Cinéma #8

Hop là mais dites, 13 jours sans poster quoi que ce soit ! Je sais ce que vous êtes en train de vous dire : "Ça y est, elle n'est plus au chômage, elle n'a plus le temps de vivre et est devenue une business girl de ouf, le blog fait désormais partie de sa vie d'avant !". Non ? Ce n'est pas ce que vous pensez ? Ah d'accord. Et bien puisque ma vie ne vous intéresse pas, je vais vous la raconter quand même. Non, je suis toujours au chômage alors si vous voulez m'embaucher, n'hésitez surtout pas. Je ne sais pas faire le café mais j'ai l'esprit d'équipe, c'est déjà pas mal. En vrai, durant ces 13 jours, j'ai vu ma petite famille deux weekends de suite, j'ai profité de la plage des derniers jours d'été sans touriste, j'ai un peu boudé et puis je n'ai pas trop boudé, j'ai déménagé mon salon (ça m'a pris deux jours) parce que je commençais à avoir envie de déménager (maintenant ça va mieux), j'ai écouté le nouvel album en vinyle turquoise de KT Tunstall qui est formidable (vous allez manger prochainement, je vous préviens) et j'ai rencontré Pénélope Bagieu qui m'a signé une dédicace sur California Dreaming dans la rue à Angers. Mais si vous me suivez sur Twitter, vous savez déjà tout ça.

Enfin bref, on s'en fiche un peu mais c'était juste histoire de vous balancer une introduction justificative de 12 lignes 1/2 (allez-y, comptez) à propos de mon absence afin d'enchaîner sur quelque chose qui n'a strictement rien à voir. Je vais vous parler d'un film que j'ai regardé cette semaine et que j'ai adoré.

ADOPTE UN VEUF, de François Desagnat (2015)


On va commencer par resituer. Comme son nom l'indique, François Desagnat et le frère de Vincent, que j'apprécie beaucoup depuis l'époque du Morning Live. Non pas que je sois fan de Mickaël Youn (même si je n'avais pas le même discours à 14 ans), mais j'ai toujours eu une préférence pour Vincent Desagnat dont j'ai très souvent aimé le travail. D'ailleurs, il fait une apparition dans Adopte un veuf où il joue un fieffé connard. Ensuite, j'adore André Dussollier. Il est l'un de mes acteurs français favoris. J'aime son jeu, sa voix et ses films. S'il y a André Dussollier dans un casting, je vais obligatoirement regarder, c'est comme ça. Enfin, même si je n'éprouve rien de précis pour Bérengère Krief, Arnaud Ducret et Julia Piaton, je trouve que tous les trois font une très bonne synergie aux côtés d'André Dussollier, c'est un quatuor qui m'a vraiment beaucoup plu.

L'histoire raconte la vie d'Hubert (André Dussollier), fraîchement veuf, ce qui le rend dépressif. Retraité de sa carrière d'obstétricien, il se retrouve seul dans son magnifique appartement bourgeois parisien. Bien que son meilleur ami tente de lui redonner goût à la vie en lui présentant des femmes qui pourraient être ses filles, Hubert préfère la compagnie de son canapé et de ses rideaux fermés. Alors qu'il se rend dans sa boulangerie de quartier tenue par Rose (la somptueuse Blanche Gardin), qui ne balance que des horreurs sans s'en rendre compte (notamment quand elle raconte comment Mme Machin a été retrouvée chez elle bien après son décès et qu'il ne restait "que du jus et des os" - elle est extraordinaire), cette dernière lui somme de prendre une petite annonce accrochée là afin d'obtenir une aide pour le ménage. Hubert s'exécute et Manuela (Bérengère Krief) débarque peu après. Sauf qu'il y a erreur, Manuela n'est pas femme de ménage mais une étudiante tout juste à la rue qui a besoin d'un toit et pense arriver chez Hubert pour une collocation. J'arrête ici mon récit pour ne pas spoiler.

Une chose est sûre, Bérengère Krief est fidèle à elle-même. Du moins, on a tellement l'habitude de la voir avec ce genre de personnalité dans ses films et ses one-woman shows qu'on se demande si elle n'est pas plus sincère qu'actrice. Arnaud Ducret incarne, quant à lui, le personnage de Paul-Gérard qui aurait pu être extrêmement caricatural (non parce qu'avec les comédies françaises parfois, vous savez...) mais en fait non, j'ai adoré son personnage d'avocat à lunettes non mangeur de gluten. Enfin, Julia Piaton, très discrète, qui a, avec ses deux sœurs, la furieuse tendance à me faire penser aux trois filles de Meryl Streep... Bon, après ça c'est mon côté qui divague un peu.

