Bror Gunnar Jansson (+ William Z Villain) @ Fuzz'Yon, La Roche-sur-Yon.

Le blues, vaste sujet. Il faut croire que j'ai attendu de vieillir un peu pour en écouter. Bien que ça ne soit pas mon genre de prédilection au départ, je me surprends à aimer ça de plus en plus. Evidemment, le niveau de ma culture se situe au-dessous de la mer mais j'essaie d'apprendre quand l'occasion se présente. C'est pour cette raison que je me suis rendue à un plutôt drôle de concert hier soir, avec une joie non feinte. Il s'agissait de Bror Gunnar Jansson et de William Z Villain en première partie.

Bror Gunnar Jansson

Bror Gunnar Jansson est un chanteur de blues suédois qui aime beaucoup Johnny Lee Hooker. Sur scène, il joue tout seul de la guitare et de la batterie, en chaussettes mais tiré à quatre épingles. C'est-à-dire qu'on est sur du cravate-chemise-veston-chapeau, type années 20, vous voyez. L'homme est assez froid de prime abord, d'autant qu'il a des traits plutôt anguleux et un regard exprimant diverses choses selon sa direction et la lumière. Il n'interagit pas vraiment avec le public et il semble jouer dans un cadre plutôt strict. J'ai cru comprendre que ça pouvait en gêner certain-e-s, mais moi j'ai adoré ça. Un moment, j'ai perdu la notion du temps tellement je me suis sentie hypnotisée, j'ai eu l'impression d'être le serpent du charmeur. La déconnexion se fait aussi par son souci du détail : le son, sa voix, le petit verre de whisky pour s'hydrater et sa façon de saluer le public à la fin du concert. Ce monsieur est très impressionnant.

Il a sorti deux albums : Bror Gunnar Jansson en 2012 et Moan Snake Moan en 2014, ainsi que deux EP : And The Great Unknown part I et part II sortis cette année.



La première partie a donc été assurée par William Z Villain et je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai vu. Multi-instrumentiste également et avec encore plus de mérite parce qu'il avait le bras droit en écharpe, c'est le genre d'homme insupportable parce qu'il est aussi drôle que talentueux. Il a une si jolie voix qui raconte de fort bonnes histoires, c'est extrêmement agréable. J'ai lu quelque chose d'assez juste à son sujet, qu'il "alterne entre grand n'importe quoi et émotion la plus intense". Alors oui, voilà, c'est ça en fait. Moi je le trouve vraiment kiki.

Allez ici pour en voir un peu plus. Et là aussi. Oh et lisez cet article, ma foi.

We love you Chris Cornell.

Je ne sais pas ce que l'univers cherche à nous faire passer comme message lorsqu'il nous abreuve littéralement d'une pluie continue, grise et froide un jeudi matin de mai et nous impose en plus la disparition de Chris Cornell. J'ai la fâcheuse tendance à allumer mon smartphone avant même de sortir du lit, c'est une très mauvaise habitude. Je consulte rapidement les réseaux sociaux, il est donc d'une facilité déconcertante de commencer la journée par une mauvaise nouvelle. Deuxième fois, après David Bowie, que le coup de massue accable ma mélomanie, je suis vraiment triste.

La chanson qui nous revient en premier est évidemment Black Hole Sun (Superunknown, 1994), le tube interplanétaire de l'époque Soundgarden, une des légendes du grunge avec laquelle beaucoup de gens de ma génération ont grandi. Puis c'est une référence qui traverse les âges et se transmet à celles et ceux d'après, pour ainsi ne jamais vraiment mourir. C'est le pouvoir immuable de la musique.

J'ai vu Chris Cornell en concert au Zénith de Nantes en 2009 alors qu'il assurait la première partie de Lenny Kravitz. Il venait de sortir l'album Scream, aux antipodes de ce qu'il avait pu produire jusqu'alors en solo, avec Temple of the Dog, Soundgarden ou Audioslave. J'ai pris ce jour-là une des nombreuses claques de ma vie, même si elle fut tardive.

Un homme avec un talent inconditionnel et une voix fantastique, il manque déjà.

Crédit : Justin Borucki

Être cadrée ou se laisser porter.

Je souffre d'une pathologie qui mériterait très sérieusement d'être soignée par un-e professionnel-lle de santé mais qui est bien trop ignorée à mon goût : la désorganisation, le manque de rigueur, le cerveau qui vrille en permanence dès qu'il se passe un peu trop de choses dans une journée. Je ne sais pas comment on pourrait appeler ça, je n'ai jamais fait de latin ni de grec, aussi je suis incapable de trouver une racine correcte et de m'en dépatouiller.

Il m'en faut extrêmement peu (pour le commun des mortels, j'imagine) pour me sentir submergée. Je me dis parfois qu'il me faudrait un coach humain qui soit derrière mon dos toute la journée afin de m'obliger à gérer ma vie à peu près sereinement mais comme je manque aussi de patience et que, selon l'homme qui partage ma vie, je ne supporte pas l'autorité, je l'enverrais sûrement péter au bout de 24 heures.

En fait je me trouve plutôt étonnante. Lorsque je travaillais comme assistante d'éducation, bien que mon cerveau se retrouvait parfois embrouillé par mon sens naturel de la désorganisation, j'accomplissais mes tâches plutôt bien, voire dans l'ordre, parfois à l'aide de post-it, parfois non, et ça roulait. Depuis que je suis au chômage, c'est-à-dire depuis 20 mois, c'est la débandade. On ne peut pas vraiment dire que je croule sous des obligations multiples mais comme je n'ai plus aucun cadre, je fais n'importe quoi. Je n'arrive pas à avoir deux journées semblables. C'est-à-dire que je :
- suis incapable de me lever chaque jour à la même heure
- suis incapable de me coucher chaque soir à la même heure
- ne sais pas être constante dans mes humeurs
- suis incapable de suivre un plan, une to-do list ou, pire, un bujo
- suis (presque) incapable de ne pas effectuer mes tâches au dernier moment

Cela a donc des répercussions sur ma façon de répondre aux messages de mes amis (je peux répondre tout de suite comme mettre un temps fou), d'alimenter ce blog, de gérer les choses à faire puisque j'agis très régulièrement sur un coup de tête et jamais quand je l'ai prévu, et par extension ma concentration est la plupart du temps sous le niveau de la mer. Lors d'un surplus d'informations, je bug littéralement et j'ai besoin de quelques secondes de méditation pour remettre mes neurones en place, me donnant ainsi parfois l'impression d'être une parfaite abrutie.

Je n'ai pas de solution et je ne sais pas si je peux m'améliorer. Je pense que je suis née comme ça mais que ça ne s'arrange pas en vieillissant. Parallèlement je suis légèrement maniaque, j'éprouve une réelle satisfaction à voir les choses propres, bien rangées et logiquement organisées. A l'inverse de tout ça, j'apprécie le concept de routine parce que je n'aime pas trop les surprises et qu'on m'impose des choses, des rendez-vous au dernier moment, ça me perturbe et me contrarie vraiment, j'ai besoin de me préparer psychologiquement quand ça ne dépend pas de moi.

Au final, je ne sais pas si je dois vivre dans un cadre permanent avec le risque d'y péter une durite ou si je dois me laisser porter. 

Tu sais ce que j'en fais de ton Miracle Morning ?

Il est 23h45 au moment où je commence à écrire ces lignes et je n'avais pas du tout prévu de terminer ma soirée de cette façon. J'avais plutôt envie d'aller dormir puisque j'essaie tant bien que mal depuis quelques semaines de me coucher de bonne heure. Oui, selon moi il est tôt, je ne me couche habituellement jamais avant 2h du matin (en moyenne). Je suis donc plutôt ici à écrire parce que je n'arriverai pas à m'endormir avant d'avoir expulsé mon agacement.

Aujourd'hui, j'ai lu l'article de trop concernant le Miracle Morning. Mais si, vous savez, c'est cette recette magique qui consiste à se lever en moyenne une heure plus tôt chaque matin afin de faire une journée en plus de votre journée normale censée commencer à une heure décente (encore que là, chacun voit midi à sa porte, 7h est une heure qui me froisse). Vous vous réveillez donc à 5h30 du matin et votre vie devient meilleure.
Entendons-nous, si cela fonctionne pour vous et que vous êtes heureux-ses, je suis contente pour vous. Oui, vraiment. Aussi, cet article est complètement gratuit mais j'en ai quand même ma claque de ces conneries.

