Séries #3 : G.L.O.W.

Habituellement je n'aime pas trop faire un billet sur une série ou un film très populaire parce que je pense que tout a été dit. Je fais une exception ici même si je sais que vous n'allez pas apprendre grand chose, toutefois j'ai tellement été emballée par mon visionnage de G.L.O.W. que je me permets d'insister. Alors que je n'avais pas encore terminé les dix épisodes de la saison, j'ai lu quelques déceptions çà et là, j'avais donc peur d'être moi-même déçue. Maintenant que j'ai tout regardé, je peux le dire haut et fort : aucune déception par ici, loin s'en faut.


G.L.O.W. est l'acronyme de Gorgeous Ladies Of Wrestling qui est initialement un show TV de catch exclusivement féminin lancé à la fin de l'année 1985 aux États-Unis. La plupart des catcheuses étaient initialement actrices, mannequins, danseuses et pas du tout professionnelles du catch. Jackie Stallone, la maman de Sylvester, qui aujourd'hui lit l'avenir dans le cul des gens (véridique), faisait même partie du show. Elle jouait le rôle de la manager des good girls tandis qu'il y avait aussi un groupe de bad girls. L'idée était de constituer des matches pendant lesquels le bien affrontait le mal et c'était un peu le festival des clichés. La série actuelle créée par Liz Flahive et Carly Mensch (elles ont notamment déjà bossé pour Nurse Jackie, Weeds et Orange is the new black) pour Netflix reprend donc les origines de l'émission.

Dès le premier épisode, on suit Ruth Wilder (Alison Brie) qui a bien du mal à décrocher des rôles d'actrice. On lui suggère de se rendre à une audition un peu particulière se déroulant dans un gymnase. Vous avez compris la suite. Cette première saison comporte dix épisodes de 30 minutes chacun, c'est donc vite fait. Je ne sais pas si une deuxième saison est prévue mais je ne suis pas certaine qu'il y en ait besoin. En milieu de saison, lorsque les catcheuses développent leurs personnages, j'ai d'abord été choquée par les clichés racistes. Sam Sylvia (Marc Maron), l'imbuvable réalisateur du show, impose à son actrice indienne de jouer une terroriste libanaise et à son actrice cambodgienne de s'appeler Fortune Cookie (entre autres), le malaise était palpable. Et puis en regardant des extraits de l'émission de l'époque, les catcheuses ne faisaient qu'appuyer des clichés déjà existants (il y avait le personnage Spanish Red, par exemple). Dans la série de Netflix, les personnages intègrent des stéréotypes qui se retournent contre eux à divers moments : en jouant à fond son rôle sur le ring, Beirut The Mad Bomber se prend en pleine poire le racisme complètement décomplexé des spectateurs. Là, on ne rigole plus du tout. On comprend alors à quel point il est facile de véhiculer un cliché et à comment les gens peuvent être assez cons pour ne pas distinguer le rôle de la réalité.

Ce qui est très cool, c'est la dimension féministe de la série. Plusieurs thématiques toujours actuelles sont développées avec autant de sérieux que d'humour, sans en faire des caisses. Les femmes sont toutes représentées, de la couleur de peau à la corpulence, et elles sont omniprésentes, elles ont le pouvoir, même si j'ai encore lu ailleurs que la sexualisation de certaines étaient un problème. Je n'ai pas ressenti ça de cette façon parce que, d'une part, la sexualité ce n'est pas sale et, d'autre part, les bodies des années 80 étaient hyper échancrés, je ne suis pas sûre qu'on y puisse quelque chose en 2017. Et puis je vous le redis, les femmes ont le pouvoir. C'est quand elles ne l'ont plus que c'est problématique.

En résumé, G.L.O.W. est une série féministe et très drôle, en plus elle fait un bien fou aux adorateurs des années 80 qui veulent autre chose que Stranger Things. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire et n'hésitez surtout pas à me donner votre avis !

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