vendredi 28 juin 2019

HellFest édition 2019.

Ah OK, excusez-moi, je viens de saisir que mon dernier billet date du 16 mai et en plus, il n'était pas très intéressant. Ces derniers temps je dois composer avec des nouveautés qui me demandent une organisation personnelle loin d'être innée et j'ai du mal à me concentrer sur plusieurs tâches à la fois. J'ai aussi toujours cet éternel problème qui est de transformer mes idées en actions alors dans le doute, je ne fais rien (et je doute chaque jour). Comment voulez-vous que je trouve le temps de publier des idioties sur ce blog ? En plus on n'est pas aidé.e, il a toujours été difficile d'écrire sur un blog pour les raisons suivantes : avant 2010 c'était la honte, après il y a eu l'avènement des blogs mode (sujet que je n'ai jamais abordé) et désormais, plus personne ne lit les blogs "à cause" des réseaux sociaux et des threads sur Twitter. Si des internautes cliquent encore sur mon lien que je dispatche çà et là, qui parmi eux lit mes billets en entier ? Ce n'est même pas une critique puisque j'ai tendance à agir de la même façon, je lis en diagonale. Je tente de lutter contre ça mais je n'ai jamais eu une attention très développée. Aujourd'hui, les blogs mode et déco existent encore mais s'il peut aussi être question de lifestyle (un terme à la con qui englobe tout et n'importe quoi si vous diversifiez vos sujets pourvus qu'ils soient admis comme superficiels puisque vous êtes des femmes), l'uniformisation de la blogosphère est en marche (je découvre l'eau chaude, je sais) et c'est usant. C'est partout le même contenu, le même design, la même typo, les mêmes petits fleurs, les mêmes conseils moisis pour faire pareil. J'ai essayé de me fondre dans le moule mais je n'y suis pas arrivée, je ne me sentais pas moi-même (croyez bien que ça aussi, être "soi-même", c'est un sacré concept). Je n'ai plus le temps pour ces conneries, je vais conserver mon fond noir, continuer de bannir les petites fleurs printanières, cesser de suivre des conseils débiles d'écriture établis sous je ne sais quelle autorité et ne pas corriger mes jurons (parce que merde). Enfin à la base, je ne me suis pas connectée ici pour développer tout ça. Non, moi je veux vous parler du HellFest en fait.


Tout le monde connaît désormais ce festival de musiques dites extrêmes (j'adore ce terme, ça m'éclate) dont la quatorzième édition s'est déroulée le weekend dernier. C'est la deuxième année de suite où je m'y rends sous les couleurs de mon émission de radio. Le projet était d'aller à la rencontre des festivalières pour récolter leurs impressions quant à la diversité de la programmation mais aussi pour savoir pourquoi elles venaient au HellFest et depuis combien de temps. Le résultat est très intéressant et il est à écouter ici.
C'est d'ailleurs un vrai sujet. Saviez-vous que pour l'édition 2019, sur la totalité des groupes programmés, une petite vingtaine de musiciennes seulement étaient présentes contre plus de 700 musiciens ? Interviewés l'année dernière à ce propos, les organisateurs justifient le choix de la qualité et pensent qu'il y a, de toute façon, plus d'hommes que de femmes dans ce milieu. Ce qui me bute le plus dans cette histoire, c'est que c'est sûrement vrai. Il y a toutefois de plus en plus de femmes à jouer et de plus en plus de groupes exclusivement féminins, et il y a aussi énormément de femmes fans de metal. Cependant, sur environ 160.000 personnes à fréquenter le festival sur les trois jours, 75 % sont des hommes et 25 % sont des femmes. Les choses évoluent, je reste optimiste même si j'aimerais que ça aille bien plus vite. En tout cas, cette année, le groupe lauréat du tremplin The Voice of Hell est composé de quatre femmes, les Fallen Lillies.

Je suis venue au HellFest la toute première fois en 2007, c'était la deuxième édition du festival, puis en 2011. J'y suis ensuite retournée l'année dernière et j'ai été impressionnée par les nouveautés, mes souvenirs étaient soudainement devenus bien pâles. Tant d'hectares, tant de scènes, tant de groupes, tant de propreté, tant de beauté et... tant de gens sympas. Je suis plutôt du genre introverti et je déteste la foule, le bruit, la chaleur, la poussière, mais pas au HellFest. C'est peut-être très con pour quelqu'un qui n'y a jamais mis les pieds mais ce lieu peut avoir un réel effet bénéfique sur les gens. Les gens sont de bonne humeur, polis et gentils, je me surprends à discuter, même furtivement, avec des inconnu.e.s sans aucun problème. Je sais que beaucoup pensent comme moi et notamment des femmes. Cependant, j'ai fait une pause sur Instagram pendant l'écriture de ce billet (la concentration, tout ça) et je suis tombée sur le post d'une fille qui évoque des agressions sexuelles qui se seraient passées cette année, et dénoncées dans un groupe sur Facebook. Je ne peux pas dire que ça me surprenne, à vrai dire j'ai surtout été étonnée que les femmes puissent se sentir en sécurité, étonnée mais ravie. J'ai donc fini par me sentir bien moi-même, n'ayant subi personnellement aucun outrage. Toutefois je vois bien comment mon accompagnante se fait régulièrement alpaguer par des morts de faim, tout gentils métalleux soient-ils. Ça va du scannage complet du corps aux réflexions plus ou moins lourdingues (notamment de la part de membres du staff l'année dernière) en passant par une demande express de bisou. Geste qui n'a pas été forcé malgré le refus mais voilà, on peut tout de même se permettre de relativiser le civisme des 75 %.

