vendredi 12 avril 2019

Trois jours à Londres avec un but bien précis.

La plus grande frustration de ma jeunesse a été de ne pas pouvoir me déplacer aux concerts qui me faisaient rêver. J'ai toujours adoré la musique et je suis d'une génération où on s'y intéressait en achetant des disques, c'est désormais une pratique tombée quasiment en désuétude. "Quasiment" parce qu'il reste encore des irréductibles, comme moi, qui aiment posséder l'objet, même si j'achète désormais exclusivement des vinyles (sans pour autant me débarrasser de mes CD qui restent bien rangés sur leurs étagères dans mon salon). J'ai tendance à penser que les jeunes d'aujourd'hui (mettons les 12-19 ans) vont voir des concerts bien plus souvent que lorsque j'étais moi-même dans cette tranche d'âge (entre 1998 et 2005) mais je ne tiens pas à avancer quoi que ce soit, je n'ai rien lu qui pourrait confirmer ou infirmer mon ressenti. Dans mon cas personnel, j'ai passé mon adolescence en pleine campagne sans un rond et mes parents ne se sentaient pas franchement concerné.e.s par ce type d'activité, ça n'a donc pas facilité l'opération.


En témoigne A Reality Tour de David Bowie au début des années 2000, il s'est arrêté à Bercy en octobre 2003. Je l'écoutais beaucoup et depuis peu de temps, le voir en concert à ce moment-là était aussi impossible que douloureux de l'envisager. J'avais pourtant 17 ans, j'étais une grande fille, mais mes moyens étaient limités. David Bowie n'a jamais refait de tournée, aujourd'hui il est mort (enfin ça, c'est ce qu'on dit) et moi je l'ai dans l'os. Je détiens toutefois ma petite vengeance personnelle sur la vie puisque j'ai consacré un certain pourcentage de ma vie de jeune adulte à rattraper mon retard : petites et grandes salles, parisiennes ou non, quelques stades, des festivals, des groupes énormes et des plus confidentiels, et j'ai réussi à voir des artistes qui sont morts quelques années après (prends-ça Bowie). Maintenant que j'ai 30 ans (+ 2,5), je me suis calmée. Je ne vais plus à Paris et je déteste profondément les stades, ça me fatigue. Je préfère désormais les salles à taille humaine (et qué s'appelerio vieillir).

Non seulement je n'ai plus aucun frein pour aller voir un concert (enfin si : la thune, ça ne change pas) mais en plus je me paie le luxe d'aller voir des artistes plusieurs fois. Un exemple au hasard, KT Tunstall. Je l'ai vue trois fois à Paris il y a quelques années, la dernière remontait à 2011. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'ai découvert au pied du dernier sapin de Noël une place pour remettre ça... Oui mais pas n'importe où. A la Roundhouse de Londres. C'était le 25 mars.


L'Angleterre est le pays étranger où je suis le plus allée et jamais par hasard. D'abord en voyage scolaire, puis pour rendre visite à ma belle-mère qui y résidait alors, ensuite ce sont les copains qui s'y sont installés et enfin, trois jours à Londres dans le but bien précis d'aller voir KT Tunstall à la Roundhouse. J'y suis allée tous les quatre ans en moyenne et c'est toujours une grande joie, j'adore ce pays, j'adore Londres.
La Roundhouse se situe à Chalk Farm, juste à côté de Camden Town. C'est littéralement une rotonde construite au milieu du XIXe siècle qui a servi de dépôt de locomotives avant d'être rapidement abandonnée. Classé monument historique en 1954, le lieu a retrouvé une jeunesse dix ans plus tard quand il a été transformé en salle de spectacle. Elle compte 3.300 places debout et 1.700 assises, elle remplit donc mon cahier des charges et elle est absolument superbe.