La dernière fois où j'étais déjà réveillée à 5h du matin, je crois que c'était pour aller à l'aéroport. En plus c'était un retour de vacances, la joie n'était donc pas au rendez-vous. Et c'était il y a dix ans. En revanche, je me suis couchée un tas de fois à cette heure sans même avoir fait la fête ni travaillé de nuit : j'ai juste eu l'outrecuidance de passer la nuit chez moi en pyjama à écouter le silence (ou de la musique), écrire ou lire un bouquin. D'ailleurs, quand j'ai un livre entre les mains, j'évite comme la peste le sujet du développement personnel. Je ne supporte pas qu'une personne que je ne connais pas m'explique par a+b quel comportement je dois adopter pour bien faire les choses (selon elle). Apparemment, il existe un ouvrage d'un certain Olivier Rolland qui s'intitule Tout le monde n'a pas eu la chance de rater ses études. C'est quoi ce délire ? Est-ce véritablement une chance de rater ses études ? J'ai raté les miennes ! Je n'ai aucun diplôme, aucun métier et je suis au chômage depuis 18 mois. Ce livre, vous pouvez vous le mettre où je pense, je ne veux même pas en entendre parler.


J'ai lu plusieurs billets de blogs qui vantent les mérites du Miracle Morning et de toute cette vie parfaite qui en découle. Parfaite sur Internet et les réseaux sociaux, je suis tout à fait consciente que ces blogueuses (je n'ai lu que des femmes sur le sujet) font parfois des tâches de gras sur le plan de travail de leur cuisine, du moins je l'espère très fort. Le coup de grâce m'a été donné par une auteure qui est heureuse, et nous ne devrions retenir que cela. Toutefois, elle se réveille à 5h45 chaque matin. C'est un problème. Ses premiers gestes : se jeter de l'eau froide sur le visage (c'est un problème), commencer un brin de ménage (c'est un problème) et boire un verre d'eau tiède citronnée (c'est un problème en plus d'être dégueulasse). Après ça, elle fait du sport. Je connais des gens très bien qui font du sport de bonne heure le matin, je ne juge pas. Mais c'est un problème parce le petit-déjeuner n'arrive qu'1h30 après tout ceci. Personnellement, je suis incapable de mettre un pied devant l'autre avant d'avoir avalé une tasse de thé noir et si, en plus, je devais me farcir toutes ces activités avant de manger, il me faudrait m'enfiler une dizaine de tartines beurrées. Non, ici la blogueuse avale du muesli. Le muesli aussi c'est dégueulasse, c'est donc encore un problème.

Pour moi, un véritable Miracle Morning c'est quand j'arrive à dormir sans que mes chats ou les raclements de chaise de mon voisin ne viennent me réveiller. C'est quand je réussis à faire une nuit d'au moins huit heures parce que mes gélules de mélatonine ont fait effet. C'est quand je ne me trouve pas plus laide que la normale quand je me regarde dans le miroir. C'est quand il fait beau, que je me réveille de bonne humeur, sans mal de tête, et qu'il me reste encore du thé vénitien. Je suis très heureuse quand j'arrive à me réveiller à 9h mais tant que c'est avant midi, je considère que ma journée n'est pas perdue, même si je n'ai rien de prévu. Je passe mes journées en "tenue d'intérieur" (imaginez ce que vous voulez), je ne me maquille certainement pas et même que des fois, j'ai les cheveux gras. J'envoie le développement personnel et les pensées de gratitude se faire foutre avec une joie non feinte, je fais du sport un jour sur treize et je mange parfois gras, parfois sain, parfois végétarien, parfois non, même que ces jours-ci se trouvent dans ma cuisine des avocats du Chili et des bananes de République Dominicaine. Et je m'en bats les reins, écoutez.

J'en ai plus que plein le fion de lire et de voir des modèles de perfection qui sont happy dans le nom de leur blog et leur vie, et le revendiquent, c'est lisse. J'ai envie de les pincer. Je pourrais les éviter du regard mais je dois être un peu masochiste, je suis un être humain (surtout curieuse). Honnêtement, ces gens me fatiguent et me peinent à la fois, je ne peux pas croire que des rituels pareils puissent être pérennes. En fait ça me dépasse, je n'ai pas l'impression qu'il soit si compliqué dans les faits d'être soi-même et d'arrêter de forcément se plier à une mode complètement barjot. C'est malheureux quand on se rappelle de cette étude qui explique que travailler avant 10h est une torture, on ne peut décemment pas se concentrer avant cette heure alors ne me faites pas croire que faire tous vos trucs, aussi personnels soient-ils, est efficace absolument chaque matin. Arrêtez cette vie de communiste, vous allez nous faire un burn out. A quoi ressemblent vos soirées en vous couchant à 21h alors que vous êtes rentré-e-s du boulot à 19h ? Non, vous, vous préférez vous lever à 5h du mat' juste pour boire de l'eau tiède sans manger une seule tartine, je suis hyper déçue. Vous n'avez même pas 30 ans, vous me faites réellement flipper.

Alors voilà, vous avez gagné. Vous me collez des angoisses terribles si vous possédez un blog blanc et/ou pastel avec une bannière comportant le mot "happy", des fleurs et une police cursive (vous êtes tellement à faire ça, c'est encore un problème), plusieurs articles avec tant de façons et d'astuces pour arriver à faire ceci ou cela (arrêtez de faire des listes et écrivez des putains de phrases avec sujet-verbe-complément et du vocabulaire, bordel, voire des gros mots, personne ne vous en voudra, MERDE), des articles remplis de mots en anglais pour être stylé-e (laissez cela aux gens-de-la-comm' par pitié), des conseils de chiotte pour harmoniser un feed Instagram, ET CÆTERA. Si vous voulez mon avis, vous n'écoutez pas assez de rock'n'roll.


(Oui, c'est bien Mila Kunis quand elle avait tout juste 18 ans)

Cinéma #14 et Brimstone, un western dans un thriller.

Le soir où je suis allée voir Split dans mon petit cinéma de quartier que j'aime tant, il y avait dans l'autre salle le film Brimstone, de Martin Koolhoven et dont je n'avais jamais entendu parler. Intriguée par l'affiche, le casting et le synopsis, il ne m'en fallait pas davantage pour me convaincre de le voir (vous me direz, j'étais déjà quasiment au max).

Brimstone est une co-production internationale : un réalisateur néerlandais avec une fort jolie petite moustache, des contributeurs de l'ombre de la même nationalité mais aussi français et danois, et des acteurs toujours néerlandais ainsi qu'anglo-saxons et américains. Parmi ces derniers et dans les rôles principaux, on retrouve Dakota Fanning, désormais majeure et vaccinée (j'ai dû croire qu'elle resterait enfant toute sa vie) et Guy Pearce, qui a la faculté de souvent jouer dans de très bons films (et séries). Il y a également Carice Van Houten et Kit Harringon (Melisandre et Jon Snow dans Game of Thrones), tout comme la fort mignonne à croquer Ivy George (Amabella dans l'excellente série Big Little Lies).


L'histoire se passe au XIXème siècle dans l'Ouest des États-Unis. La jeune Liz (Dakota Fanning) vit tranquillement avec son mari et ses enfants, c'est la sage-femme de la ville. Lors de la messe hebdomadaire, un prêcheur (Guy Pearce) débarque et c'est la panique.

