Mélo-mono-maniaque.

Je me souviens très bien du moment où j'ai découvert David Bowie. J'avais aux alentours de 14 ans et j'entendais de ci de là quelques chansons, notamment Rebel Rebel et surtout Velvet Goldmine. Cette période de ma vie était pleine d'expérimentations, je pense avoir sérieusement commencé à m'intéresser à la musique en général à partir de 10 ans quand j'ai eu mes premiers CD. Mon éducation s'est tout d'abord faite avec les goûts de ma mère : j'ai donc appris à faire mes choix parmi Queen, les Rita Mitsouko, William Sheller, A-Ha et même Roch Voisine, c'était vraiment varié. Et puis je me suis mise à écouter la radio et enregistrer mes propres compilations, j'ai développé une passion certaine pour les Cranberries et Janet Jackson tout en adorant Britney Spears et les Worlds Appart. C'était une époque vraiment foutraque mais bénéfique.


Je crois que 14 ans a été mon âge charnière, celui où j'ai commencé à m'affirmer et à pousser le bouchon plus loin que ce que la radio me proposait. Je commençais à peine à utiliser Internet (on est au début des années 2000) et il fallait regarder les clips sur M6 le dimanche soir après 23h pour entendre et voir ce qu'on n'entendait et ne voyait pas en pleine journée. J'avais une télé dans ma chambre, ça facilitait le business. David Bowie était toujours là dans ma vie, en fond, mais l'étendue de son œuvre était telle que je me contentais épisodiquement de ce qui voulait bien me tomber entre les mains. J'étais fascinée par "Heroes" que ma mère avait en vinyle mais tellement frustrée de ne pas pouvoir l'écouter parce que nous n'avions pas de platine. Et puis l'album Reality est sorti en 2002 et je me suis jetée dessus après avoir vu une émission entièrement consacrée à Bowie et qui m'avait laissée littéralement sur le cul.

Jusqu'à l'année dernière, je l'ai toujours écouté sporadiquement, découvrant son œuvre géniale petit à petit et laissant sa musique devenir la bande originale de ma vie. L'annonce de sa mort m'a fait l'effet d'un uppercut, comment un artiste comme lui pouvait-il disparaître aussi soudainement ? J'en ai pleuré (on s'est d'ailleurs assez moqué de moi à ce sujet) et j'ai commencé à tomber dans une sorte de déprime mélo-mono-maniaque qui ne s'est pas vraiment achevée aujourd'hui. Alors que je découvrais le type quand j'avais 14 ans, j'ai l'impression de recommencer le processus maintenant que j'ai le double de cet âge. Je replonge dans les albums et les divers textes avec encore plus d'attention et de passion qu'avant. Je m'extasie toujours plus de ce génie exploité pendant 45 ans avec un constat édifiant : David Bowie n'a jamais rien produit de merdique. Il a fait des choix plus ou moins discutables (on pourrait notamment parler de l'album Let's Dance qui est le produit le plus "commercial" de toute sa carrière) mais tout a toujours été travaillé avec minutie. C'est un artiste qui a su se réinventer à chaque album et chaque décennie, jusqu'à l'orchestration de sa propre disparition. Blackstar est son dernier album, sorti le jour de son 69ème anniversaire et deux jours avant son décès, c'est un testament tant les textes y sont éloquents. Je crois que nous devrions tous pouvoir partir avec autant de panache !

J'écoute désormais certains albums, voire certains morceaux, avec une obsession telle que ça m'empêche parfois de dormir. La nuit dernière, c'est la chanson How Does The Grass Grow sur l'album The Next Day (une magnifique perle sortie en 2013) qui a pris le contrôle de mon cerveau. Il faut dire que le refrain tiré d'Apache de The Shadows est un truc de barjot.


Voilà où j'en suis. Je vis désormais dans un monde où la belle gueule et le génie de David Bowie ne sont plus, tout en me disant que jamais je ne le verrai en concert et en acceptant mon obsession pour un certain nombre de chansons qui sont comme des totems. D'ailleurs, certains de ses textes sont désormais lourds de sens maintenant qu'il est mort. Non je ne vais pas me lancer maintenant dans une analyse complète, je n'ai pas le temps. J'espère donc que KT Tunstall va rester en vie encore longtemps sinon je ne réponds plus de rien.

2 commentaires:

  1. Sa mort a été un uppercut pour moi aussi, j'ai eu l'impression d'être privée de quelqu'un qui a, par sa musique, rendu le monde un peu plus familier. Rassurant aussi parce qu'il a presque tout fait, tout vécu, avec une excentricité fabuleuse.
    Et toute fan inconsidérée de Queen que je suis, si on me demandait de citer un album parfait, je crois que je répondrai The rise and the fall of of Ziggy Stardust and the spiders from Mars.

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    1. C'est souvent le cas avec les artistes, ils nous touchent d'une façon ou d'une autre et on a l'impression de perdre un membre de notre famille. C'est un phénomène sociologique intéressant, n'empêche.

      Ziggy Stardust est l'un de ses meilleurs albums, à n'en pas douter :)

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