Cinéma #10 et ce que j'entends par "films de filles".

Je ne l'ai presque pas fait exprès mais ces dernières 24h, j'ai regardé deux films qui ont fait de moi une meuf comblée. Le premier dont je vais vous parler est résolument féministe, ce qui est sans doute moins la vocation du second mais j'y ai trouvé des choses intéressantes.


GHOSTBUSTERS, de Paul Feig (2016)


Voilà un film qui a fait grand bruit des mois avant sa sortie au cinéma (en août dernier). On a tout entendu à son sujet, des choses chouettes et d'autres très absurdes, voire évidemment sexistes. Mon argument préféré était celui-ci : "On n'a pas besoin d'un remake ! Les films de 1984 et 1989 sont parfaits, on n'y touche pas !" et cela me fait soulever plusieurs points :
- En tant que nostalgique, adepte notoire du c'était-mieux-avant et personne de mauvaise foi, je trouve les remakes aberrants. D'autant plus s'ils n'apportent rien, si ce n'est accroître l'orgueil d'un cinéaste. Selon moi, Ghostbusters 2016 n'est pas totalement un remake parce que, même si l'univers et la trame de fond sont repris, l'histoire est différente.
- Oui, les films de 1984 et 1989 sont irremplaçables. Comme beaucoup, je les ai vus étant mômes et ils font partie de mes films préférés au monde. J'ai été grave choquée par Bibendum Chamallow et encore plus par Vigo la Tristesse de Moldavie au musée d'Arts Modernes de New York. Je ne cautionnerai jamais un remake complet de ces films sans Rick Moranis ni Bill Murray. D'autant plus maintenant qu'Harold Ramis est mort, ce serait de l'irrespect total.
- A chaque fois que j'ai vu cet argument sortir, il venait toujours d'un homme.

Je vais désormais m'attarder sur ce troisième point. S'il y a bien un fait indiscutable, c'est que jamais, au grand jamais, un homme ne sera capable d'avoir un argumentaire construit sur le féminisme. Ce n'est pas une insulte, c'est physiologique et sociétal : "No uterus, no opinion" (copyright Rachel Green, bien que toutes les femmes ne soient pas nécessairement pourvues d'un utérus). Un homme ne pourra que constater le sexisme ordinaire (et tout ce qui en découle) sans jamais le concevoir à 100% pour la bonne et simple raison qu'il ne le vivra jamais. Si vous voyez de la misandrie là-dedans, ravalez votre orgueil et passez votre chemin (d'autant que c'est comme le racisme anti-blanc, ça n'existe pas).

Cette version féminine de Ghostbusters, je l'ai vue comme un espoir. Je me fiche totalement des intentions réelles ou non du réalisateur Paul Feig ou du fric que ce film a brassé parce que je vois au-delà : quatre femmes - dont une noire et une grosse - en sont les héroïnes et elles sont scientifiques, drôles et tout simplement badass. Le casting a cependant une fêlure : il aurait été parfait si Leslie Jones, actrice noire, avait été à la place de l'une des trois scientifiques, toutes blanches : Melissa McCarthy, Kristen Wiig et Kate McKinnon. Comprenez bien la chose : des personnages féminins qui ne sont pas des seconds rôles, qui exercent une profession où on voit davantage d'hommes, qui ne vivent rien de romantique et auxquelles on peut enfin s'identifier, j'ai 30 ans mais c'est mon rêve de gosse qui se réalise. Pourquoi ne pas faire une création originale dans ce cas ? Parce que ce film est une alternative. Il doit servir d'exemple, même s'il n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat. Les petites (et les grandes comme moi !) filles ont besoin d'héroïnes pour s'identifier autres que Princesse Starla.

Enfin, ce film est tout simplement excellent. Pour reprendre mes premiers points, comme je suis nostalgique et fan des premiers films, j'ai adoré les cameos qui, certes, manquaient parfois de subtilité. En plus d'être une alternative, ce film est un hommage alors chaque clin d'œil est splendide ! Et puis, évidemment, un scénario bien ficelé, on ne s'ennuie jamais et... oh, Melissa McArthy, je suis fan de cette femme. Chaque personne peut aimer ce film, sauf le mâle bougon qui n'en démord pas évoqué au début de cet article. Pour celui-là, je crains qu'il n'y ait rien à faire.