Comme je n'ai rien lu au sujet du film avant de le regarder, j'ai d'abord cru à une histoire de sorcellerie parce qu'en français, "brimstone" veut dire "soufre". J'étais dans le faux mais pas tant que ça, je n'ai pas été déçue : il est véritablement question ici de malédiction. Il s'agit d'un très long (2h30) thriller terriblement sinistre et glaçant construit en quatre parties montées dans le désordre, le film ne commence pas tout à fait par la fin et ne se termine pas vraiment par le début. Liz est le personnage central, on la voit à différentes époques de sa vie. Le prêcheur est l'un des pires enfoirés jamais vus au cinéma. Plusieurs sujets sont mis en lumière : la condition des femmes (trigger warning), celle des communautés hollandaises très religieuses immigrées, la notion de destin, de fatalité, c'est une œuvre malsaine, sadique, perverse, extrêmement violente, vraiment choquante. A ces mots, vous devez croire que je n'ai pas aimé le film mais il en est tout autrement car en plus d'être esthétiquement d'une grande beauté, il est magistral.
On m'en a parlé et j'ai effectivement lu quelques lignes à ce sujet, le film est accusé de complaisance envers les violences faites aux femmes. Je l'ai personnellement trouvé plutôt féministe même si les agressions sont multiples et d'une grande barbarie (d'où le trigger warning). La rébellion est dans le cœur de Liz, de celui de ses "collègues", mais aussi malgré tout dans celui d'Anna (Carice Van Houten). Elles ont finalement toutes plus ou moins le même destin, peut-être discutable pour certains, mais intransigeant.

Cinéma #13 et Split, un film fin comme du gros sel.

Il faut qu'on parle. Qu'on se pose deux minutes et qu'on discute très sérieusement de ce film qu'est Split de M. Night Shyamalan. Qu'est-il arrivé aux critiques presse ? Selon Allociné, sur 28 journaux, 5 ont donné 5 étoiles et 14 en ont donné 4. Les critiques spectateurs sont les pires, la moyenne est de 4.1/5. Sommes-nous allés voir le même film ? Suis-je passée à côte de quelque chose d'essentiel (mais ça m'étonnerait) ? En toute honnêteté, je suis pourtant sortie du cinéma relativement contente de ce que j'avais vu mais je n'avais en tête que l'incroyable performance de James McAvoy et beaucoup de tendresse pour Anya Taylor-Joy, vue il y a peu dans The Witch (film excellent). Après cela, j'ai pris le temps de réfléchir au film en entier et d'en discuter avec mon partenaire de salle obscure du moment, il était alors évident que ce film est super relou.

Spoilers sous l'image.


Peut-être ne suis-je qu'une snob parmi tant d'autres mais vous m'excuserez, les films de M. Night Shyamalan, c'était mieux avant. Bien qu'on m'ait spoilé Sixième Sens dans la file d'attente du self quand j'étais au lycée, je l'ai adoré malgré tout (c'est comme si j'avais fait directement une seconde lecture) et j'ai été sidérée par Signes et Le Village. Je me suis sévèrement ennuyée devant La jeune fille de l'eau et j'ai trouvé The Visit bien mais pas top (mais bien). C'est vrai, je n'ai pas vu Incassable, mais on m'en a tellement parlé que c'est tout comme. C'est pourquoi je n'ai pas été spécialement surprise en voyant la dernière scène de Split puisque j'ai compris la présence de Bruce Willis, mais alors quelle vaste plaisanterie ! Je n'ai pas éclaté de rire par respect pour les autres spectateurs dans la salle mais j'ai rarement fait des yeux aussi ronds. Non mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ! Le pire, c'est que j'irai voir la suite prévue pour l'année prochaine, parce que je veux comprendre ce délire.

Synopsis : Kevin (James McAvoy) a 23 personnalités qui cohabitent dans son corps. Il enlève trois adolescentes (dont Anya Taylor-Joy) qu'il garde enfermées dans un sous-sol.

Et donc je suis contrariée parce que comme je l'ai écrit plus haut, j'ai été subjuguée par le jeu de James McAvoy (je suis amoureuse de lui depuis toujours, faut dire). Toutefois, quel est l'intérêt de dire qu'il a 23 personnalités si c'est pour n'en montrer que 6 ou 7 ? Si les identités restantes ne sortent pas "dans la lumière" dans Split 2, je fais un scandale. Il en va de même pour ces flashbacks incessants sur la vie passée de Casey, un seul aurait suffit, il est inutile de prendre le spectateur par la main pour lui faire comprendre les violences qu'elle a subies et comment elle en est arrivée à savoir se servir d'un fusil de chasse. De plus on est aux États-Unis, il faut arrêter de nous prendre pour des idiots. La relation entre Kevin et Casey est donc cousue de fil blanc.

J'aime bien quand M. Night Shyamalan nous dirige vers un postulat fantastique se révélant finalement tout à fait réaliste avec, parfois, des bons nœuds psychologiques. Dans Split, j'ai trouvé vraiment intéressante la menace constante de l'arrivée de "la bête" que le Dr. Fletcher (la psychiatre qui suit Kevin) impute à une potentielle 24ème personnalité naissante, justement parce qu'elle est psychiatre et que son rôle est de trouver une explication logique à ce qui arrive. C'est pourquoi, quand elle finit par se manifester, j'étais contente que Kevin se prenne pour une sorte de loup-garou. J'ai toutefois été vite déçue quand j'ai vu les veines fluorescentes de son torse gonfler anormalement ainsi que sa manière de grimper au mur, on n'avait vraiment pas besoin de ça. Le mystère se résout aussi bien facilement, d'un seul coup un type se trouve là et recueille Casey qui a réussi à s'échapper, non sans avoir tiré deux coups de semonce dans le corps de Kevin (en découlera ensuite la scène avec Bruce Willis).

Alors je ne sais pas. Je me doute bien que tout cela prépare à la suite mais permettez-moi de trouver ça débile. J'aurais aimé que le film soit indépendant, qu'il soit raccourci des cinq dernières minutes. J'aurais aimé ne pas savoir si Kevin a survécu et ce qu'il va advenir de Casey au moment où elle regarde la policière qui lui annonce que son oncle vient la chercher. Autant vous dire que Split 2 a vachement intérêt de sauver le bazar parce que jusqu'ici, c'est plutôt ridicule.

After Marianne, la dream pop de Toulouse.

J'ai reçu le premier EP d'After Marianne, It's A Wonderful Place To Be (Over) en octobre dernier, mois de sa sortie, dans le cadre de mon partenariat avec Éphélide. J'ai traîné à rédiger mon article parce qu'il me manquait des informations. J'avais notamment préparé et envoyé une interview destinée au groupe mais entre-temps j'ai changé de contact et je n'ai jamais eu de retour, je pense qu'elle s'est perdue en chemin. De plus, la cadence ici s'est sérieusement ralentie ces derniers mois, c'est pourquoi vous ne pouvez lire ce billet qu'aujourd'hui et pas il y a six mois (mais vous ne vous êtes rendus compte de rien, c'est ce qui est formidable). Je n'ai pas trop de regrets, je trouve que les questions que je posais étaient relativement pourries (c'est un métier) et j'ai eu l'occasion d'en lire de très bonnes ailleurs sur le web apportant toutes les réponses que je voulais.


Je ne vais pas tergiverser très longtemps, j'ai eu un très gros coup de cœur pour les toulousains After Marianne. Leur EP est absolument magnifique. Six morceaux, dont un duo avec Julien Doré (Love Is Just A Game) et un interlude, qui se rassemblent sous forme de concept autour de l'idée de la fin de la vie. C'est Mathilda, la chanteuse, qui écrit les textes qu'elle ne considère pas nécessairement tristes, à chacun-e de se faire son idée. Une certitude toutefois, After Marianne fait une musique mélancolique conférée par sa lenteur et ses thèmes, influencée par Sigur Rós, CocoRosie, Daughter ou encore Bon Iver. Avec cet EP, j'ai personnellement ressenti les mêmes choses qu'en écoutant Everest de Girls In Hawaii qui est l'un de mes albums favoris.

Le groupe a constitué son nom à partir de deux chansons : After The Storm de Mumford & Sons (rock et musique traditionnelle britannique) et Marianne's Son de First Aid Kit (les sœurs suédoises du folk). La thématique est spatiale, dans cette interview très complète, Mathilda dit : "Nous faisons une musique très spatiale, très planante, atmosphérique et cinématographique qui prête à visualiser beaucoup d'images et de paysages. Nous faisons une musique lente par nature. C'est une musique à l'épreuve du temps. [...] Nous faisons une musique qui peut aussi bien s'écouter sur Mars que sur Neptune ou sur Terre." Je vous avoue que cette idée me plaît énormément, et le ton est donné dès la pochette de l'EP qui laisse apparaître un couple un peu flou, on dirait des trapézistes de cirque, sur fond de voie lactée avec des bouts de planètes.

