions avec cet auteur.

J'ai donc commencé Charlotte à la gare d'Amsterdam en attendant le train du retour et je l'ai terminé entre Paris et Nantes. Toutefois je n'ai aucun mérite, c'est loin d'être un pavé ! Un peu plus de 200 pages, mais ça n'enlève évidemment rien à la qualité.
C'est un roman adapté d'une histoire vraie puisqu'il est question de Charlotte Salomon, peintre juive allemande décédée à 26 ans pendant la Seconde Guerre mondiale. Toute sa vie y est écrite, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, et avant ça avec la rencontre de ses parents. Pour être tout à fait honnête, ce n'est pas un livre à lire un dimanche soir de novembre parce que l'histoire est très sombre. Charlotte est issue d'une famille dont plusieurs membres se sont suicidés, notamment sa propre mère, ce qu'elle ignore une partie de sa vie, ainsi que sa tante dont elle porte le prénom. Elle vit à Berlin avec son père médecin qui se remarie avec la cantatrice Paula Lindberg, admirée par sa belle-fille. Charlotte est une enfant taciturne, aujourd'hui on comprend que la dépression s'est emparée de sa famille maternelle. Elle apprend le dessin à l'adolescence et souffre de l'antisémitisme aux beaux-arts (et partout ailleurs) avec la montée de l'Allemagne nazie.

En ouvrant le livre on connaît déjà la fin puisque Charlotte Salomon est morte très jeune, mais son histoire vaut le coup d'être connue, elle est terriblement émouvante. Lors de certains passages, j'étais à deux doigts de verser ma petite larme, je suis hyper sensible. Mais comme j'étais dans un train bondé, je me suis retenue. Ce roman se lit vite aussi parce qu'il n'est composé que de phrases très courtes avec un retour à la ligne systématique et, parfois, des interventions de l'auteur. Aucune description superflue, tout est dans le concret et je pense que c'est aussi pour ça que l'émotion est grande.

Peu avant sa déportation à Auschwitz, Charlotte Salomon a écrit Vie ? ou Théâtre ?, une œuvre autobiographique complète qui regroupe des dessins, peintures, écrits et même de la musique. Je ne vous raconterai pas les conditions de sa composition, c'est très bien expliqué dans le roman de David Foenkinos (j'ai déjà assez spoilé comme ça). Toutefois, si vous voulez en savoir plus sans lire le roman, ou bien si vous l'avez déjà lu, je vous invite à lire cet excellent article. On peut trouver depuis peu Vie ? ou Théâtre ? traduit en français, soit une œuvre de 820 pages et de plus de 4 kg ! Elle coûte tout de même 95€, je me la paierais bien si je retrouve du travail un jour.

A gauche, Autoportrait, 1940