Adage : ne jamais commettre deux fois la même erreur.

Je viens vous parler d'un sujet avec lequel je n'ai pas été à l'aise pendant très longtemps et c'était encore le cas il y a peu. Cette ordure de Bertrand Cantat peut-elle continuer à montrer sa sale trogne en public ? Voyez, je donne le ton. Et pourtant vous allez comprendre que les choses ne sont pas (n'ont pas été) aussi simples qu'il paraît.

Parce que bon, comme beaucoup de personnes de mon âge (et pas que) qui aiment la musique et ont les oreilles qui traînent partout depuis les années 1990, j'ai adoré Noir Désir. Bien sûr, je possède 666.667 Club dans ma discothèque, évidemment que j'étais devant ma télévision en 2002 quand Bertrand Cantat a démonté Universal aux Victoires de la musique et je trouvais tout à fait légitime que cet homme soit associé à la rébellion et au bon rock français. Il a été le héros d'un nombre incalculable de personnes. Il l'est malheureusement toujours.

Un an après avoir mis un coup de poing idéologique dans la tête de Jean-Marie Messier, il a réitéré physiquement sur Marie Trintignant. Un coup de poing, que dis-je, il l'a massacrée. Elle en est morte. Cantat a ensuite été condamné à 8 ans de prison, il n'en a fait que la moitié. Et depuis, il se réinsère dans ce qu'il sait faire de mieux (sic), la musique.

Lâché par ses anciens potes de Noir Désir, Cantat avait un nouveau groupe qui s'appelait Détroit. Il y a 4 ans, ils sont venus en concert près de chez moi. Vous savez ce que j'ai fait ? J'y suis allée, non sans un léger malaise (qui me rassure aujourd'hui, ça prouve que je savais que je faisais une connerie). Comme tout un tas de bons Vendéens fans et nostalgiques de l'homme pressé. J'ai kiffé, même. J'ai mis mon féminisme sur pause et je suis allée au concert d'un type qui a tué Marie Trintignant et a poussé Krisztina Rády au suicide. Je n'avais pas encore commencé Les Fines Gueules et je savais beaucoup moins de choses qu'aujourd'hui, d'ailleurs je dissociais l'homme de l'artiste (non mais au secours...), théorie que j'ai eu vraiment du mal à rejeter, déchirée entre ma mélomanie et mon militantisme. Je crois en fait que je me voilais totalement la face, que cette dissociation ridicule était de l'ordre de ma zone de confort et je n'avais pas envie d'argumenter.

Aujourd'hui, je pense qu'être allée à ce concert était une erreur monumentale. Je le regrette et ai du mal à l'avouer (enfin désormais tout le monde le sait), il est évident que si c'était à refaire, je ferais partie de ces gens qui lui jettent des caillasses dans la tronche. Bien que de plus en plus de ses concerts soient annulés pour sa tournée actuelle, je trouve aberrant que Cantat puisse encore exercer. Parce qu'il faut arrêter la malhonnêteté deux secondes : il n'est pas comptable ou jardinier ou équipier chez McDo ou garagiste, non, il est chanteur, il occupe l'espace public et des gens l'écoutent. D'ailleurs, s'il y a bien quelque chose à intégrer, ce sont les paroles de Nadia Daam dont je vous invite à écouter l'éloquence : Bertrand Cantat est et restera un meurtrier.

Et puis à côté de lui, en rangs bien serrés, il y a ces autres hommes qui perpétuent des violences sur les femmes et qui continuent leur brillante carrière comme les artistes divins (re-sic) qu'ils sont : Woody Allen, Roman Polanski, Frédéric Haziza et même cette grosse tanche de Jean-Luc Lahaye, ces hommes dont la vie n'est pas super brisée contrairement à celle des filles et des femmes agressées et violées par leur pré-supposée toute puissance masculine. Pire, on se retrouve même à devoir supporter l'odieuse plainte d'un Cantat qui hurle à la censure. La décence de fermer sa gueule, où est-elle partie ?

