mardi 29 janvier 2019

The Hunger (Les Prédateurs), de Tony Scott.

J'ai beau être une grande fan de David Bowie, je n'ai commencé à regarder les films dans lesquels il a joué que sur le tard. Disons que jusqu'ici, mon intérêt pour eux était limité, je suis sans nul doute plus mélomane que cinéphile. Avant de leur accorder toute mon attention, j'ai vu The Prestige de Christopher Nolan à sa sortie en 2006, film (super bien d'ailleurs) dans lequel Bowie joue le rôle de Nikola Tesla. Ce n'est toutefois pas lui qui avait motivé mon déplacement ce jour-là, je crois même me souvenir que j'ignorais sa présence. Il y a quelques temps, j'ai regardé le culte (à ce qu'on dit) Labyrinth, fantastique aventure heroic fantasy de 1986 avec Jennifer Connelly qui m'a terriblement consternée. C'est un film à voir quand on est enfant car si le genre nous gonfle dès le départ, le visionner après 30 ans est à nos risques et périls. En revanche, s'il y a bien un (très, très) long métrage que l'on regarde pour David Bowie, c'est bien The Man Who Fell To Earth, réalisé en 1977 par Nicolas Roeg. Le jour où j'y ai consacré mon temps, j'ai de nouveau compris que la science-fiction complètement barrée des années 1970 n'était pas du tout ma came. J'avais d'ailleurs trouvé Bowie assez mauvais acteur. Ce n'était pas inintéressant, mais c'était pénible. Si sa filmographie contient d'autres éléments que je regarderai éventuellement un jour, il y a un film que je cherchais à voir depuis des mois et qui est arrivé sur Netflix pour ma plus grande joie : The Hunger, réalisé en 1983 par Tony Scott, avec également Catherine Deneuve et Susan Sarandon. C'est un film qui réunit deux de mes passions : David Bowie et les vampires.


The Hunger (ou Les Prédateurs en version française) est une ode au genre. 1983 et ça se voit, le film débute avec Bela Lugosi's Dead de Bauhaus, ça permet de saisir ce qui va arriver ensuite : le glam, l'amour et la mort, la Sainte Trinité des vampires dignes de ce nom. Ici c'est Miriam (Catherine Deneuve) l'héroïne, une femme vampire sans âge avec une allure folle. C'est elle avec son charisme naturel qui dirige le quotidien, elle a transformé John (David Bowie) environ deux siècles auparavant pour en faire son amant éternel. Enfin presque. Il arrive toujours un moment où les amant.e.s de Miriam sont rattrapé.e.s par la vie. Et puis c'est plutôt cocasse, Miriam jette son dévolu sur Sarah (Susan Sarandon), une scientifique qui travaille sur le processus de vieillissement.

Au-delà de quelques plans ralentis que j'ai trouvé très vilains (j'imagine qu'il y a des modes à toutes les époques), ce film est d'une grande poésie et possède d'autres plans d'une infinie beauté, en plus d'une bande-son délicate : Bach, Schubert et Delibes. Catherine Deneuve est fabuleuse, vous l'aviez compris, je suis contente d'avoir vu une femme dans ce rôle puisque la plupart des vieux vampires torturés qui ont roulé leur bosse dans la pop culture sont des hommes. D'ailleurs, dans cette histoire-ci, c'est toujours l'homme qui est torturé, à savoir John, Miriam, elle, est plutôt égoïste et se remet assez facilement de ses malheurs.
Je pense qu'il n'était pas évident de conserver un gothisme fin, baroque, sensuel et qui ne soit pas poussiéreux dans un cadre comme les années 1980, on aurait pu vite avoir envie de rendre les choses plus punks (comme dans The Lost Boys par exemple, excellent film de vampire aussi dans un autre style). The Hunger a une esthétique froide et sophistiquée, c'est vraiment tout ce que je recherche dans ce genre-là. Pour ne rien gâcher, j'ai trouvé ce film clairement féministe. Un comble quand on connaît les propos de Catherine Deneuve ces derniers mois.

  
 
 

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