Cinéma #18 et calmons-nous un peu sur le turfu.

Je trouve que je parle beaucoup de cinéma ces temps-ci mais il faut croire que j'ai des choses à dire, surtout quand je regarde des films qui me font de la peine. Pas dans le sens où ils me rendent triste, enfin si, mais c'est de la tristesse mêlée à du qu'est-ce-que-c'est-que-ce-film-à-la-con, vous voyez. Les trois premiers sont dans dans cette veine (je sais que je vais donner dans l'unpopular opinion mais j'assume tout) et je terminerai sur une note positive.

Life, de Daniel Espinosa (2017)


Nous allons être d'accord sur un point, chaque fois qu'un film se déroule dans l'espace, ça se passe toujours mal. Bon, OK, c'est le cas de tous les films, si tout se passait comme sur des roulettes, l'industrie du cinéma serait en faillite. Oui mais dans l'espace, il faut toujours que les protagonistes cherchent la merde. Dans Life, on ne va pas me faire croire que les personnages principaux n'ont jamais vu Alien ! Il faut qu'ils recommencent inlassablement les mêmes idioties. D'ailleurs ici c'est tellement identique (mais en plus nul, on ne va pas se mentir) qu'on nous prend légèrement pour des bécasses. Le synopsis est simple : quelques gogoles qui savent tout mieux que tout le monde récupèrent sur Mars un petit organisme qui ne demande qu'à vivre alors ils le stimulent sans savoir de quoi il s'agit vraiment et c'est comme ça qu'ils finissent par se faire bolosser par une étoile de mer. Certes, ça a moins de gueule que la créature de Giger, mais ça fait les mêmes dégâts. Au cas où je n'aurais pas été assez claire, j'ai trouvé ce film bien naze.


Passengers, de Morten Tyldum (2016)


Encore un film qui file tout droit vers l'infini et au-delà. Celui-ci, je ne l'ai regardé que d'un œil parce que j'ai du mal à concevoir deux heures de ma vie en compagnie de Chris Pratt et Jennifer Lawrence. Deux personnes belles, blondes, blanches et bien gaulées, et vive Hollywood. Et puis l'histoire est dramatique, dans tous les sens du terme. Chris Pratt se retrouve parmi 5000 autres passagers dans un vaisseau qui les emmène sur une autre planète afin d'y vivre. Pour s'y rendre, il faut accomplir un voyage de 120 ans donc les colons sont en hibernation tout ce temps (c'est le turfu très turfu). Toutefois il y a un bug et Jim (Chris Pratt) se réveille, il comprend alors qu'il est tout seul et qu'il reste encore 90 ans de trajet. Il panique, il essaie de réparer son module d'hibernation, il échoue alors il se résigne, ça dure toute une année pendant laquelle il devient alcoolique. Et puis à un moment, il se promène parmi les autres passagers endormis et il voit Aurora (Jennifer Lawrence) qu'il trouve top bonne. Il réfléchit beaucoup mais il se dit que ce serait finalement une bonne idée de la réveiller (non mais Aurora qu'elle s'appelle, c'est fin comme du gros sel) afin qu'il ne soit pas tout seul à errer comme un con. Au début, il lui cache la vérité alors vous imaginez bien qu'ils vont tomber amoureux l'un de l'autre, jusqu'à ce qu'Aurora découvre la vérité et qu'elle soit méga énervée. Elle a d'ailleurs une réaction très normale puisqu'elle engueule d'abord Jim comme du poisson pourri et elle le tape, même. Comme il faut ajouter un peu de beurre dans les épinards, le vaisseau bug de partout et plein de robots tombent en panne. Un troisième larron se joint à la fanfare, c'est un membre de l'équipage et surtout un magnifique prétexte puisqu'on ne le verra que cinq minutes, donnant ainsi à Lawrence Fishburne le second rôle le plus court de sa carrière. Le pauvre homme ne sert strictement à rien. Enfin ça, c'est rien comparé à Andy Garcia qui n'a même pas une ligne de dialogue. Ça sent le Passengers 2 à plein nez. Tout ça pour quoi, me direz-vous ? Et bien à que dalle, Aurora retombe amoureuse de Jim, son assassin tout de même, et tout va bien dans la meilleure des galaxies. Une catastrophe humaine où mon féminisme a pris cher.