Rappelons qu'en France, une centaine de femmes sont tuées chaque année par leur conjoint, leur mari ou leur ex, c'est environ une femme qui meurt tous les trois jours. Ça porte un nom : féminicide.

Il est toutefois important, je pense, de se débarrasser de sa culpabilité (en plus de vos objets en rapport avec des artistes problématiques mais même moi je n'en suis pas encore capable) car la société avance plutôt vite selon moi. Après #MeToo, #BalanceTonPorc et l'affaire Weinstein, et bien que la France soit très conservatrice quant à la libération des femmes, on observe enfin une véritable ouverture de la parole et j'espère que ça va continuer. Les vrais coupables sont les hommes qui se croient supérieurs aux femmes et agissent en fonction, celles-ci ne sont qu'orientées depuis toujours vers le patriarcat comme si c'était le seul choix possible. On peut avoir des regrets, on peut avoir du recul, mais évitons de nous sentir coupables et allons plutôt vers la déconstruction. Et Cantat, franchement va te cacher, tu es une honte.

Krisztina Rády et Marie Trintignant

27 commentaires:

  1. Franchement merci pour ce coup de gueule qui fait du bien à lire, et qui souligne aussi cette contradiction intime que nous sommes, je pense, nombreuses et nombreux à ressentir. « Dissocier l’homme de l’artiste » : c’est quelque chose qu’on entend régulièrement, même de la part de personnes intelligentes, et c’est là où le bât blesse. Je ne dis pas que je n’écouterai plus jamais Noir Dez, car clairement leurs disques ont bercé mon adolescence et que j’ai été sincèrement touchée par la prose de Cantat, mais désormais je ne peux écouter tout ça sans penser au crime qu’il a commis. Si je dissociais ça, si je faisais l’autruche, alors cela disculperait une nouvelle fois un énième homme violent s’en prenant aux femmes. Cette impunité, ÇA SUFFIT !

    L’autre truc qui me gêne beaucoup, c’est la dichotomie des gens de gauche (dont je fais partie, hein, je me permets d’autant plus de critiquer), a fortiori « pro-fem », qui vont chercher des excuses à Cantant, publier des textes larmoyants pour « l’artiste », mais aussi haineux à l’égard de « ces hyènes de féministes on peut plus rien dire rholala », alors qu’ils n’adopteraient pas du tout ce discours pour tout le monde, par exemple si c’était un homme racisé qui avait commis ce crime.

    Bref, comme d’hab, il y a une espèce d’entre-couillisme blanc qui se joue ici – une espèce de morale à géométrie variable, un « ça dépend », un « nan mais lui c’est moins grave parce que c’est Cantat et qu’ïl a bercé mon adolescence ».

    Bah non. Certaines de nos idoles passées sont des ordures, nous devons avoir le courage de le reconnaître et d’adapter nos comportements en fonction.

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    1. Sur dissocier l'homme de l'artiste (je m'incruste sous les commentaires des uns et des autres, je me permets...) je disais que l'on peut avoir une lecture plus fine que "oui" ou "non".

      Prenons une maison de 80m². Dans cette maison il y a plusieurs pièces de superficie différentes, délimitées par des cloisons, et des portes, des couloirs... si je suis dans le salon en train de lire un livre, et que je me lève de mon fauteuil pour aller me chercher un truc à boire... est-ce que quand je suis dans la cuisine j'ai changé de maison ? J'ai changé de pièce, pas de maison. Je suis toujours dans la même maison de 80m² avec un salon, une cuisine, un bureau, une chambre, une salle à manger, une salle de bain avec une fenêtre ouverte sur le jardin. Je suis dans la même maison, aussi quand je quitte la cuisine pour aller dans le bureau, ou dans le jardin.

      Pour expliciter ma métaphore ma réponse sera finalement une réponse de Normand, comme on dit : p't'ête ben qu'oui, p't'ête ben qu'non. On ne peut pas séparer totalement l'homme de l'artiste parce que l'artiste est l'artiste qu'il est parce qu'il est l'homme qu'il est et vice versa. Mais en même temps ces identités ne peuvent pas se fondre complètement. Nous avons tous plusieurs strates de notre identité : le mari, l'homme, le père, le frère, l'ami, le cousin, l'artiste, le boulanger, le lecteur, le blogueur, le collègue... Nous sommes une maison, pas plein de petites maisons séparées.

