vendredi 6 septembre 2019

La meute qui ressuscite à la pleine lune.

Je n'ai pas vraiment passé mon été à lire. C'est à priori la meilleure période pour tout un tas de gens, les vacances et le temps devant soi... et bien pas pour moi. Je déteste lire sur la plage, petit endroit sympathique où j'ai passé mon temps à nettoyer les merdes des touristes je me rends régulièrement parce que je n'habite pas très loin. Je ne sais jamais comment m'installer, je finis par avoir mal aux coudes, je mets toujours du sable partout, ça me gonfle rapidement. Le reste du temps j'ai autre chose à faire, boire des bières en étant bien accompagnée (ou seule, c'est bien aussi) ou réfléchir au sens de la vie tout en transpirant à grosses gouttes. Les vacances d'été sont aussi faites pour reposer son cerveau. Je m'apprête à vous parler de trois de mes dernières lectures - que des meufs ! - dont aucune ne dépasse les 200 pages. Parce que ces temps-ci, j'ai la flemme.


La Meute, de Sarah Koskievic
éditions Plon, 166 pages

Quatrième de couverture : "Elles n'ont ni le même âge ni les mêmes passions mais un lien indéfectible les unit. Elles n'ont rien à faire ensemble et, pourtant, elles traversent les décennies côte à côte, chacune à son rythme. Elles ont dû se résoudre à admettre que leur amitié n'est ni évidente ni facile mais qu'en bien des points elle surpasse toutes les histoires d'amour. Elles sont six : Olivia, Romane, Elly, Isadora, Louise et Rosalie. Vous allez les aimer. Vous allez aimer les détester. Elles sont la meute."

Sans la suivre, je savais qui était l'autrice avant la publication de ce roman grâce à son compte Twitter, je connaissais donc à peu près sa plume (elle pige pour plusieurs rédactions). Pour commencer, je trouve la couverture vraiment hideuse. J'ai bien compris que l'illustration était une métaphore, c'est-à-dire la Sainte Trinité baise/alcool/coke, la grande gueule de l'héroïne et l'image véhiculée par son gang de copines, mais bon. Le résumé ne m'a pas plus convaincue, je déteste qu'on m'enjoigne à adorer détester un personnage, on n'est pas dans une émission de télé-réalité. Toutefois, ce qui m'a le plus embêtée avec ce roman, c'est que je l'ai trouvé bien trop court pour ce qu'il avait à dire. Je ne demande pas à lire des briques, mais ça signifie dans ce cas précis une grande superficialité. L'autrice nous présente six femmes, la moindre des choses serait que leur psychologie soit plus approfondie. Il n'y a qu'Olivia, l'héroïne (narratrice un chapitre sur deux), qu'on arrive à peu près à cerner. J'ai l'impression que tout a été brodé autour de la fin qui est brutale (qu'on peut facilement voir venir), comme si l'autrice avait eu cette idée en premier. Alors on peut aussi dire que le roman entier est brutal, l'écriture même est brutale, et ce n'est pas dit de manière péjorative, mais au bout de quelques pages du vocabulaire utilisé limité, ça devient lassant. C'est dommage parce que j'ai bien perçu le talent d'écriture de Sarah Koskievic, elle est totalement maîtrisée, elle ne laisse pas vraiment la place au hasard et peut-être qu'elle ne voulait rien de superflu. Ensuite, et là c'est totalement personnel, je m'aperçois que je n'aime pas trop les romans très ancrés dans notre époque moderne. Je n'aime pas lire autant de références à notre quotidien technologique, musical, etc., j'y vois un manque de neutralité qui m'ennuie. Enfin, je dois vous dire que les clichés parisianistes m'insupportent. Même les quelques principes féministes reportés dans ce roman m'ont saoulée parce que je les ai trouvés fins comme du gros sel, amenés tels des gros sabots en téflon. Pas besoin d'être autant m'as-tu-vue, personne ne va te retirer ton badge.