J'ai trouvé ce film drôle mais aussi hyper touchant. J'avais un peu peur au vu du titre que je trouve presque trop inspiré mais il aurait été dommage de s'y arrêter. C'est un film très gentil, juste et aussi assez pudique, qui ne tombe absolument pas dans le pathos même si on a parfois le cœur gros, et il fait du bien. C'est un film juste généreux en fait, et vraiment je vous le conseille.

Mon prénom, ma bataille.

Salut, je m'appelle Lucie et j'aime beaucoup mon prénom.

Je ne m'en vante pas particulièrement mais je suis fière de m'appeler ainsi, même si ça n'a pas toujours été le cas, loin s'en faut.
Lucie vient du latin lux qui veut dire lumière. Déjà, je trouve ça plutôt cool parce que la lumière est une notion qui me fait du bien. Lucie est un vieux prénom, on en trouve de tous les âges, aussi bien des grands-mères que des nouvelles-nées. Il y a eu d'autres Lucie dans ma classe à plusieurs reprises, au travail parmi mes collègues et plusieurs de mes élèves se prénommaient ainsi. Malgré ça, je me suis toujours sentie inexplicablement unique avec mon prénom tantôt pourri, tantôt bien trop beau.

Lorsque je suis née il y a, ouh là, déjà 30 ans, mes parents avaient prévu de me prénommer Mathilde. Mon grand-père paternel est toutefois intervenu car il avait une sainte horreur de Jacques Brel et, ça tombe bien, parce que moi aussi. Lucie fut donc choisi à la place sans aucun regret. C'est à ce moment précis qu'on se demande si le karma n'est pas venu mettre les pieds dans le plat puisque j'ai finalement retrouvé Lucie, ou Lucy, dans le patrimoine musical. Dans le genre à l'aise et très bien installé.

J'ai eu 10 ans en 1996 et cette année-là, Pascal Obispo a sorti l'album Superflu sur lequel on retrouve une chanson très spéciale en piste 12. Très spéciale parce qu'elle me gonfle au-delà du possible, vous savez qu'il s'agit de Lucie. Et dépêche-toi Lucie, et vas-y que c'est pas marqué dans les livres... Hey, c'est bon, ça suffit. Si en plus je suis dans la même pièce qu'un piano, soyez sûrs que c'est pour ma pomme. Comme si ça ne suffisait pas, Alliage (R.I.P. Quentin Elias) a débarqué en 1997 avec Lucy et ça a été la fin des haricots. Cependant, je crois que je n'ai jamais vraiment entendu les paroles originelles puisqu'elles ont été modifiées par mes camarades de CM1-CM2 dans la cour de récré. En effet, au lieu de chanter "Lucy don't cry", ils disaient "Lucy le singe". Pourquoi le singe ? A cause d'elle :

C'est ça Yves Coppens, fais le malin.

Dans le jargon, on appelle ça cumuler. Sauf que les CM1-CM2 de mon bled sarthois moisi n'avaient pas l'intelligence et la culture nécessaire (ça va, moi non plus) quant à l'origine du prénom de ladite australopithèque. Découverte en 1974, celle-ci a été prénommée Lucy à cause de/grâce à Lucy In The Sky With Diamonds des Beatles écoutée par les archéologues (dirigés par le paléontologue Yves Coppens, cf photo) au moment où ils marquaient le squelette.

Petit aparté : cette chanson, que j'adore (au moins une), écrite, composée et interprétée par John Lennon sur l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band sorti en 1967, n'est absolument pas une ode à la drogue, comme le croient beaucoup de gens à cause des initiales (LSD). A cause de cette légende, la chanson n'avait pas droit de cité sur la BBC. En réalité, la chanson a été inspirée d'un dessin de Julian, le fils aîné de John Lennon alors âgé de 3 ans, qui représentait tout simplement sa meilleure amie, Lucy O'Donnell, dans le ciel avec des diamants. Un petit coup d'Alice au pays des merveilles par-dessus et hop, on tient un tube (source : Les Beatles la totale, les 211 chansons expliquées de Jean-Michel Guesdon et Philippe Margotin, éd. Chêne).