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    2. kReEsTaL : si je pouvais liker ton commentaire, je le ferais dix fois au moins !

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  2. C'est le genre de choses que je ne comprends pas, qu'on pardonne un acte inacceptable à une personne et pas à une autre pour une raison de célébrité ou de proximité. Si une personne fait quelque chose de mal il ne faut pas fermer les yeux sous prétexte que c'est une personne célèbre, un ami ou un membre de sa famille.

    Pour avoir une égalité totale il faut que tout le monde démarre avec les mêmes chances et soit traité de la même façon dans chaque domaine. Pour un même travail un homme et une femme doivent avoir un salaire égal, sinon on ne peut même pas dire que nous sommes en démocratie.

    Les hommes ne sont pas supérieurs aux femmes et les femmes ne sont pas supérieures aux hommes, chaque personne est unique et il y aura toujours des bons et des mauvais chez les deux. On doit prendre les personnes une par une et les apprécier ou non en fonction de leurs actes, pas en fonction du sexe, de l'orientation sexuelle, de la couleur de peau ou de la nationalité.

    Le patriarcat dure depuis trop longtemps et il serait temps que l'on traite chaque personne de la même façon et que l'on arrête de vouloir donner des rôles à chacun en fonction du sexe. Il serait temps de prendre des mesures contre la violence et d'améliorer l'éducation des enfants en leur apprenant à respecter les différences, à respecter les femmes et les hommes tout simplement.

    On ne peut pas être plus juste qu'en prenant chaque personne une par une et en traitant tout le monde de la même manière. En étant du côté de celles et ceux qui défendent les bonnes causes et en opposition avec celles et ceux qui font de mauvais actes. C'est en fonctionnant ainsi et en ralliant le plus de personnes que nous aurons une chance d'atteindre la vraie égalité, celle que nous devrions avoir depuis toujours mais qui n'est toujours pas acquise dans notre triste monde.

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    1. En théorie ça paraît effectivement très simple, si seulement ça pouvait également l'être en pratique.

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  3. Bonjour,

    Il y a quelque chose qui me gêne dans tout ça, bien que je comprenne totalement ton point de vue (vraiment, le but de mon commentaire est de réfléchir avec toi et surtout pas de juger). Pour ma part, je ne sais pas trop (pas du tout !) où me placer, ni comment réagir ..

    Mais, ce truc qui me gêne c'est qu'on occulte tout ce qu'un homme est d'autre que le geste irréparable qu'il a commis. Je travaille avec beaucoup de personnes réinsérées, dont certaines ont fait des choses du même accabit, et ça ne me viendrait pas à l'esprit de les bannir complètement et d'occulter tout ce qu'elles sont d'autre, tout ce qu'elles ont fait d'autre, et tout le potentiel qu'elles représentent.
    Je côtoie quotidiennement des personnes qui ont fait de très graves erreurs et je serai bien incapable de ne plus leur adresser la parole, ni leur témoigner de la sympathie, ni les encourager dans leurs entreprises, quelles qu'elles soient. Je considère qu'à partir du moment où ils ont payé (via la justice), qu'ils se repentent et ont compris la gravité de leurs actes, ils ont le droit de ... Vivre.

    Je pense que si Cantat n'a passé que la moitié de son temps prévu en prison, c'est que ... C'est la loi. Il a le droit, comme tous les prisonniers, à des remises de peine. Enfin, j'imagine.

    Toute la question porte sur le droit à la réinsertion et au fait que pour lui, cette réinsertion est aussi publique puisqu'il est un personnage public. A-t-il le droit, comme n'importe quel ex-détenu, de reprendre sa vie (publique) là où elle en était quand il l'a quittée ? Avec les difficultés que cela représente.