C'était si chouette, on s'y est rendu à pied parce qu'on logeait à Camden, on est arrivé.e à une heure décente (ni trop tôt, ni trop tard) et on s'est retrouvé.e tout devant, n'est-ce pas fabuleux ? J'étais pile au milieu, face au micro de KT Tunstall pour n'admirer qu'elle. Non, c'est faux, elle était accompagnée de quatre musiciennes, un groupe entièrement composé de femmes, je ne savais plus où poser mes yeux, c'était incroyable. Rien que pour ça, s'il y a bien une tournée de KT Tunstall à ne pas manquer, c'est celle-ci.

Hattie Moran, Clare Uchima, KT Tunstall, Cat Myers et Mandy Clarke

Il y a toutefois eu deux premières parties. J'adore la musique mais je vous avoue que si je me déplace en ayant enclenché le mode grosse fan, je suis pressée d'en découdre. Nous avons d'abord subi, enfin écouté, le chanteur Gorran. Une certaine idée de l'enfer. C'est un jeune garçon sûrement très gentil et talentueux mais l'entendre geindre une demi-heure sur des amours perdues a failli me faire perdre patience. Peut-être n'étais-je pas dans mon état normal mais tout de même, j'ai un seuil de tolérance assez faible. Ensuite est arrivée Laurel. J'ai d'abord eu du mal à me réjouir parce que je l'avais déjà vue lors du festival R. Pop (qui se déroule chez moi chaque été) il y a deux ans, elle était seule sur scène avec sa guitare et je m'étais fortement ennuyée. Maintenant que je l'ai vue jouer avec son groupe et un set électrique qui m'a semblé bien plus déterminé, je suis convaincue (c'est ça aussi le London calling).


Et puis KT Tunstall est arrivée pour tout défoncer, "Are you ready to kick Monday up the arse ?" nous a-t-elle demandé (oui parce qu'on était lundi et que c'est un jour qui mérite de se faire botter le cul). Il y avait tellement de paillettes et de lamé sur scène, j'étais extatique. A côté de ce que j'avais devant les yeux, les Spice Girls de mes 12 ans peuvent aller se rhabiller, on était au-dessus. L'album Wax est bien plus rock que ce que KT Tunstall fait d'habitude et si elle a toujours eu une bien belle collection de guitares et d'effets, il fallait s'attendre ici à se prendre un mur de son en plein visage. C'est ce que je voulais vraiment et je n'ai pas été déçue, même pas par sa Supro rouge. Elle a joué toutes mes chansons préférées, y compris quelques anciennes, et nos esprits ont communié ensemble sur The Night That Bowie Died. Quelques minutes avant, ou bien était-ce après, elle faisait servir des shots de whisky aux premiers rangs ainsi qu'au reste du groupe parce que c'était l'anniversaire de sa bassiste, Mandy Clarke. Alors c'est donc ça le Paradis ? Aller à un concert dans un pays étranger, particulièrement à Londres, est une expérience que je ne suis pas prête d'oublier (car c'était ma première fois) tant le contexte était ici parfaitement parfait. Je vous souhaite la même limonade.


5 commentaires:

  1. je confirme, c'était très chouette !

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  2. Tu as raison d'avoir étais jusqu'à Londres! C'est quelque chose que je devrais faire plus souvent, bouger pour aller voir des concerts qui me font envie.

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  3. Si tu as passé un bon moment c'est tant mieux ! Le concert en lui-même a donc effacé l'ennuyeuse première partie et les gérémiades sur des amours perdues ? :P
    Moi, les concerts, c'est pas trop mon truc, ça m'intéresse pas plus que ça. Faut dire aussi que je ne suis pas très musique. J'en écoute par périodes où je vais balancer tel ou tel artiste, pour sa voix souvent plus que pour les paroles, par vagues de besoins. Mais il y a aussi d'immenses périodes où je n'en n'écoute pas, ou peu... donc les concerts, pas mon truc à moi ^^'

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    1. J'étais très impatiente, ça explique sans doute mon manque de tolérance envers la première première partie, mais en effet, on oublie vite. En ce qui me concerne je suis passionnée par la musique, me déplacer en concert fait partie du processus :)

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