Disparitions en série et femmes qui prennent le dessus : dernières lectures.

Je m'auto-félicite de continuer à lire des livres alors que je suis au chômage. Je sais, ça n'a aucun sens, j'ai du temps pour créer de la dette alors je devrais avoir le temps de lire. En fait, ce n'est pas une question de temps mais, sans doute, de motivation et d'habitude. Je lisais énormément sur mon lieu de travail car mon job me le permettait et je faisais au moins quelque chose d'enrichissant (non, je n'étais pas non plus payée à lire). Maintenant que ce cauchemar est terminé (le job, pas la lecture), je suis contente de poursuivre mes lectures même si le rythme n'est plus aussi soutenu. Celles du moment sont un petit chaos, j'ai commencé beaucoup de choses en même temps et j'ai du mal à m'organiser. Mon but est de tout terminer rapidement afin d'arriver à me consacrer à un livre à la fois (morte de rire, je n'y arriverai jamais). Bref, voici un bref avis sur deux des derniers ouvrages que j'ai lus :


Sleeping Beauties, de Stephen et Owen King (2017)

Voici une valeur sûre que ce roman quand on aime le style de Stephen King, œuvre co-écrite avec son fils Owen (à qui on ne doit pour le moment qu'un recueil de nouvelles édité en 2005, We're All in This Together, ainsi qu'un premier roman, Double Feature, sorti en 2013). L'intrigue ne se déroule pas dans le Maine et implique toutes les femmes : dès qu'elles s'endorment, elles produisent automatiquement un cocon qui les enveloppe entièrement et mieux vaut ne pas tenter de les réveiller. Personne ne sait ce qui leur arrive, aussi bien elles-mêmes que les hommes qui, évidemment, paniquent. Ce roman est long, très : 800 et quelques pages. Je ne me suis pas ennuyée pour autant mais il est probable qu'il aurait pu être un peu raccourci, il y a des passages qui ne sont sans doute pas d'un intérêt capital. Je ne l'ai pas adoré mais ça ne m'a pas empêchée de bien l'aimer quand même, le sujet est résolument féministe et aussi très réaliste. C'est-à-dire que l'histoire et le caractère des personnages prennent vraiment en compte notre monde actuel et l'ancrage encore bien profond du patriarcat. Dans ce roman, les hommes se sentent systématiquement humiliés s'ils ont peur (ils ont l'impression d'être "une gonzesse") ou s'ils font quelque chose moins bien qu'une femme (la question du footing entre Clint et Lila, par exemple). Ils ont toujours besoin de prouver qu'ils ont une énorme paire de ballustines et que ces dernières sont nécessaires dans chaque action. D'ailleurs, ils prolongent tous leur pénis avec des tanks et des flingues, c'est extraordinaire (enfin non, c'est la réalité). Le personnage de Clint a beau faire partie des héros du roman, il n'est pas moins sexiste que ses congénères, loin s'en faut. Il confond notamment sa vision de la masculinité avec la nature humaine, c'est-à-dire qu'il pense que la première fait forcément référence à l'usage de la violence, or il oublie qu'une femme aussi peut être violente. Tout dépend finalement du but recherché. C'est donc un roman qui ressemble à un avertissement par le biais d'une métaphore, c'était intéressant à lire, surtout produit par deux hommes.


Objet trouvé, de Matthias Jambon-Puillet (2018)

Je suis bien embêtée car mitigée après la lecture de ce roman. Si vous êtes sur Twitter, vous connaissez peut-être le twitto @LeReilly. L'auteur, c'est lui. Je le suis depuis quelques années et il a parlé de ses aventures éditoriales, aussi ça m'a donné envie d'acheter son bouquin quand il est sorti pour cette rentrée littéraire. J'ai achevé ma lecture assez rapidement puisqu'il fait moins de 200 pages et, si je l'ai trouvé globalement bien écrit, plusieurs choses m'ont gênée, au-delà de l'intrigue en elle-même. C'est la suivante : Marc a disparu le soir de son enterrement de vie de garçon, laissant Nadège, enceinte, sur le carreau. On le retrouve trois ans plus tard, tout nu dans la salle de bain d'une femme en tenue légère mais quand même en cuir, et surtout morte un peu plus loin dans l'appartement. Le roman est donc une reconstitution. Je vais vous faire une confession : je ne connais pas du tout le milieu BDSM. Je me suis donc mal vue juger cette question au fil de ma lecture. Toutefois, j'ai vraiment eu du mal à croire en l'élément déclencheur de la disparition de Marc. Disons qu'il aurait pu s'en aller une heure ou deux, pourquoi pas, mais là ça m'a semblé poussif. J'aurais aimé qu'on fasse l'effort de me convaincre. De plus, j'ai trouvé qu'il y avait des passages assez clichés tout comme la psychologie des personnages n'était pas suffisamment approfondie selon moi. Autrement dit, j'ai trouvé ce roman trop lisse. Une dernière critique qui n'est peut-être pas justifiable mais je vous le dis quand même : je ne connais pas du tout Lyon, je n'y ai jamais mis les pieds, or on comprend bien que l'auteur connaît la ville comme sa poche et qu'il veut le montrer. Voilà, c'est divertissant mais sans plus.

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