Deux clips existent déjà, celui de Marianne qui m'a fait pleurer (je suis très sensible, d'accord ?) et qui est totalement dans la thématique de l'EP, ainsi que Take Care qui met en scène deux occidentaux arrivant par la mer en kayak, marchant longtemps et rejoignant un groupe, comme eux, en pleine migration et se retrouvant face à un mur (si ça vous rappelle l'actualité, c'est normal).

Prochains concerts : 7 avril au Chantier des Francos (La Rochelle), 11 mai à La Batterie (Guyancourt), 3 juin au Bikini (Ramonville Saint-Agne), 15 juillet aux Francofolies (La Rochelle).


Cinéma #12 et double dose de Trainspotting.

En 1996, j'avais 10 ans et, alors que ma mère m'avait déjà absolument interdit de regarder Rick Hunter et Dragon Ball Z à la télévision, vous imaginez bien que je pouvais difficilement voir Trainspotting. Du coup je l'ai vu dix ans plus tard comme une partie des gens de ma génération. Je vais donc parler des deux films tout en faisant usage de spoilers, veuillez cesser votre lecture si vous ne voulez rien savoir.


On ne va pas se mentir, Trainspotting est un film culte et ce pour une tonne de raisons, vous-mêmes vous savez lesquelles. Je suis très emballée par le fait qu'il s'agisse d'un film aussi drôle que dramatique, qu'il ne soit strictement jamais pathétique ni too much et j'aime le cinéma britannique, ça pèse dans ma balance, tout comme Danny Boyle qui est un réalisateur que j'apprécie énormément. La bande-originale contribue évidemment au génie de ce film, on ne peut pas écouter Lust For Life d'Iggy Pop ni Born Slippy d'Underworld sans imaginer Renton sourire bêtement, Spud péter un boulon, SickBoy rester cool et Begbie être franchement moins moins cool. J'énumère un peu, on dirait une critique cinéma un peu moisie qui fait sa bonne élève parce qu'elle a découvert le film la veille. En réalité ce n'est pas tellement faux. J'ai eu le plaisir de revoir ce mercredi Trainspotting, au cinéma cette fois-ci, et T2 Trainspotting dans le cadre d'une double séance organisée par l'association Off Screen qui organise, entre autres, des séances avec des films "hors cadre", de série Z, cultes, etc. au Concorde, cinéma de quartier à 200 mètres de chez moi (ça c'est vachement bien). Mon premier visionnage datait de quelques années, il était indispensable de faire une mise à jour avant de voir le second volet. J'ai bien fait, j'avais oublié tant de détails !

J'étais vraiment très pressée de voir T2 Trainspotting et je n'ai absolument pas été déçue. Il faut bien qu'on se mette en tête que ce film ne sera (peut-être) jamais aussi culte que le premier mais il est tellement bien amené. On se retrouve vingt ans plus tard, après que Renton ait trahi ses potes en se barrant avec les £16.000. Il revient à Édimbourg et l'accueil est mitigé. Ils ont tous 45 ans bien tapés et pas sûre qu'un seul ait bien vieilli, chacun des quatre protagonistes conserve un fardeau : l'héroïne, la prison, les trafics en tout genre et la totale lose. Quoiqu'on fasse, on ne change jamais vraiment. Le film a beau conserver le même humour, le constat est terrible. Le rythme est aussi un peu plus mou, bien qu'il y ait des pics d'énervement, mais c'est un bon point parce que les mecs sont tous quadragénaires, ils ont subi les affres du temps et leur santé s'en ressent, le film évolue donc à leur cadence.
Ce deuxième film surfe allègrement sur la vague de la nostalgie puisqu'il est incrusté de bout en bout de morceaux du premier, ajustés comme des flashbacks. Ce n'est pas un mal, surtout si on n'a pas fait de rafraîchissement au préalable. Personnellement, j'ai trouvé qu'il y en avait un peu trop mais c'est peut-être parce que j'ai revu le premier film juste avant. J'ai lu quelques critiques d'autres spectateurs et notamment une qui regrettait que cette suite ne soit pas plus indécente, qu'on n'y voit pas davantage de drogues dures. Je ne suis pas d'accord avec ça et ça rejoint ce que je dis plus haut, le comportement des protagonistes est cohérent avec leur situation. Spud essaie de s'en sortir (péniblement) en suivant un programme de désintoxication, l'accent est plutôt mis sur les nouvelles activités de SickBoy (chantage et proxénétisme), Renton a complètement décroché et Begbie est un temps en prison, un temps en cavale. De toute façon, il a beau commettre divers larcins, souvenez-vous que ce dernier ne se droguait pas. D'ailleurs il reste mon personnage favori du premier film à cause de sa personnalité de redneck très nerveux. Vingt ans plus tard il est beaucoup plus sombre et détestable même s'il se retrouve encore dans quelques rares situations comiques.


On a souvent très envie de voir la suite d'un film culte, qu'on a adoré, qui se termine en jus de boudin ou pas forcément, se déroulant un certain nombre d'années après. Je suis contente que Danny Boyle l'ait fait avec Trainspotting, d'autant que c'est bien fait. La suite est un peu moins comique, les personnages ont moins de souplesse, ils accusent les années avec mélancolie et nostalgie mais c'est touchant et authentique. Ça m'a beaucoup plu parce que c'était jouissif et toujours aussi brillant.

Séries #2 : Taboo avec Tom Hardy.

Attention les copains, je m'apprête à comparer deux séries qui ne sont pas vraiment comparables mais mon cerveau a décidé que si, et puis de toute façon je fais ce que je veux. Il est probable que je m'attire quelques foudres mais sachez que je ne suis pas désolée.


Au début du mois, j'ai regardé quasiment d'une traite les huit épisodes de la première saison de Taboo, une co-production anglo-américaine créée par Steven Knight, le scénariste de Peaky Blinders. Il s'agit d'un thriller historico-mystique qui réunit Tom Hardy, Oona Chaplin et plein d'autres gens qu'on a déjà vu çà et là (comme Jonathan Pryce : le Grand Moineau dans Game of Thrones, Michael Kelly : Doug Stamper dans House of Cards, ou encore Mark Gatiss : Mycroft Holmes dans Sherlock).
L'histoire se passe à Londres vers 1814. James Delaney (Tom Hardy) est considéré comme mort depuis son départ en Afrique dix ans auparavant. Il revient pourtant à Londres juste après le décès de son père qui lui a laissé en héritage un territoire en Amérique, tout à fait à l'Ouest des États-Unis d'alors, et que la Compagnie britanniques des Indes orientales cherche à récupérer par tous les moyens.
Elle est un peu trash sur quelques points, tout dépend de votre seuil de tolérance à la violence pour l'aborder, personnellement ça va, cette série est vraiment bien. Les personnages ne sont pas manichéens, ils ont tous une bonne grosse part d'ombre bien ancrée, voire perverse. C'est une série toute en noirceur : bestiale, boueuse, sale mais aussi un peu steampunk. Il faut toutefois rester bien focus, il m'est arrivé de décrocher quelques minutes et après j'avais du mal à m'y retrouver, certains passages peuvent être un peu complexes (ça m'a fait du bien, étant donné que j'ai du mal à rester concentrée longtemps). J'ai peut-être été un peu déçue par la fin, non pas par le manque de qualité, bien au contraire, mais parce que j'aurais aimé en voir plus. Je suis donc impatiente de (sa)voir la deuxième saison.

