Marre des romans de vampire chiants : L'Éternel de Joann Sfar.

Oui, c'est vrai, il y a des sujets qui sont tellement prisés que tout le monde écrit dessus. Ou alors peut-être que les écrivains et aspirants écrivains se sentent obligés ? En fait je n'en sais rien, je fais de très gros plans sur la comète, mais force est de constater que les vampires, tout le monde aime ça. Moi la première. Enfin moi je n'écris pas dessus, je n'oserai jamais. Mais j'aime bien lire alors je me jette parfois sur un bouquin de vampire comme la petite vérole sur le bas clergé, du coup je fais des conneries.


C'est le cas avec celui-là, L'Éternel de Joann Sfar, que j'ai en ma possession depuis sa publication en 2013. Quelle chienlit ! J'étais très emballée à l'idée de le lire et j'ai compris dès le départ que ça allait être tendu. Quelle déception ! Il s'agit du premier roman de Joann Sfar, originellement auteur de bande-dessinée. J'avais déjà constaté son côté relou sur les réseaux sociaux et ça s'est confirmé dans son écriture... J'imagine que, pour autant, ça n'enlève rien à son talent mais j'ai du mal à m'en rendre compte. D'une part parce que je n'ai lu aucune autre de ses œuvres et, d'autre part, parce que je ne le ferai sûrement pas : dès les premières pages de L'Éternel, j'ai méchamment commencé à me creuser la ride du lion à force d'écarquiller les yeux, c'est incroyable de s'écouter parler au point de le retranscrire à l'écrit. Je dirais que c'est une performance ! Aucune humilité, zéro modestie, c'est un roman tellement pompeux qu'il m'a provoqué des maux de tête. La confiance en soi c'est très bien, vraiment, je milite pour que tout le monde la possède et en fasse bon usage. Mais là c'est trop, il faut songer à arrêter de s'embrasser l'épaule parce que 455 pages comme ça, c'est infernal.

D'autant que, bon, c'est pas fou, quoi. Ça partait pourtant sur une base plutôt saine : Ionas et Caïn sont deux frères juifs d'Ukraine combattant pendant la Première Guerre mondiale. Il se passe quelque chose de mystique sur le champ de bataille et un premier vampire apparaît. Bon. Il est là, il se pose quelques questions mais pas tant que ça. Il sait qu'il est un vampire, il emploie le mot, mais ne connaît rien de sa condition, j'ai trouvé que ça manquait de logique. Ça dure des pages et des pages. Et puis on fait un bon dans le temps, on se retrouve à notre époque à partir de la page 245. Une nouvelle protagoniste débarque, elle est psychanalyste et on voit enfin le rapport avec la quatrième de couverture qui se veut mystérieuse (alors qu'une fois le livre lu, je trouve ce résumé assez pitoyable) : "Les vampires, ça n'existe pas. La psychanalyse, ça ne marche pas. On était vraiment faits pour se rencontrer." Ah. Ouais. Tout ça pour ça, donc. En fait, j'ai beaucoup de mal à rédiger cet article parce que c'est un roman au récit très pauvre. Il y a des idées mais elles ne sont pas exploitées. Joann Sfar nous fait d'abord croire que ses personnages sont dignes d'intérêt puis il les abandonne dans un coin, on ne sait pas ce qu'ils deviennent, on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment. On cite l'Éternel de temps en temps mais on ne sait pas vraiment qui c'est, est-ce que c'est Dieu ? Excusez-moi mais je n'ai pas reçu d'éducation religieuse et encore moins juive, je n'aime pas trop qu'on me laisse sur le bord de la route. En plus et sans surprise, les personnages féminins sont des gros clichés sexistes : soit elles sont top bonnes, soit ce sont des connasses jalouses. Boooooring ! Mais alors le pire, c'est d'intégrer comme personnage secondaire Howard Phillips Lovecraft. Le pauvre vieux ne sert tellement à rien que c'est juste consternant. Ah non, attendez, il y a pire encore : le vocabulaire. Ça va Joann Sfar, on sait que tu as mangé un dictionnaire quand tu étais petit, tu n'as pas besoin de recracher chaque mot chiadé que tu connais dans chacun de tes paragraphes. Quel enfer. C'est une lecture qui m'aurait presque rendue demeurée tant j'ai eu l'impression de me faire prendre pour une conne. Quelle horreur ! A éviter.

2 commentaires:

  1. Ne le jette pas, la prochaine fois que je viens chez toi je voudrais voir à quoi ça ressemble :D
    Tu m'as fait rire et ça m'intrigue

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    1. Ce n'est pas une BD, hein ! Mais je ne le jetterai pas, je ne jette pas les livres, c'est contre ma religion.

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