mardi 18 décembre 2018

Les meilleurs albums de 2018.

Puisque l'heure est aux bilans et que je n'ai pas envie de m'éterniser sur cette année que j'ai trouvée bien nulle du début à la fin, j'ai décidé plutôt de vous dresser une liste chronologique, subjective et non exhaustive des très bons albums et EP qui sont sortis cette année. Je fais même mieux que ça, je vous dresse une liste d'artistes féminines. Je me suis dit qu'on parlait bien assez comme ça des mecs, il suffit, place au véritable sexe fort de cette planète. J'ai truffé ce billet de liens car je me suis restreinte à une seule vidéo par artiste, ça m'a un peu frustrée. N'hésitez pas à partager vos découvertes en commentaires !

Je souhaitais illustrer ce billet avec Sister Rosetta Tharpe, notre mère à toutes.

Radyo Siwèl de Mélissa Laveaux

On parle de Mélissa Laveaux partout et c'est normal. Son troisième album, Radyo Siwèl, est sorti en tout début d'année et mérite qu'on s'y attarde longuement parce que c'est un disque folk-blues d'une grande beauté. Entièrement chanté en créole, il célèbre la culture haïtienne et, notamment, les chants de résistance du début du XXe siècle quand Haïti était sous domination américaine. Née à Montréal de parents immigrés d'Haïti, Mélissa Laveaux s'inspire de femmes multiples : Martha Jean-Claude pour la musique créole, Joni Mitchell pour la folk ou encore Nina Simone et Billie Holiday pour le jazz. Écoutez-la, elle est magique.



Love In The Milky Way de Sarah Klang

Sarah Klang vient de Suède, de Göteborg plus précisément. Love In The Milky Way est son tout premier album et il s'inscrit volontairement dans une veine ultra folk et super tranquille, c'est même un peu country sur les bords. Elle se revendique comme étant "the saddest girl in Sweden" ("la fille la plus triste de Suède"), c'est clairement un concept. Super joli concept.



Dirty Computer de Janelle Monáe

Je me dois d'être honnête, j'écoute assez peu Janelle Monáe. Je ne suis pas réceptive à l'intégralité de son travail mais, grâce à ses sonorités funk, j'ai adoré l'album Electric Lady, sorti en 2013, sur lequel on trouve son fabuleux duo avec Erykah Badu. J'admire énormément cette femme pleine de ressources. PYNK est le deuxième single de Dirty Computer, sorti en avril, et le clip est formidable : une ode à tous les vagins du monde. Merci Janelle.



Temporary Things Taking Up Space (EP) de Dead Sara

Il est question ici de l'un de mes groupes actuels préférés. Il s'est formé il y a près de dix ans mais seuls deux albums sont sortis à ce jour : Dead Sara en 2012 et Pleasure To Meet You en 2015 (que j'ai écoute un nombre incalculable de fois). Pour ce nouvel EP, le quatuor californien s'est transformé en trio, il s'agit notamment d'Emily Armstrong au chant avec sa voix naturellement pétée (j'aime cette femme, je vous le dis) et de Siouxsie Medley à la guitare. Chaque disque est différent, Dead Sara est complètement hard rock et Pleasure To Meet You s'est un poil adouci. Temporary Things Taking Up Space est davantage dans la veine du cadet, tout aussi énergique et avec, surtout, un son très travaillé. Vraiment, je les adore.



Childqueen de Kadhja Bonet

Il était temps que cet album voit le jour (son EP, The Visitor, était sorti en 2016). Comme beaucoup, sans doute, j'ai entendu Kadhja Bonet pour la première fois avec Honeycomb et il s'est clairement passé quelque chose. Une voix comme une caresse qui teinte une soul sophistiquée aux accents sixties. Elle est multi-instrumentiste : flûtiste, violoniste, guitariste, percussionniste, cette femme est surdouée (elle vient d'une autre planète, elle le dit elle-même). Je ne saurais vraiment dire ce que sa musique provoque en moi, j'ai l'impression que si le paradis existait, c'est la musique de Kadhja Bonet qui nous bercerait pour l'éternité (écoutez sa reprise de Remember The Rain si jamais je n'ai pas été suffisamment convaincante).



Shame On You (EP) de Bang Bang Romeo

Bang Bang Romeo est un trio britannique mené par Anastasia Walker, une chanteuse de (seulement) 22 ans qui a beaucoup de coffre (et en fait usage sans nous accabler (oui, je peux être sensible)). Musicalement, ça ne révolutionne peut-être pas le genre, c'est un groupe qui revendique son appartenance au mouvement alternatif mais c'est de toute façon très anglais. Et moi, souvent, j'aime bien ce que font les Anglais. Leur album, A Heartbreaker's Guide To The Galaxy, sortira le 14 juin 2019 et est déjà disponible à la pré-commande. Un vinyle coloré est prévu, ça me fait de l'œil, j'adore ça. D'ici là honte à toi, en tout bien tout honneur.



Victoire du Prince Miiaou

Bien que je la connaisse depuis plusieurs années, Le Prince Miiaou est mon coup de cœur de cette fin d'année. Je l'ai vue en concert début décembre et on a pu l'interviewer juste avant, c'était passionnant. Victoire est un album électro-rock, le cinquième de cette artiste, auto-produit comme les quatre précédents (albums indies-rock). Ce disque est fascinant (en plus d'être un très bel objet si vous l'acheter en vinyle), je lui trouve quelque chose de brutal et percutant, tout le monde devrait l'écouter.



WAX de KT Tunstall

J'ai déjà fait un billet de blog détaillé sur cet album que j'attendais comme le Messie, aussi je ne peux que vous inviter à sa (re)lecture.



On The Ice de Lizzies

Lizzies est un groupe espagnol exclusivement féminin au son heavy metal, bien à l'ancienne. Je ne sais pas quoi vous dire de plus, c'est du hard rock clairement inspiré de ce qui se faisait de mieux entre les années 1970 et 1980, elles sont comme les filles des Runaways, le groupe de Joan Jett. C'est efficace, énervé et puissant, je veux les voir au HellFest.



Un air de fête de Corine

Je dois admettre que, venant de ma part, ceci sort de nulle part. Corine a d'abord sorti deux EP : Fille de ta région vol. 1 et vol.2, vous avez donc sans doute déjà vu passer Il fait chaud et son (vraiment super) chouette duo avec Juliette Armanet (que j'aime beaucoup), Épopée solaire. Alors ici, on est clairement sur quelque chose de kitsch, mais dans le bon sens du terme. Disons que, déjà, pour choisir de se faire appeler Corine (qui est plutôt le prénom de nos mamans), soit il faut être née comme ça (au risque de me répéter, c'est rare pour une femme de ma génération), soit il faut une bonne dose de dérision. Ici, Corine est un personnage, pas une parodie. C'est une ode pailletée à la variété clubbing-disco des années 1970, et même que ça groove. Corine me met de bonne humeur et, parfois, c'est tout ce que je demande.

2 commentaires:

  1. Han, trop bien ! Je ne connais quasiment rien, ta liste va donc nourrir de nombreuses heures d’écoute. Merci !

    (Et yay pour ce choix de mettre en avant des musiciennes, car de base elles bénéficient de moins de publicité et de promo que leurs homologues mâles, ai-je l’impression.)

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    1. Avec mon émission de radio, je suis forcée de découvrir tout un tas d'artistes féminines puisque c'est notre ligne éditoriale, je suis amenée à entendre tant de belles choses ! J'adore les mettre en avant. Bonne écoute !

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