    Je ne sais pas bien quoi en penser. "Dissocier l'homme de l'artiste". Pour moi, ce serait plus juger chacun de ses actes pour ce qu'ils sont, indépendamment les uns des autres. Mais ça dépend de chacun, on n'est pas tous capables de ça, et je fais partie de ceux qui laisseraient une deuxième chance à tout le monde.

    Comme le dit Melgane (blog Fuite en Avant) dans son dernier article, Cantat est un tueur et non un meutrier. Il n'avait rien prémédité et je pense que c'est important de le souligner.
    Tu dis qu'il a poussé son épouse au suicide ... C'est sans doute que tu sais des choses que je ne sais pas. Tu as appris qu'elles étaient toutes deux victimes de violences conjugales de sa part ?

    Après, je suis complètement d'accord avec toi sur le sujet du féminicide, sur le féminisme et justement sur les violences conjugales. Je les ai subies donc ... Loin de moi l'idée de défendre son (ou ses) acte(s). Simplement de remettre en perspective son droit à la réinsertion, et tout le côté public.

    Effectivement, c'est un drôle de message que de laisser des hommes ayant commis ce genre d'actes au devant de la scène. Il y en a beaucoup.

    Bref, je suis perdue. Je n'ai pas encore fait mon choix, comme toi balancée entre mon militantisme, mon affect et toutes les questions que cela pose. Devrait-on interdire les criminels d'être libres de s'exprimer ?
    Je sais que Cantat n'a pas le droit de parler de "l'affaire" en tout cas.

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    1. Attention, il n'est pas question de ne pas procéder à une réinsertion, je ne suis même pas pour une peine à perpétuité (et encore moins pour une peine de mort, toute aussi imagée qu'elle puisse être), je pense juste que continuer à chanter et sortir des albums pour Cantat est *un poil* abusé. C'est trop facile, il aurait mieux fait de se mettre à la menuiserie (par exemple).

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  4. Je suis atterrée de lire ça. Le type a purgé sa peine. Il a passé 8 ans en prison. C'était un crime passionnel, fait lors d'une dispute. Il faut arrêter de lui taper sur la gueule en permanence. Il paye encore alors qu'il essaie de vivre une vie normale, parce que tout un tas de cons, lui rappelle chaque jour, partout dans la presse qu'il y a 10 ans, il a tué une femme qu'il aimait. Bref, pour moi c'est trop. Et ton idée de la lapidation, on voit dans les pays barbares musulmans, soyons un peu plus malins que ça.

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    1. Juste une petite correction : il a passé 4 ans en prison, puis libération conditionnelle jusqu'en 2011.
      Sur la dispute il faut aussi ajouter, pour aller dans ton sens, qu'apparemment ce n'était pas à sens unique : elle aussi se défendait. Ceci dit, même lors d'une dispute, même par passion (et là je ne parle pas de passion amoureuse mais bien de la passion selon la définition philosophique qui fait que l'on ne contrôle plus son corps (en gros)), tuer quelqu'un c'est grave. Ceci dit : il a purgé sa peine !

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    2. Et bien chère Ornella, ton discours est typiquement celui que je trouve terriblement regrettable. Je suis choquée par chacune de tes phrases.

      "Il a purgé sa peine. Il a passé 8 ans en prison." => Comme stipulé dans un autre commentaire plus bas, oui, il a purgé sa peine du point de vue de la justice. Donc on doit arrêter de trouver critiquable (sic) l'acte qu'il a commis sous prétexte qu'il a passé 4 ans (et non 8) au sein d'une prison ? Je ne sais pas en quelle langue ni sur quel ton il faut le dire : beaucoup trop de femmes meurent sous les coups d'un homme. Allo ?!

      "C'était un crime passionnel." => Faux. C'est un féminicide. D'ailleurs je te renvoie à la lecture de cet article de Libération : http://bit.ly/1KPSP1v

      "Il faut arrêter de lui taper sur la gueule en permanence." => Joli choix de mots, bravo (c'est ironique).

      "[...] il a tué une femme qu'il aimait." => Quand tu aimes une personne, tu ne la tues pas. C'est élémentaire.

      Quant à ta comparaison avec la "lapidation" qu'on voit "dans les pays barbares musulmans", franchement sans commentaire, c'est consternant.

