Charlotte, de David Foenkinos.

Ce n'est un secret pour personne mais je suis une piètre lectrice. Je lis très peu et quand j'ouvre un livre, je lis très lentement, je peux être sur un même bouquin pendant des semaines (voire plus...). Pourtant, quand j'étais môme et même ado, je lisais beaucoup et je me suis même enfilé quelques pavés et des classiques avec grand plaisir. Le fait de posséder un ordinateur et un smartphone ne m'aide pas beaucoup, aussi j'essaie de me forcer de plus en plus à lire des vraies feuilles de papier reliées.

Pour mon séjour à Amsterdam, j'avais emmené deux romans : Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick - je ne suis qu'au début tant je lis avec une lenteur effarante -, et Charlotte de David Foenkinos. Autant je n'ai pas du tout avancé dans le premier, autant j'ai avalé le second d'une traite.

C'est le troisième roman de David Foenkinos que je lis. J'avais commencé par Lennon par curiosité et j'avais été subjuguée par l'idée (le narrateur est John Lennon himself et chaque chapitre est une séance chez son psy). J'ai ensuite lu il y a peu Je vais mieux et il m'a fait un bien fou. En lisant Charlotte, j'ai eu la confirmation que je ressentais beaucoup d'émotions avec cet auteur.

J'ai donc commencé Charlotte à la gare d'Amsterdam en attendant le train du retour et je l'ai terminé entre Paris et Nantes. Toutefois je n'ai aucun mérite, c'est loin d'être un pavé ! Un peu plus de 200 pages, mais ça n'enlève évidemment rien à la qualité.
C'est un roman adapté d'une histoire vraie puisqu'il est question de Charlotte Salomon, peintre juive allemande décédée à 26 ans pendant la Seconde Guerre mondiale. Toute sa vie y est écrite, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, et avant ça avec la rencontre de ses parents. Pour être tout à fait honnête, ce n'est pas un livre à lire un dimanche soir de novembre parce que l'histoire est très sombre. Charlotte est issue d'une famille dont plusieurs membres se sont suicidés, notamment sa propre mère, ce qu'elle ignore une partie de sa vie, ainsi que sa tante dont elle porte le prénom. Elle vit à Berlin avec son père médecin qui se remarie avec la cantatrice Paula Lindberg, admirée par sa belle-fille. Charlotte est une enfant taciturne, aujourd'hui on comprend que la dépression s'est emparée de sa famille maternelle. Elle apprend le dessin à l'adolescence et souffre de l'antisémitisme aux beaux-arts (et partout ailleurs) avec la montée de l'Allemagne nazie.

En ouvrant le livre on connaît déjà la fin puisque Charlotte Salomon est morte très jeune, mais son histoire vaut le coup d'être connue, elle est terriblement émouvante. Lors de certains passages, j'étais à deux doigts de verser ma petite larme, je suis hyper sensible. Mais comme j'étais dans un train bondé, je me suis retenue. Ce roman se lit vite aussi parce qu'il n'est composé que de phrases très courtes avec un retour à la ligne systématique et, parfois, des interventions de l'auteur. Aucune description superflue, tout est dans le concret et je pense que c'est aussi pour ça que l'émotion est grande.

Peu avant sa déportation à Auschwitz, Charlotte Salomon a écrit Vie ? ou Théâtre ?, une œuvre autobiographique complète qui regroupe des dessins, peintures, écrits et même de la musique. Je ne vous raconterai pas les conditions de sa composition, c'est très bien expliqué dans le roman de David Foenkinos (j'ai déjà assez spoilé comme ça). Toutefois, si vous voulez en savoir plus sans lire le roman, ou bien si vous l'avez déjà lu, je vous invite à lire cet excellent article. On peut trouver depuis peu Vie ? ou Théâtre ? traduit en français, soit une œuvre de 820 pages et de plus de 4 kg ! Elle coûte tout de même 95€, je me la paierais bien si je retrouve du travail un jour.

A gauche, Autoportrait, 1940

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