RICKY & THE FLASH, de Jonathan Demme (2015)


Le second film est avec Meryl Streep, la fille de cette dernière Mamie Gummer, et Kevin Kline. J'ai d'abord été très intriguée par Meryl Streep dans le rôle d'une rockstar, voyez-vous j'aime beaucoup cette actrice. L'histoire est celle de Linda, alias Ricki Rendazzo, chanteuse du groupe The Flash se produisant essentiellement dans un bar californien. Ils ont tous un âge avancé et, pour réaliser son rêve, Ricki a plaqué mari et enfants des années auparavant. Elle revient auprès d'eux, à Indianapolis, parce que sa fille est en pleine dépression.

C'est avant tout un film familial, il ne faut pas se leurrer. Il n'est pas vraiment remplis de bons sentiments un peu chiants mais il pose une problématique intéressante : comment est vu l'abandon d'une famille quand il s'agit de la mère. Il faut être honnête, Ricki est loin d'être la mère idéale. En plus d'être absente, elle vote républicain et nie l'homosexualité de son fils. Elle n'est pourtant pas malveillante, elle aime malgré tout sa famille, à sa manière. Lors d'une scène, sa fille lui reproche d'avoir suivi son rêve de faire de la musique plutôt que celui de s'occuper de sa famille. Réaction logique de la part de la descendance, mais j'ai toujours pensé que les enfants avaient cette part d'égoïsme quant à leurs parents : on ne veut pas qu'ils soient autre chose... que des parents.

Bref, il y a malgré tout ici un côté feel good movie, Meryl Streep est tonitruante et chante hyper bien. Ricki n'a finalement pas réussi à avoir l'envergure de Joan Jett alors que son ex-mari a un compte en banque très rempli. La preuve encore que la femme généralement vénale est un mythe.

3 commentaires:

  1. Ça fait quelques jours que je suis tombée sur ton blog et je prends enfin le temps d'écrire un commentaire. Je te suivais déjà quand tu étais sur Cowblog, et je me rappelle très bien avoir gagné à un concours que tu organisais, c'est comme ça que j'avais découvert le thé Anastasia de Kusmi Tea ! Bref, ça m'a fait vachement plaisir de retrouver ton blog par hasard, longtemps après avoir quitté Cowblog.

    Pour en venir au sujet de ton article, tu m'as bien donné envie de voir ce nouveau Ghostbusters ! J'ai vu le premier film il n'y a pas très longtemps (j'ai une culture cinématographique extrêmement défaillante, merci les parents - je me rattrape de temps en temps) et j'ai bien aimé (j'avais un peu peur que ça ne me plaise pas du tout). Il faudrait que je regarde le 2 et que j'en chaîne avec cette version ! Tu as d'autres films à conseiller avec Melissa McCarthy ? J'avais commencé à regarder Mike and Molly mais j'ai lâché dans la deuxième saison, je trouvais que ça ne se renouvelait pas assez.

    Un peu dans le même genre, j'ai été surprise de découvrir des propos féministes dans Nos pires voisins 2. La preuve que le féminisme peut faire rire !

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    1. Oh dis donc, incroyable ! D'autant que Cowblog remonte à longtemps maintenant ! Je suis flattée que tu aies réussi à me retrouver :) Et je tiens à dire que le thé Anastasia est toujours l'un des meilleurs, haha.

      J'ai récemment vu Melissa McCarthy dans Les Flingueuses (du même réalisateur) avec aussi Sandra Bullock. J'étais tombée dessus par hasard à la télé et malgré mes à priori, le film est super cool. Elle y est absolument géniale !

      Et puis c'est marrant que tu me parles de Nos pires voisins 2 parce que je l'ai dans mes cartons mais je freine. J'avais bien aimé le premier, ça passe le temps, alors je vais peut-être tenter le 2 du coup !

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    2. Mon préféré chez eux c'est le Tsarevna =) Depuis le temps, ma belle-mère m'a un peu initiée aux thés, et comme elle en vend, je me fais tirer les oreilles si j'en achète ailleurs que chez elle XD Mais j'achète quand même du Kusmi de temps en temps parce que j'aime vraiment leurs thés noirs pour mes petits-déj.

      J'essaierai Les Flingueuses alors !

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