Cinéma #11 et projection à la fin des 70's.

Je n'ai pas parlé de cinéma ici depuis quatre mois, ça commence à faire. Je tiens à jour un tableau Pinterest des films que j'ai vus en 2017, ça m'aide à garder le fil, alors causons de deux d'entre eux qui nous racontent les années 1970 chacun à leur manière. En cliquant sur les images, vous pourrez voir les trailers.


THE MAN WHO FELL TO EARTH, de Nicolas Roeg (1976)


En bonne admiratrice de David Bowie qui a beaucoup de mal à se respecter, je ne suis absolument pas à jour sur sa filmographie. Blague à part, je crois qu'il faut une vie entière pour connaître l'homme sur le bout des doigts, 15 ans se sont écoulés depuis ma révélation musicale et j'apprends encore des choses à son sujet. Adapté du roman de Walter Tevis publié en 1963, The Man Who Fell To Earth (L'homme qui venait d'ailleurs en VF) est le premier film dans lequel David Bowie a tourné. Il avait alors à peine 30 ans et Ziggy Stardust était déjà loin derrière lui. Je vous encourage d'ailleurs à visiter ce site, vous remplirez la barre de recherche et vous saurez ce que faisait David Bowie au même âge que vous. C'est assez déstabilisant puisqu'il avait donc mon âge pendant The Man Who Fell To Earth et l'album Low qui en découle en partie.
Je n'ai pas lu le roman de Walter Tevis et ne sais donc pas ce que vaut l'adaptation cinématographique en rapport alors tout ce que je peux dire, c'est que ce film est aussi fascinant que complètement barré. Il est question de Thomas Newton (David Bowie) qui est un extraterrestre débarquant sur terre parce que sa planète est ravagée par la sécheresse. Il souhaite comprendre comment amener de l'eau chez lui et pour ce faire, bâtit un empire industriel grâce à ses propres techniques. Parallèlement il rencontre Mary Lou (Candy Clark) avec qui il entretient une histoire d'amour (du moins ça y ressemble). Outre le fait que le personnage de Newton soit d'une grande naïveté et que Mary Lou soit franchement casse-pieds, il y a intérêt à rester bien focus pendant 2h30 parce que ce film n'est composé que d'ellipses, c'est vertigineux. On comprend bien que le temps passe sans qu'une solution concrète ne soit trouvée et tout ce qu'on a à faire c'est contempler l'esthétique. Je pense sincèrement ne pas avoir tout compris, du coup j'ai du mal à crier au génie (ce que je ne renie pas). Est-ce que je vous le conseillerais ? Oui, bien sûr, il faut étoffer sa culture générale mais, comme on dit, réservé à un public averti.


STUDIO 54, de Mark Christopher (1998)


Restons dans la thématique des années 1970 même si celles-ci sont traitées vingt ans plus tard. Ce film m'a fait faire un bon dans le temps, datant de 1998 il est blindé des acteurs phares de l'époque : Ryan Philippe, Neve Campbell, Salma Hayek et Mike Myers, le début de mon adolescence m'est revenu en pleine face. Qu'est-ce que le Studio 54, outre un fameux salon de tatouage nantais et angevin (ceci n'est pas un lien sponsorisé) ? Il s'agissait tout simplement de la discothèque la plus en vogue du moment, située précisément au 254 ouest de la 54e rue à New York. Créée par Steve Rubell et Ian Schrager, elle ne fut ouverte qu'entre 1977 et 1986 mais a brassé un bon nombre de fêtes disco et de stars, c'était le passage obligé... quand vous pouviez y entrer parce que Steve Rubbell filtrait sévèrement la file d'attente. Le film de Mark Christopher raconte les petites vies de Shane (Ryan Philippe), Anita (Salma Hayek) et Greg (Breckin Meyer) qui travaillent comme serveurs au Studio 54 sous la houlette de Steve Rubbell (Mike Myers) qui est très présent mais reste toutefois un personnage secondaire. Honnêtement, le scénario n'est pas super profond, c'est assez contemplatif mais jouissif malgré tout, pour peu qu'on s'intéresse au lieu. La bande-son est folle, c'est clinquant, il y a des paillettes (et des dollars et de la drogue) qui fusent de tous les côtés. Presque à l'état de docu-fiction, j'ai aimé que ce film ne porte aucun jugement, il est complètement objectif. Les ennuis judiciaires de Steve Rubbell sont évoqués mais à aucun moment il y a un parti pris, même moi je ne l'ai pas fait.

The Temperance Movement (+ Blackbird Hill) @ Fuzzyon, La Roche-sur-Yon.

J'ai une semaine de retard sur l'écriture de cet article ! Je voulais le faire plus tôt parce que les sensations d'après un concert s'annihilent peu à peu et si j'attends trop longtemps, je ne sais plus quoi dire. Je ne me cherche pas d'excuse, je n'en ai pas, ce n'est pas comme si je n'avais que ça à faire de mes journées... hum.


Vendredi dernier, je suis allée voir un concert plus ou moins sur un coup de tête parce que je ne connaissais pas du tout ce groupe : The Temperance Movement. J'ai écouté un morceau vite fait sur YouTube et hop, let's go (de l'avantage de vivre à trois rues d'une super salle de concerts).
Et bien écoutez, je suis un petit peu fâchée. Je ne sais pas vous mais moi, quand je vais voir un concert, j'aime bien observer une certaine constance. C'est-à-dire qu'à la fin, je veux être en mesure de me dire que j'ai bien fait de me déplacer, que globalement tout était chouette. Ici, une chanson sur deux ou presque, j'oscillais entre taper du pied et dodeliner de la tête et constater que je m'emmerdais. The Temperance Movement est un bon groupe, faut pas charrier, c'est du blues rock qui envoie du bois, il est composé d'un ancien bassiste de Jamiroquai (Nick Fyffe) et d'un chanteur qui a beaucoup d'énergie et avec une voix vraiment sympa. Oui mais ces garçons ont un défaut : leurs ballades sont chiantes comme la pluie. Je sais que c'est incroyable venant d'une fille comme moi qui est fan de Bon Jovi et des chansons love des années 90, mais là écoutez... je suis perplexe. Des chansons comme ça, ils en ont un peu trop et selon moi ça a plombé le concert. Limite, j'avais envie de m'en aller avant la fin. J'en ai discuté avec d'autres personnes qui se trouvaient là et, même si les raisons diffèrent peut-être des miennes, nous étions tous à peu près d'accord sur l'inégalité de ce concert. Je m'en vais donc sélectionner juste quelques morceaux, mais pas tout un album.

En revanche, chose qui n'arrive pas souvent et qui mérite donc d'être signalée : j'ai largement préféré la première partie. Il s'agissait de Blackbird Hill, de Bordeaux. De ma part ce n'est pas tellement étonnant, ils sont visiblement fan de Jack White (ce sont donc des grands monsieurs). Ils ne sont que deux, Max à la batterie et Alex à la guitare, et ils chantent tous les deux. Ils font du rock à l'ancienne teinté de gros blues qui tâche, c'est exquis. J'aime beaucoup ce qu'ils proposent et j'ai hâte de les revoir dans le coin. Juste tous les deux, en live, ils vous en envoient plein la tête, je ne savais même plus comment je m'appelais.

Crédit photo : Michaël Tirat