jeudi 16 mai 2019

Les mathématiques.

Comme je suis à la recherche de ma vérité intérieure et en plein bilan de mes compétences psychologiques depuis seize (s.e.i.z.e) mois (le temps file à une de ces vitesses, je vous jure), je suis amenée à me poser moult questions sur moult sujets, sujets subjectivo-autocentrés, cela va de soi. Un truc m'a récemment torpillé les neurones alors que je n'y avais pas prêté attention jusqu'alors, et tout ça à cause d'un rêve. Voyez-vous, il y a quelques nuits j'ai rêvé que j'étais de nouveau en classe, en première littéraire comme au temps jadis. Nous étions en cours de mathématiques et les tables étaient disposées en U. La prof, une femme rousse qui ressemblait à Fred Courtadon et qui n'avait rien à voir avec mon prof de l'époque (un très gentil monsieur qui, hélas, postillonnait beaucoup et avait sans cesse le bouton de chemise ouvert au niveau du nombril) nous a dispensé un cours de travaux manuels à base d'œufs de Pâques à décorer. Je me suis alors insurgée parce que nous étions en cours de maths ! Ce n'est pas parce que nous étions en première littéraire qu'on ne devait pas avoir un cours de maths digne de ce nom * ! Et la prof me regardait d'un air dépité.

Je rumine depuis plusieurs jours. Le fait est que j'étais nulle en maths mais ça n'a pas toujours été le cas. Ça n'a jamais été ma matière préférée mais je me débrouillais et comme pour tout, je faisais le strict minimum (j'en faisais vraiment le moins possible pour une matière qui ne m'intéressait pas). Pas par fainéantise, simplement à quoi bon ? Je n'ai jamais recherché l'excellence mais j'aurais pu l'atteindre si seulement je faisais mes devoirs et révisais mes leçons, je n'avais pas beaucoup d'efforts à faire. Bien sûr, il y avait des matières dans lesquelles il était plus facile de se démarquer que d'autres mais en ce qui concernait les mathématiques, j'ai eu des résultats loin d'être honteux jusqu'à mon arrivée en troisième. Cette année-là, j'ai eu la pire prof du monde. Vous savez bien, on en a toutes et tous eu un.e comme ça. La peau de vache vieille comme Hérode qui ne fait pas de cadeau, celle-là même qui se fout du bien-être de ses élèves et qui les terrorise, les saque, les pourrit jusqu'à les annihiler. La réputation de cette vieille bique la précédait, chaque collégien.ne croisait les doigts à la rentrée scolaire pour ne pas l'avoir. Manque de pot, je me la suis farcie ma dernière année, celle du brevet. Elle a tellement déglingué mon niveau que j'ai subi quatre (q.u.a.t.r.e) heures de cours particuliers par semaine et elle a dit à ma mère que je n'avais pas ma place en enseignement général (double insulte envers moi-même et l'enseignement professionnel, vieille saloperie). Ma moyenne a fait une chute vertigineuse, entre 0 et 2, et si les notes négatives étaient permises, j'en aurais été l'ambassadrice. Étrangement, ma moyenne en maths est remontée à 10 lorsque ma prof a été en arrêt pour une histoire de cor au pied et remplacée par une autre, bien plus pédagogique. On apprenait alors les vecteurs et c'est la seule partie du programme que j'ai comprise.

J'en étais sûre, je détestais les maths mais j'ai eu mon brevet avec un glorieux 8/20 dans cette matière et j'ai atterri en seconde générale malgré les remontrances. Manque de chance pour la deuxième année consécutive, je suis encore tombée sur un prof dédaigneux. La différence, c'est que lui n'en avait strictement rien à foutre. Ça a donc posé un problème à personne que je me transforme en branleuse, me positionne au fond de la salle, balance des boulettes de papier en diagonale parfaite (nulle en maths, vous dis-je) et fasse sonner les portables de mes camarades pour rigoler (ah ça, on riait bien). Avoir 0 était même devenu un jeu mais attention, il ne fallait pas rendre copie blanche, c'était trop facile. Je faisais l'effort de répondre aux questions et développer les équations mais il m'arrivait de noter une bonne réponse sans le faire exprès, c'est comme ça que la moyenne passait de 0 à 0.5, c'est con. Mes parents n'ont jamais fait état de tout ça, de toute façon j'étais à peu près bonne ailleurs et me destinais à une première littéraire, c'était la réelle foire à neuneu. J'en étais tellement fière.

Aujourd'hui ça me rend triste parce que j'ai de réelles difficultés. C'est à se demander si je n'ai pas la phobie des chiffres, je ne comprends rien, je ne sais même pas rendre la monnaie en comptant à l'envers (j'aimerais d'ailleurs vraiment qu'on cesse d'essayer de m'apprendre). Je ne détestais pas les mathématiques, on avait seulement décrété que j'étais nulle alors j'y ai adhéré. Et comme ma mère était "nulle en maths" aussi en son temps, alors tout était normal. C'était subversif. Je n'étais sûrement pas si nulle en mathématiques, j'adore quand les choses s'expliquent et quand les boîtes s'imbriquent, ça me fait du bien. J'adorais aussi la physique, c'était l'une de mes matières préférées. Toutefois j'avais pris tellement de retard que j'étais complètement découragée. Je disais que j'étais nulle et que j'en avais rien à foutre, c'était plus simple.

Moralité, j'aurais pu être bonne en maths et bien les vivre, ça ne dépendait pas de grand chose. Je crois donc être en mesure de dire que si un.e élève, quel que soit son âge, dit qu'il.elle est nul.le dans une matière, c'est que ça cache un truc. Donnez de l'attention.

https://www.desfemmes.fr/litterature/mileva-einstein-une-vie/

* Oui, à mon époque, c'est-à-dire en 2004/2005, il y avait encore des cours de mathématiques en première littéraire.

3 commentaires:

  1. Tuto rendu de monnaie quand tu veux Lulu ! J'ai galéré pendant hyper longtemps avant de trouver la méthode et c'était une révélation !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si c'est pour m'apprendre à compter à l'envers, le monde entier s'est déjà cassé les dents sur la question et en vain ! Cela dit je m'en fous, j'utilise une calculatrice et je suis très à l'aise avec ça. Maintenant si on m'emmerde je dis que j'ai un trouble dyscalculique et j'ai la paix.

      Supprimer
  2. Nulle et nul sont des substantifs qui n'ont aucun intérêt car ils n'ont pas d'existence. Ils devraient même être retirés des dictionnaires. Ce mot est sa propre définition... Bref comme le dit toujours Dolto - pour moi un génie des enfances- les pédagogues sont des gens qui parlent aux enfants, pas des gens qui parlent des enfants et les définissent...
    Bon sur tout autre sujet, je souhaite t'envoyer mon troisième texte théâtral qui peut t'intéresser- ou pas d'ailleurs-JOURNAL INTIME D'UN PRIE-DIEU SUICIDAIRE- mais j'ai perdu ton adresse vendéenne...
    Si ça te tente repasse-moi ton adresse par mel privé et si tu n'es pas tentée,y'a pas de regrets inutiles à avoir...
    Je lis tous tes écrits qui m'interpellent... ( comme disent les snobs) et m'interrogent positivement...( comme sussurent les prétentieux)
    BizY.

    RépondreSupprimer