Enfin, parlons musique. Voici mon petit bilan subjectif :

ME FIRST & THE GIMME GIMMES : j'ai découvert sur place ce groupe de punk californien qui existe depuis vingt-cinq ans mais je n'aime pas trop le punk, je ne pouvais pas savoir. Cela dit, ce concert était très cool parce qu'il s'agit ici d'un cover band (c'est-à-dire qu'ils font des reprises de tout un tas de trucs, genre ça ou ça) et chaque membre portait une très belle chemise jaune tirant sur l'or, ça a mis du soleil dans mon cœur. Last but not least, il y avait une femme à la guitare qui, à priori, venait de débarquer dans le groupe mais je n'arrive pas à trouver davantage d'informations sur elle, c'est très agaçant. Bref, je les réécouterai très certainement, ne serait-ce que pour leur formidable reprise d'Uptown Girl.

SUM 41 : la dernière fois que j'ai écouté ce groupe, ça devait être à cette époque où on achetait des singles physiques et tout le monde trouvait ça normal. Je possédais donc naturellement celui de In To Deep. Finalement j'ai aimé le punk - certes canadien ici - à un moment de ma vie mais j'ai complètement arrêté après 2001. Je ne savais donc pas dans quelles conditions j'allais retrouver Sum 41. Honnêtement, je m'attendais à des vieux mecs sur le retour très imbibés et en fait non, c'était vraiment bien. Deryck Whibley avait tout d'un type super gentil et content d'être là, ça s'est entendu dans sa musique.

ZZ TOP : je ne crois pas que je serais allée un jour sciemment à un concert de ZZ Top mais le fait d'être sur place en même temps qu'eux m'a vraiment emballée. Ces vieux barbus sont un souvenir d'enfance et des chansons connues par cœur, une petite madeleine de Proust si j'ose dire. Je ne suis pourtant pas fichue de citer un seul titre d'album, j'ai simplement en mémoire du blues, des guitares en peau de lapin (fausse... enfin j'espère), le Hot rod et leur passage éclair dans Retour vers le futur III. C'est très kitsch mais c'est aussi très kiffant.

KISS : je me suis suffisamment exprimée là-dessus sur les réseaux sociaux mais je vais insister quand même, ce concert-là était plus que formidable. J'ai lu quelques critiques négatives que je ne comprends pas. Faut-il être une réelle fine bouche pour ne pas s'apercevoir de la générosité d'un tel show (qui, certes, ne se renouvelle pas beaucoup à priori). J'aime beaucoup Kiss, ce groupe est la parfaite incarnation du rock que j'adore, mais je ne m'attendais à rien de particulier parce que je dois sans doute être un peu naïve. Samedi soir, j'ai soudainement eu 5 ans de nouveau : une arrivée du groupe par les airs, des effets pyrotechniques incessants, Gene Simmons qui crache du (faux) sang, des feux d'artifice bien amenés, des confettis et puis des serpentins, Paul Stanley, mon idole, et sa tyrolienne (alors qu'il a 67 ans et a déjà été opéré de la hanche, quel don de soi), je ne sais pas ce qu'il nous fallait de plus. Ah si, un fabuleux "Kiss loves you HellFest" sur chaque écran géant entourant les mainstages avec un feu d'artifice par-dessus. J'ai été totalement conquise, ça a été le meilleur moment de mon weekend. Je les aime trop.


Le reste en bref : j'ai trouvé le concert de Mass Hysteria intéressant mais trop corpo dans le domaine militant, ça m'a saoulée. J'ai rapidement vu Dropkick Murphys, au moins jusqu'à ma chanson préférée, et puis après c'est vrai que c'est souvent pareil. J'ai découvert Fu Manchu qu'il faudra que j'approfondisse un de ces quatre parce que le visuel full 70's m'a évidemment attiré l'œil. J'ai dîné pendant Ultra Vomit, déjà vus deux fois par le passé, et c'est toujours un régal. Je n'ai définitivement aucune attirance pour la musique de Gojira mais je reconnais volontiers leur perfection sur bien des points. Et puis Within Temptation attendrit toujours mon cœur parce que je les ai beaucoup écouté.e.s quand j'avais tout juste 20 ans.