dimanche 11 novembre 2018

WAX, de KT Tunstall.

J'ai commencé à rédiger un billet sur le sujet qui arrive mais au bout de 800 mots, je me suis rendu compte que j'avais déjà exprimé mes sentiments et mon expérience personnels par rapport à KT Tunstall un nombre incalculable de fois, que ce soit sur ce blog ou sur mes réseaux sociaux. La monomanie c'est ça. J'assume d'autant plus la mienne que la profonde subjectivité qui nous incombe en ce qui concerne la musique peut me faire perdre tout sens commun quand on ne parle pas de KT Tunstall correctement. J'ai écouté le podcast d'une émission de RTL2 datant de septembre qui a dit n'importe quoi : KT Tunstall effectuerait "un retour" avec son album WAX (sorti le 5 octobre), ses précédentes œuvres seraient passées inaperçues en France (je cite) et, en plus, elle aurait eu le culot de signer la B.O. d'un film plutôt mauvais (Bad Moms, avec Mila Kunis, je cite toujours). Pour enfoncer le clou, on ne se souviendrait que de Black Horse and the Cherry Tree. L'animatrice radio a soulevé un problème dont elle fait elle-même partie : si on ne parle pas des artistes, on ne va pas les connaître. Peut-être que si on élargissait son champ de vision, surtout si parler de musique est notre métier (et quel métier magnifique !), alors on éviterait de dire des grosses conneries. Mais bon, ce que j'en dis...

KT Tunstall n'est pas en train d'effectuer un retour avec WAX puisque son album précédent, KIN, est sorti en 2016. Ces deux-là font d'ailleurs partie d'une trilogie : soul (KIN), body (WAX) and mind. De plus, six albums studio sont parus depuis 2004 et l'arrivée fracassante de Black Horse and the Cherry Tree, et je ne compte même pas les différents albums live, acoustiques et autres EP. Ce genre de critique est donc assez désagréable quand on sait que KT Tunstall est la meilleure autrice, compositrice et interprète qui soit (et oui, il faut vous y faire). Plus sérieusement, WAX est fabuleux. Si chaque texte, chaque musique sont écrits depuis quinze ans avec le cœur, ce qui transparaît avec ce dernier album est carrément le dépôt de son âme sur la table (je ne sais pas comment vous dire les choses autrement). Ce sentiment était déjà amorcé avec KIN, un album positif qui donne la pêche (selon moi, le titre Everything Has Its Shape est le meilleur exemple avec ses accents Beach Boys). C'est une incarnation joyeuse de son autrice. Il faut dire que trois ans auparavant était sorti Invisible Empire // Crescent Moon, un album acoustique folk-rock d'une incroyable beauté mais plus noir puisqu'il évoquait la mort physique de son père et symbolique de son mariage.

WAX continue dans la lancée de KIN, en exposant sa vulnérabilité et ses choix de vie assumés. L'album est plus rock que tout ce qu'elle a fait jusqu'à présent, et il est aussi diablement sensuel. KT Tunstall est une femme de 43 ans qui se revendique féministe, elle ne veut pas d'enfants et elle prend conscience qu'elle peut être sexy et que c'est hyper cool. Sur WAX on retrouve encore ses influences musicales, ça m'a frappée avec Poison In Your Cup qui, même si cette chanson a été écrite il y a longtemps, m'a rappelé Fleetwood Mac. Et puis il y a évidemment cet hommage à David Bowie avec The Night That Bowie Died, c'est aussi triste que c'est beau (Bowie étant mon autre monomanie).
Le féminisme badass de KT Tunstall nous est jeté au visage et ça me fait énormément plaisir. Elle a été une précurseuse dans l'utilisation de pédales pour sa guitare, notamment la fameuse Wee Bastard, pédale looper qui sert à faire des boucles. Je ne dis pas que les musiciennes n'en utilisent pas, mais peu d'entre elles sont mises en avant avec ce genre d'effets. Et puis il faut regarder le clip de Hard Girls avec Melanie C. (Sporty Spice, et oui) et désormais le tout frais Human Being qui met en scène les quatre autres femmes constituant son groupe (Charlotte Hatherley, avec qui elle a déjà travaillé, Hinako Omori, Cat Myers et Cheryl Pinero) et Eccaia Sampson, 8 ans, avec ses nunchakus. Tout ça est beaucoup trop fantastique ! J'aime tout.



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