Alors oui, Lucy le singe sur l'air d'une chanson d'Alliage et tout ça à cause des Beatles, c'est beaucoup pour une seule personne et je hurle kamoulox. Enfin franchement de quoi je me plains ? On aurait aussi pu me chanter Daniel Balavoine, Charles Aznavour, Michel Delpech, Elmer Food Beat (soutien éternel aux Daniela), Sylvie Vartan, Hanson (oui, oui)... Je continue ? Non ? Bien, merci.

Que s'est-il passé pour que j'en arrive à aimer ce prénom dont on se moquait tant ? Je ne suis pas sûre d'avoir une réponse précise parce que les choses ont dû arriver progressivement. J'ai trouvé mon salut en arrivant au collège où on m'a enfin fichu la paix. En même temps, j'ai suffisamment souffert à l'école primaire pour toute ma scolarité et le mot est faible. De plus, on m'a aussi tellement dit que mon prénom était joli que j'ai fini par le croire. De toute façon, je n'ai pas de deuxième prénom, je n'avais donc pas la possibilité de me faire appeler autrement. Et puis en dehors des gens qui m'appellent Lucile ou Julie parce qu'ils ne sont pas foutus d'intégrer un prénom dans leur cerveau atrophié (non mais c'est chiant à la longue, surtout quand ça dure depuis 30 ans), j'ai décidé de déclarer la guerre à tous ceux qui ne trouveraient pas mon prénom assez bien pour eux, bien que ceci ne soit plus arrivé depuis l'école primaire. C'est con finalement, tout ça tient à très peu de choses.

Voilà, je m'appelle Lucie et j'en suis très fière. Faites avec !

Annika and the Forest.

Vous aurez remarqué que j'ai effacé mon article précédent. Ça m'a énervée sur le coup, j'ai râlé par écrit et ça m'a fait du bien, désormais c'est réglé et ça va beaucoup mieux de mon côté. Je n'en veux pas du tout à la personne qui avait énoncé cette critique même si ça m'a contrariée pendant deux jours. Si vous ne comprenez rien à ce que j'écris là, passez au paragraphe suivant, je m'en vais vous parler de musique. Toujours est-il que je vais me servir de cette histoire pour faire un travail sur moi-même, c'est important de ne pas être constitué que de certitudes.

Je vais de nouveau faire un parallèle avec notre émission de radio parce que je ne m'adresse pas nécessairement au même public ici et là-bas, et je ne présente pas les choses tout à fait de la même façon. La première émission de la saison 2 (ceci est un lien, tu peux cliquer et écouter le podcast, ça ne te prendra que 60 minutes de ton temps) était musicalement consacrée à un groupe que j'ai découvert il y a très peu de temps et qui s'appelle Annika and the Forest.

Crédit : Jean-Baptiste Millot

Il s'agit d'un groupe créé en 2014 et mené par Annika Grill, diplômée en arts plastiques, auteure, compositrice et interprète suédoise établie à Paris. Elle a également co-fondé un studio d'enregistrement et a travaillé avec de multiples artistes. Sur scène, le nombre de membre varie, mais elle est notamment accompagnée des musiciennes Caroline Geryl, Charlotte Patel et Zoé Hochberg, et vous savez comme j'aime mettre l'accent sur les femmes dans la musique (il y a aussi Sébastien Adam à leurs côtés). Le style d'Annika and the Forest se veut plus ou moins pop électro, arty, même si j'ai désormais des difficultés à exprimer le mot pop depuis que j'ai récemment vu une vidéo explicative très intéressante dont je ne retrouve plus la référence (mais je mettrai à jour l'article quand je l'aurai retrouvée).

Dès la première année de l'existence du groupe, Annika and the Forest a sorti deux EP, Beginnings et By The Way, avant le premier album en 2015 intitulé Chromatic. Inutile de vous dire qu'il est vachement bien et que je vous le conseille. C'est poétique, planant, parfois mélancolique, les textes d'Annika Grill vont quelques fois dans cette voie, et d'ailleurs sa voix est faite pour tellement c'est un cocon.
Un nouvel album est prévu pour 2017, She, et, pour patienter, l'EP A Piece of She sort là, le 23 septembre. Extraits :


Séries #1 : 3 britanniques à voir.