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  5. On peut aussi dissocier le privé et le public.
    En privé, il a tué et purgé sa peine.
    En public, il reste un chanteur.
    Sans le savoir, je dois côtoyer des anciens détenus ou certains qui ont profité d'acquittements, de non dépôt de plainte (livreurs, chauffeurs de bus, facteurs, médecins, artisans, commerçants ...), je regarde des films dont les réalisateurs, les acteurs ne sont pas plus clean, je lis des auteurs qui n'ont pas mené des vies exemplaires.
    Mais je dissocie leurs "affaires" (que je laisse aux juges) de ce qu'ils m'offrent.
    La censure, le boycott, le climat actuel me font assez peur.

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    1. Alors, très franchement, je pense qu'il faut arrêter d'en faire des caisses. On ne parle pas de censure, ici. Les mots sont importants.

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  6. Comme je le disais dans mon article : Bertrand Cantat n'est pas un meurtrier. Un tueur, pas un meurtrier. Le meurtre c'est l'homicide volontaire, or il a été condamné pour "coups mortels"...
    Et comme je le disais aussi : ce n'est pas un bon exemple de la violence faite aux femmes. Pourquoi ? Parce qu'il ne battait pas régulièrement Marie Trintignant et que, surtout, il a été condamné et a purgé sa peine. Or la plupart des hommes violents envers leur compagne les battent tous les jours et jamais une plainte n'est déposée contre eux...
    Au final je suis assez, et même complètement d'accord, avec ce que la personne au-dessus moi (commentaire de 15h29) dit. Tous les jours des gens sortent de prison et sont réhabilités, reprennent leur métier : Cantat n'aurait pas ce droit ? Ne sommes-nous pas nés libres et égaux en droit ?
    Maître Dupont-Moretti hier dans C à vous a également bien résumé ma pensée en trois phrases (comme la personne au-dessus moi) (moi il m'a fallu un article complet xD).
    Au final il faudrait arrêter de tout mélanger... j'apporterais juste une nuance : Cantat fait partie des artistes qui ont purgé une peine, certains autres n'ont même pas eu de procès, ce qui est différent. Donc encore une fois il faut arrêter de tout mélanger...

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    1. "Et comme je le disais aussi : ce n'est pas un bon exemple de la violence faite aux femmes. Pourquoi ? Parce qu'il ne battait pas régulièrement Marie Trintignant et que, surtout, il a été condamné et a purgé sa peine."
      Franchement je comprends mal ce raisonnement. Cet homme a t il été violent envers une femme? Oui et pas qu'une et pas qu'un peu. En quoi cela ne relève pas des violences faites aux femmes. Cela me rappelle les idées complètement préconçues sur le viol genre "un viol c'est la nuit, dans un parking, par un inconnu".

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    2. Mea culpa, je suis allée un peu vite dans mon explication.
      Évidemment ce que cet homme a fait entre dans la violence faites aux femmes. Mais le sens de mon propos (et là où j'aurais mieux fait d'aller moins vite dans mon explication !) c'est que... on l'érige comme exemple des violences faites aux femmes, comme figure de proue... comment dirais-je... comme étant représentatif, voilà ! Or, parce qu'il ne battait pas régulièrement Marie Trintignant et, surtout, parce qu'il a fait des années de prison, il n'est pas représentatif des femmes battues dans la mesure où la plupart des femmes battues le sont durant des années sans que leur compagnon n'aille même en procès tout simplement parce qu'aucune plainte n'est déposée.

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    3. Je le répète, les mots sont importants. Alors oui, je ne suis ni juge ni avocate, toutefois : Cantat a cogné Marie Trintignant au point de la tuer et Krisztina Rády a subi des violences conjugales, elle a ensuite mis fin à ses jours. De plus, Cantat a de nouveau une plainte au cul pour violences. Alors ce n'est peut-être pas un meurtrier dans le sens où il n'a pas fait un plan clair, net et précis de la façon dont il allait tuer Marie Trintignant, en revanche je pars du principe qu'un homme qui frappe une femme cherche à l'annihiler. Cantat est donc un meurtrier sur le plan philosophique.