La Femme qui ressuscite, vies d'Anastasia Romanov, de Nadia Oswald
éditions Le Nouvel Attila, 141 pages

Quatrième de couverture : "Février 1920. Une jeune fille se réveille amnésique dans le lit d'une clinique de Berlin après s'être jetée dans le fleuve. Le mystère autour de son identité commence, en même temps qu'une des plus grandes énigmes du XXe siècle. Est-ce Anastasia Romanov, la dernière survivante du clan Romanov épargnée par les bolchéviques... ou Anna Anderson, l'ambitieuse petite paysanne kachoube qui réussit, sa vie durant, à donner le change auprès des familles impériales de la planète en se faisant passer pour la défunte princesse ? L'héroïne reconstruit sa mémoire et son identité... mais sont-ce bien les siennes ?"

Un cauchemar. J'aurais dû faire attention à ce qui suivait le résumé sur la quatrième de couverture, il était écrit qu'il s'agissait du premier roman de son autrice "servi par une prodigieuse langue baroque", ce qui a totalement anéanti ma hype autour d'un tel sujet. Je suis d'ailleurs en train de vous parler d'un livre que je n'ai pas pu terminer tant c'était difficile. Un tel lyrisme est d'un ennui mortel alors oui, c'est une belle écriture, mais incompréhensible. Après toutes les lectures chiantes que j'ai dû me farcir au cours de ma scolarité, j'ai décidé d'arrêter ça, ça me donne l'impression d'être stupide. Nadia Oswald a passé les premiers chapitres que j'ai lus à faire des digressions poétiques d'une rare pénibilité, c'était pompeux, lourd et nuageux, on dirait que l'autrice s'est regardée écrire. J'avais ressenti la même chose en ouvrant (et refermant aussi sec) mon seul et unique François Bégaudeau (L'ancien régime) et, avec une autre dimension bien plus crâneuse encore, en lisant L'Éternel de Joann Sfar. La lecture est censée être un plaisir alors peut-être que je réessaierai un jour mais en attendant, je n'ai vraiment plus le temps pour ces conneries. Mais je suis fâchée et frustrée quand même.


La Lune est un roman, histoire, mythes et légendes, de Fatoumata Kebe
éditions Slatkine & Cie, 190 pages

Quatrième de couverture : "Le plus ancien calendrier lunaire remonterait à 18.000 ans, peint par les premiers artistes du paléolithique, à Lascaux. Au plus loin que porte la mémoire écrite des hommes, on parle de la Lune. Elle est à l'origine de tous les mythes, de toutes les religions. Elle est restée la même depuis que l'humanité existe. Permanente, rassurante, inquiétante aussi, la Lune change de forme, de couleurs, fait gonfler l'océan, pousser les plantes et danser les farfadets. Déesse ou dieu, on l'a depuis toujours vénérée, écoutée. La Lune parle, elle dit le temps. Le temps qui passe, le temps qu'il fait. Elle rythme et dirige la vie de l'humanité. La Lune est un roman."

Je propose qu'on arrête enfin de déconner et qu'on parle de choses sérieuses. Fatoumata Kebe est une tête, elle est titulaire d'un doctorat d'astronomie et d'un master de mécanique des fluides. Elle a également été formée au département d'ingénierie spatiale de l'université de Tokyo. Elle nous fume tou.te.s. Je voulais absolument ce bouquin après avoir écouté Fatoumata Kebe en parler sur France Inter parce que moi aussi la Lune me passionne depuis super longtemps. Ce livre c'est donc la base, il y a à l'intérieur tout ce qu'on doit savoir sur notre satellite. C'est évidemment un ouvrage de vulgarisation et tant mieux parce que je ne suis pas une flèche, d'ailleurs l'autrice m'a perdue plusieurs fois sur des passages les plus techniques, il faudra sans doute que je les relise. On y apprend tout ce à quoi la Lune est corrélée en physique, Histoire, mythologie, philosophie, astrologie, etc. et les chapitres sont extrêmement courts, ils ne dépassent généralement pas trois pages. Le seul reproche que je pourrais faire à ce livre, c'est son style d'écriture. J'ai parfois eu l'impression d'être prise pour une enfant de 5 ans, même si c'est sans doute nécessaire quand on veut me parler d'attraction, de force et compagnie parce que je n'écoutais pas trop en classe de seconde. Cela dit, sans essayer pour autant de me mettre dans ses chaussures, expliquer autant de choses à des novices quand on a un tel bagage scientifique dans le cerveau, j'imagine que ça ne doit pas être forcément aisé. Ça me rappelle quand on essayait de m'expliquer les maths quand j'avais 14 ans.

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