dimanche 27 janvier 2019

Serena Pemberton, authentique sociopathe (mais pas partout).

J'ai constaté il y a quelques jours que le film Serena de Susanne Bier avec Jennifer Lawrence et Bradley Cooper était disponible sur Netflix. Sorti initialement en 2014, je voulais le voir depuis longtemps. Je me suis toutefois souvenue que la bande dessinée éponyme se trouvait dans ma bibliothèque (je ne vis pas seule et ce n'est pas moi qui collectionne ce type d'ouvrage), aussi ai-je décidé de la lire avant de voir le film, sans savoir alors qu'elle avait été publiée après ce dernier. Cependant, la bande-dessinée comme le film sont adaptés du roman de Ron Rash tout en étant indépendant l'une de l'autre. Il faut suivre alors dans l'ordre : d'abord le roman (2008 aux États-Unis, 2011 en France), ensuite le film (2014), puis la bande dessinée (2018). J'ai donc tout fait à l'envers sans pour autant avoir lu le roman, j'ai cru comprendre que la bande-dessinée lui était très fidèle... contrairement au film.


Il y a deux écoles quant aux adaptations cinématographiques d'un bouquin. On demande souvent une fidélité parfaite alors qu'une réalisation libre (le degré de liberté étant-lui même libre) peut très bien faire le job à partir du moment où l'œuvre originale n'est pas dénaturée. Et puis ça peut surtout être très subjectif. C'est donc très subjectivement que je peux vous dire que le film Serena de Susanne Bier m'a navrée au plus haut point alors que la bande dessinée m'a plu. Il fallait pourtant se lever de bonne heure, je ne suis absolument pas sensible au neuvième art (je ne vais pas vous dire pourquoi car je risque de vexer du monde et, pour le coup, on se fiche bien de mon avis sur la question).

La quatrième de couverture de la bande dessinée :
Années 1930, Smoky Mountains.
Au lendemain de la Grande Dépression, George Pemberton et sa jeune épouse Serena voient grand : les forêts dont Pemberton a hérité feront leur richesse.
Ambitieux et acharnés, sans pitié pour les souffrances des misérables bûcherons engagés à l'abattage parfois au prix de leur vie, ils se heurtent bientôt à un projet d'aménagement de parc national.
Pemberton décide de soudoyer banquiers et politiciens, tandis que Serena, qui parcourt sans relâche ses terres à cheval, un aigle perché sur le bras, fait valoir d'autres arguments : le fusil, le couteau, le poison - et un effrayant homme de main, dévoué à sa cause...
Mes critiques concernent essentiellement le personnage de Serena. C'est l'héroïne, ou plutôt anti-héroïne, de l'histoire et elle n'est absolument pas incarnée de la même façon entre le scénario et le dessin d'Anne-Caroline Pandolfo et de Terkel Risbjerg, et le rôle joué par Jennifer Lawrence. J'ai lu la bande dessinée avant de voir le film, pour moi Serena était donc une femme charismatique d'une grande froideur, et surtout une sociopathe. Son mari George a beau être l'héritier du domaine, il est effacé, complètement dévoué à Serena et possède un tant soit peu d'empathie. La bande dessinée commence par l'arrivée de Serena et George sur leur domaine peu après leur mariage ; le film nous propose un passé pour Serena que j'ai vécu comme une excuse à son comportement à suivre (qu'en est-il dans le roman ?). Dans une histoire, je préfère ne pas avoir d'explication, quitte à m'en imaginer une, plutôt qu'en créer une à l'aide d'une paire de gros sabots en téflon. C'est le problème récurrent de la Serena de Susanne Bier, elle a été transformée en pauvre chaton molesté alors qu'elle devrait être une authentique figure du mal, comme l'indique Frédérique Spill, maître de conférence en littérature américaine à l'université de Picardie Jules Verne d'Amiens, dans l'à propos de la bande dessinée. On a aussi donné beaucoup trop d'importance à Bradley Cooper et le visage de Jennifer Lawrence est devenu un véritable baromètre à émotions alors qu'elle ne décoche jamais un sourire, jamais une hésitation dans la bande dessinée.

Susanne Bier est également la réalisatrice de Bird Box, une création originale Netflix avec Sandra Bullock, que j'ai trouvé aussi subtil qu'une blague de Tex. Du coup ça ne me donne absolument pas envie de savoir ce qu'elle a fait d'autre. Moralité, si vous voulez voir Serena tuer un ours, lisez plutôt la bande dessinée parce que ce passage a été totalement oublié dans le film (quel dommage).


1 commentaire:

  1. Je suis tout à fait d'accord avec toi. J'ai pas accroché avec le film même si je n'ai pas lu la bande dessinée ni le roman. Par contre vu que tu as aimé la BD, je pense la lire pour me faire un autre avis.
    Des bisous !

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