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    4. Et c'est bien là le problème. Ici il ne s'agit pas de philosophie (enfin pas que) il s'agit de droit.
      En fait, nous parlons sur des registres différents. Je parle du point de vue du droit, tu te situes plus que le registre de l'émotion... nous ne pouvons donc pas nous entendre. C'est un peu comme si deux personnes avaient une discussion alors que l'une parle anglais et l'autre espagnol...

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    5. Ne t'inquiète pas, j'ai très bien saisi ton idée dès le départ. Seulement tu ne peux décemment pas demander à l'opinion publique de se contenter d'une décision de justice dans ce cas précis. Et tu remarqueras que personne n'a demandé à ce que Cantat retourne en prison ou soit de nouveau jugé, tout le monde respecte cela. Tout ce qu'on demande c'est de la décence, soit la grande absente de cette affaire.

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    6. Et vous avez le droit de le demander ! Mais il y a la manière...

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    7. OK, la prochaine fois on fera un courrier qui finira par "salutations distinguées".

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  7. Merci pour cet article. C'est vraiment dur de le voir revenir sur le devant de la scene et en plus de se victimiser. Pour les gens qui répète a tout va "il a purge sa peine" je crois qu'il y a un malentendu. C'est pas par ce qu'il est désormais en règle avec la justice (pour combien de temps, on sait pas car une femme a depose récemment une main courante pour se protéger de lui) que il devienne un modele a suivre ou une personne recommandable. On a quand meme parfaitement le droit de considerer que cet individu est détestable et que ca nous fait mal au cul que nos impôts contribue a le mettre en lumière, a soutenir sa carriere! Il y a pas assez d'artistes talentueux en France sans qu'on en ait a honorer des mecs au comportement immonde?
    Imaginons un peu qu'au lieu de parler d'un homme ayant causé la mort d'une femme on parle d'un crime pedophile. Que disons Mr. X avait viole un enfant, que suite a ca il avait fait de la prison; puis qu'un autre enfant s'étais donne la mort dans son entourage très proche, qu'en remontant dans sa jeunesse il y a avait des témoignages d'abus sexuels d'enfant dans son entourage et que dans les dernières semaines, des parents avaient depose une main courante pour protéger leur enfant de Mr. X. Vous trouveriez ca positif que cet invididu soit mis en avant; soit invite sur les plateaux tele, soit réhabilité "en tant qu'artiste" tout en sachant le mal qu'il a cause et le risque qu'il représente. C'est ce genre de personnalités qu'on choisi d'honorer?

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    1. Oui, vous avez le droit de considérer qu'il est détestable, encore heureux ! Où avons-nous dit que ce n'était pas le cas ? Et il ne s'agit pas non plus de l'ériger en modèle...

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    2. Il y a une hiérarchisation des violences en fonction des personnes qui les commettent qui est insupportable.

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    3. Et aussi une hiérarchisation en fonction de la victime...

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  8. Je vois que cet article fait beaucoup débat. Dans mon premier commentaire j'ai dit que je ne comprenais pas qu'on puisse pardonner une personne célèbre qui a fait quelque chose de mal, mais je parlais du présent et pas du futur. Quand la personne a fait quelque chose de mal il n'est pas normal de fermer les yeux, surtout si pour n'importe quelle autre personne on ne l'aurait pas fait.

    Au vu des commentaires très intéressants que j'ai lu ici, mon avis en ce qui concerne l'hostilité envers une personne est que cela devrait surtout dépendre de ce que la personne fautive est devenue. Effectivement elle a purgé sa peine mais il faut voir si la justice a bien rendu justice, car une personne riche ou célèbre peut bien s'en tirer juste parce qu'elle a les moyens d'avoir un bon avocat. Et son comportement aussi est important, si la personne a des regrets et qu'elle ne fait plus jamais de mal après avoir purgé une peine juste, alors oui le public n'a plus ''l'obligation'' de la haïr. Par contre si la personne récidive ou ne regrette rien, le dégoût envers cette personne est complètement justifié.

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