Et alors je ne peux pas m'empêcher de comparer Taboo à Penny Dreadful. Il n'y a pourtant pas vraiment de rapport entre les deux : bien qu'elles se déroulent à Londres, la première se passe au début du XIXe siècle tandis que la seconde se situe à l'époque victorienne. En réalité c'est totalement personnel, je suis systématiquement attirée par ce siècle, du début à la fin. J'en ai déjà parlé, mes lecteurs les plus assidus s'en souviennent peut-être ; Penny Dreadful avait tout pour me plaire : l'époque, le contexte, les délires mystiques, les références culturelles. J'avais été déçue comme jamais, tellement que je n'ai jamais pu terminer, je me suis arrêtée au milieu de la saison 2. Chaque visionnage était cauchemardesque puisque c'était un boxon sans nom, tous ces personnages fantastiques ultra populaires n'étaient que des prétextes pour un scénario vide. Pourtant, Vanessa Ives, jouée par Eva Green, était spectaculaire sur bien des points, elle était bien le seul point positif.


Vous vous demandez peut-être où je voulais vraiment en venir avec cette comparaison hasardeuse ? Bah nulle part en fait. J'espère que les showrunners vont continuer à développer des fictions de ce genre, reprenant l'esthétique de la littérature gothique, je cherche encore à oublier Penny Dreadful tant je me sens trahie. Regardez Taboo. Et si vous avez des conseils à me donner, je suis preneuse !

Cinéma #11 et projection à la fin des 70's.

Je n'ai pas parlé de cinéma ici depuis quatre mois, ça commence à faire. Je tiens à jour un tableau Pinterest des films que j'ai vus en 2017, ça m'aide à garder le fil, alors causons de deux d'entre eux qui nous racontent les années 1970 chacun à leur manière. En cliquant sur les images, vous pourrez voir les trailers.


THE MAN WHO FELL TO EARTH, de Nicolas Roeg (1976)


En bonne admiratrice de David Bowie qui a beaucoup de mal à se respecter, je ne suis absolument pas à jour sur sa filmographie. Blague à part, je crois qu'il faut une vie entière pour connaître l'homme sur le bout des doigts, 15 ans se sont écoulés depuis ma révélation musicale et j'apprends encore des choses à son sujet. Adapté du roman de Walter Tevis publié en 1963, The Man Who Fell To Earth (L'homme qui venait d'ailleurs en VF) est le premier film dans lequel David Bowie a tourné. Il avait alors à peine 30 ans et Ziggy Stardust était déjà loin derrière lui. Je vous encourage d'ailleurs à visiter ce site, vous remplirez la barre de recherche et vous saurez ce que faisait David Bowie au même âge que vous. C'est assez déstabilisant puisqu'il avait donc mon âge pendant The Man Who Fell To Earth et l'album Low qui en découle en partie.
Je n'ai pas lu le roman de Walter Tevis et ne sais donc pas ce que vaut l'adaptation cinématographique en rapport alors tout ce que je peux dire, c'est que ce film est aussi fascinant que complètement barré. Il est question de Thomas Newton (David Bowie) qui est un extraterrestre débarquant sur terre parce que sa planète est ravagée par la sécheresse. Il souhaite comprendre comment amener de l'eau chez lui et pour ce faire, bâtit un empire industriel grâce à ses propres techniques. Parallèlement il rencontre Mary Lou (Candy Clark) avec qui il entretient une histoire d'amour (du moins ça y ressemble). Outre le fait que le personnage de Newton soit d'une grande naïveté et que Mary Lou soit franchement casse-pieds, il y a intérêt à rester bien focus pendant 2h30 parce que ce film n'est composé que d'ellipses, c'est vertigineux. On comprend bien que le temps passe sans qu'une solution concrète ne soit trouvée et tout ce qu'on a à faire c'est contempler l'esthétique. Je pense sincèrement ne pas avoir tout compris, du coup j'ai du mal à crier au génie (ce que je ne renie pas). Est-ce que je vous le conseillerais ? Oui, bien sûr, il faut étoffer sa culture générale mais, comme on dit, réservé à un public averti.


STUDIO 54, de Mark Christopher (1998)


Restons dans la thématique des années 1970 même si celles-ci sont traitées vingt ans plus tard. Ce film m'a fait faire un bon dans le temps, datant de 1998 il est blindé des acteurs phares de l'époque : Ryan Philippe, Neve Campbell, Salma Hayek et Mike Myers, le début de mon adolescence m'est revenu en pleine face. Qu'est-ce que le Studio 54, outre un fameux salon de tatouage nantais et angevin (ceci n'est pas un lien sponsorisé) ? Il s'agissait tout simplement de la discothèque la plus en vogue du moment, située précisément au 254 ouest de la 54e rue à New York. Créée par Steve Rubell et Ian Schrager, elle ne fut ouverte qu'entre 1977 et 1986 mais a brassé un bon nombre de fêtes disco et de stars, c'était le passage obligé... quand vous pouviez y entrer parce que Steve Rubbell filtrait sévèrement la file d'attente. Le film de Mark Christopher raconte les petites vies de Shane (Ryan Philippe), Anita (Salma Hayek) et Greg (Breckin Meyer) qui travaillent comme serveurs au Studio 54 sous la houlette de Steve Rubbell (Mike Myers) qui est très présent mais reste toutefois un personnage secondaire. Honnêtement, le scénario n'est pas super profond, c'est assez contemplatif mais jouissif malgré tout, pour peu qu'on s'intéresse au lieu. La bande-son est folle, c'est clinquant, il y a des paillettes (et des dollars et de la drogue) qui fusent de tous les côtés. Presque à l'état de docu-fiction, j'ai aimé que ce film ne porte aucun jugement, il est complètement objectif. Les ennuis judiciaires de Steve Rubbell sont évoqués mais à aucun moment il y a un parti pris, même moi je ne l'ai pas fait.

The Temperance Movement (+ Blackbird Hill) @ Fuzzyon, La Roche-sur-Yon.

J'ai une semaine de retard sur l'écriture de cet article ! Je voulais le faire plus tôt parce que les sensations d'après un concert s'annihilent peu à peu et si j'attends trop longtemps, je ne sais plus quoi dire. Je ne me cherche pas d'excuse, je n'en ai pas, ce n'est pas comme si je n'avais que ça à faire de mes journées... hum.


Vendredi dernier, je suis allée voir un concert plus ou moins sur un coup de tête parce que je ne connaissais pas du tout ce groupe : The Temperance Movement. J'ai écouté un morceau vite fait sur YouTube et hop, let's go (de l'avantage de vivre à trois rues d'une super salle de concerts).
Et bien écoutez, je suis un petit peu fâchée. Je ne sais pas vous mais moi, quand je vais voir un concert, j'aime bien observer une certaine constance. C'est-à-dire qu'à la fin, je veux être en mesure de me dire que j'ai bien fait de me déplacer, que globalement tout était chouette. Ici, une chanson sur deux ou presque, j'oscillais entre taper du pied et dodeliner de la tête et constater que je m'emmerdais. The Temperance Movement est un bon groupe, faut pas charrier, c'est du blues rock qui envoie du bois, il est composé d'un ancien bassiste de Jamiroquai (Nick Fyffe) et d'un chanteur qui a beaucoup d'énergie et avec une voix vraiment sympa. Oui mais ces garçons ont un défaut : leurs ballades sont chiantes comme la pluie. Je sais que c'est incroyable venant d'une fille comme moi qui est fan de Bon Jovi et des chansons love des années 90, mais là écoutez... je suis perplexe. Des chansons comme ça, ils en ont un peu trop et selon moi ça a plombé le concert. Limite, j'avais envie de m'en aller avant la fin. J'en ai discuté avec d'autres personnes qui se trouvaient là et, même si les raisons diffèrent peut-être des miennes, nous étions tous à peu près d'accord sur l'inégalité de ce concert. Je m'en vais donc sélectionner juste quelques morceaux, mais pas tout un album.

En revanche, chose qui n'arrive pas souvent et qui mérite donc d'être signalée : j'ai largement préféré la première partie. Il s'agissait de Blackbird Hill, de Bordeaux. De ma part ce n'est pas tellement étonnant, ils sont visiblement fan de Jack White (ce sont donc des grands monsieurs). Ils ne sont que deux, Max à la batterie et Alex à la guitare, et ils chantent tous les deux. Ils font du rock à l'ancienne teinté de gros blues qui tâche, c'est exquis. J'aime beaucoup ce qu'ils proposent et j'ai hâte de les revoir dans le coin. Juste tous les deux, en live, ils vous en envoient plein la tête, je ne savais même plus comment je m'appelais.