Okja, de Joon-Ho Bong (2017)


Okja est le film de Netflix qui a fait polémique çà et là. J'en ai entendu et lu que du bien, à croire que c'était le film à voir absolument. Permettez-moi d'émettre quelques réserves. Si c'est un joli film qui n'est pas sans rappeler Mon voisin Totoro sous certains aspects, il manque surtout cruellement de subtilité. Si jamais on n'avait pas compris que c'était une critique du capitalisme et surtout du système agro-alimentaire, on vous l'affiche en néons rouges sur chaque plan et chaque dialogue, j'ai levé les yeux au ciel plusieurs fois. Ce film a été fait avec des gros sabots en téflon. Je pense qu'on peut traiter l'évidence sans prendre les gens pour des abrutis, je ne suis absolument pas sûre que ce film rende les derniers carnivores de notre planète complètement vegans. Mais comme nous l'indique Mithrowen, il passe le test Bechdel alors c'est déjà ça. Bref, déception j'écris ton nom.


The Beauty and the Beast, de Bill Condon (2017)


Enfin, parlons d'un film qui vaut le coup d'être vu ! Avec La Belle et la Bête de Walt Disney, c'est la première fois que j'allais au cinéma et j'avais 5 ans. Je m'en souviens encore, ce dessin animé m'a beaucoup marquée et il reste  de très loin mon Disney préféré. Quand j'étais gosse, je rêvais qu'on en fasse un film et voilà le résultat 25 ans plus tard. Je pense sincèrement qu'il n'y a rien à jeter, il est tellement bien fait ! Le casting est d'une rare perfection, qui d'autre qu'Emma Watson pouvait incarner Belle ? Luke Evans, Kevin Kline, Ewan McGregor, Emma Thompson et Ian McKellen sont excellents et toutes les erreurs et non-sens qui subsistaient dans le dessin animé ont été corrigés, c'est tout bonnement brillant. Belle est davantage féministe encore dans le film, cette adaptation est magique, elle est juste totalement réussie. Rien à jeter, je vous dis.

2 commentaires:

  1. J'ai vu aucun des films que tu n'as pas aimé. Par contre j'ai été un peu déçu par La Belle et la Bête. Je ne suis pas très comédie musicale de base, et quand j'ai entendu qu'ils avaient remis toutes les chansons du dessin animé dans le film, j'étais assez peu enthousiaste. L'idée me faisait un peu peur, mais apparemment reprendre les chansons originales ne leur a pas suffit car ils en ont visiblement rajouté ! Ca m'a un peu gonflé. J'ai apprécié l'intrigue qui comble plein de blancs du scénario original (sur l'absence de la mère, le fait que ce sont des parisiens réfugiés en province, ce qui d'ailleurs donne un autre relief au mépris de Belle pour les bouseux qui l'entoure et la rend moins parfaite et donc peut-être plus humaine qu'un personnage de conte). J'ai aimé qu'ils fassent de l'accès à la lecture un vrai problème dans le film. Par contre, c'est un film trop propre et coloré, j'ai eu l'impression d'être à Disneyland. Logique me diras-tu ? Je pense juste qu'il est possible de faire des films fantastiques destinés aux enfants à la photographie et à l'imagerie un peu moins artificielles. Sur ce plan j'avais visuellement adoré "Les Frères Grimm" (avec Matt Damon et Heath Ledger) tout comme les derniers Harry Potter. Bref, j'ai aimé, à ceci près qu'ils auraient à mon avis pu moins forcer sur les chansons et rajouter un peu de boue.

    Des films que bien quiphé sur l'espace et le futur : Moon (Duncan Jones, 2009), Love (2011, William Eubank), Europa Report (Sebastián Cordero, 2013). Et sinon un film de SF, plutôt cérébral bien sympa quand même : Primer (Shane Carruth, 2004), un truc de voyage dans le temps =)

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    1. Je comprends ce que tu veux dire, le film de Disney est ultra pop coloré, ça manque un peu d'acidité, il faudrait presque reprendre les histoires comme les contes réels écrits sans les édulcorer. Étant enfant, je me souviens avoir eu la trouille devant mon livre-cassette audio du Petit Chaperon Rouge, c'était pas du tout Disney friendly.

      On a vu Moon ! Complètement fou ce film, on a bien aimé. Je note tes autres propositions, tu es toujours de bon conseil :)

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