Avant (mais c'était il y a longtemps), je n'aimais pas trop les séries britanniques, mais c'est parce que je n'avais pas vraiment de goût. Aujourd'hui les choses sont différentes. Comme tout le monde, j'ai regardé et absolument adoré Downton Abbey et, bien avant ça, je me suis laissée prendre à Robin Hood (2006-2009). Désormais, je regarde les productions anglaises d'un peu plus près et j'ai pu voir des séries franchement sympas dont je vais vous parler ici.


WHAT REMAINS


Créée en 2013 par Tony Basgallop, What Remains est une mini série d'une seule saison de 4 épisodes faisant 52 minutes chacun. C'est presque un huit-clos puisque l'intrigue se déroule principalement dans un immeuble londonien, le genre de bâtiment qui est plutôt une grande maison de maître divisée en quelques appartements, vous voyez. Le corps de Melissa Young, jeune trentenaire solitaire vivant au dernier étage, est retrouvé dans le grenier deux ans après sa mort. Personne ne s'est rendu compte de sa disparition. Un policier, pourtant fraîchement retraité, se charge d'enquêter et on découvre la face cachée de chacun des habitants de l'immeuble. C'est une histoire dramatique, sombre et glauque mais c'est super haletant, j'ai trouvé que le suspense était bien conservé jusqu'au bout. Je n'ai quasiment pas entendu parler de cette série alors qu'elle est vraiment bien, pour peu qu'on s'intéresse au genre.


POLDARK


On m'a vendu cette série comme un mélange d'Outlander et Jane Austen, je dirais que je n'ai pas du tout été flouée. La première saison a été diffusée cette année et comporte 8 épisodes de 52 minutes également, et la saison 2 devrait débuter ce mois-ci sur la BBC. A mon sens, cette série manque un poil de second degré, peut-être à cause du côté terriblement ténébreux du personnage principal, Ross Poldark, joué par Aidan Turner. En fait, il a toujours les sourcils froncés et le poids du monde sur ses épaules (à raison cela dit) donc ceci doit expliquer cela. L'histoire se passe à la fin du XVIIIème siècle dans les Cornouailles. Ross Poldark revient de la guerre d'indépendance des Etats-Unis où il a combattu du côté des tuniques rouges. Sa famille l'a cru mort, d'ailleurs son père a trépassé pendant ce temps-là, et sa fiancée s'est finalement mariée avec son cousin germain, bien plus riche que lui (et aussi un peu con). Du coup, Ross se retrouve pauvre avec une baraque en ruine sur les bras et des domestiques qui se foutent ouvertement de sa gueule, c'est chaud. Va-t-il s'en sortir ? Vous le saurez en regardant.


THE LIVING AND THE DEAD


Avec Poldark, cette série-là a été mon petit kiffe de l'été. Elle est vraiment toute récente puisqu'elle a été diffusée en juin chez nos voisins anglo-saxons à raison de 6 épisodes de 60 minutes chacun. Dans le rôle principal, on retrouve Colin Morgan qui jouait Merlin dans la série du même nom (à laquelle je n'ai absolument jamais accroché d'ailleurs). Cependant, là, il est vachement mieux parce que d'une part, il a les cheveux plus longs et, d'autre part, il a une barbe. C'est autre chose que la coupe au bol moyen-âgeuse. A ses côtés et jouant le rôle de son épouse, Charlotte Spencer, qui est une magnifique rousse jouant une super féministe de la fin du XIXème siècle. De plus, cette série est vraiment très bien filmée, les images sont très belles et la musique souvent bien choisie. De retour de Londres, le couple Appleby se retrouve plus ou moins obligé de s'occuper de la demeure familiale de monsieur, à la campagne, après la mort de sa mère. Initialement, lui est psychiatre et elle photographe, ce sont des gens modernes, volontaires et sceptiques (enfin elle plus que lui). Oui mais voilà, il va commencer à se passer des trucs chelous dans la maison et le village, au point que tout le monde finit par croire le lieu maudit. Et quand je vous parle de trucs chelous, c'est vraiment chelou. Je dois donc vous sommer de regarder car c'est tout à fait déroutant.


Si vous avez regardez ces séries, qu'en avez-vous pensé ?