Crédit photo : Michaël Tirat

Deux femmes badass à écouter.

Je commence la rédaction de ce billet à 15h38 précisément et c'est incroyable, je n'ai pas encore écouté David Bowie de la journée, la méthadone commence à faire son effet. En revanche, j'ai réécouté deux albums que j'aime beaucoup de deux nanas badass, aussi je pense que vous devriez vous acquitter de cette tâche également. Je vous en parle aujourd'hui avec grand plaisir.

Laura Pergolizzi, que l'on connaît désormais tou-te-s via ses initiales LP, est l'exemple type qu'un-e bon-ne artiste peut très bien être diffusé-e sur les radios populaires françaises entre deux morceaux dits mainstream. Oui, je suis parfaitement consciente que ce que je dis est très snob mais c'est assumé (encore que j'aurais pu écrire merdiques au lieu de mainstream, je fais des efforts). On la voit et on l'entend beaucoup, c'est une bonne nouvelle. Je l'ai personnellement découverte en septembre dernier lors de son passage à Quotidien de Yann Barthès et j'ai eu un petit coup de cœur bien comme il faut. Bien qu'elle soit propulsée sur le tard (parce qu'à priori chez les stars à 35 ans on est déjà vieux), elle ne débute pas juste sa carrière. L'album qui nous intéresse ici, Lost On You, est en fait son quatrième. Elle a sorti Heart-Shaped Scar en 2001, Suburban Sprawl & Alcohol en 2004 et Forever For Now en 2014 mais ils n'ont pas eu le succès escompté. On peut aussi trouver deux EP, Into The Wild sorti en 2012 et enregistré en live, ainsi que Death Valley qui a précédé Lost On You de quelques mois. D'ailleurs, on retrouve la chanson Into The Wild à peu près partout : autant sur son EP dédié que sur Forever For Now et Lost On You, ré-arrangée toutefois. Comme ça vous ne pourrez pas dire que vous êtes passés à côté ! LP a également énormément écrit pour d'autres allant des Backstreet Boys à Christina Aguilera, en passant par Rihanna ou encore The Veronicas. Autrement dit, il était grand temps qu'elle sorte de l'ombre.
J'aime beaucoup sa voix et ses choix mélodiques, je suis heureuse d'écouter une femme qui procure autant d'émotions et je l'assimile carrément à un arc-en-ciel. Son album est pur, percutant et sans filtre, un vrai bonheur.



* * *

Parlons maintenant d'Eliot Sumner. Si son nom vous rappelle quelqu'un, c'est parce qu'elle est la fille de Gordon Sumner, qu'on appelle aussi Sting (c'est un chanteur britannique un peu connu, je ne sais pas si ça vous sonne une cloche), ainsi que, par extension, la petite sœur de Joe Sumner, chanteur et bassiste (sans déconner) de Fiction Plane. Si je précise son patrimoine génétique, c'est parce que selon moi (dites-moi que je ne suis pas seule, s'il vous plaît) vocalement parlant, Eliot Sumner est bien la fille de son père. Ça me percute à chaque écoute ! J'y pense, peut-être la connaissez-vous aussi sous le nom de Coco et encore plus sous celui de son projet précédent Information (j'y viens, ne vous inquiétez pas), I Blame Coco. Elle avait alors sorti en 2010 l'album électro-pop The Constant et il est possible que vous ayez un peu entendu Caesar, son duo avec Robyn.
Information est donc son deuxième album et sorti sous son nom de naissance, Eliot Sumner. Elle baigne toujours dans l'électro-pop mais ici c'est quand même plus rock et j'aime vraiment cette évolution. Il y a toujours autant de morceaux qui tabassent, sans trop de langueur, et comme j'ai parfois besoin d'écouter un album énergique, celui-là fait bien l'affaire.
Aussi, Eliot Sumner est ouvertement lesbienne. Pourquoi je le précise ? Tout simplement parce qu'elle a eu la chance de vivre entourée de parents aimants qui n'ont jamais trouvé à redire sur son orientation sexuelle. Peut-être (je dis bien peut-être) est-ce plus facile dans le monde des célébrités, néanmoins je crois qu'il est important que les membres de la communauté LGBT+ soient enfin vus comme des êtres de la suprême normalité par certains étrons. Ah, et LP aussi est lesbienne. Et ce billet groupé est un pur hasard.

Je cherche le bouton off, quelqu'un l'a vu ?


Si vous cherchez un moyen de me contrarier et de me mettre très en colère, ne passez pas par quatre chemins : dites-moi de me taire. Je ne supporte pas qu'on me bride et qu'on me fasse remarquer que je parle trop. Le fait est que j'ai toujours eu besoin de l'ouvrir sinon j'explose. A 4 ans, je traduisais chaque parole balbutiée par mon bébé de frère, au grand dam de ma famille qui pensait que je l'empêchais de se développer (alors que bon, heureusement que j'étais là, sans déconner). A l'école primaire et au collège, j'étais régulièrement réprimandée par mes professeurs pour bavardages intempestifs. En parallèle, on disait de moi que j'avais une imagination débordante (en même temps j'avais beaucoup de Barbie et de Playmobils, ça aide à la création). J'ai écrit mes premières histoires quand j'étais pré-ado (j'ai évidemment tout balancé parce que c'était bien de la merde), et à la fin de mon adolescence, j'ai changé mon fusil d'épaule. A la maison, j'étais la chiante de service qui parlait tout le temps et empêchait de regarder la télévision alors j'ai commencé à davantage me renfermer sur moi-même. C'est là qu'une frustration latente s'est enclenchée.

A partir de là et jusqu'à aujourd'hui, j'ai constaté que mon cerveau n'a jamais cessé de bouillir. J'ai la constante impression que je dois faire sortir tout ce qui s'y trouve sous peine d'avoir la tête pleine de nœuds et de brouillard (sûre que mes migraines viennent de là, c'est obligé). C'est de toute façon ce qu'il se passe la plupart du temps étant donné que j'ai un mal fou à comprendre comment je fonctionne et comment je pourrais maîtriser ce surplus d'informations. Je suis constamment pleine d'idées aussi farfelues qu'inutiles, je pense à des situations possibles et impossibles, du passé comme d'un futur autant probable qu'improbable. Je réfléchis sans cesse à ce que je pourrais faire et ne pas faire, et c'est usant parce que tout cela se déroule essentiellement... la nuit. Que je sois au fond de mon lit à chercher le sommeil ou dans mon salon à une heure tardive (puisque je sais pertinemment que je n'arriverai pas à dormir avant un certain moment, autant m'occuper), mon cerveau se met en ébullition dès que la nuit tombe, je me sens systématiquement inspirée. Alors en hiver c'est l'enfer.

Je cherche par tous les moyens à trouver des manières de m'exprimer alors je blogue ici et je vous raconte tout ça. Je suis (très) présente sur les réseaux sociaux (surtout Twitter). J'écoute énormément de musique parce que c'est ce qui m'apaise le plus, elle parle à ma place et me permet d'extérioriser juste en l'écoutant. J'essaie bien d'écrire des trucs çà et là, je pourrais appeler ça des nouvelles et des chansons mais je n'oserais jamais parce que je ne termine rien de ce que je commence, soit parce que je juge ça trop pourri pour ensuite me regarder dans un miroir, soit parce que j'ai une autre idée / activité que je dois exploiter dans la minute. Ça peut aller de l'écriture d'autre chose de tout aussi nul, la création d'un blog dissident qui sera fermé quelques jours après, l'analyse complète d'un album que j'écouterais avec obsession (coucou David Bowie et KT Tunstall), le simple visionnage d'un film, l'analyse de ce même film et faire un milliard de recherches affiliées (retirez-moi Internet), la lecture de pages Wikipédia multiples voyageant de lien en lien comme si c'était intéressant d'apprendre tout un tas de trucs inutiles (mais je ne peux pas m'en empêcher, il faut toujours que je sache), j'en passe et des meilleures, j'ai même essayé de me mettre au bullet journal et de faire du coloriage pour me détendre mais sans succès. Pour trouver le sommeil, et je sais que vous êtes beaucoup à faire ça également, je me concentre sur la création d'une histoire lambda que j'écris dans ma tête, chapitre après chapitre, nuit après nuit, et quand elle est terminée je la recommence, toujours la même, parfois avec des variations, et ce depuis des années. Spoiler : parfois ça ne fonctionne pas, mon cerveau dévie sur autre chose et reprendre le fil est un chemin de croix.

Évidemment, j'ai une capacité d'organisation personnelle proche du zéro absolu et je suis absolument incapable de faire deux choses en même temps. Pour illustrer mon propos, je suis en train d'écouter de la musique au casque pendant que j'écris ceci et je fais des pauses à chaque ligne, je mets mon menton dans ma main et je regarde dans le vide en écoutant mieux la chanson en cours. Et puis je me hurle : "Concentre-toi bordel !"

A côté de ça, il m'arrive de traverser des périodes de vide intersidéral. Ces moments-là, je les déteste profondément car les seules idées que j'ai sont noires. Je ne pense à rien d'autre qu'à ma nullité et j'angoisse terriblement sur mon futur (j'ai déjà écrit ici pendant ces périodes, peut-être vous souvenez-vous de mes textes mortifères, chaque fois effacés quelques temps plus tard).

Je ne vous cache pas que je suis très souvent fatiguée. Je me sens vraiment anormale, j'aimerais bien avoir une vie classique : me lever à 7h, prendre trois repas par jour, réussir à faire un peu de sport sans trop en chier, avoir un job normal, faire des gosses, les élever correctement, et aller me coucher à 22h en faisant de beaux rêves (oui parce que je fais pas mal de cauchemars, c'est... vivifiant. Et je me souviens aussi de tous mes rêves au petit matin). C'est peut-être idiot mais plus j'avance dans la vie et plus je me dis que je n'ai plus l'âge de toutes ces conneries que mon cerveau m'inflige. Ou alors, à l'inverse, j'aimerais avoir un ego surdimensionné, ou ne serait-ce qu'un peu confiance en moi, et aller au bout des choses. Quelles choses ? Je. ne. sais. pas.

Mélo-mono-maniaque.

Je me souviens très bien du moment où j'ai découvert David Bowie. J'avais aux alentours de 14 ans et j'entendais de ci de là quelques chansons, notamment Rebel Rebel et surtout Velvet Goldmine. Cette période de ma vie était pleine d'expérimentations, je pense avoir sérieusement commencé à m'intéresser à la musique en général à partir de 10 ans quand j'ai eu mes premiers CD. Mon éducation s'est tout d'abord faite avec les goûts de ma mère : j'ai donc appris à faire mes choix parmi Queen, les Rita Mitsouko, William Sheller, A-Ha et même Roch Voisine, c'était vraiment varié. Et puis je me suis mise à écouter la radio et enregistrer mes propres compilations, j'ai développé une passion certaine pour les Cranberries et Janet Jackson tout en adorant Britney Spears et les Worlds Appart. C'était une époque vraiment foutraque mais bénéfique.


Je crois que 14 ans a été mon âge charnière, celui où j'ai commencé à m'affirmer et à pousser le bouchon plus loin que ce que la radio me proposait. Je commençais à peine à utiliser Internet (on est au début des années 2000) et il fallait regarder les clips sur M6 le dimanche soir après 23h pour entendre et voir ce qu'on n'entendait et ne voyait pas en pleine journée. J'avais une télé dans ma chambre, ça facilitait le business. David Bowie était toujours là dans ma vie, en fond, mais l'étendue de son œuvre était telle que je me contentais épisodiquement de ce qui voulait bien me tomber entre les mains. J'étais fascinée par "Heroes" que ma mère avait en vinyle mais tellement frustrée de ne pas pouvoir l'écouter parce que nous n'avions pas de platine. Et puis l'album Reality est sorti en 2002 et je me suis jetée dessus après avoir vu une émission entièrement consacrée à Bowie et qui m'avait laissée littéralement sur le cul.

Jusqu'à l'année dernière, je l'ai toujours écouté sporadiquement, découvrant son œuvre géniale petit à petit et laissant sa musique devenir la bande originale de ma vie. L'annonce de sa mort m'a fait l'effet d'un uppercut, comment un artiste comme lui pouvait-il disparaître aussi soudainement ? J'en ai pleuré (on s'est d'ailleurs assez moqué de moi à ce sujet) et j'ai commencé à tomber dans une sorte de déprime mélo-mono-maniaque qui ne s'est pas vraiment achevée aujourd'hui. Alors que je découvrais le type quand j'avais 14 ans, j'ai l'impression de recommencer le processus maintenant que j'ai le double de cet âge. Je replonge dans les albums et les divers textes avec encore plus d'attention et de passion qu'avant. Je m'extasie toujours plus de ce génie exploité pendant 45 ans avec un constat édifiant : David Bowie n'a jamais rien produit de merdique. Il a fait des choix plus ou moins discutables (on pourrait notamment parler de l'album Let's Dance qui est le produit le plus "commercial" de toute sa carrière) mais tout a toujours été travaillé avec minutie. C'est un artiste qui a su se réinventer à chaque album et chaque décennie, jusqu'à l'orchestration de sa propre disparition. Blackstar est son dernier album, sorti le jour de son 69ème anniversaire et deux jours avant son décès, c'est un testament tant les textes y sont éloquents. Je crois que nous devrions tous pouvoir partir avec autant de panache !

J'écoute désormais certains albums, voire certains morceaux, avec une obsession telle que ça m'empêche parfois de dormir. La nuit dernière, c'est la chanson How Does The Grass Grow sur l'album The Next Day (une magnifique perle sortie en 2013) qui a pris le contrôle de mon cerveau. Il faut dire que le refrain tiré d'Apache de The Shadows est un truc de barjot.


Voilà où j'en suis. Je vis désormais dans un monde où la belle gueule et le génie de David Bowie ne sont plus, tout en me disant que jamais je ne le verrai en concert et en acceptant mon obsession pour un certain nombre de chansons qui sont comme des totems. D'ailleurs, certains de ses textes sont désormais lourds de sens maintenant qu'il est mort. Non je ne vais pas me lancer maintenant dans une analyse complète, je n'ai pas le temps. J'espère donc que KT Tunstall va rester en vie encore longtemps sinon je ne réponds plus de rien.

Adieu mon soutien-gorge !

Connaissez-vous cette légende tenace qui raconte que les féministes brûlent leurs soutiens-gorge* ? Elle n'est qu'à moitié fondée puisqu'en réalité les féministes font des feux de joie avec leurs sous-vêtements les soirs de pleine de lune et, en même temps, le sacrifice d'une paire de couilles est un passage obligé. Sinon on n'est pas une vraie femme. C'est toujours un plaisir de dépenser une petite fortune dans l'achat d'un soutif pour ensuite le voir cramer en bombant la poitrine avec les yeux révulsés. Car oui, la lingerie coûte cher.

De toute façon, moi j'ai décidé d'arrêter ces conneries : j'abandonne petit à petit le port du soutien-gorge. Je me souviens très bien de l'achat de mon tout premier. J'avais 11 ou 12 ans et ma mère et ma grand-mère m'avaient emmenée dans une boutique de lingerie pour choisir ma première paire de baleines tueuses. Oui mais emballées de dentelle blanche et bleue, le tout à 120 francs. J'étais si fière !

Festival de Woodstock, août 1969

18 ans plus tard, il est désormais hors de question que des baleines de soutien-gorge et autres armatures vengeresses s'approchent de mes seins. Puisque mon corps n'a fait que changer depuis toujours, aujourd'hui je suis incapable de savoir quel sont mon tour de poitrine et ma taille de bonnet. Je trouve ça très fastidieux et je dois dire que cette information ne me manque pas du tout, je m'en fiche comme de ma première culotte. Alors avant que je dise adieu aux armatures, vous imaginez bien la galère sans nom pour me choisir des sous-vêtements en magasin... Magasin que je n'ai jamais choisi spécialisé, plutôt crever qu'entrer là-dedans. De plus, il faut se battre pour trouver un soutien-gorge qui ne soit pas rembourré. A quel moment les fabricants ont-ils pensé que toutes les femmes étaient forcément insatisfaites de leurs nichons ? Les miens ne m'ont jamais posé problème et une chose est sûre, jamais je ne les voudrai plus gros. A quel moment ces mêmes fabricants sataniques ont-ils cru que nous portions nécessairement des sous-vêtements pour plaire à d'autres personnes que nous-mêmes ? J'ai personnellement toujours préféré ce qui était basique et en coton, rien à secouer que qui que ce soit ne soit pas d'accord avec ça.

Maintenant que je me sens plus adulte, je ne vois pas en quel honneur je serais obligée de porter un sous-vêtement qui obsède tellement mon confort que l'ôter a toujours été la première chose que je faisais à la fin de la journée. Voilà qui met la puce à l'oreille ! Alors j'ai dit stop. Il m'arrive souvent de ne rien porter sous mes vêtements, notamment en hiver. Je suis une adepte de la méthode de l'oignon et je porte très souvent un débardeur ou un caraco sous mes t-shirts, eux-mêmes sous mes pulls. J'ai mis du temps avant de me sentir à l'aise une fois hors de chez moi parce que j'avais la désagréable impression que tous les regards se braquaient sur ma poitrine. Alors que pas du tout. Superposition des couches ou non, j'ai la chance d'avoir des seins qui ne sont pas dotés d'un libre arbitre, aussi ils tiennent très bien tout seuls. Donc désormais, je n'en ai plus rien à faire.
Quand je ressens le besoin de porter une forme de soutien, je choisis forcément une brassière ou un triangle et leur taille est beaucoup plus facile à choisir. Ceux-là sont d'un certain secours pendant l'été quand je n'ose pas encore y aller franchement sous un simple top.

En définitive, le port d'un soutien-gorge doit rester un plaisir même si c'est parfois une nécessité. Il est ultra important que le confort prime, je ne vois pas sous quel prétexte nous serions obligées de souffrir toute la journée atrocement comprimées. Alors au bûcher !



* Plus sérieusement, l'idée que les féministes brûlent leurs soutiens-gorge vient de la libération sexuelle à la fin des années 1960 et au début des années 1970 lorsque les femmes les jetaient en signe de protestation. Je vous invite à lire ceci sur la libération des seins.

L'électro de Vitalic et le bon vieux rock de Taylor Momsen.

Genre, la meuf fait carrément une pause bloguesque d'un mois, t'sais. Comme si j'avais besoin de vacances, franchement... Je vais être honnête avec vous : mon rythme biologique est devenu totalement indépendant de ma personne, je suis décalée comme jaja et j'ai limite l'impression de ne plus être humaine. Une chauve-souris tout au plus.
Hey mais attendez, nous avons changé d'année ! Qu'elle soit bonne avec vous. Je ne vais pas vous assommer avec un article bilan / résolutions parce que je vous avoue que je déteste les lire chez les autres blogueurs. Je ne suis pas désolée, simplement ça m'ennuie profondément. Nous avons tous envie de la même chose : aller mieux et faire ce qu'on peut. Alors allons-y. D'ailleurs allons-y en musique, histoire que ça passe crème. Juste avant, je vous invite à liker ma page Facebook. Je ne suis pas une spammeuse (contrairement à Twitter) mais j'y poste de temps en temps des trucs cools !
Je vais vous parler de deux albums dans le cadre de mon partenariat avec Ephélide. Pour ce faire je sors un peu de ma zone de confort et c'est intéressant, ça baisse un peu plus le taux de snobisme en moi.

Le premier album en question est Voyager de Vitalic, qui sort dans les bacs le 20 janvier. Contrairement au reste de la planète, je découvre totalement cet artiste dont le nom de naissance est Pascal Arbez-Nicolas. J'ai entendu dire qu'il officiait quand même depuis facilement 15 ans et que Voyager est son quatrième album. En fait je n'écoute pas du tout d'électro, je n'y connais rien et ma seule expérience vivante fut le concert de Carpenter Brut au Ferrailleur à Nantes (que j'ai absolument adoré). Vous vous demandez peut-être ce que je fais à vous parler d'un style qui m'est inconnu et d'un mec dont j'ignorais l'existence jusqu'ici alors que je vous avais promis de ne vous parler que de trucs que j'aimais dans le cadre de ce partenariat ? C'est très simple : j'ai accepté de tenter l'expérience. On me l'a proposé à renfort d'extraits et j'ai dit banco, on vend la caravane. Aucun regret par ici ! Sachez que c'est vraiment, vraiment un bon album. Certes, je n'emploie pas les termes adéquats pour ce style musical qui m'échappe d'habitude mais en fait, j'aime la dimension disco de Voyager. C'est voulu puisque Vitalic considère lui-même que cet album est le plus disco qu'il n'ait jamais fait, et j'ai personnellement beaucoup de tendresse pour les années 70. Je me permets de citer une phrase du communiqué que j'ai reçu avec l'album : "Voyager est ainsi un disque qui se souvient de tout l'héritage de la disco cosmique des années 80. Une musique dominée par les synthétiseurs, profondément énergique et organisme, dont les influences sont à chercher chez les pionniers du genre comme Moroder, Cerrone [j'ai un ami très fan de ce dernier et sa passion m'a fait l'aimer beaucoup à mon tour], Patrick Cowley, Lime, Spacer, Carpenter, ou Gino Soccio." De toute façon, la pochette annonce la couleur !

Concerts prévus :
26/01 - Bruxelles (AB)
27/01 - Lille (Aéronef)
10/02 - Toulouse (Bikini)
11/02 - Bordeaux (Le Rocher de Palmer)
23/03 - Paris (Olympia)
07/04 - Morlaix (Panorama Festival)


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Le second album est un style qui me parle déjà un peu plus puisqu'il s'agit globalement de hard rock. Il s'agit de Who You Selling For de The Pretty Reckless, et il est sorti depuis le 21 octobre dernier. J'ai commencé à m'intéresser à ce groupe il y a moins de deux ans quand j'ai vu le clip de Heaven Knows à la télé (sur ma super chaîne allemande de bon rock'n'roll que je ne reçois plus, reviens bébé tu me manques) qu'on retrouve sur l'album Going To Hell (2014) et c'est toujours un petit plaisir auditif pour moi. The Pretty Reckless est un groupe américain en activité depuis 2009 et bien que les musiciens aient tous été remplacés au bout de la première année, il est toujours mené par Taylor Momsen que vous avez peut-être vue en tant que Jenny dans la série Gossip Girl. Et voyez-vous, en 2009 Taylor Momsen n'avait que 15 ans. Mes réticences viennent sans doute de là, j'avais à l'époque beaucoup de mal à voir une si jeune fille s'habiller aussi légèrement, je voyais ça comme de la poudre aux yeux pour masquer une musique certainement pauvre malgré son allure évidente de néo-Cherie Currie. Belle connerie puisque musicalement, c'est loin d'être mauvais. Taylor Momsen est auteure, compositrice, interprète et guitariste, déjà ça pose les bases du respect. Cette fille n'a de toute façon pas le temps pour la connerie et c'est d'autant plus vrai avec ce troisième album qui envoie pas mal de bois. Il n'est question que de mon impression personnelle mais je le trouve très influencé, il suffit d'écouter Take Me Down pour s'en rendre compte, on note l'analogie à Sympathy For The Devil des Rolling Stones. En fait, chaque chanson de cet album est unique, il est blindé de références multiples. On passe du gros rock qui tâche (Oh My God) à des choses davantage teintées de blues, et même de la country (Back To The River, je place ici un coucou à ma binôme radiophonique !). Finalement, tout lui va à cette Taylor Momsen badass, badass au point que trois titres du groupe (Heaven Knows, Fucked Up World et Follow Me Down, tous sur Going To Hell) ont atteint la première place du Top Rock Hits, chose qui n'était pas arrivée à un groupe mené par une femme depuis The Pretenders en 1984. J'aime quand on flatte mon féminisme.

Concert prévu :
26/01 - Paris (Bataclan)